Récit

  • La relation de voyage a connu une belle carrière dans le monde occidental depuis les temps bibliques jusqu'à nos jours. Thématiquement, elle a créé ou réactivé certains mythes importants : le Paradis terrestre, le Bon Sauvage, le Sage Chinois... Formellement, elle s'apparente à de grands genres en prose comme l'histoire, la géographie, l'épopée, le traité de sciences naturelles et surtout le roman (ou le cinéma), auquel elle emprunte une triple démarche : narrative, descriptive et commentative. En d'autres termes, elle raconte une histoire, propose une encyclopédie du monde, commente ou discute des idées. De ce point de vue, les textes portant sur l'Amérique, du XVIe au XVIIIe siècle, sont particulièrement riches. Récit d'aventures, inventaire de « curiosités » et réflexion du voyageur, voilà donc ce qui attire le lecteur et le tient en haleine par un questionnement multiple.

  • L'écluse

    Jean-Pierre Faye

    • Hermann
    • 8 Avril 2009

    Il y a tout juste vingt ans, chutait le mur de Berlin, qui défigurait une ville et partageait l'Europe. En 1964, Jean-Pierre Faye se voyait décerner le prix Renaudot pour ce roman dont le personnage principal est précisément ce mur, longtemps surnommé "le mur de la honte".

  • Voyage au caucase

    Alexandre Dumas

    • Hermann
    • 2 Décembre 2002

    Préface de Claude Schopp Illustrations de Jean-Pierre Moynet et du Prince Gagarine Parti de Paris en Juin 1858, Alexandre Dumas a séjourné à Saint-Pétersbourg, puis Moscou. Au début de novembre, il arrive à Bakou, sur les rives de la mer Caspienne, et poursuit son voyage à Tiflis avant de s'embarquer le 3 février 1859 à Trébizonde pour retourner en France. Dumas au Caucase, c'est Porthos chez les coupeurs de têtes. À longueur de page, il rappelle le combat permanent des montagnards pour préserver leur liberté, tout en soulignant les exactions des Tchétchènes qui ont fait du rapt et du pillage leur fonds de commerce et la cruauté des Lesghiens dont le courage se mesure au nombre de mains clouées à la porte de leurs maisons. Il n'a pas assez de mots pour vanter la prestance des guerriers tatars et surtout la beauté des Géorgiennes, cependant qu'il arbore avec fierté le certificat de beuverie que lui ont décerné ses hôtes de Tiflis à l'issue d'un dîner mémorable. Perdu dans un océan de neige et de boue, traversant à gué des rivières gelées, à pied, à cheval, en traîneau, pestant contre des relais de poste «d'une saleté à faire reculer un Kalmouk», stigmatisant l'incurie chronique des Russes alliée à leur besoin d'expansion («Il est plus aisé de tuer des hommes que de faire leur éducation»), célébrant avec enthousiasme la générosité des Géorgiens («Pas un défaut, toutes les qualités!»), il brosse un tableau haut en couleurs où l'apocalypse alterne avec le paradis et l'odeur du sang se mêle aux flots dorés du vin de Kakhétie.

  • Voyage en Suisse

    Alexandre Dumas

    • Hermann
    • 14 Juillet 2005


    au lendemain de l'insurrection parisienne des 5 et 6 juin 1832 contre le régime de louis-philippe, alexandre dumas, soupçonné d'y avoir pris part et menacé d'arrestation, ressent la nécessité de quitter la france pour quelque temps.
    il y est, par ailleurs, incité par le déclin de sa santé dû à une attaque de choléra : mon médecin m'ordonna ce qu'un médecin ordonne lorsqu'il ne sait plus qu'ordonner : un voyage en suisse. en conséquence, le 21 juillet 1832, je partis de paris. les impressions de voyage qu'il publie à son retour ne tarderont pas à devenir un titre générique pour tous les récits de voyage sortis de sa plume : en italie, aux bords du rhin, en espagne, en afrique du nord, en russie, au caucase.
    croyant composer un livre, dumas invente un genre, presqu'à son usage particulier. un genre aux lois fantasques, qui n'est pas une simple relation de voyage, mais intègre différents écrits : chroniques historiques, contes, légendes, anecdotes, nouvelles contemporaines, rencontres avec d'illustres personnages comme chateaubriand ou la reine hortense, profession de foi républicaine. le voyage en suisse apparaît donc comme le laboratoire, ô combien délectable, de la prose narrative dumasienne.
    genève est, après naples, une des villes les plus heureusement situées du monde. paresseusement couchée à la base du mont salève, elle semble n'avoir autre chose à faire que de regarder avec amour les mille villas semées aux flancs des montagnes neigeuses ou couronnant le sommet des collines. sous ce beau ciel, devant ces belles eaux, il semble qu'elle n'a qu'à respirer pour vivre. et cependant, cette odalisque nonchalante, c'est la reine de l'industrie, c'est la commerçante genève, qui compte quatre-vingt-cinq millionnaires parmi ses vingt mille enfants.
    je ne connais pas de moine, de chartreux, de trappiste, de derviche, de fakir, de phénomène vivant, d'animal curieux que l'on montre pour deux sous, qui fasse une abnégation plus complète de son libre arbitre que le malheureux voyageur qui monte dans une voiture publique. dès lors, ses désirs, ses besoins, ses volontés sont subordonnés au caprice du conducteur dont il est devenu la chose. je feuilletais mes guides comme des manuscrits.
    pas une ruine ne s'offrait sur notre route dont je ne les forçasse de se rappeler le nom, pas un nom dont je ne les amenasse à m'expliquer le sens. ces histoires éternelles m'ont toutes été racontées plus ou moins poétiquement par ces enfants des montagnes. mais cependant, peut-être, ils ne le répéteront pas à leurs enfants. car de jour en jour, le sourire incrédule du voyageur esprit fort arrête sur leurs lèvres ces légendes naïves qui fleurissent, comme les roses des alpes, au bord de tous les torrents, au pied de tous les glaciers.
    alexandre dumas.

  • Le Voyage philosophique d'Angleterre, fait en 1783 et 1784 fut publié sans nom d'auteur en 1786. La Correspondance littéraire de Grimm et de Meister, qui fit l'éloge de ce récit de voyage, l'attribua à Monsieur de La Coste, tout en ajoutant qu'on ne savait rien de l'auteur. Celui-ci, en effet, ne devait pas souhaiter qu'on puisse l'identifier, car il faisait du duc de Chaulnes, qu'il accompagnait en Angleterre et qui aimait la compagnie des prostituées de Covent Garden, un portrait des plus sévères. La Coste est un voyageur sensible, qui a lu le Voyage sentimental de Laurence Sterne, et se plaît à décrire des épisodes où le sentiment se mêle à un érotisme moiré ; c'est aussi un homme cultivé à l'intelligence aiguë, qui brosse pour sa femme un tableau de la société et des moeurs anglaises, multipliant les comparaisons avec la France. Ce Voyage va au-delà des observations souvent convenues des voyageurs du XVIIIe siècle, faisant entendre une voix. édition établie et introduite par Isabelle Bour.

empty