Sciences & Techniques

  • Le lac Tchad et son avenir sont au coeur des préoccupations politiques régionales et internationales. Cet espace vital, à la charnière de l'Afrique de l'Ouest et de l'Afrique centrale, a longtemps fasciné, depuis les géographes arabes au Moyen-Âge jusqu'aux explorateurs européens du xixe siècle. Il suscite aujourd'hui des interrogations fortes sur l'environnement, l'eau, le climat et le développement régional. Le lac Tchad va-t-il s'assécher ? Quelles seraient alors les conséquences pour les 13 millions d'hommes qui en dépendent, sur un rayon de 300 km ?
    Les discours publics qui traitent de l'avenir du lac Tchad, le plus souvent alarmistes, sont dans l'ensemble sources d'une grande confusion et entretiennent une image brouillée de la situation. Une connaissance précise des réalités est pourtant nécessaire pour construire une vision partagée de cet avenir et adopter une stratégie qui permette de relever les défis du développement durable du lac.
    La Commission du bassin du lac Tchad (CBLT) a commandé à l'Institut de recherche pour le développement (IRD) une expertise collégiale sur la préservation et le développement du lac Tchad. Cette expertise, réalisée par un collège d'experts pluridisciplinaire et paritaire Nord-Sud, recense les connaissances actuelles sur le lac et identifie les différents choix politiques susceptibles de stimuler son développement. Elle aboutit à une série de recommandations utiles aux décideurs politiques en matière de soutenabilité environnementale, de sécurité alimentaire et d'emploi.

  • Au coeur des Andes, les quinueros, producteurs de quinoa des hauts plateaux de Bolivie, ne vivent pas coupés du monde. En quelques années, ils ont fait d'une contrée désertique et froide, la première région exportatrice au monde de cette graine de très haute valeur nutritive. Héritiers d'une tradition séculaire conjuguant agriculture locale et échanges lointains, ils ont innové et se sont organisés pour diffuser leur production à travers tous les continents. Plus qu'un simple cas de mondialisation des échanges, c'est une authentique révolution agricole qui se joue sous nos yeux. Au-delà des idées reçues sur un produit en vogue, cet ouvrage abondamment illustré rend compte des transformations en cours et cherche à encourager des échanges plus solidaires et plus responsables entre producteurs et consommateurs.

  • Les guérisseurs itinérants kallawaya sont originaires des vallées de Charazani dans les Andes orientales, à mi-chemin du lac Titicaca et de l'Amazonie, sur le territoire d'une ancienne chefferie pré inca.
    Durant l'époque coloniale et jusqu'à nos jours, ils diffusèrent dans les Andes d'abord, de Quito au Chili, dans tout le continent ensuite, de Panama à Buenos Aires, leur savoir médical né de la rencontre de plusieurs traditions (Pukina, Arawak, Aymara, Quechua) et transmis par initiation. Grâce à une patiente et obstinée enquête menée durant quinze années dans l'amitié de ses informateurs, Louis Girault a pu réunir une collection de plantes médicinales, d'éléments organiques et minéraux, ainsi que des amulettes, utilisés dans les pratiques thérapeutiques et magiques des Kallawaya.
    Cet inventaire quasi exhaustif de mille éléments, rapportés au vu des classifications locales et confrontés aux anciennes chroniques d'histoire naturelle, permet d'étudier tant les taxonomies indigènes et la pharmacopée traditionnelle que les différents codes, sémantiques et symboliques, employés par ces guérisseurs. Cet ouvrage constitue un instrument de travail irremplaçable pour les hommes de science et de terrain.
    Botanistes, médecins, ethnologues, archéologues, historiens, ont besoin de tels inventaires systématiques afin d'avancer dans le déchiffrement des cultures américaines, notamment celles qui se trouvent au carrefour des Andes et de l'Amazonie.

  • A l'heure où le développement durable est désormais ancré dans de multiples sphères scientifiques, économiques et politiques, cet ouvrage interroge les spécificités avérées ou supposées de ce concept dans les petits espaces insulaires (PEI).
    Suite aux objectifs fixés lors du Sommet de la Terre de Rio (1992) renouvelés lors de la Conférence de Maurice (2005), les thèmes du tourisme durable, des ressources côtières et marines, de la biodiversité, de l'énergie et des changements climatiques en milieu insulaire s'inscrivent en effet parmi les préoccupations permanentes des gouvernements concernés et des organisations internationales. Loin de présenter un modèle générique ou une solution unique, cet ouvrage collectif analyse les possibilités de préserver ces espaces fragiles en fonction de leurs spécificités physiques, géographiques, politiques, socio-économiques, culturelles...
    Les entrées de l'ouvrage sont multiples, consacrées à des terrains et des problématiques variés et complémentaires. Des Açores à la Réunion, des Antilles aux Baléares, qu'elles soient riches ou pauvres, situées au Sud ou au Nord, indépendantes ou reliées à une lointaine métropole, les îles sont ici décrites dans toute leur variété, apportant des éléments concrets de réflexion sur les perspectives de mise en oeuvre du développement durable dans les PEI.

  • L'essor de la culture de la quinoa en Bolivie survient dans une société apparemment isolée et ancestrale, enracinée au sud des hauts plateaux andins mais, en réalité, mobile et ouverte sur le monde. Cet ouvrage explore les transformations sociales et territoriales induites par le passage d'une agriculture de subsistance, essentiellement locale, à une production commerciale mondialisée. Mondialisée... mais toujours aux mains des petits producteurs et de leurs organisations.

    C'est au prisme de la géographie sociale que les permanences et les évolutions sont observées, en s'appuyant sur une connaissance fine des communautés locales. Dépassant les constats hâtifs et parfois alarmistes, cet ouvrage met en lumière les ressources et les capacités adaptives d'une société rurale en mutation. Il nous plonge dans l'intimité des trajectoires de vie de ces producteurs de quinoa, ancrés dans leur communauté et, en même temps, mobiles et mondialisés. Il met en lumière le génie de cette société rurale qui, par la migration, combine les lieux, les activités et les identités, articule villes et campagnes, gère l'ici et l'ailleurs. Cultiver tout en partant, partir tout en cultivant, tel est le tour de force opéré par les producteurs de quinoa. La durabilité agricole, socio-économique et environnementale de ces territoires est au coeur du propos : ne doit-elle pas, en effet, s'envisager dans le mouvement ?

  • Les écosystèmes côtiers, qui concentrent actuellement 70% de la population mondiale, sont particulièrement impactés par le changement climatique et les activités anthropiques. D'où les espoirs placés dans la création d'aires marines protégées (AMP), qui favorisent la résilience des systèmes vivants et la conservation des espèces. Au cours des dernières années, un véritable consensus international s'est progressivement imposé quant à l'intérêt de les multiplier.
    Cependant, de nombreuses incertitudes demeurent sur leur efficacité réelle et sur les modalités de leur mise en oeuvre. Les enjeux sociétaux qui sont associés à la multiplication des AMP interrogent les scientifiques, notamment en termes d'acceptation sociale, de régulation juridique et de pérennité des dispositifs mis en place. Ainsi, entre soutien au développement des AMP et analyse des controverses dont elles font parfois l'objet, cet ouvrage apporte un éclairage interdisciplinaire sur le développement de ces nouveaux espaces de conservation. Les études présentées ici sont centrées sur l'Afrique du Nord-Ouest (Algérie, Maroc et Sénégal).
    À travers le regard de juristes, d'écologues, de géographes, d'économistes, elles illustrent le potentiel associé à ce mode de conservation des zones marines et côtières. Elles questionnent par ailleurs l'efficience des AMP, tout en soulignant leur intérêt, bien au-delà des territoires où elles se situent.

  • Les domaines de la santé et de l´environnement ont longtemps été considérés, tant par les décideurs que par les scientifiques, comme des réalités disjointes. Il a fallu attendre les dernières décennies pour que soit reconnu et que se concrétise le lien entre environnements et santé avec la création d´agences spécialisées. Qu´il s´agisse de foyers de maladies parasitaires ou de pollution atmosphérique, les situations d´exposition à un risque sanitaire lié à l´environnement relèvent de facteurs particuliers : épidémiologiques, géographiques, politiques, et bien évidemment sociaux. À partir de zones géographiques situées tant au Sud qu´au Nord, les auteurs de cet ouvrage présentent un large éventail de configurations dans lesquelles s´exprime la complexité des relations entre santé et environnements dans leur rapport avec les groupes humains. Ils mettent l´accent sur l´importance de la perception et de la pratique des acteurs (des décideurs aux bénéficiaires des mesures, en passant par les médecins) pour penser le risque sanitaire selon les milieux. Ils soulignent tout l´intérêt de l´apport des sciences sociales et des pratiques interdisciplinaires dès lors qu´il s´agit d´envisager les relations entre un pathogène et l´homme. Chacune des approches s´attache ainsi à éclairer les différentes facettes du risque environnemental, depuis le comportement des individus jusqu´aux politiques nationales, en invitant le lecteur à se départir de toute vision déterministe et simplificatrice.

  • Beaucoup de bananes et un peu de canne à sucre pour le rhum : la Martinique vit toujours, pour une part importante, de ces grandes cultures tropicales d´exportation. Mais pour combien de temps ? La concurrence de pays voisins à faibles coûts de main d´oeuvre, la fragilité des soutiens de l´Union européenne, font aujourd´hui de cette question une urgence. La Martinique s´interroge sur les espoirs qu´elle peut fonder dans le développement d´une « agriculture biologique » pour répondre à ces défis. Dix-sept chercheurs, experts de l´agriculture tropicale d´une part et des techniques « bio » d´autre part, ont ensemble étudié dans quelles conditions le développement d´une agriculture biologique, certifiée ou non, est possible. Comment l´île peut-elle trouver ses débouchés et contribuer à revaloriser l´image de l´agriculture, en tissant de nouveaux liens entre agriculture et alimentation ? Tel est l´enjeu de cette expertise. With a large output of bananas and some sugar cane for rum, Martinique still largely earns its living from these major tropical exports. But how much longer can this last? With competition from neighbouring countries with low labour costs and the uncertain future of European Union support, this is now an urgent question. What hopes can Martinique place in developing organic farming as a way of confronting these challenges? To answer this question, researchers specialising in tropical agriculture and in organic farming methods joined forces to examine the conditions for developing organic farming, certified or otherwise, in Martinique. What crop rotations could be used, and in which parts of the island? What outlets would there be for what products? And how can the image of agriculture be improved by rebuilding the links between food, farming and the land in Martinique? In answering these questions, the experts provide useful insights for all Southern countries wishing to opt for organics, a growth sector in the North.

  • Depuis les années 1960, les crevettes côtières de Madagascar font l'objet d'une intense exploitation. Elles représentent l'une des principales ressources de devises du pays et constituent à ce titre un enjeu convoité par les investisseurs, mais aussi par les pêcheurs traditionnels. Du fait de l'augmentation de la pression de pêche, la pêcherie malgache se trouve confrontée, depuis le milieu des années 1990, à des difficultés économiques croissantes, à la stagnation des débarquements, à la baisse des rendements et de la taille moyenne des captures.

    Avec pour objectif d'actualiser les connaissances scientifiques sur la ressource et d'en améliorer la gestion et l'exploitation, mais également pour définir une politique d'aménagement des aires de production, le Programme national de recherche crevettière (PNRC) a été lancé en 1997 avec le soutien financier de l'Agence française de développement et l'expertise scientifique de l'Institut de recherche pour le développement (IRD).

  • Les forêts tropicales, dont le rôle écologique est unanimement reconnu, subissent actuellement une dégradation massive et un bouleversement radical des modes de vie de leurs habitants. Ces milieux tropicaux ont été l´objet d´occupations humaines parfois très anciennes, donnant lieu en plusieurs régions du globe à des développements socioculturels complexes, témoignant d´adaptations durables. L´analyse sur le temps long des interactions entre les sociétés et leurs environnements tropicaux forestiers témoigne cependant de l´existence de périodes de crises et de ruptures dans l´histoire ancienne du peuplement. Issues d´une large palette de disciplines, les contributions réunies dans cet ouvrage présentent l´état des connaissances sur l´occupation des différentes régions tropicales et précisent l´importance relative des facteurs historiques et culturels par rapport aux déterminants écologiques dans cette histoire.

  • En milieu montagnard tropical, où les risques d'érosion sont naturellement élevés, la mise en culture des terres entraîne l'aggravation des processus.
    Ainsi, les versants des Andes équatoriennes, intensément cultivés, connaissent une érosion qui affecte la fertilité des sols et donc la production agricole dont dépend le petit paysannat (minifundio) pour son alimentation. Il est urgent d'apporter des mesures de lutte antiérosives efficaces et adaptées aux conditions socio-économiques de la population. Mais les connaissances sur l'érosion et la lutte antiérosive dans le monde tropical, en particulier dans les milieux montagnards, sont encore fragmentaires, les scientifiques ayant longtemps privilégié l'étude théorique des processus.
    L'objectif de la recherche présentée dans cet ouvrage est de proposer une approche qui associe recherche fondamentale et appliquée permettant la mise en oeuvre pratique de méthodes de lutte antiérosive.
    Cette étude s'est déroulée en trois étapes : diagnostic de l'érosion, mesures des processus, proposition et validation de méthodes antiérosives. Menée à l'échelle du terroir et de la parcelle paysanne, suivant une démarche formative et participative associant paysans, chercheurs et décideurs, elle montre que la lutte contre l'érosion est possible sur les hautes terres andines. Cette approche peut servir d'exemple pour poser les bases d'une agriculture de montagne durable en milieu tropical.
    Cet ouvrage s'adresse aux universitaires et chercheurs en géographie, pédologie, hydrologie et agronomie et par sa présentation didactique aux étudiants ainsi qu'aux décideurs.

  • Au début du XXIe siècle, le paludisme demeure la première cause de mortalité et de morbidité au Cameroun, comme dans l'ensemble des pays de l'Afrique subsaharienne.
    Mais pour tout programme de lutte de grande envergure, une analyse de situation de l'endémie se révèle indispensable, comme le souligne l'OMS dans sa nouvelle initiative " Faire reculer le paludisme " ou " Roll back malaria ". C'est pour répondre à cette préoccupation qu'a été menée la présente expertise collégiale. Celle-ci fournit une revue complète de la littérature consacrée à l'impact des projets de développement et des grands aménagements urbains sur l'endémie palustre et sur les autres maladies vectorielles liées à l'eau.
    Au Cameroun, on constate une dilution des cas de paludisme et de bilharziose en milieu urbain, une stabilisation du paludisme dans l'environnement des périmètres rizicoles, de même qu'une progression des indices onchocerquiens dans les localités proches des chutes d'eau et des rapides ainsi que leur recul en aval, suite au changement du régime des eaux. Mais au-delà de l'exemple camerounais, il ressort de cette expertise que dans tout pays où sévissent les maladies endémiques liées à l'eau, la question de l'impact sanitaire des aménagements hydrauliques et hydro-agricoles doit être posée dès le stade de la conception d'un projet, mais également lors de sa mise en oeuvre et pendant toute sa phase d'exploitation.
    Ingénieurs, économistes, agents des services spécialisés de santé et d'éducation, sociologues, tous les acteurs du développement doivent oeuvrer ensemble et rester en dialogue permanent avec les communautés concernées. Telle est la condition pour que les populations bénéficient pleinement et sans contrepartie des retombées économiques et sociales attendues de tels projets.

  • En progression rapide dans toutes les régions chaudes, la dengue ou " fièvre dengue " est la maladie à vecteur la plus répandue dans le monde.
    L'expansion de ses forces hémorragiques, qui peuvent être mortelles, est devenue particulièrement qu'en l'absence de vaccins ou de nouveaux traitements, l'unique moyen insiste à lutter contre le moustique vecteur. Il ressort des contributions réunies dans cette expertise collégiale qu'à côté des techniques de démoustication présentées en détail dans le volume est indispensable pour surveiller et prendre en charge cette pathologie.
    Il apparaît également nécessaire, ce qui n'est pas le plus facile, de convaincre les populations d'éliminer elles-mêmes les réserves d'eau (mares, flaques, récipients...) où le moustique se reproduit, une autre mesure essentielle proposée dans cette expertise.

  • À la fois outil d'identification et base de connaissance relative aux 166 espèces de phlébotomes signalées dans l'ensemble de la région afro-tropicale (sud du Sahara, Afrique de l'Est et sous-région malgache), ce logiciel bilingue s'adresse aux enseignants, aux étudiants, aux entomologistes médicaux, aux parasitologistes et à tous les agents de santé publique en charge de la surveillance et de la lutte contre les diptères vecteurs de maladies.


    L'identification, qui se fonde sur la morphologie et la répartition des espèces, se fait par une approche multicritère ; elle est facilitée par plus de 900 illustrations originales. Des fiches taxonomiques ainsi qu'une aide à la comparaison des caractères spécifiques permettent de vérifier l'identification. L'utilisateur bénéficie en outre d'un glossaire, de cartes de répartition, d'une initiation à la morphologie du genre Phlébotome ainsi que des informations synthétiques sur sa biologie et sur son rôle de vecteur de maladies. Une bibliographie indexée de plus de 600 références et une information sur les techniques d'études sont aussi disponibles.

  • Le paludisme est la première parasitose humaine par sa fréquence et sa gravité. Son contrôle constitue l'un des principaux objectifs du millénaire. Véhiculé par un moustique anophèle, le paludisme est cosmopolite, mais connaît une situation épidémiologique particulièrement préoccupante en Afrique subsaharienne où ce fléau est une des premières causes de mortalité infantile. La lutte contre le paludisme repose sur une parfaite connaissance du vecteur, y compris dans les régions où il est présent sans transmettre le parasite, comme en Europe actuellement, où son retour n'est pas exclu.


    Cet ouvrage présente une synthèse sur l'identification et la bio-écologie de l'anophèle, depuis la larve jusqu'à l'adulte. Il montre la capacité vectorielle du moustique, le mode de transmission du Plasmodium en fonction du biotope et des conditions environnementales, et de là expose les principes et méthodes de lutte.


    L'ouvrage s'adresse aux étudiants et aux chercheurs concernés par l'épidémiologie des maladies transmissibles, ainsi qu'aux décideurs et aux agents de santé publique chargés de la prévention de ces maladies. Il constitue une référence actualisée sur les anophèles et la lutte antivectorielle.

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