Joseph K

  • En permettant de découvrir plus largement un Georges Perec commentateur de son oeuvre ainsi que son discours sur la littérature et l'art dans leurs manifestations les plus diverses, les documents ici réunis témoignent de l'émergence et de l'affirmation progressive de l'esthétique de lécrivain, tout en la situant par rapport à l'actualité littéraire, culturelle et sociopolitique de l'époque.

  • Saluée unanimement par la presse, la première édition du Dictionnaire des littératures policières, parue en octobre 2003, a été épuisée en quelques semaines.
    Claude Mesplède et son équipe (qui compte plusieurs dizaines de nouveaux collaborateurs) proposent aujourd'hui une édition revue, mise à jour et augmentée de 500 nouvelles entrées !
    Amoureux des dictionnaires, Daniel Pennac dit dans sa préface l'extrême importance de cette édition : «Si les littératures policières décrivent le monde et l'individu tels qu'ils ne vont pas, Le Mesplède, lui, décrit le monde des littératures policières tel qu'il va et où qu'il aille.
    Ce ne sont pas seulement des auteurs, des titres, des personnages, ou des thèmes qui sont répertoriés ici, mais tout ce qui constitue la vie même autour de ces romans et de ces nouvelles :
    Leurs collections, leurs séries, leurs maisons d'édition, leurs librairies, leurs fanzines, leurs historiens, leurs dessinateurs, leurs films, leurs festivals, leurs prix locaux et internationaux...
    Oui, c'est bien Le Mesplède que j'emporterais sur une île déserte ; ce dictionnaire si minutieusement achevé est un roman sans fin. »

  • Saluée unanimement par la presse, la première édition du Dictionnaire des littératures policières, parue en octobre 2003, a été épuisée en quelques semaines.
    Claude Mesplède et son équipe (qui compte plusieurs dizaines de nouveaux collaborateurs) proposent aujourd'hui une édition revue, mise à jour et augmentée de 500 nouvelles entrées !
    Amoureux des dictionnaires, Daniel Pennac dit dans sa préface l'extrême importance de cette édition : «Si les littératures policières décrivent le monde et l'individu tels qu'ils ne vont pas, Le Mesplède, lui, décrit le monde des littératures policières tel qu'il va et où qu'il aille.
    Ce ne sont pas seulement des auteurs, des titres, des personnages, ou des thèmes qui sont répertoriés ici, mais tout ce qui constitue la vie même autour de ces romans et de ces nouvelles :
    Leurs collections, leurs séries, leurs maisons d'édition, leurs librairies, leurs fanzines, leurs historiens, leurs dessinateurs, leurs films, leurs festivals, leurs prix locaux et internationaux...
    Oui, c'est bien Le Mesplède que j'emporterais sur une île déserte ; ce dictionnaire si minutieusement achevé est un roman sans fin. »

  • Au sommaire de son vingt et unième numéro, Temps Noir publie un important dossier consacré au roman policier sous l'Occupa- tion. Michel Chlastacz, à qui l'on doit déjà plusieurs articles sur cette période, propose une étude générale sur l'édition des livres et fascicules policiers des années 1940-1944 qui, malgré les difficultés politiques et économiques du moment, n'a jamais cessé d'alimenter les kiosques et les librairies.
    Hervé Bismuth mène une réflexion sur l'évo- lution du discours «masculin» dans la série des aventures de San-Antonio: discours virilisant de ses débuts, en 1949, mis à mal tout au long du demi-siècle qui s'écoule, notamment par la forte déstabilisation du discours masculin dans la France des Trente Glorieuses.
    Benoît Tadié, spécialiste du roman noir américain, s'entretient avec Richard Layman, l'auteur de la biographie de référence sur Dashiell Hammett, et l'éditeur d'un recueil capital qui vient de paraître aux États-Unis, qui rassemble pour la première fois l'ensem- ble du corpus des histoires du premier détective de Hammett, Continental Op, dont la plupart des histoires a été publiée dans le célèbre pulp Black Mask.
    Patrice Allain, quant à lui, nous fait décou- vrir un Louis Chavance inédit. Associé aux plus grands noms du cinéma français:
    Marcel L'Herbier, Henri-Georges Clouzot, Jean Vigo, Marcel Carné ou André Cayatte, on ignore souvent qu'il dirigea aussi durant les années de guerre une collection de romans policiers pour l'éditeur Georges Ventillard et qu'il écrivit à cette occasion une petite dizaine d'ouvrages sous les pseudonymes de John Irving et de Jack River, et qu'il permit à Léo Malet de publier sa première oeuvre noire.

  • à vingt ronds. Non, ce qu'il y a de terrible, c'est que insidieux, ça vient petit à petit, en douce, comme une vache de tuberculose, on se croit encore bien portant, on crâne et puis on tombe en pourriture. Là, c'est pas le poumon, la vessie ou le pancréas qui est atteint, c'est le moral et tout le reste par contrecoup.
    Je ne saurais pas dire exactement comment cela a commencé, ça date probablement de bien loin, il y a fort longtemps qu'on m'a privé de la plus élémentaire confiance en moi. Sur les bancs de l'orphelinat d'abord, avec cette odieuse morale qui faisait de moi un petit saint dont tout le monde profitait. En apprentissage ensuite, puis dans de vastes bureaux de comptabilité, au régiment, partout à se faire engueuler, amoindrir par des types dont je n'osais plus croire qu'ils ne me valaient pas.
    Cette chambre pouilleuse, c'est devenu rapidement pour moi autre chose qu'un abri, c'était mon dernier retranchement, mon refuge contre le monde qui voulait me bouffer.

  • Le numéro vingt-deux de Temps Noir, à paraître en mars, consacre ses 352 pages aux Tontons flingueurs. Ce numéro, qui fête à sa manière le centenaire de la naissance de Michel Audiard, propose, en première partie, une longue étude sur la préparation de ce film mythique, à partir de nombreuses archives inédites qui révèlent la façon dont le trio Audiard-Simonin- Lautner a conçu l'adapta tion du roman noir Grisbi or not grisbi ainsi que les conditions mouvementées du tournage.
    Dans la seconde partie, une équipe de spécialistes dissèque, chacun dans son domaine, la spécificité des Tontons flingueurs en essayant de répondre aux questions qui concernent la place éminente et singulière que ce film occupe dans l'histoire de notre cinéma.
    Adaptation, dialogues, coproductions, mise en scène, choix des acteurs, musique, contexte d'américanisation de la France des années 1960, conflit des générations, réception critique, et bien d'autres aspects encore de ce film sont abordés et nous font comprendre, comme le souligne Jean-Luc Marion, que «nous aimons Les Tontons flingueurs parce qu'ils nous réconcilient avec un passé presque déjà oublié, dont nous n'avions presque pas apprécié le bonheur. Et ainsi ils nous réconcilient un peu avec nous-mêmes. Et cela, seules les véritables oeuvres y parviennent.»

  • Pour son vingtième numéro, Temps Noir change sa maquette de couverture et met en avant deux grands dossiers.
    Le premier porte sur les débuts du cinéma français de la «Série Noire» où brillent Jacques Becker avec Touchez pas au Grisbi, Jean-Pierre Melville avec Le Doulos ou Georges Lautner avec Les Tontons flingueurs, un film devenu culte grâce aux dialogues de Michel Audiard.
    Le second dossier est consacré à une période méconnue, voire en partie occultée, de la vie de ce génial dialoguiste, celle de ses débuts littéraires durant l'Occupation. Est aussi étudiée son intense activité de critique cinématographique des années 1940, pour la première fois analysée en détail.
    Ces deux périodes éclairent de manière inédite le Michel Audiard dialoguiste et romancier.
    Une nouvelle formule pour un public plus large mais toujours exigeant.

  • Romancier, nouvelliste, scénariste, directeur et créateur de collections - « Le Poulpe», «Pierre de Gondol » ou « Suite noire », notamment -, Jean-Bernard Pouy est l'une des figures majeures du roman noir français contemporain. Inventif, il a publié une cinquantaine de romans, dont douze à la «Série Noire ». Amateur de contraintes oulipiennes et chroniqueur de l'émission «Les Papous dans la tête» (France Culture), il aborde les sujets les plus divers - politique, sport, musique, cinéma, littérature populaire ou non... - dans des articles qu'il publie depuis plus de trente ans.
    Dans Ni pingouin ni manchot (titre provisoire), JB a rassemblé les plus marquants, des plus anciens - «Le casse-pipe intérieur» (1983) - aux plus récents, jouant avec l'écriture et s'amusant des «choses» de son temps.

  • Temps noir N.14

    Revue Temps Noir

    12 Autres éditions :

  • Lorsque le Maréchal Pétain se rendit en visite officielle à Marseille les 3 et 4 décembre 1940, la Préfecture de Police ordonna de nombreuses arrestations "préventives" afin d'assurer la sécurité du susnommé. Au nom de la Patrie et de l'Ordre - celui de la Révolution dite nationale -, on procéda à de multiples perquisitions, arrestations et rafles, notamment parmi les réfugiés politiques en attente de visas. Il fut également décidé de transférer à bord d'un paquebot, le Sinaïa, le plus possible d'entre eux qui, ainsi confinés, furent gardés en pleine mer, loin de Marseille. L'écrivain Victor Serge figure parmi ceux qui furent contraints de " prendre le large ". Son patronyme russe, Kibaltchitche, ainsi que la mention "apatride" apposée sur sa carte de séjour (provisoire) perturba l'un des policiers chargés de l'embarquement qui lui demanda s'il était Juif. Sans s'émouvoir, Victor Serge répliqua avec calme et fermeté :" Je n'ai pas l'honneur ! ". Dans ce contexte, une telle réponse aurait pu ajouter aux difficultés de sa situation, alors plus que précaire. Victor Serge en était conscient mais entendait clairement manifester sa solidarité avec tous les Juifs. Cette solidarité, il n'avait pas attendu la fin de l'année 1940 pour la traduire en actes. Depuis plusieurs années - comme le lecteur pourra le découvrir avec les textes réunis dans ce volume -, il informait régulièrement militants et citoyens du sort inhumain infligé aux Juifs de par le monde et il dénonçait aussi bien les idéologies que les politiques xénophobes et antisémites.

    1 autre édition :

  • L'écrivain qui, à la manière de Baudelaire, dispense des Conseils aux jeunes littérateurs et signe, au printemps de 1929, un Traité du débutant, n'a que vingt-huit ans. Voici donc un garçon précoce doublé d'un outrecuidant. C'est qu'il ne lui déplaît point de poser en cicérone, de feindre d'avoir assez de métier pour l'enseigner aux novices. Il ne déteste pas non plus profiter de l'exercice pour s'imposer à lui-même quelques règles de conduite. Bref, notre jeune auteur a du caractère. Il est vrai, que, à l'âge où certains de ses contemporains finissent encore leurs études, Jean Prévost a déjà bien vécu et beaucoup écrit. Si son Traité du débutant se lit si bien plus de quatre-vingts ans après sa parution, ce n'est pas seulement que son auteur écrit vite, clair et moderne, c'est aussi qu'il donne des conseils pratiques qui valent toujours et portent, sur la société littéraire, des jugements que le temps a rendus plus aigus. Bien avant La littérature à l'estomac, de Julien Gracq, il écrit : " La hâte que ce siècle a voulu mettre en toutes choses, il l'a mise aussi dans sa lecture ". Mais aussi : " Étant donné que le public est bête, tout grand et immédiat succès d'une belle oeuvre est le fruit d'un malentendu ". Mais encore : " Les critiques n'ont aucune espèce d'influence (...) ; ils n'ont même pas d'avis ". Une fois pour toutes, Jean Prévost a décrété que le public des vrais lettrés ne dépassait pas, en France, les six cents âmes. Pour ce début de siècle, nous ne serons guère plus généreux.

  • En 1928, l'éditeur Gaston Gallimard lance avec l'aide des frères Kessel un hebdomadaire destiné aux faits divers. Le journal embauche une rédaction de grands reporters expérimentés - Larique, Danjou, Roubaud, Bringuier... - et publie aussi de grandes signatures de la Maison Gallimard : Carco, Mac Orlan, Drouin.
    Pendant douze ans, Détective, malgré les critiques de tous bords, des surréalistes à la droite catholique, multiplie les unes sensationnalistes sur les grandes affaires criminelles : les soeurs Papin, Nozières, Weidmann... jus qu'à parfois se voir interdire d'affichage ou de vente pour ou trage à la moralité.
    Détective publie aussi de grands reportages exceptionnels sur les bagnards ou les Tsiganes, accumule les révélations sur les affaires qui alourdissent le climat politique de l'époque, crée enfin une formidable archive du crime.

    Cet ouvrage richement illustré relate l'histoire de cet hebdomadaire sensationnaliste financé par l'éditeur littéraire le plus légitime d'alors, et situe la place du journal sur l'échiquier politique et médiatique, reve nant par ce biais sur quelques grandes affaires criminelles et politiques de l'époque, réfléchissant également à la question de l'écriture d'information dans les années trente.

    « Détective, fabrique du crime» étudie ainsi les formes «informatives», entre fiction et réalité, et recontextualise la question déontologique du rapport au vrai.

  • Au bout de l'effort de connaître " en vérité ce qui est " trente années de mise à l'épreuve active du poétique et de sa pensée -, Jean-Paul Michel formule aujourd'hui une attente.
    Il en appelle à une " Bonté seconde ", la " justice " d'oeuvres qui " tiennent ". " Comment juger un homme sinon à sa hauteur d'attente ? ", demande ce livre. Le paradoxe est que le pari sur un au-delà de tous les savoirs n'enlève pas à l'exigence de lucidité, mais lui ajoute. La nudité du réel reconnue nudité, sur quelles puissances parier encore, sinon cette générosité d'après les épreuves ? Le cahier dirigé par Tristan Hordé (inédits, entretiens, lectures, dossier critique, documents, bibliographie) découvre les voies qui rendent nécessaires ce " coup de dés ".
    Les études de Jean-Luc Nancy, Pierre Bergounioux, Robert Bréchon, Jean-Baptiste Para, Vincent Pélissier et une dizaine d'autres témoins privilégiés, ainsi que les importants entretiens avec Tristan Hordé éclairent les moments cruciaux d'une vivante " traversée du négatif ".

  • Jacques Spitz, polytechnicien et ingénieur-conseil, connaît une carrière littéraire singulière. Il publie tour à tour des romans d'inspiration surréaliste et des récits précurseurs de l'existentialisme. Proche des avant-gardes, il signe des articles dans La Revue du Cinéma ou des essais sur la théorie quantique dans la revue Inquisitions et La Nouvelle Revue Française. De 1935 à 1945, il fait paraître huit romans d'imagination scientifique teintés de pessimisme et d'humour, dont La Guerre des mouches et L'OEil du purgatoire constituent les chefs-d'oeuvre. Il est aujourd'hui considéré comme l'un des maîtres du genre, entre les anticipations de Jules Verne et l'arrivée de la science-fiction américaine au début des années 1950. Son ami André Armengaud part aux Etats-Unis à la requête du Gouvernement provisoire du Général de Gaulle, en tant que directeur d'une mission de production chargée d'acheter le matériel nécessaire à la reconstitution du patrimoine industriel français. C'est au cours de cette mission qu'il demande à Jacques Spitz de rédiger des notes pour la Section historique de l'armée américaine sur la situation culturelle de la France. Eloigné des passions qui animèrent la vie intellectuelle française pendant la guerre, Jacques Spitz livre néanmoins une synthèse parfaitement documentée des évolutions et des enjeux qui ont profondément marqué la presse, l'édition, la radio, le théâtre et le cinéma pendant l'Occupation et les premiers moments de la Libération. C'est ce texte, rédigé en 1945 et resté inédit, que Joseph K porte aujourd'hui à la connaissance du public.

  • Cet ouvrage n'entend pas remplacer les deux volumes réunissant les entretiens et conférences donnés par Georges Perec entre 1965 et 1981, et publiés par Joseph K. en 2003 dans une édition critique établie par nos soins. Il vise tout simplement à présenter un aperçu des commentaires de Perec sur son oeuvre et son activité d'écrivain.
    Les documents réunis dans ce florilège permettent ainsi de suivre à grands pas le cheminement de l'écrivain à partir de l'automne 1965, où son premier roman publié, Les Choses, obtient le prix Renaudot, jusqu'à l'automne 1981, où très sollicité depuis La Vie mode d'emploi qui lui a valu le prix Médicis en 1978 et l'a imposé définitivement sur la scène littéraire, Perec effectue plusieurs séjours à l'étranger.
    Si au tournant des années 80 La Vie mode d'emploi reste au coeur de nombreux échanges, l'heure est souvent aux entretiens thématiques (le jeu, la judéité, le rôle de la mémoire et des contraintes), mais aussi aux bilans et retours en arrière : ses interlocuteurs l'invitent ainsi à jeter un regard rétrospectif sur son oeuvre et à s'interroger sur son évolution. Autre aspect important des propos de cette époque : l'écrivain s'identifie de plus en plus nettement à la cause de l'Ouvroir de littérature potentielle réuni depuis 1960 autour de Raymond Queneau et François Le Lionnais et au sein duquel Perec a été coopté en 1967.

  • De l'hospitalisation qui n'effacent pas les séquelles de deux heures de coma, il veut comprendre ce qui le laisse ainsi anéanti. Débute alors une lente enquête et une profonde méditation sur son passé, puis naît peu à peu l'idée d'un roman dont le narrateur serait un écrivain devenu amnésique.
    Abandonnant ses habituels personnages de série noire, ce romancier choisit de faire de l'enfant qu'il fut, et que la mémoire a gardé intact alors que le souvenir des événements récents a disparu, le protagoniste de son prochain ouvrage, la mort de la mère puis celle de la soeur de Jean Meckert vont brutalement rendre l'écriture de l'oeuvre plus impérative encore, ces deux êtres disparus devenant les figures centrales de l'entreprise romanesque, la fiction se mêle alors intimement aux réalités saillantes de son existence.
    Jean Meckert faisant de sa biographie l'essence même de Comme un écho errant. Adressé en 1986 aux Editions Gallimard, l'ouvrage est chaleureusement accueilli par Roger Grenier, mais refusé par les autres lecteurs qui lui reprochent de n'avoir pas choisi entre la biographie documentée et le roman psychologique. Terminé moins d'une dizaine d'années avant sa mort, ce roman autobiographique est ainsi resté inédit jusqu'à ce jour.

  • " J'avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie ". Ce célèbre début d'Aden Arabie, réédité en 1960 avec la lumineuse préface de Sartre, demeure une référence commode pour évoquer Paul Nizan, l'écrivain engagé, le communiste fervent, l'éternel révolté. La présente entreprise éditoriale, menée par Anne Mathieu en quatre volumes, nous invite à aller plus loin, en saisissant comment s'incarne cette révolte dans le détail d'une écriture quotidienne. Pour la première fois, on pourra lire dans leur ordre chronologique tous les articles de Nizan donnés à des revues, des périodiques et des journaux. Ce volume réunit les textes de jeunesse et les premiers "papiers" du militant, de 1923 jusqu'à 1935, date du Congrès international des écrivains pour la défense de la culture. À travers eux se dessine le cheminement esthétique, politique et littéraire d'un auteur pour qui " toute littérature est propagande ", y compris la note de lecture ou le reportage. L'heure de la rupture avec le Parti, qui interviendra au moment de la signature du pacte germano-soviétique de 1939, n'a pas encore sonné : sous la plume incisive d'un communiste alors orthodoxe revivent certains combats d'une France de l'entre-deux-guerres qui voit la montée des fascismes. Avec la découverte exhaustive de Nizan journaliste, c'est aussi la redécouverte du journalisme selon Nizan que nous offrent ces articles. À la jonction de la politique, de l'éthique et de l'écriture, ils tendent à remplir, comme le demandait leur auteur, la mission difficile d'" historien de l'immédiat ". J. D.

  • Début 1933, paraît un nouvel hebdomadaire, Pamphlet. Ils ne sont que trois pour rédiger l'ensemble des seize pages que compte le périodique : Alfred Fabre-Luce, Pierre Dominique et Jean Prévost. Trois hommes et des parcours qui divergent après le 6 février 1934, date charnière qui agit comme un révélateur. Après l'explosion de la violence, chacun choisit son camp pendant la montée des périls, avant le déclenchement des hostilités. Les deux premiers adhéreront au Parti populaire français de Jacques Doriot, puis verseront dans le vichysme ou la collaboration. Quant à Jean Prévost, résistant, il connaîtra une fin tragique dans le Vercors, abattu par les Allemands le 1er août 1944. Dans les cinquante numéros de Pamphlet parus de février 1933 à mars 1934, Jean Prévost compose le panorama de son singulier éclectisme et exprime sa volonté de comprendre son époque : Pamphlet marque le point culminant de son engagement " politique " dans la presse; il y pratique un journalisme de combat, exigeant, critique et sans idéologie. Exhumés et réunis pour la première fois en volume, les textes qui composent le présent recueil résonnent par leur modernité et leur extrême indépendance à l'égard des systèmes et de tous les " ismes " dont les années 30 firent grande consommation. Lucide sur les événements, Jean Prévost ne l'était pas moins sur lui-même ; raison supplémentaire pour lire ou découvrir cet écrivain hors-norme dont le maître mot était liberté, nécessairement conjugué au verbe résister.

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