Joseph K

  • Au sommaire de son vingt et unième numéro, Temps Noir publie un important dossier consacré au roman policier sous l'Occupa- tion. Michel Chlastacz, à qui l'on doit déjà plusieurs articles sur cette période, propose une étude générale sur l'édition des livres et fascicules policiers des années 1940-1944 qui, malgré les difficultés politiques et économiques du moment, n'a jamais cessé d'alimenter les kiosques et les librairies.
    Hervé Bismuth mène une réflexion sur l'évo- lution du discours «masculin» dans la série des aventures de San-Antonio: discours virilisant de ses débuts, en 1949, mis à mal tout au long du demi-siècle qui s'écoule, notamment par la forte déstabilisation du discours masculin dans la France des Trente Glorieuses.
    Benoît Tadié, spécialiste du roman noir américain, s'entretient avec Richard Layman, l'auteur de la biographie de référence sur Dashiell Hammett, et l'éditeur d'un recueil capital qui vient de paraître aux États-Unis, qui rassemble pour la première fois l'ensem- ble du corpus des histoires du premier détective de Hammett, Continental Op, dont la plupart des histoires a été publiée dans le célèbre pulp Black Mask.
    Patrice Allain, quant à lui, nous fait décou- vrir un Louis Chavance inédit. Associé aux plus grands noms du cinéma français:
    Marcel L'Herbier, Henri-Georges Clouzot, Jean Vigo, Marcel Carné ou André Cayatte, on ignore souvent qu'il dirigea aussi durant les années de guerre une collection de romans policiers pour l'éditeur Georges Ventillard et qu'il écrivit à cette occasion une petite dizaine d'ouvrages sous les pseudonymes de John Irving et de Jack River, et qu'il permit à Léo Malet de publier sa première oeuvre noire.

  • Le numéro vingt-deux de Temps Noir, à paraître en mars, consacre ses 352 pages aux Tontons flingueurs. Ce numéro, qui fête à sa manière le centenaire de la naissance de Michel Audiard, propose, en première partie, une longue étude sur la préparation de ce film mythique, à partir de nombreuses archives inédites qui révèlent la façon dont le trio Audiard-Simonin- Lautner a conçu l'adapta tion du roman noir Grisbi or not grisbi ainsi que les conditions mouvementées du tournage.
    Dans la seconde partie, une équipe de spécialistes dissèque, chacun dans son domaine, la spécificité des Tontons flingueurs en essayant de répondre aux questions qui concernent la place éminente et singulière que ce film occupe dans l'histoire de notre cinéma.
    Adaptation, dialogues, coproductions, mise en scène, choix des acteurs, musique, contexte d'américanisation de la France des années 1960, conflit des générations, réception critique, et bien d'autres aspects encore de ce film sont abordés et nous font comprendre, comme le souligne Jean-Luc Marion, que «nous aimons Les Tontons flingueurs parce qu'ils nous réconcilient avec un passé presque déjà oublié, dont nous n'avions presque pas apprécié le bonheur. Et ainsi ils nous réconcilient un peu avec nous-mêmes. Et cela, seules les véritables oeuvres y parviennent.»

  • Pour son vingtième numéro, Temps Noir change sa maquette de couverture et met en avant deux grands dossiers.
    Le premier porte sur les débuts du cinéma français de la «Série Noire» où brillent Jacques Becker avec Touchez pas au Grisbi, Jean-Pierre Melville avec Le Doulos ou Georges Lautner avec Les Tontons flingueurs, un film devenu culte grâce aux dialogues de Michel Audiard.
    Le second dossier est consacré à une période méconnue, voire en partie occultée, de la vie de ce génial dialoguiste, celle de ses débuts littéraires durant l'Occupation. Est aussi étudiée son intense activité de critique cinématographique des années 1940, pour la première fois analysée en détail.
    Ces deux périodes éclairent de manière inédite le Michel Audiard dialoguiste et romancier.
    Une nouvelle formule pour un public plus large mais toujours exigeant.

  • Temps noir N.14

    Revue Temps Noir

    12 Autres éditions :

  • À paraître en novembre 2014, le prochain numéro de Temps Noir consacre un long dossier aux adaptations contemporaines du personnage mythique de Sherlock Holmes (par Xavier Mauméjean, Luc Brunshwig, Cecil.), un autre sur les rapports entre les littératures blanche et noire (Christophe Carpentier, François Rivière, Juli Zeh.), ainsi qu'une étude sur le romancier Georges Saint-Bonnet, auteur d'une série d'ouvrages policiers durant la sombre période de l'Occupa tion.
    Temps Noir publiera aussi un article richement illustré et documenté sur les collections populaires de la Librairie Gallimard avant la « Série Noire », et un long entretien avec Claude Mesplède, essayiste renommé et auteur d'un important dictionnaire des littératures policières, paru aux éditions Joseph K.
    À ce copieux sommaire, il faut ajouter la rubrique habituelle sur le cinéma policier.

  • Remettant en cause la doxa critique assimilant le genre noir à un phénomène uniquement américain, cet ouvrage propose d'utiliser le vocable « film noir » pour identifier une tradition cinématographique française née dans les années 1930, et analyser son devenir après la Seconde Guerre mondiale.
    Soucieux d'envisager le film noir français comme l'expression nationale d'une forme transnationale, le présent volume analyse la persistance du genre dans la France d'après-guerre, en s'intéressant à l'identité ambiguë façonnée par les nombreux transferts culturels entre Paris et Hollywood dans les années 1950 :
    Des films aussi divers que Les Portes de la nuit (Marcel Carné, 1946), La Môme vert-de-gris (Bernard Borderie, 1953) et Touchez pas au grisbi (Jacques Becker, 1954) font appel au cinéma américain pour mieux affirmer une spécificité nationale.
    L'ambition principale du livre est toutefois d'interroger, dans une perspective mêlant l'analyse des formes et la contextualisation historique, le sens des films noirs français dans le contexte d'une nation en transition, devant négocier le basculement entre l'Occupation et l'entrée dans la société de consommation. Après avoir montré que le genre évoluait dans différentes directions entre 1946 et 1960, l'ouvrage relie cette hétérogénéité aux ambivalences d'une France aux prises avec son passé, avec l'Amérique et avec un présent en mutation, marqué notamment par la pénétration de la modernité. Par sa diversité même, le genre illustre les contradictions de la France d'après-guerre :
    Désireuse de se plonger dans l'avenir mais obsédée par son passé traumatique, en partie séduite par la « tentation américaine » mais déterminée à conserver sa « francité ».

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