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Karthala

  • Est-il possible de parler de l'histoire de l'Algérie des origines à nos jours en France de manière impartiale sans que cela suscite polémiques, diatribes et anathèmes ? Tel est le but que s'est fixé l'historien Emmanuel Alcaraz. Dans une approche originale, il offre une synthèse limpide et éclairante sur cette histoire qui continue de miner le présent des sociétés françaises et algériennes.
    De Jugurtha luttant contre Rome à la conquête arabe, des corsaires d'Alger à la colonisation française, de la guerre d'Algérie à la guerre civile algérienne dans les années 1990 en allant jusqu'au hirak, Emmanuel Alcaraz revisite chaque étape de ce riche passé en utilisant de nouvelles sources tirées des Archives et des témoignages oraux, le tout agrémenté de sa connaissance du terrain algérien, de l'historiographie et de son égo-histoire.
    Dans une France marquée par l'indépendance algérienne, terre d'accueil pour les immigrés algériens, l'auteur s'intéresse également aux origines de la montée en puissance des droites extrêmes. Il étudie comment les discours des droites radicales se sont construits dans un esprit de revanche contre les immigrés, par rapport à la blessure narcissique de la perte de l'Algérie française.
    Faisant appel à la méthode historique la plus rigoureuse, l'historien interroge l'avenir de la nation algérienne entrée depuis le mouvement populaire de 2019 dans une nouvelle séquence de son histoire, qui ne peut se poursuivre sans la France, avec les Lumières et les ombres du passé à assumer des deux côtés de la méditerranée pour ne pas entrer dans l'avenir à reculons.

  • Force est de constater que nous vivons dans un monde fracturé. Ainsi en va-t-il notamment des rapports entre Islam et Occident. De nos jours, il existe dans les mondes musulmans des mouvances radicales qui abhorrent et combattent la civilisation occidentale et les « mécréants ». En face, il est couramment admis que l'islam est une religion régressive et barbare, incompatible avec les valeurs démocratiques, républicaines et laïques. Serions-nous alors sur la voie d'une « guerre de civilisations » ?

    Ce livre propose une réflexion sur ces idées toutes faites qui ne cessent de circuler et expliquent l'impossibilité d'un « vivre-ensemble ». Il propose une analyse en termes de représentations et d'imaginaires qui va au-delà de l'actualité immédiate et des visions qu'elle porte.

    L'islam des islamistes et des jihadistes n'est qu'une interprétation contemporaine et contingente de la religion musulmane. Il s'inscrit dans un retour du religieux, certes dévoyé et belliqueux, que l'Occident sécularisé a du mal à concevoir, tant il a une conception caricaturale de l'islam.
    Au fond, ce livre suggère qu'il est nécessaire d'accorder de l'importance et de prendre au sérieux les discours que chaque camp tient sur l'Autre, avec l'idée qu'il convient d'en connaître la grammaire afin de pouvoir les dépasser et parvenir ainsi à des relations apaisées. Cet ouvrage donne quelques clefs permettant de retrouver la voie du dialogue entre Orient et Occident.

  • La défaite des Taliban dans le sillage des attentats du 11 septembre ouvre deux décennies d'investissement occidental en Afghanistan. Des centaines de milliards, pour l'essentiel consacrés à l'entretien des forces occidentales, des dizaines de milliers de morts, dont plusieurs milliers de la coalition, montrent l'importance de ce conflit pour les Etats-Unis qui en font le symbole de leur hégémonie mondiale.

    Mais, derrière les discours sur la construction d'une « démocratie de marché », se profile un gouvernement transnational qui contourne les acteurs afghans au point d'interdire tout processus démocratique, couvre des fraudes électorales massives, routinise la captation des ressources au profit des entreprises occidentales et des élites afghanes. Les tensions communautaires et sociales s'accroissent à un point jusque-là inconnu dans la société afghane. Les Taliban, capitalisant sur le ressentiment populaire contre les élites au pouvoir, mettent en échec une alliance occidentale qui dissimule, derrière une augmentation des moyens, son incapacité à définir une stratégie cohérente. Après vingt ans de conflit, al-Qaïda est toujours présent en Afghanistan, et le retrait américain ne fait qu'ouvrir une nouvelle période d'une guerre civile vieille de quarante ans.

    Ce nouvel essai de Gilles Dorronsoro propose une analyse critique impitoyable des impasses de l'expertise orientaliste et sécurocrate dont la portée comparative, bien au-delà du seul cas afghan, est d'une haute actualité.

  • Justice, dignité, abolitions, indemnités, mémoire, droits, race, responsabilité... Cet ouvrage entend éclaircir les sens et les enjeux d'une constellation de termes associés aux réparations au titre de l'esclavage. Chaque définition propose une mise en situation passée et présente des mots, à la lumière des sciences humaines et sociales : à chaque notion est associée une question au coeur des débats contemporains. La question des réparations est ainsi replacée au centre de préoccupations philosophiques, juridiques, politiques, économiques et historiques, inscrites dans une réflexion globale et de longue durée sur la domination.
    Ce lexique a pour objectif principal d'expliquer à un grand public les enjeux des revendications de réparations, au-delà des polémiques et des conflits politiques.
    Ce livre est issu d'un travail collectif mené par des anthropologues, historiens, juristes, philosophes, politistes, au sein du programme financé par l'Agence nationale de la recherche, et intitulé REPAIRS, « Réparations, compensations et indemnités au titre de l'esclavage (Europe-Amériques-Afrique) (xixe-xxie siècles) ».

  • Le continent noir n'existe nulle part. Il est une utopie, un rêve blanc de génocide. À ce titre, il est un lieu du malheur, une dystopie. L'Afrodystopie est le concept critique des complications, des paradoxes, des contradictions, des ambivalences et des ambiguïtés de la vie africaine et afrodescendante dans ce rêve d'Autrui. Un rêve qui crée sans discontinuer des espaces dystopiques, matériels et psychiques de l'État, de l'Argent, de la Famille, de la Jouissance, dela Mort, dont le paradigme empirique est un rêve collectif d'irrésistible, intense et épuisante sexualité appelée maris de nuit. Avec le concept d'Afrodystopie, Joseph Tonda propose une analyse bouleversante de la manière dont l'imaginaire d'une chimère réelle éclaire la vie dans le rêve des abstractions et des choses. Du rêve colonial du premier président gabonais, Léon Mba, de faire de son paysun département français, au mea culpa postcolonial, en 2007, de son successeur, Omar Bongo Ondimba qui reconnut avoir fait du Gabon une dystopie ; en passant par l'utopie mobutiste de création d'un État, d'un fleuve, d'une monnaie authentiques qui se transforma en dystopie zaïroise ; du délire planétaire suscité chez les Africain(e)set Afrodescendant(e)s par le blockbuster Black Panther dont le nom Wakanda est institué en paradigme afrofuturiste de la puissance africaine, à la régulation de la vie sociale et politique démocratiqueafricaine par la Mort, cet essai, qui s'inspire de nombreux auteurs (More, Marx, Freud, Orwell) met au jour un paradigme méconnu : le paradigme de la vie humaine entrée dans le rêve des choses et des abstractions. Un rêve compliqué, au sens freudien, étrangement commun aux imaginaires de l'Afrique, du colonialisme, de l'impérialisme et ducapitalisme à l'ère néolibérale.

  • Reconnu pour sa solide culture biblique, fondée sur les travaux de l'exégèse moderne et pour sa bonne connaissance de l'hébreu et du grec, John Shelby Spong développe ici le grand intérêt à lire les évangiles avec des lunettes juives, en s'appuyant sur les travaux de l'exégète anglais Michaël Goulder. La méthode du midrash, qui consiste à raconter l'histoire de Jésus en lien avec l'histoire sacrée du peuple juif, est en effet partout présente dans le Nouveau Testament et tous les évangiles sont des livres profondément juifs.

    Plus précisément, le premier évangile est né dans le cadre de l'année liturgique juive. Au cours des trois décennies qui suivirent la crucifixion, les premiers chrétiens se remémoraient, avec leurs frères juifs ou entre eux dans les célébrations hebdomadaires, la vie et les paroles de Jésus sous l'éclairage de la Bible. Ce n'est qu'avec Marc, autour des années 70 de notre ère, que la tradition orale, déjà consignée dans des lectionnaires, fut rassemblée par écrit pour devenir le premier synoptique.

    L'auteur nous invite ici à approfondir notre culture juive afin de découvrir les trésors cachés dans ces livres que nous appelons les évangiles. Une démarche qui porte un coup mortel à leur lecture littéraliste. De l'entrée de Jésus dans sa vie publique jusqu'à l'affirmation de la Résurrection, l'ensemble de l'ouvrage est une superbe illustration de la démarche midrashique, témoignant ainsi de la maturité de l'auteur.

    Ce huitième ouvrage de Spong, publié aujourd'hui en français, sera sans doute le dernier des vingt-six titres en anglais que représente son oeuvre. Ceux qui ont apprécié sa démarche libératrice et ceux qui souhaiteraient la découvrir l'apprécieront. C'est un livre riche et facile à lire, un complément qui s'avérera très utile à la bibliothèque Spong.

  • Pourquoi le christianisme doit-il changer ou mourir ? Comment dire Dieu dans le langage du XXIe siècle ? Quel est le sens de l'athéisme moderne ? Quelle est la valeur historique des évangiles ? Quelle révolution Jésus, le croyant juif, a-t-il initiée par ses paroles et ses actes ? Comment actualiser aujourd'hui l'esprit qui l'animait ? L'Église catholique peut-elle se réformer en profondeur ? Telles sont quelques-unes des questions de ses lecteurs auxquelles répond l'évêque John Spong. Ce recueil de lettres ne s'adresse pas seulement aux chrétiens à la recherche d'une foi croyable dans la culture de notre temps. Il peut intéresser aussi toute personne sensible à une nouvelle vision du christianisme.
    L'évêque anglican américain possède une grande culture en exégèse qui lui permet de relire la bible juive et la bible chrétienne d'une manière critique et non littérale. Il a intégré aussi depuis longtemps, dans sa manière de penser et de croire, les connaissances philosophiques et scientifiques modernes. Notamment en astrophysique, en sciences de la vie et de l'homme. Une pratique de cinquante ans, comme pasteur et évêque, l'a mis à l'écoute de ses contemporains et de leurs interrogations.
    En complément de ses six ouvrages déjà traduits et publiés en français, ce livre pédagogique, fait de dialogues, en forme de questions/réponses, nous livre de nouvelles manières de dire Dieu, Jésus de Nazareth, notre humanité et comment vivre, de manière honnête et responsable, dans le monde qui vient... et qui est déjà là.

  • Deux mille ans d'évangelisation et de diffusion du christianisme Nouv.

    Engagé depuis les années 1970 dans l'effort collectif commencé par des historiens universitaires pour proposer une lecture scientifique du fait missionnaire, Jean Comby (1931-2020), professeur aux Facultés catholiques de Lyon, publie en 1992 un manuel à visée pédagogique intitulé Deux mille ans d'évangélisation. Il y dresse un bilan des connaissances à la lumière des travaux qui ont renouvelé dans la deuxième moitié du XXe siècle la vision de la diffusion du christianisme. Soucieux de ramener le lecteur aux sources, il ponctue chaque chapitre de documents, d'autant que la crise des missions et la mise en cause de leur rôle s'accompagnent dans le contexte postcolonial de controverses où les idées reçues prennent souvent le pas sur la fréquentation des archives. Il entreprend de mettre à jour l'ouvrage au début des années 2000 pour une seconde édition qui restera à l'état de manuscrit non publié.

    Claude Prudhomme, Professeur des Universités retraité, Université Lumière Lyon 2, spécialiste de l'histoire des religions et des missions, propose ici, sous le titre Deux mille ans d'évangélisation et de diffusion du christianisme, un ouvrage qui reprend pour l'essentiel la deuxième rédaction de Jean Comby mais en l'augmentant considérablement.

    Proposer un parcours continu à travers l'histoire de la diffusion du christianisme, au-delà des clivages confessionnels; l'appuyer sur 172 textes sources, 22 cartes, 25 tableaux et graphiques, plus de 400 illustrations et 44 pages d'index général; fournir des informations pour permettre d'approfondir les points souhaités: tels sont les buts poursuivis par cet ouvrage de 760 pages.

    Le but n'est cependant pas de tendre à une exhaustivité illusoire, et forcément provisoire, ni d'atteindre une objectivité qui transcenderait les frontières confessionnelles et les divergences d'interprétation. Il est plus modestement de rendre compte avec justesse et mesure d'une histoire qui retrace les étapes de la diffusion du christianisme dans l'espace et dans le temps tout en mettant l'accent sur les modèles d'évangélisation promus au cours de l'histoire, sur les acteurs et les moyens mobilisés pour les mettre en oeuvre, sur les questions soulevées et les réponses apportées.

  • Depuis quelques décennies historiens, archéologues, et anthropologues mettent au jour l'existence de brillantes civilisations sur l'ensemble de l'Afrique subsaharienne. Si l'histoire de ce continent, berceau de l'humanité, a longtemps été sous estimée voire niée, il est temps d'en reconnaître aujourd'hui toutes les richesses. Dans cet ouvrage, l'auteur présente la spécificité de la partie occidentale, bornée par l'Atlantique. Face à cet océan hostile, seuls les plus hardis ont osé s'aventurer sur de frêles pirogues monoxyles, limitant toute vocation maritime à cet occident africain.

    C'est donc le long des fleuves que se sont constitués, entre autres, les puissants empires du Niger et du Congo suzerains de royaumes vassaux dont l'histoire intérieure comme celle de la géopolitique suit une logique d'adaptation aux milieux naturels de la savane ou de la forêt dense. Les hommes y ont répondu en développant des systèmes agricoles et artisanaux qui permettaient des échanges interrégionaux prolongés jusqu'en Méditerranée grâce aux caravanes transsahariennes. Cet ensemble économique très élaboré était sous tendu par une organisation politique et sociale qui reposait sur des monarchies secondées par des administrations et des aristocraties tout à fait comparables aux systèmes européens. Devant la puissance de la nature, les religions et les philosophies développèrent des systèmes d'explication sous formes de mythes qui font toute la richesse d'une littérature orale que se sont transmis les griots.

  • Ce livre a pour objet la culture de résistance des femmes et des hommes esclavisés à partir des petites annonces publiées dans les journaux de Louisiane, de Jamaïque et de Caroline du Sud durant la deuxième moitié de l'ère des Révolutions atlantiques. En quelques lignes, celles-ci annonçaient leurs fuites du cadre esclavagiste et révélaient leur volonté de ne pas être des victimes. Puisant à l'histoire socioculturelle et aux études américaines, cet ouvrage propose de réévaluer un genre narratif - la petite annonce de fuite - et une forme de résistance - la fuite. Il répond à deux grandes questions : comment comprendre et évaluer ces milliers d'annonces qui faisaient état de l'absence, des ruses et des tactiquesde personnes esclavisées mais choisissant la résistance ? Que signifiait pour elles l'acte de fuir ?

  • Le livre de Martin Klein appartient à la bibliothèque des ouvrages indispensables sur l'esclavage en Afrique. Il en retrace l'histoire entre le xviiie et le xxe siècle au Sénégal, en Guinée et au Mali, trois anciennes colonies françaises.
    Il montre comment la nature de l'esclavage africain a changé selon les périodes : traite des captifs, conquête puis domination coloniales, indépendance des États. Quelles attitudes les autorités françaises ont-elles eues par rapport à ce fait social total ? Comment comprendre l'ambivalence de leurs positions, entre acceptation dans l'intérieur du Mali et interdiction hésitante, dans les régions proches de la côte, de la capture, du commerce et de l'utilisation des esclaves ? L'abolition par la France en 1905 a provoqué des changements sociaux importants à l'époque mais la question de l'esclavage demeure centrale jusqu'à aujourd'hui. Cet ouvrage nous donne les clés indispensables pour comprendre le maintien de ce système.

  • Ce livre est un ouvrage de référence dans l'historiographie internationale de l'esclavage. De façon argumentée, il démontre l'importance de l'esclavage dans l'histoire de l'Afrique et met en exergue un phénomène historique central qui a eu ses propres déclinaisons régionales et sa propre périodisation. Il offre une synthèse des connaissances et un cadre structurel pour penser l'esclavage en Afrique.

    S'appuyant sur de nombreuses archives, Paul Lovejoy montre que l'esclavage s'est transformé dans le temps sous l'effet d'influences externes à l'Afrique - principalement par la demande de la traite européenne et la traite islamique, puis par l'abolition européenne - et sous l'effet de dynamiques internes, à travers l'usage d'esclaves comme mode de production.

    Comment l'Afrique et ses populations furent-elles pleinement impliquées dans le système global de l'esclavage qui s'étendit dans le monde entier? Quels furent les effets sur le continent? Comment quantifier la traite, selon les époques, selon les lieux? Quelles furent les conséquences sur les relations sociales et culturelles en Afrique?

    Ce livre ouvre aussi des pistes pour penser les diasporas des Africains en mettant en relation l'Atlantique et le continent. Briser le silence sur les implications de l'esclavage dans l'histoire de l'Afrique mais aussi dans l'histoire du monde : tel est l'objectif de cet ouvrage, indispensable.

  • Le quatrième évangile, appelé l'évangile de Jean, est une source biblique importante pour le christianisme. Il a joué un rôle déterminant dans l'élaboration des credo des IVe et Ve siècles qui ont durablement fixé la compréhension de la personne de Jésus dans le cadre d'une culture grecque qui n'est plus la nôtre. Au terme de cinq années de travail fondées sur les études des exégètes, John Spong en est arrivé à penser que cet Évangile doit être relu comme un livre juif, écrit pour des Juifs devenus chrétiens à la fin du premier siècle de notre ère, 65 ou 70 ans après la crucifixion.

    Cette communauté d'adeptes de Jésus représente un courant à l'intérieur de la synagogue jusqu'à la fin des années 80. En mettant en cause le statu quo religieux, ce mouvement occasionne progressivement des tensions, jusqu'à ce que, vers l'année 88, le Temple étant détruit depuis 70, les nouvelles autorités juives de l'époque expulsent les chrétiens. Dans une situation nouvelle, comment repenser alors Jésus par rapport aux écritures juives ? Comment se redéfinir chrétiens en dehors d'Israël ?

    Le quatrième évangile nous présente d'abord le livre des signes dans lequel des personnages comme la mère de Jésus, Nicodème, la samaritaine près du puits, le fils du fonctionnaire non juif, l'homme paralysé depuis trente-huit ans deviennent autant de symboles, pour exprimer la nouveauté de Jésus et le sens de son message. Une autre partie du livre est consacrée à la Passion : la souveraine liberté et l'autorité de Jésus y apparaissent, en particulier au cours de son arrestation et de son procès face au sanhédrin et à Pilate. La question de la résurrection y est longuement exposée. Le Jésus de cet évangile apparaît comme quelqu'un en qui se font jour une nouvelle conscience de Dieu et une nouvelle vision de l'existence humaine.

  • Cet ouvrage explore les raisons pour lesquelles la religion chrétienne, qui a « formaté » la presque-totalité de la culture occidentale jusqu'à une époque récente, est maintenant répudiée par la majeure partie des Occidentaux. Cette sortie de la religion, dont parlent sociologues et philosophes, et dans laquelle se reconnaissent de nombreux chrétiens, est l'aboutissement d'une longue histoire. Elle va du Néolithique à ces derniers siècles où les humains se sont émancipés de l'explication religieuse de l'Univers.
    Bruno Mori nous propose un nouveau récit. Celui du Cosmos, de sa naissance, de son expansion, de l'évolution qui a mené la planète Terre à la vie et à l'Homo Sapiens. Les humains ont en main l'avenir écologique de leur planète. Cette communion avec un Univers infini suscite l'émerveillement. Il va de pair avec la conscience que nous faisons partie d'un tout en devenir.
    Dans ce contexte, ce livre propose une redécouverte de Jésus de Nazareth et de l'énorme valeur spirituelle de la « Voie » qu'il a laissée. Une « Voie ». qui nous invite à devenir plus humains et qui nous ouvre à une autre réalité de Dieu, perçue par les croyants comme la dimension profonde du Cosmos, le coeur qui fait battre, l'Énergie amoureuse...
    Les propos de ce livre contribueront à défaire des noeuds et à mettre fin à des hostilités chez de nombreux chrétiens, ex-chrétiens et non-chrétiens, qui n'ont connu le christianisme qu'à travers le miroir déformant de la religion. Les lecteurs ne devraient pas sortir indemnes de ces pages argumentées, haletantes et d'une totale franchise.

  • Si les violences politiques sont parfois le fait d'individus isolés, elles sont le plus souvent des actions organisées, c'est-à-dire inspirées, parfois planifiées, prises en charge, voire produites par des organisations dont les objectifs sont politiques. Les violences d'origine étatique sont, de loin, les plus meurtrières, mais celles des groupes non-étatiques demeurent une composante essentielle des dynamiques politiques contemporaines, partout dans le monde. Cet ouvrage met, plus particulièrement, l'accent sur ce deuxième type de violences, que la théorie politique considère, par principe, comme illégitime, mais qui, du point de vue des acteurs qui la perpétuent, peut se justifier, notamment quand il s'agit de protéger le statut d'un groupe dominant ou, à l'inverse, d'imposer les revendications d'un groupe marginalisé.

    Les enquêtes présentées dans cet ouvrage proviennent de chercheur-e-s ayant une longue familiarité avec leur terrain, que ce soit en Afghanistan, en Algérie, au Burundi, en Colombie, en Libye, au Pakistan, en Turquie et, plus largement, au Moyen-Orient. Elles témoignent toutes qu'il ne manque pas d'individus prêts à passer à l'action violente.

  • L'Ancien Régime et la Révolution haïtienne Nouv.

    La Révolution haïtienne ne représente pas seulement une rupture radicale avec l'esclavage, elle résulte d'une longue élaboration durant toute l'histoire coloniale. Cet ouvrage explore les profondeurs de ce passé colonial fiévreux et montre comment, en pleine révolution, le droit de l'Ancien Régime est invoqué tant par des administrateurs en quête de stabilité que par des gens de couleur libres et par des esclaves exigeant la citoyenneté et la fin des brutalités. De fait, les règles du Code noir pour libérer et châtier les esclaves ont été au centre d'intenses débats sur la menace que le maître (autant que l'esclave) faisait peser sur le maintien de l'ordre. Ce livre, qui a obtenu aux États-Unis des prix de l'American Historical et de la Caribbean Studies Association, offre une analyse novatrice du passage de l'esclavage à la liberté dans ce pays qui allait devenir Haïti.


    Malick W. Ghachem est professeur associé au Département d'histoire du Massachusetts Institute of Technology. Juriste et historien, il travaille sur la question de l'esclavage et ses héritages en Haïti, en France, et aux États-Unis.

  • L'histoire des traites, des esclavages, des abolitions et de leurs héritages est trop souvent mal connue ou invisibilisée. La demande sociale est pourtant forte et de grandes enquêtes scientifiques nourrissent une recherche internationale qui éclaire les questions d'aujourd'hui, autour de la construction des identités politiques et des discriminations. Cependant, beaucoup reste à faire car les avancées de l'histoire scolaire ne sont jamais acquises.
    Cet ouvrage offre un tour d'horizon international exceptionnel sur les programmes scolaires et les pratiques pédagogiques de l'école élémentaire au lycée en mettant en connexion l'Afrique, les Amériques et l'Europe. De nombreux retours d'expérience et des propositions pédagogiques pluridisciplinaires enracinées dans la recherche sont présentées. Ce livre s'adresse aux spécialistes de l'école ainsi qu'à un large public, intéressé par le croisement des regards sur les représentations de l'esclavage dans les sociétés actuelles et leurs dynamiques.

  • Qui peut comprendre au mieux le monde d'aujourd'hui, métissé, multiculturel, qu'un anthropologue ? Encore faut-il préciser ce qu'est un anthropologue au XXIe siècle.
    Pierre-Joseph Laurent y répond en articulant les notions de familiarité, d'engagement, de subjectivité et de réflexivité. En anthropologie, slow science avant l'heure, il convient d'abord d'apprendre à cheminer entre intuition, interférence et moment opportun à saisir. L'auteur nous invite ainsi à repenser l'observation participante chère aux anthropologues.
    Il nous initie à l'anthropologie comme une entrée dans un rythme lent et exigeant, un artisanat, un savoir-faire à acquérir qui débouche par l'écriture sur un savoir scientifique ancré, impliqué, robuste, précis, rigoureux et durable.
    En épistémologue rompu au terrain, il revisite les questions ayant trait à l'interprétation et à l'écriture qui en résulte. Comprendre et décrire les processus mobilisés pour devenir anthropologue dans ce monde du XXIe siècle, constitue l'ambition de ce livre.

  • Au début du XVIe siècle, le christianisme était en crise, en proie à des conflits qui donnèrent naissance à la Réforme protestante. Un peu plus tard, le mouvement de Martin Luther fut suivi par une période révolutionnaire dans les connaissances humaines. Ces évolutions historiques et scientifiques eurent pourtant peu d'impact sur l'adhésion des chrétiens à des doctrines élaborées durant les premiers temps de l'ère chrétienne. C'est la raison pour laquelle le christianisme est devenu « in-croyable » (Unbelievable).

    L'exégète biblique et évêque John Shelby Spong soutient l'idée que le déclin progressif des Églises nécessite d'élaborer un tout nouveau genre de christianisme : une foi profondément en phase avec l'expérience humaine plutôt qu'avec des dogmes dépassés. Pour la vitalité du christianisme, il lance un appel aux chrétiens à actualiser leur foi à la lumière des progrès dans nos connaissances, notamment bibliques, et à questionner les enseignements rigides qui se sont renforcés avec la Contre-Réforme catholique.

    Par sa résistance révolutionnaire à l'autorité de l'Église au XVIe siècle, le mouvement de Luther peut encore servir de modèle, selon Spong, pour les chrétiens insatisfaits d'aujourd'hui. Alors que les réponses des Réformateurs sont, elles aussi, devenues insuffisantes, leur démarche peut encore nous servir de guide. L'idée de Dieu a-t-elle encore un sens ? Pouvons-nous encore en toute honnêteté suivre les credo historiques ? Des prétentions telles que l'infaillibilité du pape ou l'inerrance de la Bible ne sont-elles pas irrecevables ?

    L'auteur expose ici douze « thèses » pour aider les croyants d'aujourd'hui à reformuler leur foi. Avec cet ouvrage qui conclut sa carrière d'écrivain, l'évêque Spong continue à conjuguer une tradition intellectuelle rigoureuse et la recherche d'une foi chrétienne innovante. Son approche incite les chrétiens et autres croyants à entrer dans des perspectives qui donnent sens.

  • Le 27 avril 1848, alors que la France abolit l'esclavage pour la seconde fois, le gouvernement accorde dans le même temps une indemnité aux colons « dépossédés » de leurs esclaves. Ils reçoivent, par la loi du 30 avril 1849 et son décret d'application du 24 novembre 1849, 126 millions de francs, en versement direct et en rentes.
    La France traverse alors une crise économique et cette indemnité représente 7 % des dépenses publiques. Les législateurs prennent pourtant la décision de la verser : c'est la condition que les anciens propriétaires d'esclaves posent à l'Émancipation générale. Tout en abolissant l'esclavage, la France ne veut ni perdre ses possessions ni supprimer l'ordre colonial.
    Cet ouvrage reproduit les discussions qui ont conduit à l'élaboration de cette loi. S'y trouvent les plaidoyers des planteurs, les positions de personnalités telles que Cyrille Bissette ou Victor Schoelcher, les échanges au sein de la commission instituée pour en préparer le règlement et les délibérations parlementaires qui ont suivi. Ces textes permettent de saisir les enjeux de cette indemnisation dont les conséquences sont dénoncées aujourd'hui.

  • Libres après les abolitions ? La question peut surprendre. Les abolitions du XIXe siècle ont été toujours considérées comme une rupture majeure dans l'histoire des esclavages atlantiques. L'émergence contemporaine de revendications mémorielles, souvent impulsées par les descendants des populations autrefois esclavisées, suggère, au contraire, l'existence d'un passé « qui ne passe pas ». Au-delà d'une définition juridique, l'esclavage a signifié dominations, violences extrêmes et déconsidérations multiformes. Après les abolitions, des processus ethnoculturels de racialisation comme les structures de travail ont perduré, voire se sont renforcés, et ont été complétés par d'autres facteurs d'exclusion socio-économique.

    Cet ouvrage tente d'explorer les barrières dressées pour empêcher la totale émancipation des nouveaux libres et de leurs descendants, ainsi que les stratégies complexes d'adaptation que ces derniers ont mises en oeuvre pour obtenir, sinon une assimilation, du moins une intégration économique et possiblement citoyenne, à égalité. La dizaine de contributions réunies s'inscrit dans une perspective comparative et porte à la fois sur les Amériques et l'Afrique, de la fin du XVIIIe au début du XXIe siècle. Elles sont issues d'une réflexion qui a été menée dans le cadre du programme européen EURESCL-FP7 (Slave Trade, Slavery Abolitions and their Legacies in European Histories and Identities) coordonné par le Centre international de recherches sur les esclavages et post-esclavages (CIRESC), laboratoire du CNRS. L'ouvrage fait suite à Sortir de l'esclavage. Europe du Sud et Amériques (XIVe-XIXe siècle), précédent volume de cette collection.

  • Rarement un missionnaire aura autant marqué qu'Yves Bertrais (1921- 2007). Un prêtre de la congrégation des Oblats qui, du Nord Laos à la Guyane française en passant par la Thaïlande et la Chine, saisi par l'accueil, le quotidien et les valeurs de l'ethnie apatride des Hmong Blancs, chamanistes, leur consacra toute sa vie avec tant d'implication et de passion qu'il en devint un éminent ethnographe.

    De par la connaissance approfondie de leur ethos et de leur langue dont il créa l'écriture aujourd'hui usitée, les Hmong lui doivent d'avoir collecté et édité, sans censure aucune, l'essentiel de leur patrimoine oral, religieux, rituel et coutumier.

    Promoteur également d'une nouvelle forme d'inculturation du christianisme, à savoir linguistique, Yves Bertrais s'inscrit dans une mouvance radicalement respectueuse de la culture d'autrui, à l'opposé des entreprises missionnaires conquérantes, jusqu'à déclarer: «Nous avons à nous laisser instruire par l'animisme». Des propos rares et décapants pour un missionnaire: Yves Bertrais ne voit pas les croyances de l'Autre comme pouvant parasiter le message chrétien, mais bien plutôt le compléter!

    Dans cet ouvrage, s'entrecroisent parcours biographiques et contributions ethnographiques. Loin de verser dans l'apologie de la mission, il ne fait que rapporter ce qu'elle aurait bien plutôt pu être à travers l'attitude et le regard de l'une des dernières grandes figures de missionnaires-anthropologues du XXe siècle. Une épopée hors du commun dont l'héritage restera ancré dans la mémoire collective des Hmong.

  • Le catholicisme connaît une mutation de grande ampleur. Pourtant, ses transformations récentes telles qu'elles se manifestent sur le terrain, dans les paroisses et dans de nouveaux regroupements, ainsi que dans la cité font l'objet de rares études alors qu'une approche ethnographique paraît particulièrement pertinente pour répondre aux questions qu'elles posent. Comment le catholicisme est-il « travaillé » non seulement par le clergé et l'institution mais aussi et surtout par les croyants eux-mêmes ? Comment se manifestent les dynamiques globales de transnationalisation religieuse, d'individualisation des comportements et de mobilité des appartenances ? Quelles sont les pratiques de ceux qui se définissent comme catholiques aujourd'hui ?

    Cet ouvrage prend comme terrains d'étude la France, le Québec et la Belgique, trois pays francophones d'histoire imprégnée du catholicisme, mais dans un contexte de sécularisation avancée.

    Veillant à expliciter sa démarche, Ethnographies du catholicisme apporte également des éléments de réflexion méthodologique permettant d'appréhender ce qui se passe au plus près du religieux en train de se faire. Évitant les analyses « par la haut », il est proposé les résultats d'études inédites menées sur des sujets aussi variés que : les JMJ, la pop-louange, les pèlerinages, les ermites, la conversion, les parcours missionnaires, la paroisse, etc.

    Au final, ce panel d'observations apporte de précieux éléments d'analyse et de compréhension du catholicisme contemporain qui sauront captiver tout lecteur, qu'il soit spécialiste, étudiant ou juste curieux.

  • Fils de petits paysans normands, Daniel Bonnechère (1927-2020) connut la guerre et l'exode avec sa famille. Marqué par le scoutisme et un service militaire qui le mènera successivement au Maroc, en Algérie et en Allemagne, il entre au Séminaire d'Issy les Moulineaux en 1948. Il y restera jusqu'en 1952 où il rejoindra comme stagiaire la paroisse de Saint Hippolyte dans le 13ème arrondissement de Paris. Dirigée par un prêtre de la jeune Mission de France, cette paroisse est alors, dans un quartier ouvrier, un centre d'initiatives sociales et d'innovations liturgiques. C'est là que naît chez Daniel sa vocation de prêtre-ouvrier (PO) qu'il concrétisera, lors de son ordination en 1955, en entrant à la Mission de France.
    Vicaire à Saint-Hippolyte pour la période 1955-1967, il va se mettre au travail à temps partiel de 1958 à 1965, ensuite à plein temps dans le métier de soudeur. D'abord dans diverses entreprises, comme Babccok, puis chez Renault Billancourt en 1970 où il restera jusqu'à sa retraite . Bien qu'alors marié, c'est là qu'il réalisera pleinement son engagement de PO. Le combat pour la dignité de ceux qui travaillent à la chaîne et la responsabilité syndicale vont prendre le dessus sur la dimension cultuelle de la vie du prêtre ordinaire. Son livre apporte une riche information sur cette période de la régie Renault, notamment ses innovations technologiques et le travail des OS assuré par un nombre croissant d'immigrés. Vingt neuf ans après la fermeture de la gigantesque usine de Billancourt en 1992, les anciens travailleurs de l'ile Seguin réclament toujours la création d'un lieu de mémoire.
    En 1969, Daniel avait fait le choix du mariage avec Michèle Bartoli. Cet acte de liberté sur l'obligation du célibat à vie créera une situation de fait à la Mission de France. Son récit nous restitue ainsi les luttes et les expériences de la seconde moitié du XXè siècle, avec des formes nouvelles de solidarité.
    Aujourd'hui que la crise du christianisme et de l'Eglise catholique s'avère profonde et durable, ce livre, écrit par son épouse en forme de témoignage, est éclairant et porteur d'espérance.

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