Sciences humaines & sociales

  • Fondée sur un corpus largement inédit d'archives publiques et privées, l'enquête de Mercedes Volait retrace et illustre un aspect méconnu des relations culturelles entre la France et l'Égypte. «Ville médiévale par excellence et capitale de l'art arabe ». cette représentation du Caire a éveillé bien des curiosités, en particulier françaises, mais aussi locales. Le présent ouvrage nous fait découvrir cette prédilection à travers des portraits d'amateurs et de figures clés. Il explore les chemins variés qui conduisirent artistes, architectes, dilettantes, vulgarisateurs et savants à s'intéresser aux monuments du Caire médiéval à partir des années 1860. Ces connaisseurs excentriques en firent connaître les richesses et en montrèrent la singularité. Ils en recueillirent les vestiges et firent revivre cette esthétique, en Égypte comme en France. L'auteur décrit les fortunes fluctuantes de ce goût pour «l'art arabe» jusqu'aux années 1930, tout en interrogeant les mécanismes artistiques et scientifiques, voire anthropologiques, qui lui donnèrent chair et substance.

  • La connaissance des grands textes orientaux eut au début du XIXe siècle un extraordinaire retentissement en Europe.
    Une autre antiquité surgie du fond de l'Asie émancipa savants et historiens de l'interprétation biblique comme du modèle classique. Cette expansion de la vision historique causa un bouleversement comparable à la Renaissance humaniste. Écrit en 1841, cet essai souvent cité est un texte majeur pour l'histoire de l'orientalisme.

  • À travers la présentation d'un ensemble de documents iconographiques (photographies et peintures) en partie inédits, l'ouvrage éclaire sous un jour nouveau l'histoire controversée du prince Iyasu dont le règne est l'un des plus énigmatiques de l'histoire éthiopienne contemporaine.
    L'ouvrage fait suite à une exposition présentée au Musée National d'Addis-Abeba à l'occasion du centenaire de la nomination au trône de Iyasu.

  • Ce texte polémique écrit en 1814 conserve au regard de l'actualité internationale une force d'interpellation intacte : le droit des nations deviendrait un code d'expropriation et de barbarie : toutes les notions que les lumières de plusieurs siècles ont introduites dans les relations des sociétés, comme dans celles des individus, en seraient de nouveau repoussées.
    Le genre humain reculerait vers ces temps de dévastation, qui nous semblaient l'opprobre de l'histoire. L'hypocrisie seule en ferait la différence ; et cette hypocrisie serait d'autant plus corruptrice que personne n'y croirait. " "Mais autre chose est défendre sa patrie, autre chose attaquer des peuples qui ont aussi une patrie à défendre. L'esprit de conquête cherche à confondre ces deux idées. Certains gouvernements, quand ils envoient leurs légions d'un pôle à l'autre, parlent encore de la défense de leurs foyers; on dirait qu'ils appellent leurs foyers tous les endroits où ils ont mis le feu.
    "

  • La devise de Jules César, veni, vidi, vici pourrait être celle de Vaira Vike-Freiberga. Première femme à avoir été élue présidente d'un pays issu de l'ex-URSS, cette " dame de fer " appréhende sa fonction avec courage, détermination et sérénité. Pourtant rien ne la prédestinait à un tel rôle. Rien qu'un exceptionnel concours de circonstances. Le choix de cette " étrangère ", rentrée définitivement au pays l'année précédente seulement, après cinquante-trois ans d'exil forcé au Maroc et au Canada, s'impose naturellement à tous. Elle n'est inscrite à aucun parti politique.

  • Au printemps 2007 se sont tenus à Lurs, dans les Alpes-de-Haute-Provence, des rencontres de l'édition indépendante. Des éditeurs, mais aussi des libraires, des bibliothécaires, des auteurs, des élus, des lecteurs, sont venus parler de leur métier, de leur expérience, partager des problématiques connexes. Des ateliers ont cherché ensuite à explorer la situation présente dans différents domaines (l'édition, la librairie, la diffusion/ distribution, les relations avec l'étranger, l'accès des faibles lecteurs). Cette publication tente de retracer ces journées d'échanges et de débats. S'il semble difficile de s'accorder sur le terme d'indépendance, de trouver des solutions collectives face aux dangers de la concentration éditoriale, ces rencontres ont montré qu'il existe nombre d'initiatives, de microsolutions, émanant de contacts interpersonnels ou interprofessionnels comme de la volonté politique de plusieurs régions. Enfin des pers-pectives ont été esquissées pour de futures rencontres.

  • Plus que jamais, historiens et écrivains débattent de l'importance de l'apport musulman dans la constitution de l'entité espagnole et dans celle de l'Europe. Ce livre traite cette question à travers l'histoire et s'interroge sur le devenir méditerranéen. L'auteur décrit les mécanismes de cette altérité souvent invoquée, mécanismes rarement analysés du point de vue anthropologique. Il examine tour à tour l'échec de la rébellion des Morisques après la chute de Grenade, la réalité et les limites du legs andalou, l'émergence rituelle et imaginaire de la " question maure ", les résurgences actuelles de l'altérité musulmane. Cet ouvrage éclaire en retour l'actualité sociale : les migrants de Gibraltar, Maures pour la plupart, sont là pour nous le rappeler chaque jour.

  • Dans L'Afrique Fantôme, ce journal de bord " détourné " devenu un classique de l'anthropologie, Michel Leiris a relaté le séjour, en 1932, de la mission Dakar-Djibouti à Gondar, l'ancienne capitale de l'Ethiopie.
    Il s'y éprit d'Emawayish, la fille d'une possédée chez qui il enquêtait sur les génies zar. Obsédé par cette Éthiopienne " pâle comme la paille ", sa position d'ethnologue lui parut " inhumaine " - il sentit " plus que jamais son irrémédiable isolement ". Dans La Néreide de la mer Rouge et dans l'Âge d'homme, Leiris évoquera encore les prestiges de la " princesse au beau visage de cire ", " double idéal de Lucrèce et de Judith ".
    À partir du manuscrit du journal intime de Leiris, des comptes rendus des séances de possession, et des chansons d'amour d'Emawayish, Jacques Mercier montre comment, loin d'opérer un cloisonnement à l'intérieur du savoir du célèbre anthropologue, cette passion est le secret sur lequel s'est construite sa thèse du théâtre vécu. Thèse que Michel Leiris exposera dans La possession et ses aspects théâtraux chez les Éthiopiens de Gondar, en 1958.

  • En 1850, Quinet, député de l'Ain, dénonça devant l'Assemblée Nationale, l'arbitraire militaire qui soumettait à " l'exception du sabre et les baïonnettes ", les villages écartés de la Bresse et des Dombes.
    Un pays d'eaux dormantes, d'étangs fangeux, où défaillait une population décimée par les fièvres. Ce violent réquisitoire contre " la suprématie absolue de la crosse de fusil " qui allait porter Napoléon III au pouvoir, est aussi un témoignage terrifiant sur la misère des paysans des Dombes.

  • Cette enquête menée par un jeune anthropologue français est le premier ouvrage consacré à cet étonnant phénomène totalement inédit.
    Les machinistes des théâtres de divinités de Bombay n'ignorent rien des effets spéciaux des studios de Bollywood, à la différence près qu'il s'agit ici de
    mettre en scène les dieux du panthéon hindou. Comment cette « robotisation » des dieux s'est-elle opérée ? Ces machines divines et ces mythologies
    machinées qui fascinent les spectateurs par leurs lents mouvements hypnotiques toujours recommencés, auraient-elles en retour des implications sur les croyances, la vie même des habitants de Bombay ? Des entrepreneurs, des commerçants, des gangsters et jusqu'aux partis politiques, « investissent,
    financent la création de ces théâtres d'automates où l'on aborde aussi l'actualité, du terrorisme aux catastrophes naturelles, en passant par la corruption et le ramassage des ordures. En suivant au jour le jour leur élaboration parfois chaotique, l'auteur montre comment, à l'échelle de la cité, la mécanisation des dieux cache une tentative frénétique, ambiguë mais pleine d'ingéniosité, pour faire autrement de la politique.

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