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Labor Et Fides

  • La démarche comparative que l'anthropologue Marcel Mauss (1872 - 1950) élabore en grande partie avec son jumeau de travail, l'historien Henri Hubert, entre la fin du xixe siècle et le début du XXe siècle, relève de logiques multiples. Comme méthode, elle est une stricte et minutieuse approche philologique des sources. Comme état d'esprit, elle relève d'une manière d'apprivoiser l'inconnu. Comme perspective critique, elle constitue un formidable outil scientifique d'objectivisation de la recherche, en particulier en histoire des religions.

    Cet ouvrage se propose de montrer quels ont été les principaux effets de ce comparatisme ni systématique, encore moins achevé, mais que l'on peut reconstituer en suivant la manière dont Marcel Mauss aborda certains phénomènes religieux, comme le sacrifice, la magie ou la prière.

    Ceci n'est pas seulement un nouveau livre sur Mauss et sur sa manière d'observer les phénomènes sociaux. C'est un livre sur les effets d'un comparatisme radical et subversif qui ne laisse jamais en paix celui qui décide de le mettre en oeuvre pour explorer et comprendre la diversité humaine.

  • Les premiers missionnaires débarqués au Brésil sont confrontés à un curieux paradoxe  : alors que les Tupimamba acceptent volontiers la doctrine chrétienne et se convertissent, ils ne renoncent pas pour autant à leurs coutumes féroces, au cycle infernal des guerres intertribales, au cannibalisme et à la polygamie. Cette apparente inconstance, cette oscillation entre respect de la nouvelle religion et oubli de sa doctrine, entraîne finalement les Européens à déclarer que les Tupinamba sont fondamentalement sans religion, incapables de croire sérieusement en une quelconque doctrine. Dans cet essai, le célèbre anthropologue brésilien Eduardo Viveiros de Castro, figure tutélaire des études actuelles en ethnologie amazonienne, revisite les sources du XVIe siècle pour restituer les enjeux de cette «  inconstance de l'âme sauvage  », en laquelle se disputeraient deux manières fondamentalement différentes de penser le monde et la société. Il nous invite à remettre en cause, dans une perspective à la fois historique et anthropologique, le rapport entre culture et religion.

  • Qu'est-ce que la religion  ?  présente onze définitions de la religion formulées par autant d'anthropologues, sociologues et historiens des religions, du XIXe siècle à nos jours. Que ce soit l'animisme d'Edward Burnett Tylor, l'idée d'une opposition entre sacré et profane de Durkheim ou la conception politico-religieuse de Bruce Lincoln, on découvre un passionnant parcours historique et critique sur la notion de religion. Ces onze définitions originales sont à chaque fois précédées d'une introduction générale présentant les enjeux théoriques et pratiques qu'implique l'acte de définir ainsi que de brèves notices situant l'auteur et son oeuvre. Dans ces temps troublés, où la religion est sans cesse invoquée sans que l'on sache réellement de quoi il en retourne , ce livre de vulgarisation de l'historien des religions Nicolas Meylan se révèle aussi précieux qu'indispensable.
     

  • La destruction des idoles : d'Abraham à l'Etat islamique Nouv.

    En 2015, l'État islamique a publié une vidéo d'hommes brisant des sculptures au musée irakien de Mossoul inscrite dans le cadre d'une mission visant à nettoyer le monde de l'idolâtrie.Ce livre présente trois facettes clés de cet événement : le statut et le pouvoir des images, l''importance politique des musées et l'efficacité des vidéos pour promouvoir un programme idéologique via Internet. Partant de l'affirmation de l'État islamique selon laquelle les objets brisés étaient des idoles de « l'âge de l'ignorance », Aaron Tugendhaft se demande s'il peut y avoir une vie politique sans idolâtrie. Il explore ensuite les différents rôles de la sculpture mésopotamienne dans la compétition impériale européenne, le développement du modernisme artistique et la formation de l'identité nationale irakienne, montrant comment cette histoire se répercute dans le choix du musée de Mossoul comme scène de performance. Enfin, il compare la production d'images de l'État islamique aux modes de circulation des images dans l'Assyrie ancienne et se demande comment la numérisation a transformé la politique à l'ère des médias sociaux. Une introduction passionnante et accessible aux complexités de tels événements.

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