Labor Et Fides

  • Où se situe ce Royaume de Dieu dont Jésus a tant parlé? Est-il réservé à la fin des temps, ou au contraire peut-il être saisi, ici et maintenant? C'est en méditant sur la vie, sur l'amour, sur son travail d'aumônier, sur les textes bibliques que Marie-Laure Choplin explore et révèle, d'une plume pleine de force et de grâce, ces instants où le Royaume prend place en chacun de nous.

    Dans ces jours de Royaume, tout peut arriver, la violence, l'ennui, la nausée, la panique, l'inutile. J'écris ces mots mais ce n'est pas juste : dans les jours de royaume, il n'y a pas d'étiquette sur les choses. Dans ces jours de Royaume, je vais droit au travers de la vie jonchée de tout. Ce qui gît sans force. Ce qui traîne ivre mort. Les noyés qui dérivent. Les épaves abandonnées qui lacèrent la peau. Les étrangetés inidentifiables pleines de soubresauts. Ce qui s'est pris des gifles à mourir. Ce qui s'est pris du dédain à mourir. Mes jours de Royaume ramassent aussi les visages transparents que les regards traversent, heure après heure, comme des riens. Ils ramassent aussi les bonheurs travestis, incongrus, inattendus, inconvenants, qui ne vont nulle part et avec rien. Mes jours de Royaume ne choisissent pas et ignorent tout du jugement. Ils récoltent tout ce qui est là.

  • Dans ce texte éminemment intime et poétique, Marion Muller-Colard nous narre, avec une plume tour à tour espiègle et poignante, sa retraite de huit jours dans un centre jésuite, au pied de la Chartreuse. C'est alors l'expérience du jeûne, du silence, un retour sur soi, et surtout : la confrontation avec Dieu. Ce Dieu que l'auteure concevait enfant comme « un gros oeil noir », voilà qu'elle le découvre maître d'art martial, enseignant la souplesse, le relâchement, et l'humilité. Au bout de huit jours de combat spirituel et physique, Marion Muller-Colard redécouvre le coeur de sa foi, empreint de relâchement, et de gratitude.

    Le texte est accompagné d'aquarelles de Francine Carrillo.

  • Ce livre est né d'un étonnement surgi à la lecture d'un magnifique sermon de Maître Eckhart (l'un des prestigieux représentants de la mystique rhénane, XIIIe-XIVe siècle), qui offre pour l'époque une lecture totalement inédite du rapport entre l'action et la contemplation. La question vaut toujours, à l'heure où de multiples voies s'offrent à nous, cherchant à réconcilier spiritualité et militantisme. Méditant le célèbre épisode relaté dans l'évangile de Luc où les soeurs Marthe et Marie accueillent Jésus chez elles, le théologien rhénan suggère que c'est Marthe, la très entreprenante, qui enseigne à Marie, perdue dans son assise, la vérité du chemin spirituel.
    Dans cette relecture admirative du grand mystique rhénan, Francine Carrillo souligne toute l'actualité de ces pages et relève qu'en nous ouvrant à la liberté d'être « avec le souci, non dans le souci », les deux soeurs nous convient en définitive à cultiver la fécondité de ce que François Cassingena-Trévedy rassemble sous une appellation inédite : la « contempl-action » !

  • Dans ce recueil de courts textes, denses et poétiques, Marie-Laure Choplin égrène des situations quotidiennes, des rencontres anodines, des moments en apparence banals  ; elle laisse affleurer ses impressions, ses douleurs, ses doutes, ses révoltes, ses joies aussi. Le lecteur parcourt, comme autant d'étapes sur un seul chemin, ce qui fait une vie et ses petits riens. Mais par-delà ces riens, l'auteure nous plonge en réalité dans ce qui constitue le coeur des évangiles  : une attention aiguë portée aux choses et aux êtres, un regard sans cesse renouvelé sur le monde, une capacité à se décaler, se mettre en retrait, s'interroger, bref donner à la vie une autre chance, et surtout  : s'adosser au message de ce Jésus, à la fois si frêle et si puissant.

    Une lecture qui remet la foi déliée de ses artifices au coeur de nos vies.
     

  • Comment lier Evangile et engagement politique, deux domaines a priori difficilement conciliables ? Est-il possible de redonner aux citoyens une responsabilité individuelle forte au sein de la Cité ?
    Dans un essai empreint de poésie et de spiritualité, Marion Muller-Colard, l'auteure de L'Autre Dieu, nous emmène sur les traces de Jo, maire d'une grande ville française ayant quitté toute attache partisane et fervent défenseur d'une véritable démocratie participative ; elle nous plonge au coeur de la réflexion politique d'Hannah Arendt ; revient sur les prophètes bibliques, Elie en tête, dont le complexe s'articule autour du refus de s'engager pour leur communauté ; propose une interprétation novatrice de l'Amour des évangiles comme engagement social ; enfin, Marion Muller- Colard nous fait voir ce qui constitue le coeur de son monde intime, rempli de doutes, de fragilités et d'espérance.

  • On s'est de tout temps posé la question « Que vient faire dans la Bible ce chant d'amour aux accents profanes et érotiques » Exégètes et lecteurs demeurent étonnés, perplexes ou enthousiastes Car le livre fascine Par une fine analyse du texte hébreu, remis dans son contexte historique et éclairé par la Tradition, l'auteure nous guide à la découverte de ce Poème qui témoigne d'un regard divin si positif à notre égard, d'un amour qui nous grandit et qui nous fait grandir, même au travers des aléas de la relation Lu par petites tranches gourmandes, ce commentaire baigné d'une spiritualité existentielle nourrira notre prière et notre intériorité Le « plus beau de tous les chants » offre aussi des aspects d'une étonnante modernité la place accordée au féminin, à la beauté, à la nature, et à l'entière égalité dans le couple, au respect et à la liberté à l'intérieur de la relation Ce petit bijou de poésie serti au coeur de la Bible chante à l'univers et à notre temps l'essentiel de la Révélation un Dieu qui cherche un partenariat avec les humains, dans une communion d'amour, au milieu d'une Création réenchantée

  • Chaque tradition de sagesse a ses textes phares sur la connaissance des mystères divins. Dans l'Orient chrétien, c'est la Philocalie des Pères neptiques, une anthologie monumentale d'écrits mystiques du IVe au XIVe siècle. Elle est la source notamment de la prière du coeur ou de Jésus, popularisée par les Récits d'un pèlerin russe. Une trentaine d'auteurs, parmi lesquels des figures majeures comme Maxime le Confesseur et Grégoire Palamas, y tracent la voie de l'hésychasme (du grec hésychia, " paix " , " repos ") et de ses étapes vers l'expérience de la Lumière incréée : la purification du coeur par l'ascèse, la contemplation de Dieu dans la création et les Ecritures saintes, la déification ou l'union à Dieu.
    L'être caché du coeur rassemble des extraits de la Philocalie, traduits par Jacque Touraille. Introduits et choisis par Michel Maxime Egger, ils proposent par leur agencement un véritable voyage spirituel centré l'ouverture au souffle de l'Esprit, l'unification intérieure et l'amour de la beauté.

  • Dans ce recueil, des poètes s'adressent à Dieu, personnifié ou non, car ces hommes et ces femmes ne veulent pas perdre pied. Aussi se font entendre leurs cris pour vivre et leurs aspirations à gagner en humanité... Leurs prières précèdent leurs tentatives de dire «  je  », où s'espère, se signale, se décèle, se distingue, se reconnaît... un Autre. Peu importe que ces poètes soient d'hier ou d'aujourd'hui. Si la forme de leur texte, si leurs styles trahissent une époque, il en va tout autrement du fond. Un même désir les habite  : laisser filtrer la lumière qui les traverse, accueillie avec surprise ou reconnaissance.
     

  • Au coeur du texte biblique, YHWH, qu'on nomme le tétragramme, quatre consonnes imprononçables, empruntées au plus essentiel des mots : le verbe être. Depuis l'émergence du judaïsme et du christianisme, l'« imprononçabilité » de Dieu ouvre à la quête de son mystère. Des générations de commentateurs se sont succédé pour tirer de ce silence étourdissant des ressources spirituelles inépuisables. Poète protestante de renom, Francine Carrillo s'y essaye ici. En 35 poèmes et 12 méditations en prose, elle offre au lecteur une rythmique spirituelle creusant le mystère de l'imprononçable, « ce nom nouveau que personne ne connaît sinon celui qui le reçoit ».

  • Peut-on nommer Dieu ? Cette question liée à la parole a jalonné l'histoire des religions. Comment parler de Dieu si la philosophie ne conduit plus à lui ? Comment l'évoquer aujourd'hui, dans un monde désacralisé et postchrétien ? La foi en Dieu, en réponse à son initiative, n'apparaît plus comme une solution à une privation ou à une assurance contre la colère divine. Elle ne peut être qu'une découverte positive, au sein d'une démarche d'approfondissement existentiel, qui permet de générer une dynamique inépuisable d'amour et d'espoir. Tel est le sens de ce livre qui répond à nos interrogations les plus profondes.

  • Dans les ravins du monde Tu es un Dieu de pur silence J'ouvre le livre et l'ouvre encore Brûlot du coeur Ecoute : c'est le dernier secret.
    La récitation parlée ou chantée des Psaumes n'a jamais cessé depuis l'aube du christianisme. La tradition monastique et la réforme ont saisi la puissance de ce vecteur spirituel. Aujourd'hui encore, la lecture des Psaumes, seul ou en communauté, constitue souvent le premier contact vivant avec la Bible. S'inscrivant dans cette tradition, Alain Lerbret nous invite à une véritable méditation de ces textes.
    Tout à la fois poétique et original, ce livre nous convie à une authentique spiritualité des Psaumes.

  • Gerhard Tersteegen (1697-1769), mystique protestant, est une figure majeure du piétisme.
    Il n'existait jusqu'à présent aucune traduction en français de ses écrits, composés de poèmes et de traités. Ce livre vient donc combler un manque : il propose la traduction de plusieurs textes spirituels de cet auteur. Le traité sur " le bon usage de l' Ecriture " est une véritable introduction à une lecture spirituelle de l'Ecriture sainte, aussi éloignée de tout fondamentalisme que de tout rationalisme.
    Les autres traités sur la raison, la vraie piété, ainsi que les lettres sur la mystique permettent de découvrir l'enracinement de cet auteur dans la tradition mystique. Dans sa préface et ses introductions, Michel Cornuz (auteur de Le ciel est en toi, Labor et Fides, 2003 et Le protestantisme et la mystique, Labor et Fides, 2004) donne des clefs de lecture pour chaque traité et surtout montre la modernité et l'actualité de Tersteegen, qui renouvelle de l'intérieur la spiritualité protestante.
    Fête nous fait passer un moment privilégié avec les personnes que l'on aune.

  • Dans la Bible, les noms hébreux sont toujours un poème : ils créent en quelque sorte celui qu'ils désignent, ils donnent à entendre un devenir, un destin, ils disent l'être sans le figer, ils ouvrent le créé vers sa genèse, ils révèlent le sens et la musique du monde. Alain Lerbret propose ici trente variations autour de vocables puisés au coeur de la Bible. Trente portes pour ouvrir l'Ecriture, la demeure où chante et se recueille la Parole. De Sinaï à Jésus, de Noé à Yotam, de Moïse à Adonaï, l'auteur cisèle des poèmes qui jouent sur les renvois d'un texte à l'autre.
    Pour chaque poème, un ensemble de références bibliques est proposé, afin que le lecteur puisse approfondir sa propre lecture et revenir toujours à Celui qui est la source.
    Né en 1937 sur les plateaux de Haute-Provence, entre montagne de Lure et Ventoux, Alain Lerbret vit aujourd'hui à Lyon. Il est l'auteur de plusieurs recueils : Sources (1974), Traversée (1976) et Chants du silence (2006).

  • Au travers de rencontres, d'amitiés et parfois de disparitions, Jean Lavoué relate avec une très grande sensibilité les moments forts de son existence. Plus qu'une biographie spirituelle, l'auteur nous livre un journal sans dates ni lieux de son chemin de vie. Pour mettre en lumière ce témoignage, de nombreuses sources d'inspiration tels que Georges Perros, Charles Juliet ou encore Judith Stein donnent à ce livre un relief.

  • La poésie est pour moi une langue première, celle de l'enfance qui "savait". C'est à travers la poésie que la Parole s'est frayé, difficilement, un chemin jusqu'à moi. Dans les mots humains, c'est la prière qui balbutie le nom de celui que nous appelons Dieu. Pour moi, la poésie est prière, visage entrevu de la Grâce, appel, louange, accueil de l'Inconnu. A travers mon chemin de poèmes, j'ai vécu l'expérience d'une lente libération comme si celui que nous appelons Dieu me disait personnellement des mots d'amour... Dans mes poèmes, j'essaie de dire la certitude qui était celle de Jacob après son rêve de l'échelle touchant au ciel : "C'est ici la porte des cieux"... Ou bien, encore, l'émerveillement des pèlerins d'Emmaüs : "Leurs yeux s'ouvrirent et ils Le reconnurent". Si j'ai longtemps écrit pour survivre à l'angoisse de vivre et pour exorciser la mort, l'heure est venue, pour moi, après tant de morts et tant de naissances, d'écrire un poème nouveau racontant une naissance extraordinaire : celle de la Joie qui demeure... (Madeleine Jacot Verdeil)

  • Les mystiques, à quelques rares exceptions près ne faisaient pas de l'introspection afin de mieux se connaître et d'acquérir un peu de clarté sur ce qui se passait dans leur intériorité.
    Ils étaient, tout simplement, des maîtres en spiritualité. Et c'est exactement ce qu'ils sont encore pour nous. Ce livre, issu de nombreux cours pratiques donnés par l'auteur, est rédigé comme une méthode. Il convie le lecteur à un véritable apprentissage de la méditation et propose ainsi à chacune et à chacun des parcours pour voyager en Dieu.

  • Voici une petite liturgie hebdomadaire, dont les prières sont destinées à rythmer un recueillement quotidien, matin et soir. Conjointement à la lecture d'un ou deux versets de la Bible, à leur méditation et au silence nécessaire pour discerner la présence de l'Autre, les prières présentées ici sont une offrande au Dieu créateur qui renouvelle la vie et restaure le goût des êtres et des choses. Et si ce " semainier " commence par le dimanche, c'est que ce jour donne sens aux six autres, en rompant avec la tyrannie de la production et en incitant à abandonner le monde du " faire " et de l'action incessante, à laisser de côté la création humaine pour la recréation divine du monde. Ces prières chrétiennes rompent avec une vision classique du christianisme dans laquelle la nature et la Création ne sont pas directement liées à Dieu. Ici, les prières proposent de célébrer Dieu au coeur des merveilles de la nature, vocation nourrie d'une culture celtique qui voit le sacré dans la Création. Ce recueil réjouira tous ceux qui veulent vivre une spiritualité chrétienne sans devoir tout sacrifier à l'abstraction et à l'intériorité.

  • Les grandissants Nouv.

    Dans une relecture de la parabole du fils prodigue, Marion Muller-Colard explore, plus que son retour, le départ du fils cadet. Non seulement son départ, mais encore la nécessité de cette rupture qui le met au monde plus radicalement qu'une naissance. De la confrontation entre le texte biblique et une analyse subversive de l'âge qualifié d'ingrat jaillissent des voies inédites de souveraineté. Un éloge de toutes nos adolescences, car il n'y a pas d'âge pour « ratifier sa naissance ».« Cette existence qui a commencé par une vie reçue, qui se finira par une vie reprise, doit bien, un jour ou l'autre, être conquise. Ils fomentent une façon d'être autre chose qu'un débit. Ils fomentent un début. »

  • Etty Hillesum, née en 1914 aux Pays-Bas, a tenu un journal intime de 1941 à 1943 (Une vie bouleversée, publié au Seuil en 1985).
    D'origine juive, elle est internée au camp de transit de Westerbork, d'où elle écrit plusieurs lettres à ses amis (Lettres de Westerbork, Seuil, 1988) ; elle sera ensuite transférée à Auschwitz, où elle mourra en 1943. Ses textes poignants fascinent les lecteurs d'aujourd'hui. Après une période difficile où elle lutte contre le suicide, Etty Hillesum redécouvre la Bible, et par là même, un accès à la vie intérieure.
    A travers son étude du rapport de la jeune femme à la prière, au ciel et au monde qui l'entoure, Evelyne Frank montre combien son oeuvre est traversée par une affirmation de l'amour (amour de soi, de Dieu et d'autrui) et une vraie " dynamique du bonheur ".

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