Religion & Esotérisme

  • Il s'agit, dans ce commentaire, de lire et faire lire un Jonas du début du IIIe siècle avant notre ère écrit en Judée hellénistique aux prises avec des questionnements nouveaux sur la fonction et la valeur de la mémoire prophétique en voie de canonisation. L'intérêt du récit en mer et à Ninive porte à chaque fois, non sur un discours prophétique à peu près absent, mais sur une discussion de l'agir du Dieu de l'univers en rapport avec la parole donnée à Israël et confiée au prophète. La fréquentation des littératures égyptiennes et grecques suggère des auteurs qui soient des litterati à proximité du temple de Jérusalem au moment où ils décident de canoniser ou non, et comment, leur bibliothèque prophétique, encore utile ou non, lorsque les catégories d'histoire, de réel, se mettent à envahir ce qui fut longtemps le seul domaine de la mémoire conçue comme cultuelle.

  • Le livre de Job compte parmi les livres les plus intrigants voire choquants de la Bible hébraïque, mais aussi parmi les livres qui ont le plus inspiré théologiens, philosophes et artistes.
    Ce livre pose la question du mal. Job ne s'autocensure pas ; il accuse Dieu et lui crie sa souffrance dans des termes qui peuvent paraître blasphématoires. Deux mille cinq cents ans après sa mise par écrit, ce livre n'a rien perdu de son actualité. Mais c'est également un livre difficile : l'hébreu pose souvent des problèmes de compréhension et de traduction, et les concepts sous-jacents au texte demandent une certaine connaissance du monde proche-oriental.
    Cet ouvrage, paru pour la première fois en 1963, reste un des meilleurs commentaires de Job ; il est ici augmenté d'un avant-propos de Thomas Römer, d'un article d'Ernst Axel Knauf ainsi que d'une bibliographie actualisée.

  • Longtemps perçu comme un livre ardu et considéré comme l'antithèse du Nouveau Testament, le livre du Lévitique fait aujourd'hui l'objet d'une redécouverte, grâce aux progrès de la recherche exégétique qui place cet ouvrage dans les perspectives universalistes du rédacteur sacerdotal P, dont on a bien identifié désormais la vocation universaliste et humaniste. Alors que l'on tenait les prescriptions rituelles de ce livre pour un catalogue renforçant la phobie de l'impureté ou le respect tyrannique et littéral des commandements, sa vocation est bien plus révolutionnaire, comme le montre ce commentaire scientifique des chapitres 17 à 27.
    Cette deuxième partie du Lévitique est plus éthique que les chapitres qui la précèdent. Elle regroupe toute une série de directives adressées par le Dieu unique à Moïse, particulièrement orientées vers des auditeurs et lecteurs appartenant à la caste des prêtres, aux chefs de familles et aux propriétaires terriens. Si les prescriptions restrictives relatives aux relations sexuelles prennent une part importante, elles n'affaiblissent pas pour autant le projet global de cet écrit beaucoup moins disparate que ce qu'une première lecture peut laisser penser. L'attention aux plus faibles, le respect de l'équité et des biens y sont fortement mis en évidence. L'auteur du Lévitique développe un projet utopique restaurant une création attachée au respect des plus vulnérables. L'amour du prochain y est souligné ainsi que l'attention au règne animal et à la nature, avec notamment la prescription de consacrer des années sabbatiques où les champs sont laissés en pâture aux animaux.

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