Religion & Esotérisme

  • Voici une contribution à ces fabriques de l'identité dont le XIXe siècle a été si prodigue. Les huguenots, sortis très affaiblis des siècles de persécution (ils ne représentent plus que 2% de la population), mais toujours là, peuvent puiser dans leur histoire des titres de durée, de légitimité, d'enseignement et de «gloire».

    Ces protestants français deviennent des spécialistes de la commémoration, de la fabrique de lieux et de mots de mémoire, de musées, mais aussi de héros et d'héroïnes (toujours victimaires, mais nous savons, en France, que les vaincus sont autant des fondateurs que les vainqueurs). Ce faisant, ils transforment l'identité du groupe: elle n'est plus seulement religieuse, comme c'était le cas depuis trois siècles; elle devient historique, mémorielle, culturelle. Elle est de plus en plus déconnectée de la pratique et de la croyance, voire de l'endogamie, et capable de se transmettre sur des générations.

    C'est aussi un produit de la sécularisation de la société française que cette «huguenotisation» des protestants, ou leur transformation en «protestants de mémoire». On peut avancer qu'elle a contribué à sauver le protestantisme français, qui aurait probablement connu plus de difficultés à survivre dans la société pluraliste globalisée s'il n'avait été qu'une différence religieuse.

  • La destruction des idoles : d'Abraham à l'Etat islamique

    Aaron Tugendhaft

    • Labor et fides
    • 23 Mars 2022

    À l'heure où les technologies numériques et les médias sociaux ont radicalement transformé nos imaginaires, comment naviguer entre iconoclasme et idolâtrie?

    En 2015, une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux suscitait l'indignation de la communauté internationale: on y voyait des hommes en train saccager à coups de masse le Musée de Mossoul, en Irak. L'État islamique affichait aux yeux du monde sa détermination à lutter contre l'idolâtrie. Il y a près de 3 millénaires, un roi assyrien faisait lui aussi représenter sur les murs de son palais trois soldats en train de briser une statue. Partant de cet étrange parallèle, ce livre se demande ce que cache cette lutte contre les images. Pourquoi produire de nouvelles images, qui mettent en scène la destruction des anciennes?

    La destruction des idoles interroge la fonction politique des images autant que les politiques de l'iconoclasme. Qu'est-ce qu'une idole? Qu'est-ce qu'un musée? Qu'est-ce qu'une vidéo? Du Proche-Orient ancien à l'Empire britannique et à ses musées, de l'Irak de Saddam Hussein aux utopies cinématographiques de l'État islamique, Aaron Tugendhaft montre qu'aucune image n'est neutre, que toute image peut devenir une idole. Peut-on se passer d'images?

    L'acharnement des soldats du Califat à détruire les idoles n'a-t-il pas quelque chose à nous dire sur le rôle des images dans la construction d'une communauté politique, c'est-à-dire sur nous autant que sur eux?

  • Le déclin de la chrétienté en Occident

    Hugh Mcleod

    • Labor et fides
    • 29 Septembre 2021

    Dans cet ouvrage élevé au rang de « classique » par l'English Historical Review, McLeod revisite la crise religieuse des années 1960 dans une perspective européenne et nord-américaine. Son usage des sources orales rend son travail très original et la perspective comparatiste qu'il adopte est assez rare pour être soulignée.

    Le texte a pour particularité de situer les questions religieuses dans un contexte véritablement international, contribuant ainsi à une histoire internationale de la spiritualité et de la sécularisation, autour de la notion de «déclin» du christianisme (revisitée), de la montée de la société de consommation dans les années 1960, de l'année 1968, et des questions de sexe et de genre. L'ouvrage explore ainsi les interrogations de la décennie des « sixties » pour nous aider à mieux saisir les questions religieuses et spirituelles qui agitent nos sociétés contemporaines.

  • L'inconstance de l'âme sauvage

    Eduardo Viveiros De Castro

    • Labor et fides
    • 2 Janvier 2020

    Les premiers missionnaires débarqués au Brésil sont confrontés à un curieux paradoxe  : alors que les Tupimamba acceptent volontiers la doctrine chrétienne et se convertissent, ils ne renoncent pas pour autant à leurs coutumes féroces, au cycle infernal des guerres intertribales, au cannibalisme et à la polygamie. Cette apparente inconstance, cette oscillation entre respect de la nouvelle religion et oubli de sa doctrine, entraîne finalement les Européens à déclarer que les Tupinamba sont fondamentalement sans religion, incapables de croire sérieusement en une quelconque doctrine. Dans cet essai, le célèbre anthropologue brésilien Eduardo Viveiros de Castro, figure tutélaire des études actuelles en ethnologie amazonienne, revisite les sources du XVIe siècle pour restituer les enjeux de cette «  inconstance de l'âme sauvage  », en laquelle se disputeraient deux manières fondamentalement différentes de penser le monde et la société. Il nous invite à remettre en cause, dans une perspective à la fois historique et anthropologique, le rapport entre culture et religion.

  • Le courage de comparer : l'anthropologie subversive de Marcel Mauss

    Jean-François Bert

    • Labor et fides
    • 25 Août 2021

    La démarche comparative que l'anthropologue Marcel Mauss (1872 - 1950) élabore en grande partie avec son jumeau de travail, l'historien Henri Hubert, entre la fin du xixe siècle et le début du XXe siècle, relève de logiques multiples. Comme méthode, elle est une stricte et minutieuse approche philologique des sources. Comme état d'esprit, elle relève d'une manière d'apprivoiser l'inconnu. Comme perspective critique, elle constitue un formidable outil scientifique d'objectivisation de la recherche, en particulier en histoire des religions.

    Cet ouvrage se propose de montrer quels ont été les principaux effets de ce comparatisme ni systématique, encore moins achevé, mais que l'on peut reconstituer en suivant la manière dont Marcel Mauss aborda certains phénomènes religieux, comme le sacrifice, la magie ou la prière.

    Ceci n'est pas seulement un nouveau livre sur Mauss et sur sa manière d'observer les phénomènes sociaux. C'est un livre sur les effets d'un comparatisme radical et subversif qui ne laisse jamais en paix celui qui décide de le mettre en oeuvre pour explorer et comprendre la diversité humaine.

  • Avec Marcel Detienne

    Vincent Genin

    • Labor et fides
    • 7 Avril 2021

    Ce livre n'est pas une biographie scientifique de Marcel Detienne (1935-2019) - enfin, il l'est sans l'être vraiment. Ce n'est pas non plus l'éloge du fils brillant et tumultueux de Jean-Pierre Vernant ou d'un des hellénistes, philologues et anthropologues de la Grèce ancienne les plus reconnus dans le monde.

    Il faudrait ajouter Claude Lévi-Strauss, Michel de Certeau et Georges Dumézil. Son ami Philippe Sollers, aussi. Le havre de paix qu'il avait trouvé à l'École pratique des hautes études, à Paris, venant de sa Belgique problématique. L'ostracisme qu'il a connu, enfin, des rives italiennes à celles des États-Unis. Tout ceci fait de lui un sujet infiniment incertain. Il s'agit plutôt d'un essai subjectif, écrit à partir de nombreuses archives inédites, suivi d'une annexe de lettres.

    Il s'agit surtout de sonder un homme au plus profond, la manière dont un être se laisse marginaliser, pour aller au bout de lui-même. Ce livre est le fruit d'une visite que l'auteur a rendue à Detienne, quelques semaines avant sa mort, et d'une volonté de l'écrire après l'avoir vu. Vincent Genin a voulu rester un moment avec Marcel. Lire son oeuvre, celle du structuraliste au coeur de la Grèce, du camarade des dieux (Dionysos, Apollon), de l'intellectuel qui doute, puis l'enfant de la guerre inquiet devant une Grèce étant la valeur-or des nationalismes.

    Tentative de cerner un être, ses moteurs, ses errances, sans doute. Une autre manière d'envisager l'histoire des sciences humaines? Peut-être. Une plongée en apnée dans la tête, la main et l'oeil de Marcel Detienne, certainement.

  • Mémoires

    André Trocmé

    • Labor et fides
    • 18 Novembre 2020

    Ce texte souvent cité par extraits, jamais publié ni même lu dans son intégralité, propose un parcours des deux premiers tiers du XXe siècle à travers la vie d'un acteur majeur du protestantisme français et international. André Trocmé (1901-1971), issu d'une famille germano-française d'industriels du textile dans le nord de la France, a connu l'occupation de sa région au cours de la Première Guerre mondiale et y est devenu à jamais pacifiste. Après des études de théologie durant un an à New York après l'obtention de son diplôme à Paris, il vit pleinement l'expérience du Christianisme social.En 1934, il devient pasteur du Chambon-sur-Lignon, en Haute-Loire. Il y fonde en 1938, avec son collègue Édouard Theis, l'École nouvelle cévenole (futur collège Cévenol), un lycée d'enseignement protestant, d'abord destiné aux enfants des pasteurs et aux jeunes du plateau. L'établissement devient à partir de 1940 une maison de refuge pour des enseignants et des élèves étrangers, le plus souvent juifs. Au même moment, André Trocmé, avec sa femme Magda, s'impose comme le chef d'orchestre de l'accueil de plusieurs centaines de Juifs au Chambon-sur-Lignon et sur le plateau. Il tient tête aux autorités de Vichy, et est emprisonné pendant un mois en 1943, avant de devoir passer à la clandestinité jusqu'à la Libération.Son autobiographie offre un document de première main sur ces années qui ont valu au Chambon-sur-Lignon la reconnaissance de l'Institut Yad Vashem, en Israël, et une notoriété mondiale. Au lendemain de la guerre, André Trocmé s'installe à Versailles pour y diriger la branche européenne du Mouvement international de la Réconciliation, avant de terminer sa carrière pastorale à Genève. Il a été reconnu Juste parmi les nations, comme son épouse.L'introduction, l'édition et les notes sont l'oeuvre de l'historien Patrick Cabanel (EPHE, Paris), spécialiste des Justes parmi les nations et de l'accueil des Juifs dans les Cévennes comme au Chambon-sur-Lignon.

  • Qu'est-ce que la religion ?

    Nicolas Meylan

    • Labor et fides
    • 4 Septembre 2019

    Qu'est-ce que la religion  ?  présente onze définitions de la religion formulées par autant d'anthropologues, sociologues et historiens des religions, du XIXe siècle à nos jours. Que ce soit l'animisme d'Edward Burnett Tylor, l'idée d'une opposition entre sacré et profane de Durkheim ou la conception politico-religieuse de Bruce Lincoln, on découvre un passionnant parcours historique et critique sur la notion de religion. Ces onze définitions originales sont à chaque fois précédées d'une introduction générale présentant les enjeux théoriques et pratiques qu'implique l'acte de définir ainsi que de brèves notices situant l'auteur et son oeuvre. Dans ces temps troublés, où la religion est sans cesse invoquée sans que l'on sache réellement de quoi il en retourne , ce livre de vulgarisation de l'historien des religions Nicolas Meylan se révèle aussi précieux qu'indispensable.
     

  • Les 67 thèses réformatrices de 1523 et leurs commentaires

    Huldrych Zwingli

    • Labor et fides
    • 10 Février 2021

    Les thèses réformatrices de 1523 et leurs commentaires sont de beaucoup le texte le plus important et le plus volumineux de Zwingli. Il est aussi le tout premier manifeste de ce qui allait devenir la branche proprement réformée du protestantisme.
    Enfin traduit en français, ce document laisse transparaître nettement ce qui a d'emblée distingué le courant réformé du courant luthérien. Zwingli l'a écrit en moyen haut allemand de l'époque, à destination de ses anciens paroissiens de Glaris, pour les mettre au courant des discussions et controverses qui avaient précédé la dispute au terme de laquelle Zurich est passé à la Réforme, et tenter de les y rallier à leur tour.
    Il l'a fait avec une liberté de ton, un mordant, voire une manière populaire de dire et envisager les choses qui font de ce document un témoin important et savoureux de ce qui s'est joué au XVIe siècle.

  • Introduction à l'histoire de la théologie

    Pierre-Olivier Léchot

    • Labor et fides
    • 24 Octobre 2018

    Pour la première fois, différents auteurs réunis par l'historien Pierre-Olivier Léchot proposent un manuel d'introduction à l'histoire de la théologie destiné aussi bien aux étudiants qu'au grand public.

  • Les juifs de Luther

    Thomas Kaufmann

    • Labor et fides
    • 11 Janvier 2017

    Le livre de Thomas Kaufmann constitue la première synthèse contemporaine sur l'attitude du célèbre réformateur face aux juifs. On sait que cette attitude s'est modifiée au cours de sa vie, Luther passant d'une position plutôt tolérante à une phase terriblement agressive à la fin de sa vie. Comment expliquer un tel revirement ? Thomas Kaufmann montre que les prises de position tardives de Luther, qui exige la destruction des synagogues et l'expulsion des juifs, sont en grande partie dues à des peurs apocalyptiques qui trahissent la grande anxiété du Réformateur à la fin de sa vie. Thomas Kaufmann analyse enfin l'importance que ces textes ont prise au XXe siècle avec l'émergence d'un antisémitisme racial.

  • Une anthologie, 1517-1521

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    • Labor et fides
    • 26 Avril 2017

    Une anthologie des grands textes de Martin Luther rédigés de 1517 à 1520 et qui illustrent de manière décisive sa pensée et ses choix théologiques. Les textes sont précédés d'une introduction historique de Pierre-Olivier Léchot et Mathieu Arnold qui en montre également toute l'actualité.

  • À l'heure actuelle, les Églises protestantes sont devenues des acteurs minoritaires dans nos sociétés sécularisées et elles n'encadrent plus qu'une petite partie de la population; il est facile d'oublier qu'elles ont été centrales dans l'histoire des cantons protestants romands, bien qu'elles aient vécu des fragmentations et divisions, qui ne furent pas anodines.

    Afin de comprendre l'histoire culturelle et politique de nos sociétés ainsi que le présent des communautés religieuses, se saisir de ces fractures religieuses du XIXe siècle permet de comprendre ce que la modernité fait de la religion, ce que les principes de liberté individuelle font au christianisme, et, à l'inverse, ce que la religion fait à la modernité. Ni l'histoire de la culture occidentale, ni celle des institutions démocratiques ou de la société civile, ni l'histoire de l'art, ni, a fortiori, celle du christianisme, ne peut se passer d'un détour par les conflits et les scissions religieuses du XIXe siècle.

    Cet ouvrage, en réunissant de manière interdisciplinaire les dernières études touchant aux causes et aux effets liés à la formation des Églises libres/indépendantes de Genève (1849-années 1940), Neuchâtel (1874-1943) et Vaud (1847-1966), veut amorcer un renouvellement du regard historique sur cette période et ses effets. L'objectif est de fournir les bases d'une histoire à la fois religieuse, sociale et politique des protestantismes romands au XIXe siècle, en traitant conjointement les questions institutionnelles et les dimensions culturelles, philosophiques et théologiques.

    Avec les contributions de Frédéric Amsler, David Auberson, Jean-Pierre Bastian, Patrick Cabanel, Roland J. Campiche, Cédric Cotter, Nathalie Dahn, Christian Grosse, Irène Herrmann, Aline Johner, Philippe Kaenel, Valérie Lathion, Jean-François Mayer, Olivier Meuwly, Maria-Cristina Pitassi, Bernard Reymond et Sarah Scholl.

  • L'origine religieuse des droits de l'homme

    Valentine Zuber

    • Labor et fides
    • 8 Novembre 2017

    La question de la définition des fondements religieux et philosophique des droits individuels de l'homme proclamés à la fin du XVIII e siècle, en Amérique puis en France, n'a cessé de passionner les penseurs de la modernité politique, et ce dès le lendemain de la Révolution française jusqu'à nos jours. Cet ouvrage s'attache à redéfinir le rôle de la pensée religieuse dans la longue élaboration doctrinale des droits de l'homme, puis à en examiner les interprétations proprement religieuses qui se sont ensuivies.

  • Réveil et christianisme social ; correspondance, 1886-1897

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    • Labor et fides
    • 24 Août 2013

    Le protestantisme français doit beaucoup à Elie Gounelle et à Henri Nick, deux figures majeures parmi les réformés français du XXe siècle. Elie Gounelle lança le mouvement des « Solidarités » à Roubaix en 1896 avant de devenir, avec Wilfred Monod, le chef de file du Christianisme social. Henri Nick se consacra à l'évangélisation pendant plus de cinquante ans au « Foyer du peuple » qu'il avait fondé parmi les ouvriers de Fives, à Lille. Mais avant tout cela, ces deux hommes furent camarades d'études puis pasteurs non loin l'un de l'autre; ils poursuivirent leur collaboration et leur amitié dans le Nord de la France. Au travers de 168 lettres échangées par Gounelle et Nick durant leurs années d'études et leurs ministères cévenols, nous rencontrons toute une génération d'étudiants en théologie et de pasteurs, le plus souvent issus du Réveil, qui découvrirent les dimensions sociales du message biblique.

  • La fermeture des frontières suisses en 1942 sur ordre du Conseiller fédéral Eduard von Steiger et du chef de la Police fédérale des étrangers Heinrich Rothmund, provoqua le refoulement et la mort ultérieure de nombreux réfugiés.
    Cette mesure suscita de vigoureuses réactions dans les milieux protestants suisses. Quelques femmes et hommes en première ligne des Eglises protestantes montèrent au front pour tenter d'atténuer dans les faits les décisions restrictives du gouvernement suisse. De démarches auprès du gouvernement à l'accueil de réfugiés juifs " illégaux " en passant par des actions en faveur de la liberté de parole, les initiatives furent nombreuses et courageuses.
    Elles s'inscrivaient dans la conviction que l'existence de la Suisse repose bien davantage sur un pacte spirituel que sur un principe de neutralité. Au-delà des frontières, en France tout particulièrement, des Suisses s'engagèrent également pour secourir, souvent dans la clandestinité, des personnes menacées. Cet ouvrage présente le portrait de quelques acteurs représentatifs de cette forme de résistance dont les initiatives font honneur à une Suisse sachant se montrer généreuse et inspirée.

  • Un ouragan de prudence

    Nathalie Narbel

    • Labor et fides
    • 20 Février 2003

    A la suite de l'affaire des fonds en déshérence, qui révéla un aspect peu glorieux de l'attitude de la Suisse pendant la Seconde Guerre mondiale, l'Eglise réformée vaudoise a souhaité faire la lumière sur son comportement d'alors, afin d'en tirer les enseignements nécessaires pour aujourd'hui.
    Ce texte, préfacé par André Lasserre, est le résultat de deux ans de recherche. Il montre que, sans l'engagement courageux de certains pasteurs, les autorités des deux Eglises protestantes qui existaient à l'époque dans le canton de Vaud ne se seraient certainement pas intéressées aux réfugiés arrivant dans le canton. En effet, la commission synodale de l'Eglise nationale, majoritaire, s'est plutôt illustrée par une prudence excessive, une retenue politique, un silence pesant et une quasi-indifférence face aux événements qui se déroulaient aux frontières du pays et à leurs conséquences dramatiques.
    Or, en 1942 déjà, un pasteur de Leysin écrivait " L'Eglise ne peut se taire sans perdre de son autorité. "

  • Ce livre constitue un jalon important dans la genèse des Lumières et du protestantisme libéral. Il montre comment le refus du système traditionnel de l'enfer et de la prédestination aboutit à la remise en question totale des fondements du protestantisme « classique ». Il influence également la pensée des Lumières, dans la mesure où Marie Huber est l'une des inspiratrices de Jean-Jacques Rousseau.
    L'auteure, Marie Huber, issue d'une famille genevoise mais vivant à Lyon, est l'une des rares femmes du XVIIIe siècle à s'exprimer sur des questions philosophiques et théologiques à cette époque.
    Le texte est précédé d'une passionnante introduction historique d'Yves Krumenacker.

  • La Bible à l'épreuve de la haine : protestantisme et ségrégation raciale en Afrique du Sud, XVIIe-XXe siècle Nouv.

    Cet ouvrage a pour objectif d'examiner l'évolution d'une Église chrétienne, protestante réformée en terre d'Afrique et la manière dont elle a géré ses relations avec les populations locales dans un contexte colonial. Il s'agit d'analyser les relations parfois amicales, mais aussi souvent tendues entre peuples autochtones d'Afrique du Sud, les Bantous (Xhosas, groupe ethnique de Nelson Mandela, Zoulous, Ndebeles, Tswanas, Basothos, etc.) et les migrants européens. Essentiellement Néerlandais, mais aussi dans une moindre mesure Allemands et Français, ces Européens ont formé la base des colons boers (plus tard appelés Afrikaners) auxquels sont venus se joindre les Britanniques, pour le meilleur et pour le pire.

    Dans ce volume, une attention particulière est portée aux protestants français, les huguenots, qui, une fois en sécurité dans les Provinces-Unies après la Révocation de l'Édit de Nantes en 1685, se sont vu proposer de s'installer dans la colonie du Cap où plusieurs centaines d'entre eux ont effectivement fait souche en 1688. Les Boers-Afrikaners, fervents calvinistes, ont ensuite développé leur civilisation en Afrique du Sud en s'appuyant sur l'un des piliers de l'Afrikanerdom, leur nationalisme identitaire, à savoir l'Eglise réformée néerlandaise en Afrique du Sud.

    Cet ouvrage examine comment des chrétiens ont évolué loin de l'Europe dans un contexte de relations raciales souvent délétères, et de quelle manière certains d'entre eux (principalement des réformés, mais également dans une moindre mesure issus des autres confessions) en sont venus, in fine, à soutenir un système inique comme celui de l'apartheid alors que d'autres (membres des mêmes Églises) s'y sont opposés. C'est ce combat idéologique fratricide et ses origines dans le contexte plus général de l'histoire de l'Afrique du Sud qui est au coeur de cet ouvrage.

  • Cet ouvrage met à la disposition des lecteurs les résultats de la recherche actuelle dans un domaine oú les connaissances, les méthodes et les perspectives ne cessent d'évoluer.
    Bien que la littérature chrétienne de l'antiquité appartienne à l'ensemble plus large de la littérature grecque et latine de l'époque impériale, elle a sa spécificité en ce qui concerne ses milieux de production et de circulation, ses formes littéraires, certaines caractéristiques de sa langue et du lexique. la littérature chrétienne grecque et latine est ici présentée dans ses rapports avec l'histoire des institutions et de la pensée, mais l'attention porte en premier lieu sur le caractère spécifique du fait littéraire.

    Cette présentation ne sépare pas le " nouveau testament" des "pères", ni les "orthodoxes" des "hérétiques". elle est en ce sens originale et permet une entrée non confessionnelle dans un monde littéraire particulièrement important. la taille des textes traités a conduit les auteurs à se limiter à la littérature grecque et latine, à l'exclusion des littératures chrétienne syriaque, arménienne, copte ou éthiopienne.

    Ce livre est le premier de deux volumes. il couvre la production littéraire chrétienne antique depuis paul jusqu'à l'ère de constantin. le deuxième volume traitera de la suite de cette littérature jusqu'au seuil du moyen âge.

  • Formation des cadres religieux en France, une affaire d'Etat ?

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    • Labor et fides
    • 18 Novembre 2010

    La formation des ministres du culte en France n'a suscité que peu d'intérêt de la part des pouvoirs publics au cours des dernières décennies. La notion de la neutralité de l'Etat par rapport aux religions, vision commune aux institutions publiques et religieuses, explique pour une part ce détachement. La recomposition religieuse en Occident, due autant aux processus migratoires qu'à l'individualisation du croire, suscite cependant des interrogations. Quelles régulations doivent assumer l'Etat et les religions instituées pour prévenir les tensions et assurer la coexistence pacifique et tolérante de divers systèmes de croyances ? Comprendre la manière dont les cadres religieux sont formés, et ce qu'ils représentent dans les différentes communautés, apporte des éléments de réponse. Dans cet ouvrage centré sur le cas français, l'attention est portée sur les cadres religieux dans leurs différents contextes d'appartenance : catholique, protestant, évangélique, juif, musulman, hindou, bouddhiste et religions émergentes. Or, les manières dont prêtres, pasteurs, imams ou gurus sont définis et formés sont loin de converger. De ce fait, la responsabilité de l'Etat dans la gestion de la formation ne peut s'exercer de façon unilatérale. Ce livre fournit de précieuses pistes pour l'analyse et la mise en place d'une politique adaptée à des situations diverses et complexes.

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