Anthropologie

  • Les sacrifices humains au cours de cérémonies religieuses ont-ils réellement eu lieu dans l'Antiquité ou les nombreux récits qui les relatent sont-ils avant tout fantaisistes ? C'est à cette question fascinante que souhaite répondre l'historienne des religions Francesca Prescendi en invitant le lecteur sur les chemins de son enquête. Celle-ci débute par l'étude d'un texte du célèbre anthropologue français Claude Lévi-Strauss qui médite le récit de l'autodafé d'une effigie du Père Noël par des catholiques français à Dijon en 1951.
    Pour l'auteur de «Tristes tropiques», il s'agissait de la résurgence inconsciente de la mise à mort d'un roi éphémère qui avait lieu au terme des Saturnales, fête romaine célébrant le solstice d'hiver. Pour établir cette interprétation, Lévi-Strauss convoquait James Frazer dont Francesca Prescendi va à son tour scruter les écrits, notamment ceux qui figurent sur ce sujet dans les éditions successives du Rameau d'or, son oeuvre la plus célèbre.
    Convoquant d'autres textes peu connus de l'Antiquité et du haut Moyen Age et restituant des débats singuliers entre historiens des religions du XIXe siècle, Francesca Prescendi déroule une recherche passionnante au terme de laquelle l'énigme se resserre. Se pourrait-il que le Père Noël et la célébration de la naissance du Christ renvoient à d'antiques célébrations où il s'agissait de mettre en scène la mort d'un innocent pour faire symboliquement renaître les jours et la fertilité.

empty