Langue française

  • Le poème respire. Il bouge. Tout en se nourrissant de la vie de son auteur, il a son existence propre. C'est un petit être sauvage - mais où naît-il? Qu'est-ce qui le fait grandir? Pourquoi traverse-t-il une crise violente? Comment le rencontrer, se laisser féconder par lui? Va-t-il mourir un jour?

    En racontant la vie du poème, Pierre Vinclair offre à lire, comme par la bande, celle d'un écrivain occupé depuis plus de vingt ans par la composition poétique, à Paris, puis au Japon, en Chine, à Singapour, en Angleterre et aujourd'hui à Genève. À mi-chemin d'une autobiographie (pudique, amusée, mais résolument engagée) et d'une «lettre à un jeune poète», Vie du poème propose une extraordinaire visite de son atelier.


  • d'oú vient le mal ? d'oú vient que nous fassions le mal ? chez paul ricoeur, méditer le mal, c'est dire une faille.
    car la liberté de l'homme est sommée à exister devant le mal. ce petit texte, issu d'une conférence donnée à lausanne en 1985, compte dans l'immense oeuvre de ce philosophe qui ne se dit pas théologien, mais dont la pensée fait volontiers quelques cousinages avec certains aspects du protestantisme. un homme qui a pensé la vulnérabilité au mal moral avec une profondeur et une délicatesse exemplaires.

  • Comment lier Evangile et engagement politique, deux domaines a priori difficilement conciliables ? Est-il possible de redonner aux citoyens une responsabilité individuelle forte au sein de la Cité ?
    Dans un essai empreint de poésie et de spiritualité, Marion Muller-Colard, l'auteure de L'Autre Dieu, nous emmène sur les traces de Jo, maire d'une grande ville française ayant quitté toute attache partisane et fervent défenseur d'une véritable démocratie participative ; elle nous plonge au coeur de la réflexion politique d'Hannah Arendt ; revient sur les prophètes bibliques, Elie en tête, dont le complexe s'articule autour du refus de s'engager pour leur communauté ; propose une interprétation novatrice de l'Amour des évangiles comme engagement social ; enfin, Marion Muller- Colard nous fait voir ce qui constitue le coeur de son monde intime, rempli de doutes, de fragilités et d'espérance.

  • Kierkegaard, penseur du désespoir, de l'angoisse et de la foi, est un perpétuel contemporain, comme Nietzsche auquel il fut souvent mesuré. Chrétien en devenir, rétif à tout système, il est cette ombre sur la pensée moderne qui ne cesse de l'inquiéter. Malgré son importance, les introductions en langue française à l'oeuvre de l'énigmatique Danois sont rares, et c'est bien le premier mérite de cet essai : offrir un guide de lecture à jour, attentif au contexte où l'oeuvre a éclos et à son style singulier. En se concentrant ensuite sur la question du rapport à soi, dans ses aspects éthiques et religieux, il en propose une interprétation originale qui entre en résonance avec d'autres grandes oeuvres (Jean-Paul Sartre, Henrik Ibsen, Lewis Carroll, etc.) et interroge notre actualité, en particulier l'injonction qui nous est faite d'être nous-mêmes - se trouver pour se réaliser. Si Kierkegaard a fait sien ce souci qui demeure le nôtre, c'est pour en bouleverser les termes et ouvrir des horizons inédits de pensée et de vie. En dépassant la question classique « Qui suis-je ? » en celle, plus exigeante, de « Que suis-je appelé à être ? », Kierkegaard s'affirme comme le philosophe essentiel de nos temps incertains.

  • Eminent spécialiste de Luther, Marc Lienhard propose ici une toute nouvelle biographie du célèbre réformateur qui, en plus de retracer de manière claire et précise sa vie, tient compte de ses inspirations, de ses sources, de sa démarche, de sa pensée théologique mais également des sujets qui fâchent comme son rapport au pape, à l'islam ou au judaïsme. Enfin Marc Lienhard nous montre l'importance de Luther dans l'histoire ainsi que son actualité. Le livre événement sur Luther.

  • Dans cet inédit regroupant trois textes de 1967, Paul Ricoeur s'interroge sur l'idée d'une communauté ecclésiale et sur ce qui la définit. Plus largement, le célèbre philosophe s'interroge sur la société, son obsession technique, son incapacité à produire du sens et sur la manière dont l'Eglise peut être un contrepoint d'utopie au sein du monde.
    Ainsi, c'est en se basant sur une interprétation « démythologisée » des textes bibliques, c'est-à-dire débarrassée de tous les mythes issus de l'époque de sa rédaction, que l'Eglise peut produire un langage rationnel qui intègre les critiques de la religion et sache proposer une Parole issue de la foi qui produise du sens et de l'espérance pour la société.

  • 4 avril 1968, King est assassiné à Memphis. Cinquante ans plus tard, de nombreuses questions se posent encore. Pourquoi ce pasteur d'Atlanta se mêlait-il tant de politique ?
    Où se ressourçait ce résistant non violent ? Celui qui s'opposa vivement à la guerre du Viêt Nam, n'était-il pas un grand naïf ? Et aujourd'hui, qui a repris le flambeau ? Le rêve, qui fit vibrer le pays le 28 août 1963, s'est-il réalisé avec l'élection d'un premier président noir ? La situation des Africains-Américains s'est-elle vraiment améliorée ? Finalement, King est-il un héros de l'Amérique ou un prophète du XX e siècle ? Cet essai tente d'y répondre.

  • Cet ouvrage fait découvrir un mouvement clé et très peu connu en Europe continentale : l'écopsychologie. Il s'est cristallisé dans les années 1990 aux Etats-Unis et développé essentiellement dans le monde anglo-saxon. Transdisciplinaire, inspirée par les traditions premières, l'écopsychologie estime que, pour répondre en profondeur à la crise environnementale, l'écologie et la psychologie ont besoin l'une de l'autre. Elle montre comment sortir du déni et de l'impuissance, traite à la racine l'aliénation de l'humanité envers son habitat naturel, qui ne serait pas étrangère aux formes d'addiction à la consommation. Elle propose un changement du regard, à travers les idées fécondes de moi et d'inconscient écologiques, qui réinscrivent la psyché humaine dans la Terre et sa mémoire. Il en résulte des thérapies prometteuses qui ouvrent la porte pour s'immerger dans la nature sauvage, interpréter autrement les rêves et coopérer avec les animaux. Un champ d'intervention primordial est l'éducation, qui doit permettre à l'enfant de se construire une identité en interrelation non seulement avec les autres humains, mais aussi avec la toile de la vie. L'ouvrage offre une synthèse de l'écopsychologie, de son histoire et de ses enjeux, agrémenté de portraits de quelques grandes figures : Carl G. Jung, Paul Shepard, Theodore Roszak et Joanna Macy.
    Sociologue et journaliste de formation, Michel Maxime Egger travaille comme responsable d'ONG pour le développement durable et des relations Nord-Sud plus équitables. Il a fondé le réseau « Trilogies » qui met en dialogue traditions spirituelles et grandes problématiques de notre temps. Dernier livre paru : La Terre comme soi-même, Labor et Fides, 2012.

  • Ulrich Zwingli

    Peter Opitz

    Bien que méconnu, Ulrich Zwingli (1484-1531) n'est pas seulement le réformateur de Zurich et le père de la Réforme suisse  : malgré une activité courte, mais très prolifique, il peut être considéré comme un véritable pionnier du protestantisme mondial réformé. La biographie de Peter Opitz, très compréhensible et richement illustrée, revient sur les réflexions et les travaux du réformateur zurichois dans les conflits de son époque. Elle met en lumière les convictions théologiques fondamentales qui ont façonné les actions de Zwingli dans l'Église et au sein de la Confédération helvétique.
     

  • Ce manuel est pensé comme si le grec ancien était une langue vivante.
    Il permet de connaître cette langue populaire commune qui est celle du Nouveau Testament, d'où tous les exemples et références sont tirés. Cette grammaire est organisée en quatre parties : les lettres et les sons, la morphologie, la syntaxe, plan de travail et exercice. L'exposé est présenté selon un plan logique qui tient par exemple compte, pour les verbes, de l'intérêt de les apprendre tous ensemble, temps par temps, pour faire ressortir les points communs et les particularités.
    Trois index (général, des citations du Nouveau Testament et des mots grecs) figurent en fin de volume.

  • Le livre des Actes des apôtres est le seul document ancien qui nous rapporte les débuts du mouvement de Jésus et la carrière fulgurante de l'apôtre Paul. Les Actes des apôtres s'interrogent sur les origines du christianisme et les raisons de la rupture entre chrétiens et juifs. Ils éclairent les tâtonnements de la mission chrétienne dans un marché religieux très concurrentiel en livrant des informations sur la vie des premiers chrétiens et la naissance de leurs communautés. En outre, ils tentent d'expliquer l'étonnant succès de ce mouvement en dépit des fortes oppositions qu'il a rencontrées.
    Cet ouvrage présente un commentaire détaillé de la première partie du livre dans une nouvelle traduction (chapitres 1-12) et vient combler une lacune dans le monde francophone. Il s'adresse à toute personne intéressée par une lecture fouillée du livre des Actes, ainsi qu'aux historiens, aux pasteurs et prêtres, qui trouveront à la fois une mine de renseignements historiques, une lecture théologique forte et des pistes de réflexion sur le texte.
    Aujourd'hui professeur honoraire de Nouveau Testament à l'Université de Lausanne, Daniel Marguerat est un spécialiste reconnu de la recherche sur Jésus et sur les origines du christianisme. Ses travaux lui ont acquis une réputation internationale.

  • Alors que l'islam est au coeur de l'actualité, souvent dramatique, et nourrit les peurs partout en Europe, très peu de voix se font entendre pour offrir une analyse lucide et sans complaisance, et surtout proposer des solutions qui sortent de la polémique. Dans ce livre, trois personnalités réfléchissent à la place et à l'avenir de l'islam au sein des démocraties européennes : Yadh Ben Achour, juriste et personnalité majeure de la transition démocratique en Tunisie, Olivier Roy, islamologue mondialement connu, et François Dermange, professeur d'éthique et spécialiste des questions religieuses, proposent une vision débarrassée de tout fantasme et de tout angélisme qui permet de mieux comprendre les enjeux de la place des musulmans en Europe, et les conditions d'une intégration réussie. Un livre fort et indispensable en ces temps troublés.

  • Tunis à l'automne 2011. La démocratie n'est pas advenue avec le départ de Ben Ali. Ceux qui l'avaient cru s'aperçoivent que la transition ne fait que commencer. Pour rendre tangibles les difficultés et les dangers à surmonter, cet ouvrage retrace l'histoire de la polémique nationale suscitée suite à la diffusion télévisée du film Persepolis. Son déroulement permet de saisir avec finesse comment le recours à la justice pénale, loin d'ouvrir l'espace d'une libre controverse, peut polariser des causes identitaires, redoublées de conceptions défensives des libertés. Être pris dans un tel combat, c'est se trouver assigné, de gré ou de force, dans un camp belligérant, et confronté à l'exigence d'en assumer les conséquences morales. Au fond, c'est peut-être cela une révolution  : découvrir un monde que l'on configure en agissant, et se découvrir soi-même agissant dans cette situation-là. L'un des aspects les plus troublants de cette découverte est la pérennité des moeurs traditionnelles et conservatrices. C'est vrai en Tunisie et au-delà

  • Aldo Brina travaille depuis 2007 au coeur du réseau de défense des réfugiés. Son témoignage, il le puise dans l'expérience quotidienne des permanences juridiques et des mouvements associatifs. Il raconte la beauté miraculeuse d'une politique qui sauve des vies et décrit le labeur héroïque des acteurs de terrain. Mais le tableau serait incomplet sans ses zones d'ombre : il y a aussi l'impuissance avec laquelle chacun doit tôt ou tard composer face aux expulsions et aux situations où des individus sombrent, les doutes qui surgissent et tempèrent la ferveur des discours militants, l'horreur des récits de réfugiés fuyant des pays pas si lointains. De là, l'auteur pose des questions urgentes : qu'est-ce qui motive des êtres humains à en aider d'autres à pouvoir vivre dignement ? Qu'est-ce qui, dans notre époque, fait obstacle à ce geste fondamental ?

  • En trente ans,  La justification de l'Europe  a bien changé : en 1989, son utopie motrice en faisait une société ouverte. L'Europe attirait ses alentours et tendait les bras aux pays de l'Est. Ce qui a fait l'originalité de l'Europe, son identité, son idée, c'est que ses  sources ont toujours été plurielles,  mixtes, entrelacées. Mais aujourd'hui, le fracas de l'Europe se traduit à la fois par des démagogies nationalistes, qui dénient cette mixité, ainsi que par le  scepticisme néolibéral et techniciste, qui prétend faire le vide de toute idéologie, de toute utopie, de toute tradition. Comment, dans ce vertige, repenser l'Europe  ? Il semble indispen- sable d'aller désormais au bout de ce pluralisme  : pluralisme politique d'un espace commun sur lequel coexisteraient plusieurs États et  qui  inventerait une nouvelle forme de frontière ; pluralisme économique d'un marché qui favorise- rait la diversité des formes de vies, de cohabitations, de communs ; pluralisme culturel qui ferait place à la multiplicité inachevée des traditions, langues et imaginaires.
    Dans cet essai à la fois lucide et percutant, Olivier Abel nous offre une réflexion ambitieuse sur  la vivacité  de la vieille Europe.
     

  • Faisant suite aux Écrits théologiques allemands dans la collection oeuvres de Paul Tillich, ce volume propose aux lecteurs francophones des textes clés de Paul Tillich à teneur philosophique au cours de sa période allemande (1923-1932). Le Système des sciences constitue la pièce maîtresse de ce dossier. Tillich y expose une compréhension globale des sciences en un système qui lui permet de proposer une division tripartite des sciences, de justifi er le principe des sciences normatives et d'offrir à la théologie une fonction particulière. Tillich est en discussion avec les auteurs de la tradition philosophique du 19 e siècle, mais aussi avec ses contemporains.
    Ce nouveau volume intéressera les spécialistes de Tillich, mais aussi toutes les personnes (professeurs, étudiants et public averti) ayant un intérêt pour le développement de la philosophie allemande entre les deux Guerres, là où Husserl, Heidegger ou encore Simmel et Scheler analysaient et reconfi guraient la réalité...

  • La Tunisie, à l'origine de ce qui a été désigné comme les « printemps arabes », a inventé un type de révolution sans équivalent dans l'histoire. Qu'est-ce, en effet, que cette révolution qui n'est ni idéologique ni partisane ? Pourquoi rappeler l'ancienne garde pour assurer la relève ?
    Dans ce livre, Yadh Ben Achour - alors à la tête de la Haute Instance pour la transition démocratique - fait le bilan théorique et pratique du moment révolutionnaire. Les différentes étapes, le contexte sociologique, culturel, les acteurs impliqués, les retours en arrière : l'auteur suit pas à pas et sans concession l'histoire en train de s'écrire. Il démontre la portée de ce soulèvement, et l'importance du droit face à toutes les idéologies.

  • Cette magistrale histoire de la Réformation dans le Saint Empire romain germanique met en évidence la complexité des événements ayant conduit à la naissance du protestantisme. L'auteur souligne que la réforme de Luther se distingue des autres réformes des XVe et XVIe siècles par ceci qu'elle a mis fin à l'unité de l'Eglise et qu'elle a fait naître un nouveau type d'Eglises, les Eglises confessionnelles de la seconde moitié du XVIe siècle. Très attentif aux débats historiographiques contemporains, le livre refuse toutes les interprétations idéologiques de la Réformation qui cherchent à y trouver soit la naissance du monde moderne, soit une péripétie du Moyen Age finissant, pour étudier le phénomène historique dans toute sa complexité.
    Outre les aspects politiques et théologiques, l'auteur accorde une grande importance à l'histoire sociale, aux pratiques religieuses et aux médias (développement de l'imprimerie). Cette pluridisciplinarité lui permet de tracer une fresque différenciée et extrêmement riche de cette époque cruciale de l'histoire européenne.
    Thomas Kaufmann, 1962, est professeur d'histoire de l'Eglise à l'Université de Göttingen en Allemagne et premier vice-président de l'Académie des sciences de cette ville. Auteur de nombreuses publications, il est l'un des meilleures spécialistes en Europe de l'histoire du christianisme entre le XVe et le XVIIe siècle.

  • Ferdinand Buisson (1841-1932), Prix Nobel de la Paix en 1927, a eu une très longue carrière religieuse, pédagogique et politique. Elle a fait de lui l'un des hommes les plus importants, et aussi les plus méconnus, de l'histoire de la France contemporaine. On le dit le « numéro deux » de la laïcisation scolaire, au début des années 1880, derrière Jules Ferry. Il a également été à l'origine de l'une des grandes aventures encyclopédiques du siècle, le Dictionnaire de pédagogie (1878-1887). Le pédagogue est entré ensuite en politique, pour prendre une part décisive dans la bataille contre l'Eglise catholique et pour la Séparation. Fidèle sa vie durant à ses engagements de jeunesse, une gauche aux épithètes multiples, religieuse, pédagogique, politique et pacifiste, ce protestant passé par l'expérience de la Suisse ou des Etats-Unis peut être tenu pour le père de la France laïque .

  • Sociologue allemand de renommée internationale, Hans Joas propose ici une généalogie des droits de l'homme qui dépasse la dichotomie traditionnelle entre héritage des Lumières et continuité issue du judéo-christianisme. Il propose ainsi de comprendre les droits de l'homme comme la « sacralisation », c'est-à-dire l'appropriation par des expériences subjectives intenses et affectives, de la personne humaine.

    Loin d'une conception philosophique qui postulerait la préexistence de valeurs, Hans Joas souligne la contingence historique de l'apparition des droits de l'homme et les expériences à la fois négatives (tortures, meurtre de masse) et positives (reconnaissance du bien) qui en sont à l'origine.

  • Dans cet ouvrage faisant depuis longtemps figure de classique de la philosophie morale anglo-saxonne, le philosophe Jonathan Glover aborde une série de questions éthiques ayant pour enjeu commun la vie et la mort des hommes : l'avortement, l'infanticide, le suicide, l'euthanasie, la peine de mort et la guerre. A quelles conditions peut-il être légitime de donner (ou de se donner) la mort ? Sommes-nous en mesure, face à ces problèmes, d'offrir des réponses cohérentes ?

    Cet ouvrage offre l'un des meilleurs exemples de ce que peut être la philosophie morale appliquée lorsqu'elle tente de se frayer une voie hors des deux écueils que sont le relativisme et le dogmatisme.

  • Connu dans le monde entier comme le pionnier de l'action humanitaire, Henry Dunant (1828-1910) a consacré à peine cinq ans à la Croix-Rouge, entre la formulation de son idée dans Un souvenir de Solférino et son exclusion du Comité international en 1867. Le reste de sa vie ressemble pourtant à un vrai roman balzacien  : homme d'affaires ambitieux, coqueluche des cours européennes, le promoteur de la Convention de Genève fait une faillite retentissante qui le plonge dans la misère et le désir de vengeance. Terré à Paris pendant la Commune, tenaillé par la faim en Angleterre, parcourant l'Europe au service d'une dame fortunée avant de s'isoler en Suisse orientale, le fugitif de Genève s'acharnera, pendant trente ans, à regagner la paternité de son oeuvre. Jusqu'à la conquête méthodiquement orchestrée du premier Prix Nobel de la paix, en 1901. Dans une nouvelle édition révisée, la biographie de Corinne Chaponnière restitue sans fard la vie rocambolesque d'Henry Dunant.

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