Le Bas Venitien

  • Etre coincé des heures avec son détestable voisin dans une cage d'escalier envahie par une horde de rats affamés : c'est ce qui arrive au gros beauf Bonpain et à la Petoux, sale vieille nauséabonde. Il faut pourtant survivre, s'allier à cet autre répugnant et compter sur lui, boulotter du rat en évitant d'être boulotté. Mais au fil des heures et de la solitude, le pire, le plus dur à affronter, ce n'est pas tellement les rats : c'est ce passé trop lourd qu'on aurait voulu voir enterré ! Maureen Pitz redonne un sacré coup de jeune au roman en huis clos. De quoi l'enfer est-il le nom : « Autres » sartriens, vermine tout droit sortie d'Indiana Jones, lourdes valises de son propre passé ? Avec une légèreté et une allégresse étonnantes, Maureen Pitz parvient à tirer de cette situation glauque un roman. qui se dévore, jouissif et plein d'inattendus.

  • Qui sont-ils ? Où se rencontrent-ils ? A travers une parabole universelle et intemporelle, Khaled Roumo prend bien garde de ne pas le dévoiler. L'enfant berce le voyageur de ses souvenirs de petit montagnard, dont la chair nourrit constamment le récit. Le voyageur guide l'enfant - celui qu'il a été ? - dans son périple et plus encore dans ses interrogations d'homme mûr. Au gré des chemins et des paysages, en partance d'une gare ou d'un aéroport : c'est leur propre vie que sillonnent l'enfant et le voyageur.

  • Hélium

    Alexandra Paget-Deben

    Ils sont légers : aériens.
    Et pourtant. Caroline, la cancérologue, qui se bat tous les jours contre une cellule devenue folle. Victor, le gynéco, son mari, qui affronte quotidiennement l'angoisse de l'amour. Gabrielle, la danseuse au physique de princesse aztèque qui se découvre une tumeur au sein, et que Victor adresse à Caroline.
    Pourquoi une passion folle envahit-elle peu à peu Caroline et Gabrielle ? Ces choses-là ne s'expliquent pas. Cancer, passion, jalousie : tout les conduirait au drame s'il n'y avait la légèreté.

  • Le récit véridique du griot Dominique Sarr, c'est l'histoire de Makhtar Seck, comptable d'un projet forestier du Sénégal, qui décide un jour de partir avec la paye des ouvriers du projet.
    Ce qu'il va faire de ce pactole : créer dans le village de sa seconde épouse, avec pignon sur rue, une prospère entreprise piscicole.
    Prospère ? Dans les rêves de Makhtar...
    Qui aura au bout du compte raison de sa faconde et de son dynamisme entrepreneurial ? Les fins limiers de Babacar Beye, les tapeurs en tout genre, lui-même ?
    Le griot Dominique Sarr conte et chante cette histoire au long d'une nuit afin « d'instruire, dit-il, les jeunes générations de l'exemple de Makhtar le comptable fugueur, afin que surtout elles ne s'en inspirent jamais.
    Ce souci d'intègre moralisateur, je tenais à ce qu'il soit étalé dès maintenant, pour le cas où il n'éclaterait pas dans toute sa lumière à tous les stades de cette aventure. ».

  • Blessée et ballotée par la vie, une clique hétéroclite - « le Black belge qui donne des surnoms de ministre, l'exclu qui cuisine des champignons psychotropes, l'alcoolo même pas écrivain, l'invalide patriote, Pénélope l'Amazone, et un boss manager rebelle » - met tout en oeuvre pour trouver une échappatoire à la crise. Pour faire du fric dans le plaisir et le partage, les six amis se rebaptisent « The Partymen » et organisent des soirées branchées pour la middle class.
    L'énergie des personnages, leur esprit solidaire, leur projet fou, sa fin tragique mais ouverte sur l'avenir font de La première page un roman de crise portant désenchantement, angoisses et espoirs de notre époque. Strasbourg, ville au sage silence déchiré par les mixes furieux d'un deejay déjanté, en est le véritable héros.

  • "Mais non ! C'est une expression qui date de je sais pas trop quand ! Plus y avait de carrosses avant la représentation plus y avait de crottin sur la chaussée ! Alors depuis, c'est ce qu'on souhaite aux comédiens ! De la merde !" Le scénariste Shlomo Slipenstein bute son meilleur ami, le réalisateur Slimane Shetan, et fait porter le chapeau à son autre meilleur ami, le producteur J-O Grossaint, que des taulards déchaînés finissent par laisser pour mort.
    Sandy, la femme du producteur, massacre Shlomo sous les yeux de son jeune fils... Shlomo, Slimane et J-O se retrouvent dans le coma et débarquent devant Dieu, qui ressemble comme deux gouttes d'eau à Tony Montana et qui leur demande d'écrire, de produire et de réaliser son rêve : un bon film français... Tous les ingrédients du polar burlesque - entre Pulp fiction et Les cadavres ne portent pas de costard - sont ici réunis.
    Ces références cinématographiques ne sont pas fortuites : Philippe Sfez, qui connaît ce monde sur le bout de l'objectif, nous plonge avec délice dans les coulisses noires du 7e art.

  • Etrange vie que celle de Benjamin P : la nuit de ses 9 ans, voilà qu'il se met à voler.
    Mais il ne rêve pas, dit-il, il vole vraiment. Et chaque nuit, désormais, il vit une autre vie que la sienne. Il sera ainsi Benjamine, médaillée au mondial des gardiennes de but, puis mutant, à force de ne plus dialoguer qu'avec son clavier, puis bejamÌ, savant de la planète Tula où il introduit le culte d'Ingrid Bergman. Chanteur ou comédien, il a ses nuits de gloire, mais, serial killer ou sans-papiers, sa vie devient parfois roman noir.
    Or, ses vies nocturnes et sa vie diurne entrent en résonance, elles se révèlent le miroir de ces multiples talents que nous recevons à la naissance et laissons en jachère. Benjamin, lui, a l'extraordinaire chance de les faire fructifier tous, jusqu'à cette nuit fatale de son 36e anniversaire où il se trouve face à face avec.

  • Barnabé Jadot est un employé plein d'avenir chez le n°1 de la conservation artificielle des aliments et des condiments, jusqu'au jour où ses nerfs fragiles le lâchent.
    Barnabé finit par atterrir dans un asile d'aliénés où il fait la connaissance d'une blonde plantureuse de 378 ans, la duchesse de Dantzig (et de son couloir). Libérés de leurs chaînes, tous deux se mettent en tête de construire un nouveau monde : une communauté utopique échappant à l'affligeante trivialité du siècle. Fou, Barnabé, ou idéaliste après tout rationnel inadapté à un monde de fous ? Trouvera-t-il dans l'utopie l'issue à un monde déserté par tout idéal ? Geoffroy de Clisson campe avec Barnabé Jadot un héros qui emprunte autant à Don Quichotte qu'à Sancho Pança, dans un roman aussi déjanté que La conjuration des imbéciles ou L'arrache-coeur.

  • « Partout dans le pays, on débattait de la grande réforme. Plutôt que le traditionnel changement horaire de mars, le gouver-nement avait décidé de réduire d'une heure le mois de février ; or en cette année impaire, le 29e jour n'était qu'un doux rêve. Voilà pourquoi ce mois allait être le plus court de notre histoire calendaire.
    Statistiquement, on compterait moins de suicides par pendaison. Mais ce mois ne s'annonçait pas pour autant le plus heureux de tous, car les rires aussi allaient être plus rares. »

  • Chacune de ces nouvelles relate un tournant dans la vie de ses héros.
    De la naissance à la mort, du repas du dimanche au virage routier, du passage à l'âge adulte à l'abandon de la burqa, ils aiment, ils pleurent, ils rient. Du virage au dérapage plus ou moins contrôlé, il n'y a qu'un pas. Le regard d'Annick Demouzon sur le monde est terrible, noir, corrosif. Chaque nouvelle se construit d'un enchevêtrement de petits riens du quotidien, mais chaque chute est un coup de poing que nous prenons en plein plexus.
    La vie est une route bien dangereuse

  • L'amour fou. Marc ne vit que pour et par Julie.
    Une écharpe envolée. L'accident, stupide.
    La mort, intolérable. Il lui faut vivre sans Julie, il ne peut vivre sans Julie.
    Dès lors il cesse de vivre, part à la dérive dans un parc où se nouent d'étranges rencontres, où se tissent peu à peu nombre de mystères. Jusqu'à ce que.
    Il est des livres qu'on ne résiste pas à lire deux fois. Un temps sans elle : une première fois avec passion, porté par cet amour fou. Une deuxième fois, avec jubilation, pour comprendre comment on a pu se laisser bluffer de la sorte.

  • Un hôpital. Un homme cassé. Une plage. Audelà, cette ligne d'horizon qui l'obsède, le fait gamberger, exerce sur lui une inéluctable fascination. Sa quête peu à peu le dévoile, révèle la souffrance morale que la souffrance physique cache de moins en moins.
    Berçant - tel Baudelaire - son infini sur le fini des mers, que voit-il ? Un horizon intérieur ? Le terme de l'être dans le terme de la vision ? Au fil d'une écriture paradoxalement joyeuse et inventive, le lecteur vit lui-même l'expérience de la quête et de la douleur de l'homme qui voulait marcher sur l'horizon.

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