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Le Passager Clandestin

  • Dans son essai La désobéissance civile (Civil Desobedience, 1849) Thoreau proclame son hostilité au
    gouvernement américain, qui tolère l'esclavagisme et mène une guerre de conquête au Mexique.
    Refusant de payer ses impôts, alors même qu'il est en désaccord avec la politique de l'état, il est
    arrêté et doit passer la nuit au poste. L'essai eut une grande influence sur le Mahatma Gandhi et sur
    Martin Luther King.
    Ce texte historique intéressera toute personne concernée par la politique et particulièrement par le
    débat qui a lieu en ce moment autour de la désobéissance civile.
    Les "faucheurs" de plants de maïs transgéniques, les associations qui, comme Droit au Logement
    (DAL), et jusqu'aux opposants à l'avortement, nombreux sont ceux pour qui la désobéissance à la loi
    devient une forme d'action politique.

  • Pendant la pandémie, les tueries continuent au Yémen, où une coalition menée par l'Arabie saoudite guerroie depuis 2015. Des violations manifestes des droits humains, dont certaines pourraient constituer des crimes de guerre, sont commises dans tout le pays - et ont été perpétrés avec la complicité de la France notamment. Car le gouvernement français, qui est pourtant tenu par des engagements internationaux comme le Traité sur le commerce des armes (TCA) continue d'exporter vers Riyad des armes qui sont ensuite utilisées contre des civils yéménites.
    Les ventes de matériels militaires français à de tels régimes sont une honte qui n'a que trop duré : il revient aux citoyen·nes, dont ce commerce engage la responsabilité collective, d'imposer enfin, sur ce sujet, un urgent débat public.

  • Deirdre, une star de la télévision à la beauté incomparable, décède brutalement lors d'un incendie.
    Mais c'est sans compter sur le pari fou de son impresario et d'un scientifique de génie, Maltzer, qui décident de transplanter son cerveau dans un corps artificiel.
    Quand Deirdre revient à la vie dans son corps de métal elle veut alors reprendre sa carrière, au grand désarroi de son impresario qui est convaincu que, sans la sensualité d'un corps de femme, sa carrière est vouée à l'échec. Maltzer, quant à lui, est dépassé par sa création et regrette d'avoir joué à l'apprenti sorcier.
    Écrit en 1944, ce texte fait écho aux débats actuels autour du transhumanisme et des « corps augmentés ».
    Mais surtout, c'est le récit d'une femme qui se bat pour faire entendre ses opinions face à deux hommes.

  • James Graham Ballard (1930-2009), écrivain britannique, est une figure-clé de la science-fiction. Prophète du « présent visionnaire » et de l'éco-catastrophe, il dépeint dans ses récits les travers de son temps, et donc du nôtre : l'ultra-consommation, l'hégémonie de l'automobile, l'emprise de la télévision...
    Dans le sillage de George Orwell et Aldous Huxley, il dénonce les méfaits des « progrès » techniques et des technologies dans des romans sans concession, parfois violents ou dérangeants.
    À l'heure de la publicité ciblée et d'une consommation accrue par les réseaux sociaux, Thierry Paquot nous propose de redécouvrir une oeuvre de science-fiction étonnante qui invite à remettre en question notre consommation et nos modes de vie urbains.

  • En 2008, les États-Unis s'apprêtent à voter pour leur prochain président. Dans l'État de l'Indiana, dans le comté de Monroe, dans la petite ville de Bloomington, la rumeur enfle et semble se confirmer peu à peu... Et si c'était ici qu'allait se décider le résultat du scrutin ? Depuis que le pays s'est converti à la « démocratie électronique », le puissant ordinateur Multivac sélectionne LE citoyen qui décidera du nom du prochain leader du monde libre. L'omnisciente machine est en effet capable d'analyser ses réponses à un questionnaire qu'elle a elle-même savamment établi, les recoupant avec les tendances observées dans le reste de la société, pour déterminer le résultat de l'élection... qui, désormais, n'a plus de raison d'être.
    À l'heure où les systèmes démocratiques de la planète vacillent sur leur base, il peut être intéressant de se rappeler le point de vue d'Isaac Asimov sur les dérives d'une société politique ivre de technologie, d'efficacité et de rendement.

  • Traverser la ville Nouv.

    "C'est une des anomalies de notre société toujours plus fragmentée et stratifiée que cette survivance d'un contact régulier de communauté à communauté ; un certain nombre de gens doivent se rendre tous les jours dans des districts périphériques, où ils travaillent isolés, dans un monde étranger et malveillant." Le monde n'est plus qu'une seule cité divisée en millions de districts. Ces différentes zones confient toute leur maintenance et leur sécurité à un programme central. Et lorsque celui-ci est dérobé, rien ne va plus...
    Dans cette fable où l'alliance inquiétante de la dépendance technologique et du repli identitaire paraît ne pouvoir déboucher que sur le chaos annoncé, Silverberg pose la question de la surpopulation et du vivre-ensemble à l'ère des mégalopoles connectées.

  • 17 octobre 1961. À 5 mois de la fin de la guerre d'Algérie, des dizaines de milliers d'Algériens manifestent pacifiquement à Paris contre le couvre-feu qui les vise depuis quelques jours ainsi que la répression organisée par le préfet de police, Maurice Papon. La réponse policière est terrible : entre 200 et 300 Algériens sont tués. Pourtant, les rapports officiels ne font état que de 2 morts.
    Dans cet essai qui se lit comme un roman policier, Fabrice Riceputi nous raconte la bataille de Jean-Luc Einaudi, simple citoyen devenu chercheur, qui lutte pendant trois décennies pour faire éclater la vérité et obtenir la reconnaissance politique d'un véritable massacre d'État.
    Il est préfacé par Edwy Plenel qui met en lien le combat d'Einaudi avec les débats récents sur les violences policières.

  • En faisant du capitalisme patriarcal le dénominateur commun de l'oppression des femmes et de l'exploitation de la planète, Françoise d'Eaubonne offre de nouvelles perspectives au mouvement féministe et à la lutte écologiste. Pour empêcher l'assassinat généralisé du vivant, il n'y a aucune alternative sinon l'écoféminisme. C'est le féminisme ou la mort. Longtemps inaccessible, ce texte devenu référence est introduit par deux chercheuses et militantes.
    A l'aune de leur engagements et d'une lecture croisée de ce manifeste visionnaire, Myriam Bahaffou et Julie Gorecki soulignent les ambiguïtés de ce courant en pleine résurgence et nous proposent des pistes pour bâtir un écoféminisme résolument radical, intersectionnel et décolonial.

  • Qu'il fait bon vivre dans l'Amérique des époux Bascom. Maman, dans sa belle cuisine, aidée par des messages publicitaires qui lui disent quand remplir son frigo. Les deux enfants, totalement accros aux jingles délivrés par leur boîte de céréales. Et puis Papa, qui travaille avec fierté pour la société de Ventriloquie Universelle des Etats-Unis. Personne ne peut échapper à cette fièvre acheteuse institutionnalisée. Personne, sauf Grand-mère, qui sort de prison, une vraie terroriste qui a refusé de se laisser bouffer par la publicité.
    Voilà à quoi pourrait bien ressembler une société livrée aux appétits sans limite des marques. Ciblage comportemental, marketing viral, publicité contextuelle, si le tableau fleure bon les années 1950, la force de sa vision reste intacte !

  • En 1986, Steven Saylor imagine comment une invasion de cafards devient une affaire d'Etat

  • En 1970, Norman Spinrad imagine un voyage dans les abîmes de la civilisation américaine défunte.

  • "Ici ton médecin de famille [...] Quand on trouvait encore du DDT, quand sa vente n'était pas encore interdite, est-ce que tu en mettais dans ton jardin ? - Bien sûr que j'en mettais, répondit Helen. Je pense que la plupart des gens qui ont un jardin le faisaient. J'ai utilisé ça pendant des années et des années, et je t'avouerai que ça me manque." Sensation de fatigue, irritabilité, dépression, douleurs musculaires... Et si tous ces symptômes en apparence bénins étaient liés ? Un médecin de campagne tente de découvrir ce qui a plongé ses patient·es dans un état de manque.
    À l'heure où l'utilisation des pesticides ne cesse d'augmenter malgré les maladies qui touchent agriculteur·ices et consommateur·ices, il est passionnant de lire cette nouvelle de Simak, véritable cri d'alerte.

  • En 1953, William Lindsay Gresham imagine un monde où ce sont les gitans qui détiennent la clé de la survie de l'humanité.

  • Un visionnaire qui opposa au capitalisme une utopie concrète : une société écosociale libérée du travail

  • "Et la planète mise au féminin reverdirait pour tous !".

    Écrivaine libertaire et prolifique, militante chevronnée, pionnière du mouvement féministe et de la décroissance, Françoise d'Eaubonne (1920-2005) est à l'origine du concept d'écoféminisme. L'oppression patriarcale des femmes et l'exploitation capitaliste de la planète découleraient des mêmes mécanismes de domination et doivent donc être combattues ensemble.

    Incompris voire tourné en dérision en France, son projet de muter vers une société autogestionnaire, fondée sur l'égalité des sexes, des peuples et la préservation de la nature fait largement écho aux idéaux de la décroissance.

    Caroline Golbldum nous montre la pertinence et l'actualité des idées et modes d'action écoféministes dans un contexte d'urgence climatique.

  • À l'heure où les mouvements pour la justice animale sont en plein essor et où les actions souvent spectaculaires menées par des activistes animalistes gagnent en médiatisation, ce livre propose de rappeler le compagnonnage méconnu et pourtant certain entre lutte sociale et défense des animaux.
    Dans cette anthologie, on découvre que bien avant l'invention du concept d'antispécisme, des hommes et des femmes ont conjugué à leur convictions socialistes une sensibilité particulière à l'encontre de ces « autres exploités » que sont les animaux.
    Introduit par une préface engagée, rédigée à quatre mains, ce livre se donne avant tout pour objectif de rappeler la nécessité et l'urgence de lutter pour la cause animale, qu'on ne saurait réduire à une mode alimentaire.

  • "Ce qui rend l'homme essentiellement bon est d'avoir peu de besoins". Tour à tour romancier, autobiographe, dramaturge, épistolier, encyclopédiste, essayiste, Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) est le penseur majeur de la démocratie directe. A l'aube de la révolution industrielle, il se distingue de ses contemporains en dénonçant l'accumulation de biens inutiles, le luxe et le consumérisme, causes des inégalités et de la destruction du lien social.
    Il défend à travers l'idée de vie simple, qui traverse toute son oeuvre, un modèle de société fondée sur la mesure et la proximité avec la nature. Comme le montre Cécile Hellian, loin de se limiter à une condamnation morale de la richesse, la vie simple est le préalable indispensable à l'autonomie et à la mise en place - aujourd'hui urgente - d'une société écologique et véritablement démocratique.

  • Ce petit guide a pour objectif d´exposer les droits et devoirs des citoyen·nes et de la puissance publique afin de garantir le droit de manifester, l´une des expressions majeures de la démocratie. Il est construit en 5 parties rédigées de façon pratiques et didactiques : 1/ vous êtes contrôlé, 2/ vous êtes arrêté , 3/ vous êtes accusé, 4/ vous êtes jugé en comparution immédiate, 5/ vous êtes fiché. Dans chaque partie, on retrouve : - un point sur le cadre légal et les droits des citoyen·nes - une description du déroulement des procédures. Par exemple, comment une fouille doit-elle se dérouler ? et une vérification d´identité ? les policiers ont-ils le droit d´utiliser des menottes ? que se passe-t-il lors d´une garde à vue ? - des conseils pratiques pour chaque cas de figure afin de savoir comment réagir au mieux pour ne pas se faire piéger.

  • "La richesse contre nature n'est pas plus utile que l'eau versée dans un vase plein". Pour Epicure (342-270 avant J. -C.), philosophe bien connu de l'Antiquité, si le plaisir est "le souverain bien" , ce n'est que par la maîtrise et la limitation raisonnable des désirs que chacun pourra vivre "tel un dieu parmi les hommes" . Cette idée préfigure la notion d'abondance frugale, chère au courant de la décroissance.
    En mettant l'accent sur les aspects économiques de la pensée épicurienne, Etienne Helmer montre, sans céder aux anachronismes, que notre société tournée vers la croissance sans mesure aurait beaucoup à apprendre de cette philosophie antique. Un petit livre inspirant pour celles et ceux qui veulent sortir de l'économie capitaliste au profit de l'économie du bonheur.

  • « Vous connaissez les logiques. Vous en avez un chez vous. Ça ressemble à un récepteur d'images, seulement il y a des touches au lieu de cadrans et vous pianotez pour avoir ce que vous voulez ». Joe est un de ces logiques qui ont changé la civilisation. Mais celui-ci, fraîchement sorti des usines de la Logics Company, bénéficie d'un petit défaut de fabrication qui le rend plus créatif, plus entreprenant, plus efficace et toujours au service du client. Accédant à des contenus confidentiels, puisant dans les données éparpillées sur le réseau mondial, Joe répond à toutes vos questions et trouve une solution adaptée à tous vos souhaits... y compris assassiner votre femme sans vous faire prendre ou dévaliser une banque sans risque. Froidement, sans penser à mal, Joe mènerait-il l'humanité à sa perte ?
    Un logique nommé Joe, publié en 1946, époque où l'ordinateur le plus perfectionné pesait trente tonnes et remplissait une salle de 150m2 est une nouvelle véritablement visionnaire. Non sans humour, Leinster décrit les ravages exponentiels découlant d'un accès illimité à la connaissance et de ses usages immodérés.

  • « C´est en tant que morts en sursis que nous existons désormais. » Infatigable pourfendeur de la bombe atomique, Günther Anders (1902-1992) qui préférait au titre de philosophe celui de « semeur de panique », a fait des catastrophes de son siècle le point de départ de ses réflexions. Il a analysé le décalage périlleux, provoqué par la société industrielle, entre nos compétences techniques et nos facultés d´imagination. Alors que la technique rend infinie notre capacité de nuisance, notre aptitude à appréhender les conséquences de nos actes s´amoindrit ostensiblement. En soulignant le caractère visionnaire de son oeuvre, Florent Bussy nous rappelle que la peur est un instrument de lucidité et d´adaptation au présent face à l´imminence de catastrophes planétaires.

  • « Les hommes se reproduisent, non le fer. » Simone Weil (1909-1943) fut une lanceuse d´alerte dont la voix fut recouverte en son temps. Elle nous parvient aujourd´hui alors que les menaces qu´elle avait identifiées s´accomplissent : le système capitaliste est sur le point de se heurter aux limites de notre planète. Aucune existence humaine n´échappant à la nécessité des besoins, ceux conjoints du corps et de l´âme, Simone Weil a tenté de concevoir un projet de civilisation capable d´accorder la tension entre liberté et nécessité. Par son exigence d´une pensée lucide, le refus de la force et de la vitesse, la coopération, la décentralisation, l´amitié et le sens de la beauté, son projet annonce celui de la décroissance. Pour Geneviève Azam et Françoise Valon, son appel à une dissidence ultime doit donc plus que jamais être entendu.

  • Philosophe mais aussi historien, prêtre « en congé » de l'Église, professeur itinérant et polyglotte, fondateur d'une université libre et sans diplôme, Ivan Illich (1926-2002) fut une figure incontournable des débats intellectuels des années 1970. Implacable critique de la société industrielle, il a démontré qu'au-delà d'un certain seuil, les institutions se révèlent contre-productives et a dénoncé la tyrannie des besoins dictés par la société de consommation.
    Il oppose au productivisme et à la croissance économique indiscutée une ascèse choisie, un mode de vie qui entremêle sobriété, simplicité et générosité.
    Thierry Paquot nous invite à la redécouverte d'une pensée stimulante et anticonformiste qui accompagne aujourd'hui nombre de pratiques alternatives.

  • « Je suis en règle. Voici le thermomètre, les comprimés d'aspirine, les pastilles pour la toux. Ça, c'est la vitamine C, l'antiseptique, les antibiotiques. J'ai tout, vous ne pouvez pas me coller une amende ». La journée commence mal pour Nico. Il est dans le collimateur de la CGM, la société privée qui fait office de Sécurité sociale et il risque le contrôle sanitaire. Quand on sort des clous de l'État-hygiéniste, il vaut mieux être bien couvert, car dans cette société, la santé, c'est tout... ou rien.
    Quand il écrit ce texte, Lino Aldani entend sans doute dénoncer les dérives d'un système de santé livré aux intérêts du privé. Mais comme souvent avec la SF, son récit prend un nouveau sens aujourd'hui et interroge sur les concessions que nous sommes prêts à faire pour vivre en bonne santé.

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