Le Robert

  • « Le médecin a demandé aux collégiens de se laver les mains. » Cette phrase anodine comporte plusieurs ambiguïtés que notre cerveau peine à résoudre. Le médecin est-il une femme ou un homme ? Les collégiens sont-ils un groupe de garçons ou un groupe mixte constitué de filles et de garçons ? Les règles actuelles du français ne permettent pas de le déterminer.

    Pourtant, les règles d'accord n'ont pas toujours favorisé le masculin. Elles sont le fruit des vagues de masculinisation progressive du langage. Ainsi, de nombreuses pratiques langagières courantes nous contraignent à percevoir le monde à travers un prisme masculin.

    Réflexion acérée sur les liens entre le langage, la pensée et les constructions sociales liées au genre, cet ouvrage s'appuie sur des études scientifiques, nombreuses sur le sujet. Il fourmille aussi d'expériences ludiques à faire avec son entourage, pour apprendre à démasculiniser notre langage et notre perception du monde... autrement dit pour retrouver une langue plus inclusive.
    Pascal Gygax dirige l'équipe de psycholinguistique et psychologie sociale appliquée de l'université de Fribourg.
    Sandrine Zufferey est professeure ordinaire de linguistique française à l'université de Berne.
    Ute Gabriel est professeure à l'université norvégienne des sciences et de la technologie où elle enseigne la psychologie sociale.

  • Notre niveau en orthographe baisse depuis trente ans. Sont mis en cause Internet et les nouvelles technologies, la méthode globale, les ministres de l'Éducation nationale et leurs réformes, les programmes scolaires, voire la baisse de l'intelligence des enfants eux-mêmes...Mais désigne-t-on les bons coupables ? Que s'est-il donc passé pour qu'on en arrive à un constat si accablant ?

    Notre niveau en orthographe baisse depuis trente ans. Sont mis en cause Internet et les nouvelles technologies, la méthode globale, les ministres de l'Éducation nationale et leurs réformes, les programmes scolaires, voire la baisse de l'intelligence des enfants eux-mêmes...
    Mais désigne-t-on les bons coupables ? Que s'est-il donc passé pour qu'on en arrive à un constat si accablant ?Pour Christophe Benzitoun, le problème vient des défenseurs du bon usage qui ont fait subir depuis des siècles des complications insensées à l'orthographe et à la grammaire, devenues intouchables, sacrées. Au point de créer une fracture irrémédiable entre la langue écrite et la langue orale qui, elle, ne cesse de se transformer. À vouloir protéger le français contre un péril mortel imaginaire, on risque de le figer, de le fossiliser, d'en faire une langue morte comme le latin et le grec ancien.

    Dans cet essai documenté et passionnant, l'auteur défend la nécessité d'une vraie modernisation du français. Modernisation indispensable pour que le français reste une langue vivante !

    Christophe Benzitoun est enseignant-chercheur en linguistique française à l'université de Lorraine et membre du laboratoire ATILF.

    L'intégralité des droits d'auteur de ce livre sera reversée à l'Association de formation et de recherche sur le langage qui prévient l'échec scolaire et lutte contre l'illettrisme en France.

  • « Les mots que vous utilisez signifient-ils exactement ce que vous voulez dire ?
    Il est bien des tournures tendancieuses, "crime passionnel", "préliminaires", "nom de jeune fille" ou "instinct maternel", que j'ai utilisées avant de prendre conscience de leur contenu machiste. Depuis le masculin pluriel qui écrase le féminin jusqu'au refus d'employer la forme féminine des noms de métier, en passant par des insultes sexistes comme con et ses dérivés, le langage usuel dévalorise le féminin, minore ou justifie des violences masculines.
    Changer le monde prendra un certain temps. Changer les mots, c'est possible tout de suite. » Florence Montreynaud.

    La collection Temps de parole :
    À côté des dictionnaires, qui sont le reflet des normes et des usages, les Éditions Le Robert souhaitent, avec cette nouvelle collection, inviter des auteurs à éclairer les controverses linguistiques et nourrir les débats qui traversent notre société. Temps de parole entend ainsi contribuer à la réflexion sur la langue française et ses évolutions.

    Florence Montreynaud est historienne et linguiste. Féministe engagée depuis 1971, elle a lancé plusieurs réseaux internationaux, comme les Chiennes de garde (contre les insultes sexistes publiques) ou Zéromacho (contre le système prostitueur). Parmi ses nombreux livres, Le xxe Siècle des femmes (Nathan, 2001), Appeler une chatte (Payot, 2005), Chaque matin, je me lève pour changer le monde (Eyrolles, 2014).

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