Lenka Lente

  • 169 disques fondamentaux de free jazz conseillés en 180 pages par Maurizio & Roberto Opalio (My Cat Is An Alien) et Philippe Robert, des classiques incontournables aux indispensables curiosités.
    Soit une liste bilingue français / anglais, faite à trois, d'oeuvres de free jazz. Peu importe combien, leur rareté ou pas. Oublier les seuls critères historiques objectifs. Ignorer les quotas, par exemple liés à la chronologie. S'autoriser les à-côtés. Ne pas oublier non plus que choisir est affaire de morale, et que nous ne sommes pas des collectionneurs ! Seules comptent la spiritualité et la créativité. Privilégier la sensibilité plutôt que l'expertise. Des commentaires brefs, sans rien brader ni trahir. Se faire écho d'un éblouissement...
    169 disques de free jazz conseillés en 180 pages par Maurizio & Roberto Opalio [aka My Cat Is An Alien] & Philippe Robert [aka Agitation Frite] : si Sun Ra, Ornette Coleman ou Anthony Braxton sont bien là, de nombreux musiciens méconnus se font une place dans cette liste d'indispensables curiosités : Ahmed Abdullah, The Baden-Baden Free Jazz Orchestra, Black Unity Trio, Byron & Gerald, Cairo Free Jazz Ensemble, CCMC, Ric Colbeck, Jerome Cooper, Michael Cosmic, Phill Musra, Leo Cuypers, GL Unit, Griot Galaxy, Stephen Horenstein, INTERface, Interspecies, Clint Jackson III, Milo Fine Free Jazz Ensemble, Muun Music, Robert F. Pozar, Abdullah Sami, Synthesis, Motoharu Yoshizawa...

  • Dans Un homme sensible, Octave Mirbeau conte l'histoire d'un assassin bien décidé, au nom de l'harmonie du monde, à débarrasser celui-ci de « tous les organismes inaptes à une vie harmonieuse et forte ». De quoi inspirer Nurse With Wound, qui, en guise d'illustration, nous livre ici une nouvelle pièce de musique inédite.
    « Je ne crois pas avoir jamais été méchant. Non, en vérité, je ne le crois pas. Tout enfant, j'étais même doué d'une sensibilité excessivement, exagérément douloureuse qui me portait à plaindre, - jusqu'à en être malade - les souffrances des autres... pourvu - cela va de soi, car je suis un artiste - qu'elles ne se compliquassent point de laideurs anormales ou de monstruosités physiologiques. Ah ! ce n'est pas moi - vous pouvez m'en croire - qui admettrai jamais l'esthétique de M. Rodin. Et, je puis me vanter que j'en ai jeté des pommes cuites à son Balzac ! »

  • Micro Japon

    Michel Henritzi

    Le recueil d'interviews de Michel Henritzi dresse un portrait foisonnant de la scène musicale expérimentale au Japon.
    Venu à la musique du Japon à la fin des années 1980, par l'écoute d'Hijokaïdan, Michel Henritzi n'a depuis cessé d'en explorer les nombreux et divers territoires. Après sa rencontre avec Taku Sugimoto, il fait un premier voyage au Japon : « Je suis tombé littéralement amoureux de ce pays et de ses musiques, celles de la vie et du quotidien, ses bruits exotiques, ses musiques multiples qui se jouent dans des clubs minuscules, des galeries d'art, des live houses apocalyptiques. C'était comme tirer un fil d'une pelote de laine, se déroulant à l'infini des rencontres, des concerts. L'underground nippon se révélait d'une richesse insoupçonnée, plurielle, innovante. » C'est cette richesse que met au jour la quarantaine d'interviews - inédites ou publiées au fil des années dans Revue & Corrigée, Peace Warriors & Blow Up - de Micro Japon.

  • L'épouse du saxophoniste Dexter Gordon (1923-1990) raconte l'incroyable parcours de l'une des figures essentielles du jazz moderne.
    Comme Dizzy Gillespie, Charlie Parker ou Thelonious Monk, Dexter Gordon (1923-1990) fut de ces jeunes musiciens qui, dans les années 1940, élaborèrent un langage qui bousculera presque tous les codes du jazz : le bebop. De ses premiers pas auprès de Lionel Hampton et Louis Armstrong à son apparition sur grand écran dans Autour de Minuit de Bertrand Tavernier, c'est ici la palpitante histoire du premier grand ténor du bebop.

  • Deuxième volume de la trilogie Agitation frite : 43 entretiens avec les groupes, les musiciens et les acteurs (labels, free press, collectifs artistiques) de la scène musicale underground française historique et actuelle.

    Dans ce deuxième des trois volumes qui constitueront Agitation Frite, saisissant panorama de l'underground musical français, Philippe Robert documente la pratique de groupes et de musiciens (Fille qui Mousse, Ilitch, Ruth, Étant Donnés, Toupidek Limonade, Sister Iodine, Henri Chopin, Isidore Isou, Look de Bouk, Hellebore, Tonton Macoute, Prohibition, Etron Fou Leloublan, Ferdinand et Les Philosophes, Heldon, Schizotrope, Dustbreeders, Orbes, Sleaze Art, Ankh...), de labels (Rectangle, Sonoris, Bisou, À Bruit Secret, In-Poly-Sons, Tago Mago, Saravah), d'un organe de free press (Le Parapluie) et d'un collectif (Bazooka).
    Entretiens avec (par ordre d'apparition) : Gilles Yéprémian, Henri-Jean Enu, Ferdinand Richard, Emmanuelle Parrenin, Thierry Müller, Raymond Boni, Pascal Bussy, Pierre Barouh, Fabrice Baty, Denis Tagu, Véronique Vilhet, Pascal Comelade, Henri Roger, Romain Slocombe, Richard Pinhas, Maurice G. Dantec, Lucien Suel, Michel Doneda, Marc Hurtado, Michel Henritzi, Arnaud Labelle-Rojoux, Frédéric Le Junter, Kasper T. Toeplitz, Frank Laplaine, Noël Akchoté, Lionel Fernandez, Emmanuel Holterbach, eRikm, Frédéric Acquaviva, David Fenech, Quentin Rollet, Didier Lasserre, François Ibanez, Grégory Henrion, Arnaud Maguet. Soit 43 interviews (dont 28 inédites), 35 interviewés et plusieurs articles dont un sur la Cellule d'Intervention Metamkine.
    Agitation Frite 2 sera suivi d'un troisième et dernier volume, avec des interviews, des articles, une discographie (de 1951 à 2018) et une sélection commentée de plus de 400 disques rares (un disque par groupe, pas plus) avec reproductions des pochettes. Ou : du rock psychédélique au free jazz, de la poésie sonore à l'électroacoustique, de l'acid folk au Rock In Opposition, de la library music à la « chanson expérimentale », du punk-rock à l'indus, des outsiders à l'improvisation libre, du hardcore au post-rock, du noise au black metal...

    Voir aussi Philippe Robert : Agitation frite - Témoignages de l'underground français - Vol. 1.

  • Une évocation polyphonique du saxophoniste américain à travers les témoignages d'une quarantaine de musiciens.

  • Derek Bailey

    Jean-Marc Montera

    Un portrait de Derek Bailey (1930-2015), guitariste, improvisateur, compositeur et théoricien britannique, l'un des pionniers de l'improvisation libre, par une autre grande figure de l'expérimentation sonore.
    « En tant que guitariste, Derek Bailey a influencé mon parcours de manière décisive : le choc provoqué par l'écoute de son duo avec le musicien américain Anthony Braxton m'a en effet interdit un usage habituel de l'instrument et m'a, bien plus encore, conduit à reconsidérer totalement mes positions sur la musique et la manière de la pratiquer. Basée sur l'analyse de la réalité musicienne, cette monographie dessinera, du moins je l'espère, un portrait sensible de Derek Bailey qui donnera aussi quelques repères pouvant aider à la compréhension de ce qui se trame derrière l'improvisation libre. »

  • Une dizaine d'années après la publication de Madame Chrysanthème, Pierre Loti retrouve le Japon (et Nagasaki) le temps de cette courte histoire qui raconte l'irrémédiable séparation d'un couple de mendiants qui aura longtemps vécu ensemble. S'il est plus récent, le mariage du saxophoniste Quentin Rollet et du bruitiste Romain Vomir Perrot illustre sur un CD joint au livre le drame qui s'y joue. Est-ce l'après de l'époux qui reste que le duo suggère avec inquiétude douze minutes durant ?
    En une demi-heure le trou fut prêt. On tira la morte de sa boîte, en l'enlevant par les épaules, et on la mit en terre, assise comme elle avait toujours été, l'arrière-train recoquillé comme durant sa vie, semblable à une de ces guenons desséchées que les chasseurs rencontrent parfois au pied des arbres dans les forêts.

  • Charles Pennequin est un poète hors-cadre qui nous conte ici la sidérale agression d'un Martien qui n'a pas encore coupé le cordon. Sur le CD que renferme le livre, il interprète trois fois son texte : deux fois en compagnie du guitariste Jean-François Pauvros, et une autre fois seul, mais au mégaphone.

    Que vais-je bien faire de neuf / aujourd'hui ? / se demande le martien / que ferai-je bien aujourd'hui / de tout neuf ? / de jamais produit ? / alors le martien détruit / Artiste et poète, remarquable lecteur de ses textes à l'occasion de nombreuses interventions performatives, Charles Pennequin (né en 1965 à Cambrai, vit et travaille à Lille) explore avec son travail protéiforme les voies de la création moderne.

  • Figure majeure de l'art brut, Adolf Wölfli (1864-1930) fut interné en 1895 à l'asile d'aliénés de la Waldau. Cette même année 1895, il y rédigea sa Courte autobiographie, prélude aux 25000 pages de dessins, écritures et collages qui composeront son oeuvre.
    Réputées indéchiffrables, ses « partitions graphiques » n'en ont pas moins inspiré deux belles pièces à Nurse With Wound, Lea Tanttaaria et Great-God-Father-Nieces, à entendre sur le CD qui accompagne ce livre.

  • De motu

    Evan Parker

    Prononcé en mai 1992 à Rotterdam dans le cadre d'une série de concerts organisée autour du thème « Man & Machine », ce texte d'Evan Parker, intitulé De Motu (Du mouvement), est dédié à Buschi Niebergall ; il apporte un éclairage passionnant sur l'art du saxophoniste improvisateur britannique.

    Après d'être adonné au saxophone alto sur le modèle de Paul Desmond, Evan Parker (né en 1944 à Bristol, Royaume-Uni) passe au ténor puis au soprano pour s'être épris de la musique de John Coltrane. En 1966, le jeune homme gagne Londres et enregistre dès l'année suivante dans le Spontaneous Music Ensemble de John Stevens, côtoyant là Kenny Wheeler, Paul Rutherford, Trevor Watts et Derek Bailey. Sorti du SME, le saxophoniste entame de longues collaborations : avec Bailey (en duo ou dans le Music Improvisation Company) puis avec Paul Lytton (en duo qu'augmentera plus tard l'arrivée de Barry Guy). Dans le même temps, Parker apparaît en quartette qu'il compose avec Irène Schweizer, Peter Kowald et Pierre Favre, dans l'octette de Peter Brötzmann, auprès des Blue Notes de Chris McGregor ou dans le Globe Unity Orchestra d'Alexander von Schlippenbach. Sous le nom du pianiste, il intervient aussi en trio auprès du batteur Paul Lovens dès le début des années 1970, époque à laquelle il intègre en plus le London Jazz Composers Orchestra de Barry Guy. Après tant d'expériences, Parker ressent le besoin de travailler à son propre langage : les improvisations de Saxophone Solos, enregistrées en 1975, attesteront le plus formellement sa consolidation. Depuis lors, le saxophoniste ne cesse d'interroger sa pratique au gré des réunions de ses collaborations durables, en solo (au soprano surtout) et en compagnie de musiciens de toutes natures (Steve Lacy, Joe McPhee, George Lewis, Paul Bley, et puis Sainkho Namtchylak, Spring Heel Jack, Thurston Moore, John Wiese, Chris Corsano) lorsqu'il ne sert pas la musique électroacoustique à la tête de son Electro-Acoustic Ensemble, formation provoquée par l'arrivée de Walter Prati et Philip Wachsmann auprès du trio Parker / Guy / Lytton.
    [Guillaume Belhomme, Jazz en 150 figures]

  • Monk encore

    Jacques Ponzio

    Jacques Ponzio réinterroge la vie et la personnalité du légendaire pianiste de jazz américain autant que sa musique.

    « Certainement pas né fou, Thelonious Monk a mené une existence dont les paramètres d'origine, d'époque et de culture ont peu à peu fait apparaître des comportements suffisamment déviants par rapport à une norme socialement acceptée pour qu'on le taxe de folie. Préciser autant que possible ce paysage mental, voilà le projet de ce livre. » Jacques Ponzio poursuit ici son étude du « sujet » Monk : c'est la personnalité du pianiste (préparé, surprenant, silencieux, fou ?) autant que sa musique (de Rhythm-a-ning en 'Round Midnight) qu'il réinterroge ainsi.

    Voir aussi Jacques Ponzio : Thelonious Monk - Abécédaire.

    Pianiste, écrivain et animateur du blog Amusements philologiques, Jacques Ponzio a découvert Thelonious Monk à la fin des années 1960. Avec François Postif, il cosigna en 1995 Blue Monk, portrait de Thelonious aux éditions Actes Sud. Plus récemment, il explorait ses abondantes archives pour composer cet étonnant Thelonious Monk à la lettre afin que l'on ne puisse plus jamais entendre dire : « Listen, I hear about this felonious guy ».

  • Mikami kan (livre + cd) Nouv.

    Poète, chanteur-hurleur et acteur (Furyo, Tokyo Decadence, Cache-Cache pastoral...), Mikami Kan (né en 1950) porte le flambeau de l'underground japonais depuis plus de cinquante ans. Propulsé en 1971 au rang de vedette lors du 3e Folk Jamboree de Nakatsugawa, il a embrassé son destin de nomade beatnik en enregistrant, au fil des ans et guitare sur le dos, une discographie-fleuve pour des majors (Columbia, Victor, Toshiba) et des labels indépendants (URC, P.S.F. Records, Chaotic Noise). Bête de scène rongée par ses démons, Mikami a depuis développé un enka-blues idiosyncratique, à la fois surréaliste, grotesque et nimbé de sagesse, où le cri occupe toujours une place de choix.Sur Wandering Songs, CD inséré dans la biographie : deux concerts donnés par Mikami Kan en solo (La Malterie, Lille, 2008) et trio avec Sanjah (Earthdom, Tokyo, 2007). Pour la première fois sur CD, masterisé par Andrew Liles et Taku Unami.

  • 50 couplets

    Moondog

    La traduction française de 50 « couplets » poétiques du musicien new-yorkais.

    Iconoclaste musicien des rues, inventeur d'instruments, compositeur tardif mais inspiré de madrigaux et précurseur du minimalisme, Moondog (1916-1999) - né Louis Thomas Hardin - était aussi poète. Comme le souligne Marie-Hélène Estève en préambule à sa traduction française de ses 50 couplets, « il s'agit là d'une poésie orale qui, par fragments jaculatoires, proclame une philosophie ».

    « Il nous faut des hommes de joie partout où la folie humaine règne, d'Athènes, Grèce, à Santiago, Chili. » Cette traduction française des 50 couplets de Moondog par Marie-Hélène Estève, avec la participation de Benoît Gréan, a paru pour la première fois dans la revue La barque, numéro double 6 & 7, à l'hiver 2009-2010.

  • Au gré de conversations avec quelques-uns de ses acteurs, Philippe Robert compose un panorama de l'underground musical français depuis 1968.

    Afin d'en apprendre sur des groupes tels que Catalogue, Magma, Heldon, Soixante Étages, Idiome 1238, Cohelmec Ensemble, Mahjun, M.I.M.E.O., Vomir, Etron Fou Leloublan... sont ainsi passés à la question : Christian Vander, Gérard Terronès, Michel Bulteau, Pierre Barouh, Richard Pinhas, Daunik Lazro, Albert Marcoeur, Sylvain Guérineau, Pascal Comelade, Pierre Bastien, Jean-Jacques Birgé, Jac Berrocal, Bruno Meillier, Romain Perrot, Jean-Louis Costes, Yann Gourdon...

    Animateur du blog Merzbo-Derek (merzbow-derek.tumblr.com), collaborateur de Revue & Corrigée et ancien collaborateur de Jazz Magazine, Les Inrockuptibles, Octopus ou Mouvement, Philippe Robert a consacré plusieurs ouvrages à la musique créative, parmi lesquels : Musiques expérimentales (Le Mot et le Reste), Post-Punk, No Wave, Indus & Noise (Le Mot et le Reste) et, en collaboration avec Guillaume Belhomme, Free Fight This Is (Our) New Thing (Camion Blanc).

  • Billy & Betty

    Twiggs Jameson

    Billy et sa soeur Betty évoluent au sein d'une banlieue américaine futuriste régie par l'obsession du sexe. Une série d'événements pour le moins « perturbants » changeront leur vie en roman, dont la lecture évoquera Burgess, Calaferte ou les Monty Python. Publié en 1968, Billy & Betty est une satire mordante de l'American way of life et un objet de culte qui inspira notamment Nurse with Wound.

    C'est une drôle d'histoire - qui plus est réservée à un public averti - que celle de Billy & Betty, frère et soeur à la colle que la sexualité travaille beaucoup. Car nos héros devront faire face à une série d'événements pour le moins « perturbants » qui changeront leur vie en roman, dont la lecture évoquera aussi bien Anthony Burgess, Louis Calaferte que les Monty Python. On ignore encore qui se cache derrière le pseudonyme de Twiggs Jameson, et même s'il s'agit là d'un pseudonyme. L'édition originale de Billy & Betty, qui date de 1968, nous renseigne autant qu'elle interroge : l'homme serait né en 1933 dans le Missouri, aurait travaillé une quinzaine d'années pour des presses universitaires avant de choisir de vivre retiré à Fayetteville, en époux comblé mais en écrivain pessimiste.

    Édition établie d'après la traduction de Jean-François. Avec onze illustrations originales de Bélom.

  • Jukeboxes

    Claude Pélieu

    Réédition du recueil de poésie publié en 1972 par le compagnon de route français de la Beat Generation.
    Une fois pour toutes nous aimerions que vous soyez désintéressés - NE TUEZ PAS LES GENS, ATTENDEZ QU'ILS INVENTENT - Branlez la femme d'un flic, la Police des Moeurs jouit à l'emporte-pièce - & volez les livres, les disques - volez le feu - volez la drogue des fourgueurs puis tirez la chaîne.

  • Elève de Bud Powell puis partenaire, entre autres, de Charlie Parker, Miles Davis et Charles Mingus, Jackie McLean (1931-2006) envisagea sa pratique du saxophone alto sur le modèle de Bird avant d'user d'un langage plus personnel : expressionnisme capable de sublimer un son à l'image de son caractère : charismatique, entier et tranchant. Jackie McLean est la première monographie en français consacrée au saxophoniste.

  • Entre deux voyages, Hanns Heinz Ewers écrit des textes d'un fantastique souvent teinté d'érotisme dont attestent ses deux romans les plus célèbres, Mandragore et L'araignée. Bertolt Brecht l'a un jour qualifié de « pornographe en vogue » : Sorcière, ma mère démontre qu'il valait bien davantage.
    Dans le livre, un mini CD scelle la septième collaboration de Nurse With Wound et de Lenka lente : une dizaine de minutes inédites, écrites et enregistrées pour l'édition de cette plus qu'étrange nouvelle d'Ewers.

  • Les mots qui consituent D'entre les morts de Guillaume Belhomme ont inspiré au musicien américain Daniel Menche une composition éponyme de vingt minutes (mastering par Andrew Liles) jouant avec les sonorités d'éléments thématiques issus du texte de l'écrivain français : le mouvement d'un train, le bruit du verre, la couleur du sang....
    « Je ne sais rien des gens qui m'entourent. J'imagine qu'ils ne me veulent pas de mal, mais ce n'est pas réciproque. Chaque soubresaut du train qui nous transporte agite leurs corps flasques : le même mouvement pour tous. Ils ne me veulent pas de mal, bien. S'ils sont déjà agglutinés, ce mouvement partagé les rapproche encore, et ils s'en trouvent heureux. Bientôt - quand même, c'est déjà le terminus - me voilà isolé au fond de la voiture. Eux sont désormais à distance et me font face. Un paquet de chair informe, un amas grouillant d'organes dépareillés : ils semblent vouloir entrer en contact. C'est comme une plainte, à plusieurs voix, mais qui chercherait à me rassurer. »

  • Publié pour la première fois en 1966 dans le City Lights Journal de Lawrence Ferlinghetti, ce poème électrique de Charles Plymell est ici présenté dans une édition française établie d'après la traduction de Jean-Marie Flémal. On trouvera aussi dans ce livre la version originale d'Apocalypse Rose et, sur le disque qui l'accompagne, la musique que sa lecture a inspirée à Bill Nace.
    « Le jukebox entame son chant :
    Un mirage futuriste fait éclore des formes accélérées de diseurs de bonne aventure.
    Laissant là son café, le garçon de nulle part compose sur le cadran du téléphone la première combinaison de chiffres qui lui vient à l'esprit, et sourit au rythme de NOWHERE TO HIDE.
    La nuit qui voile ses yeux assombris déroule son paradis factice.
    Voilée de gravité, la chanson s'atténue.
    Ceux qui sont au plus proche de la terre sont les derniers à partir.
    Image passée dans les rues depuis longtemps désertes. » Écrivain, poète et éditeur, surnommé The original hipster, Charles Plymell (né en 1935 à Holcomb, Kansas) a frayé à San Francisco avec la Beat Generation avant de partir faire le tour du monde. Il habite aujourd'hui Cherry Valley, où il anime les éditions du même nom.

    Musicien, artiste et éditeur, Bill Nace fait notamment entendre sa guitare dans Body/Head, projet qu'il emmène avec Kim Gordon depuis 2011. De Northampton, Massachusetts, il dirige le label discographique Open Mouth.

  • Réfugié en Suisse en 1896, l'écrivain allemand Oskar Panizza y rédige Le jardin de Vréneli, une nouvelle dans laquelle il se met en scène dans les bois de la région zurichoise, à la recherche de l'auberge de la déesse Vénus. Une aventure empreinte d'ivresse et d'amour, accompagnée pour l'occasion d'une bande-son et d'illustrations du duo expérimental My Cat Is An Alien.

    C'est ici l'histoire racontée d'une virée de l'auteur (vraiment ?) au Jardin de Vréneli (dit aussi Jardin de Vénus) et jadis sous-titrée « une aventure zurichoise ». Panizza ou pas, le narrateur fera ici la rencontre de l'enivrement : amour, alcool, râteau, fourche et bon lit.
    Oskar Panizza (1853-1921) est un écrivain allemand que le (merveilleux) Concile d'Amour aura rendu célèbre. D'autres écrits d'importance se cachent cependant dans son oeuvre, dont est Le jardin de Vréneli.
    Sur le CD qui accompagne ce livre, le lecteur trouvera une pièce de musique spécialement écrite par My Cat Is An Alien. Une vingtaine de minutes durant, Maurizio et Roberto Opalio y font, au son de sirènes insistantes, l'apologie de la découverte, de la tentation... du bonheur.

    My Cat Is An Alien est un duo de musiciens et plasticiens à l'oeuvre expérimentale radicale, fondé par les frères Maurizio et Roberto Opalio au début de l'année 1998. Originaire de Turin, le duo emménage par la suite dans une région reculée et secrète des Alpes occidentales. My Cat Is An Alien forme une entité intermédia unique, produisant de la musique, des performances audiovisuelles « chamaniques », de la peinture et du dessin, des travaux graphiques, de la photographie, de la « poésie cinématique », des installations, des textes et de la poésie, des enregistrements sonores et des livres d'artistes.

  • L'abécédaire de Jacques Demierre, avec la partition et l'enregistrement sur CD d'une pièce inédite.

    « Le fil rouge qui parcourt cet abécédaire est l'examen attentif de mon expérience du son. Cette expérience, qui peut paraître si familière, est souvent mal perçue du fait même de sa trop grande proximité. J'aimerais décrire, du point de vue qui est le mien, pianiste, performer, compositeur, improvisateur, ce que je perçois au moment de cette expérience élémentaire et observer sans volonté d'explication de quelle manière la multitude des conditions qui l'ont amenée à se produire se cristallise dans l'immédiateté de l'instant. » Entre les versions française et anglaise de l'abécédaire est reproduite la partition de Ritournelle, composition (inédite) pour voix de Jacques Demierre dont un CD rend ici l'interprétation (par le même), enregistrée fin mars 2018.

  • La verve d'Antonin Artaud illustrée par une pièce inédite de Nurse With Wound : To Another Awareness, soit quinze minutes d'un hommage retentissant.

    « Moi, Antonin Artaud, je suis mon fils, mon père, ma mère, et moi ; niveleur du périple imbécile où s'enferre l'engendrement, le périple papa-maman et l'enfant, suie du cu de la grand-maman, beaucoup plus que du père-mère. » Voir aussi Adolf Wölfli / Nurse With Wound ; André Salmon / Nurse With Wound ; Charles-Louis Philippe / Nurse With Wound ; Félix Fénéon / Nurse With Wound ; Franz Kafka / Nurse With Wound.

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