Les Presses Du Reel

  • Le reste c'est la suite

    Sarah Kéryna

    • Les presses du reel
    • 7 Octobre 2020

    Le reste c'est la suite sonde notre présent pour remonter vers le ou les moments de rupture d'une séquence - franchissements, seuils, points de bascule - comme on le fait à la suite d'une expérience traumatique.
    Annotations du quotidien, dates, archives, récits de rêves, étymologies, citations, souvenirs d'enfance, scénarios imaginaires, bribes d'intrigues policières, de chansons, de carnets, dialoguent avec un flux de films, de séries télé, de dépêches en continu, d'images d'actualité, à l'intérieur d'une trame qui recompose une mémoire collective et intime de la « catastrophe contemporaine » et sa représentation, traversée par des menaces inédites et la défaite du politique. Avec, pour fils rouges, l'avènement de ce que l'on nomme aujourd'hui « l'urgence climatique », la sidération des attentats survenus en France en 2015-2016, et, en ligne de mire, d'une révolution massacrée à l'explosion de la violence « dans un pays en paix », la Syrie, comme un miroir tendu.

    « Le souffle du vent / soulève la terre, / charrie la poussière, / et porte les incendies. » / La collection PLI, dirigée par Justin Delareux et Jean-Marie Gleize, est une extension autonome d'Al Dante.

  • Ordre aléatoire des images

    Marco Boubille

    • Les presses du reel
    • 7 Octobre 2020

    Marco Boubille fait parler les images de Photomaton qu'il ramasse dans les rues et collectionne, dans un long poème sériel.
    Au commencement était l'image. Ou la planche-photos. Celle qui sort mécaniquement à côté de l'écran dans la cabine qu'on appelle Photomaton et qui fait partie du « mobilier » de nos villes. L'auteur de ce livre, M.B dans le texte, a « collectionné » les photos ratées, déchirées, maculées, souillées, jetées, qu'il ramassait dans Paris sur le sol des rues, sur les trottoirs. Puis ces images ont fini par devenir textes. Parlées (écrite ou décrites) par l'écrivain collectionneur, au plus près de leur réalité matérielle (odeur de la cabine, tabouret à vis, petit bruit sourd du moteur, rideau et flash, voix synthétique, etc.). Elles se sont mises ensuite elles-mêmes à parler, une prose factuelle et familière, légèrement déviée. Que disent-elles ? Dans ces lieux inhabitables, ce sont des visages, des corps, qui parlent et se parlent, face au miroir, face au noir de leur existence. Des corps contraints pour des photos d'identité ou d'intimité (peut-être). Une affaire de position, d'habillage, de maquillage. Quelques portraits cassés d'anonymes livrés à la cruauté sociale (l'entretien, le DRH, le job ou le CDI...).
    Un livre sériel, sur le désordre des choses et l'ordre de la vie, un long poème réaliste ou documentaire, fait de monologues étranglés. Un livre politique, donc.

    « cette photo était-elle comme une simple phrase oubliée que l'on recherche en vain puis à laquelle on renonce ? »

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