Liber

  • Ce court essai philosophique aborde la question de la mémoire à partir de l'expérience fréquente et récurrente des « trous de mémoire ». Il commence par analyser l'expression (« trou de mémoire ») qui suggère une trame uniforme, continue, percée cependant de « jours », de dépressions, modelée en tout cas par ces accidents, et s'intéresse également aux différentes métaphores appliquées à la mémoire (celle du contenant, de l'élément aquatique, de l'écriture, etc.). Le livre s'interroge donc sur ce que l'on pourrait appeler le relief de la mémoire, chaque chapitre abordant l'un des aspects (plaine, adret et ubac, feuilletage et foliation, rifts et fractures, etc.) de cette géographie mnésique, en prenant appui sur de nombreux auteurs, parmi lesquels Levinas, Sartre, Thoreau, mais aussi Descartes, Husserl, Ravaisson, Schelling, Kant, Benjamin ou Platon, mais aussi quelques épisodes bibliques accompagnés de leur relecture talmudique.

  • Le prince de la psychanalyse : vie de Masud Khan Nouv.

    Né au Pakistan en 1924, mort en Angleterre en 1989, Masud Khan est une figure originale, ambiguë, « monstrueuse », de la psychanalyse, chez qui cohabiteront génie et perversion, noblesse et avilissement. Arrivé à Londres en 1946, il intégrera peu à peu le milieu psychanalytique anglais, aura divers analystes, le deviendra lui-même, sera l'assistant inspiré de Donald Winnicott. Par ses intuitions et par sa clairvoyance, mais encore plus par son comportement, il déstabilisera la Société britannique de psychanalyse dont il rendra visible le désordre. Il en sera exclu un an avant sa mort.

    Nous disposons de quatre versions de sa vie. La première, publiée en 1993, a été écrite à sa demande par Judy Cooper, son analysante. Ces versions, si elles s'accordent le plus souvent, se contredisent parfois. L'auteur écrit à leur suite, non pas une biographie, plutôt quelque chose comme une vie, au sens des Vies parallèles de Plutarque, lesquelles requièrent une tout autre discipline que l'histoire.

    « J'écris donc à la suite de ses biographes, sans juger. Je tente de me faire une idée de ce que fut sa vie, son éthique ; ceci est donc Masud tel que je l'imagine. On verra que je préfère le plus souvent les versions qu'il donna lui-même de sa vie à celles de ses archivistes. »

  • Après un rendez-vous manqué avec la mort, un homme entreprend un dernier tour de piste pour informer ses proches qu´il veut mettre fin à ses jours. Ses rencontres l´amènent à réfléchir aux répercussions sociales d´un tel geste. Il rédige alors un journal dans lequel on trouve un condensé des débats de société sur le suicide et l´euthanasie. Ce journal de vingt-huit pages, rédigé de mai à novembre 2018, commence par ces mots : « À soixante-seize ans, n´ayant plus ni responsabilité ni intérêt dans la vie, je considère qu´il est temps d´en finir. Je vais d´abord rencontrer quelques personnes pour les avertir. Je me donne six mois pour faire un dernier tour de piste avant de mettre fin à mes jours le 2 novembre prochain, le jour des Morts ». Cet essai traite la question délicate du choix de mourir avec beaucoup de sensibilité et d´humanité, autant que d´originalité, mêlant expé-rience vécue et réflexion sociétale.

  • On aime bien parler de théorie en science et en sciences sociales. C'est un sujet de fierté des chercheurs et surtout un moyen de se démarquer d'autres discours sociaux concurrents : journalisme, littérature, idéologies, etc. La théorie serait la marque distinctive de la science et, à ce titre, elle joue un rôle majeur dans nos sociétés. Mais en quoi consiste-t-elle et que fait-elle, en particulier dans les sciences sociales ? Mène-t-elle au vrai, guide-t-elle l'action ? Laquelle ? Émancipatrice, régulatrice ? Voilà les questions que nous entendons remettre à plat dans cet ouvrage. Il est possible que la théorie dans nos sociétés ait un rôle qu'on n'a pas encore bien perçu. Il est plus probable encore que la difficulté à penser le lien puissant qui la lie au monde social tienne plutôt à la conviction qu'elle a une fonction essentiellement critique. L'objectif de cet ouvrage est de mettre en lumière la responsabilité de la théorie et un devoir de répondre de ses actes.

  • Avec l'émergence des métropoles, des médias modernes et de la société de masse, il s'est mis en marche un processus d'esthétisation de l'existence qui a peu à peu transformé le corps social en protagoniste de l'histoire. En action dans le kitsch, l'art nouveau et l'industrie du spectacle; radicalisé à travers l'expérience des avant-gardes artistiques du vingtième siècle et les performances des contre-cultures; accéléré, édulcoré et nourri par la télévision et la culture pop, il semble arrivé aujourd'hui à la maturité en deçà et au-delà de l'art. Le voici s'épanouir dans des scènes urbaines chargées d'émotion et dans la socialité numérique, partout où la vie quotidienne est devenue le coeur même de la culture, à la fois fétiche et instrument de la production, art et marchandise, sujet politique et objet de consommation. Ainsi, au moment même où nous assistons à l'émancipation tant souhaitée du public, nous constatons également sa définitive et volontaire aliénation.

  • Il y a un certain temps, deux jeunes étudiants se sont demandé s'ils pouvaient passer quelques moments avec l'auteur pour parler de l'inconscient et de la psychanalyse. Il a volontiers accepté à condition que cela se passe sous forme de conversations autour de ces thèmes. Sitôt sa décision prise, Patrick Gauthier-Lafaye s'est lancé le défi de les entraîner dans une authentique expérience de vie liée au sujet choisi. Il a voulu leur donner le goût de la rencontre avec l'espace pulsatile, toujours fuyant mais si vivant qu'est l'inconscient. Cet essai dialogué est le fruit de leurs rencontres étalées sur une année, en dix soirées d'échanges fructueux. Ce livre s'adresse donc à tous les explorateurs psychanalystes, psychothérapeutes et patients, mais aussi à tous les fervents lecteurs curieux de ce voyage vers l'inconscient.

  • Que deviendrait Tintin, chevalier sans peur et sans reproche de la bande dessinée, si un album caché du grand Hergé le peignait sous les couleurs compromettantes d'un personnage hanté par de multiples démons ? Un héros encore plus passionnant que celui dont nous connaissons tous les aventures !

    Dans un texte à la croisée de l'essai et du neuvième art, Jean-Philippe Coste vous propose de découvrir les idées insoupçonnées d'un contestataire grimé en bien-pensant qui, à mots subtilement couverts, renverse les hiérarchies traditionnelles et les valeurs dominantes. Politique, religion, science, féminité, pouvoir, autorité, races, aucun tabou ne sera épargné par la verve critique du plus roué - et du plus mal connu - des reporters vedettes.

  • Les séries télévisées constituent depuis des années la forme privilégiée dans laquelle notre culture se projette, mais Black Mirror représente bien plus que cela : c'est un fait socioculturel emblématique du monde contemporain qui esquisse la société du futur en décrivant de manière paroxystique ce que nous vivons déjà. Voici un spectacle, un musée, une prison et un jeu vidéo où la technique, les algorithmes et les réseaux sociaux prévalent sur les individus en annihilant la rationalité sur laquelle nos sociétés se sont fondées. ?uvre totale ayant anticipé notre condition suite aux mesures adoptées pour contrer la pandémie de Covid-19, la création de Charlie Brooker explore la médiatisation de l'existence dont nous faisons l'expérience entre trolls, haters, sexting, surveillance, stories, cancel culture et analyse prédictive. S'y arrêter permet de voir notre époque comme une catastrophe et comprendre ce qui est en train de surgir des cendres de l'humanisme : l'aurore numérique.

  • Il n'y a rien de plus facile, semble-t-il, que de critiquer la consommation. Personne en tout cas ne s'en prive. L'exercice obéit pourtant à deux règles : la première est de ne viser que la consommation des autres ; la seconde, de s'attaquer aux pratiques commerciales des entreprises. En associant aussi facilement l'acte de consommer à l'exercice du libre arbitre, on transforme la critique de la consommation en critique de la liberté pour la rendre caduque. L'objectif de cet ouvrage est de confronter ce présupposé. En analysant la publicité, le marketing, les centres commerciaux, le commerce en ligne, les programmes de fidélisation et autres facettes de nos sociétés, il s'agira cette fois de décrire l'essence même de la consommation et de ses mécanismes, dans lesquels nous sommes bien empêtrés depuis plusieurs décennies.

  • On parle communément de révolution numérique. Mais comment se fait-il que le terme révolution ait quitté les domaines du social et du politique pour investir le domaine des nouvelles technologies et du numérique ? L'impact du numérique sur les humains et la société est considérable, à tel point qu'il s'agit à présent, comme le souhaitait Arendt à propos du nucléaire, d'en rapatrier les effets dans le champ du politique. Il faudrait pouvoir cartographier les effets du numérique, en mesurer la puissance et les limites, favoriser l'émergence de contre-pouvoirs. Il y a un besoin crucial d'une réflexion sur la numérisation du monde, sur le séquençage du réel qu'elle implique et sur l'automatisation des routines existentielles qu'elle suscite. Mais est-il encore possible d'encadrer l'innovation et ses conséquences ? Comment ? Les utopies sociales, le contrôle politique, le sentiment de responsabilité semblent épuisés. Et on ne réglera pas la question en cherchant à étouffer la puissance de la technique. Car le danger ne vient pas de la technique elle-même. Le véritable danger provient de notre incapacité à donner une forme authentiquement humaine aux transformations que l'innovation suscite. S'il nous appartient d'envisager l'avenir comme un progrès possible, comment s'y prendre dans le contexte de l'anthropocène, de la mondialisation, de la transformation numérique ? Le présent essai vise à instruire ces questions avec méthode et propose d'abandonner la croyance dans nos chimères technolibérales contemporaines pour une véritable pensée de la transformation.

  • Vivre et travailler en centre d'hébergement pour personnes âgées (EHPAD en France et CHSLD au Québec) n'est pas facile. Ce livre jette un autre regard sur cette réalité en se centrant sur la manière dont les personnes - résidents et soignantes - font l'épreuve de leurs limites et de la solitude. Les médias ont dénoncé la piètre qualité de la nourriture, la vétusté des bâtiments, le manque de soin, la mauvaise hygiène. Les difficultés auxquels ils sont confrontés, et que la pandémie de la covid-19 a amplifiées, sont nombreuses. Mais ils sont aussi portés par des femmes et des hommes qui s'y investissent corps et âme. En retrait du monde, ils sont néanmoins traversés par les interrogations, les contradictions, les normes et les rêves de la société contemporaine. Ni hôpital ni résidence, le centre d'hébergement est l'ultime refuge où une population âgée va terminer ses jours, souvent à l'écart du regard social.

  • Champignons

    Collectif

    • Liber
    • 8 Mars 2003

    CHAMPIGNONS Reflétant le grand nombre d'espèces de champignons maintenant disponibles sur le marché, CHAMPIGNONS fait, en soixante recettes signées par les chefs les plus réputés, le grand tour de tous les continents et de toutes les cultures du monde.
    Qu'ils fassent appel à l'exotisme oriental, au classicisme de la cuisine européenne ou à la moderne fusion des deux, tous les plats ici décrits comprennent un délicieux mélange des principaux champignons cultivés et sauvages.

  • Les dénonciations d'inconduites sexuelles, qui se multiplient dans les universités américaines, ont à juste titre de quoi nous inquiéter, qu'il s'agisse d'allégations de viol, d'agressions sexuelles ou de faveurs obtenues par la contrainte. Mais sont aussi condamnées les fréquentations entre professeurs et étudiants adultes, de même que les « avances non désirées », et tout geste ambigu que l'on s'empresse de signaler comme contribuant à un « climat hostile ». Or ces dénonciations sont pour plusieurs administrées à même les universités plutôt que par un système de justice reconnu. Elles mènent souvent à des accusations, à des procès irréguliers et à des ententes chèrement payées dans lesquelles s'engagent, pour acheter la paix et ne pas compromettre leur réputation, les universités elles-mêmes. Celles et ceux qui se risquent à sortir du silence pour critiquer les excès bureaucratiques, comme cela a été le cas de Laura Kipnis, font à leur tour l'objet de mises en garde, de plaintes, de poursuites, voire de congédiements. Études interrompues, carrières brisées, méfiance généralisée, luttes sans quartier : tel est le régime du sexe polémique auquel les établissements américains du haut savoir sont actuellement soumis. Comment en est-on arrivé là ? Comment en sortir ? Dans ce portrait au vitriol du monde universitaire, Laura Kipnis médite ces questions. Faute d'avoir compris les avancées du féminisme, qui devait favoriser l'autonomie et la liberté, les étudiants, professeurs et administrations s'empêtrent dans le maquis défraîchi de la féminité victimaire et du pouvoir prétendument inébranlable des hommes de tout acabit. Et l'on voit ainsi la paranoïa s'emparer de l'université.

  • Le philosophe américain Allan Bloom disait des gens de notre époque qu´ils étaient des « romantiques désenchantés ». Certes, nous serions encore attachés aux idéaux du romantisme (amour inconditionnel qui triomphe de tous les obstacles, passion qui se mue en union durable, don de soi jusqu´au sacrifice.), mais nous aurions aussi de plus en plus de mal à croire à ces idéaux. Le rapport ambivalent entre nos sentiments et l´imaginaire amoureux dont nous avons hérité invite à la réflexion. Qu´est-ce que l´amour ? Quelles sont ses sources et ses composantes essentielles ? Que pouvons-nous en espérer ? Ces questions, l´auteur a voulu y réfléchir, avec pour principaux moyens les outils du philosophe et le soutien de la littérature (Stendhal et Austen, entre autres). Il démontre, chemin faisant, que le romantisme nous offre encore, malgré tout, certains des secrets du ravissement amoureux, que nous pouvons y puiser ce qui nous convient aujourd´hui pour, peut-être, ré-enchanter nos amours.

  • Pour demeurer bien vivants

    Pierre Bertrand

    • Liber
    • 10 Juin 2021

    Demeurer bien vivants n'implique aucun état d'agitation, d'excès ou d'extase. Cela s'éprouve au contraire dans une atmosphère de paix intérieure, qui est sans doute ce que nous pouvons connaitre de plus précieux. Cette paix ne nous est pas donnée par les conditions extérieures, changeantes et souvent provocantes, mais par notre attitude à leur endroit. Elle doit être éprouvée même dans des conditions défavorables. C'est au milieu de nos obligations que nous devons éprouver un certain détachement, au coeur des sollicitations et des provocations que nous pouvons goûter une qualité de calme. Les difficultés que nous rencontrons et les épreuves que nous subissons peuvent contribuer à nous libérer. Seul le noyau le plus intime se sent bien vivant. En cinquante-cinq courts textes et autant de thèmes, le philosophe Pierre Bertrand poursuit sa réflexion minutieuse et patiente où il approfondit les questions de l'existence.

  • Qui ne connaît pas James Bond ? L'addition de qualités royales et d'honneurs princiers a fait de lui un fantasme planétaire, un idéal à la fois inaccessible et familier qui excite conjointement l'envie des maris, la convoitise des femmes et les rêveries des enfants. En somme, il représente tous les traits de caractère de ce que la mythologie moderne appelle un « monstre sacré ». "Je m'appelle Bond, James Bond". Vous avez entendu cette formule à maintes reprises, mais savez-vous réellement qui est le mythique numéro 1 de l'espionnage international ? Avez-vous une idée claire de sa vision du monde ? Pour dissiper tout malentendu en la matière, l'agent 007 vous convie à une projection privée dans son appartement de Kings Road. Il vous dévoilera sa véritable nature, de ses plus grandes qualités à ses pires défauts. Il vous entretiendra de ses meilleurs ennemis. Mieux, il vous parlera du plus passionnant de tous les sujets : vous. Ne déclinez cette invitation sous aucun prétexte. Il est exceptionnel qu'un monstre sacré daigne se mettre à nu.

  • Le coeur du problème est que la société de consommation a enfanté une véritable culture de consommation. Il s'agit d'une vision du monde où les valeurs cardinales sont la liberté de choix, le confort, le plaisir et l'expression de soi. Cette culture marchande nous autorise et encourage à sublimer nos pulsions, nos frustrations et notre anxiété en acte d'achat qu'elle transforme en exercice quotidien de liberté. La culture de consommation n'a pas été créée de toutes pièces. Elle est fondée sur nos pulsions primaires et notre tendance à la comparaison sociale, mais elle table aussi sur notre apathie et notre aveuglement volontaire. Nous désirons tellement croire en notre libre arbitre que nous n'attribuons nos décisions d'achat qu'à nous-mêmes, et non à notre inconscient ni aux techniques de marketing, et encore moins à la culture de consommation. Ce faisant, nous entérinons l'idée de l'achat comme un acte délibéré et donc chargé de significations. Ainsi, bien qu'instaurée par les entreprises commerciales, puisque dans leur intérêt, la culture de consommation est coproduite par nous, consommateurs. Nous sommes tous des artisans de la société de consommation.

  • La maladie, quelle qu'elle soit, touche à la condition humaine et aux images que l'on se fait de soi, des autres et de la vie. Elle suscite des questions qui trouvent peu de réponses et qui, par conséquent, n'ont pas de fin. Contrairement à ce que l'on pense, les personnes malades sont souvent très ouvertes aux interrogations existentielles. Ce sont souvent les soignants qui n'osent pas s'aventurer sur ce terrain par manque de confiance, se reposant sur les comités d'éthique. Pourtant ce sont les patients et leurs proches qui réfléchissent, délibèrent et décident. L'être humain décide, dans de tels contextes de soins, de vie et de mort, selon ce qui a un sens pour lui. Dans ce cadre, le rôle du soignant n'est pas celui de l'expert en questions existentielles, mais celui d'un accompagnateur de ceux qui doivent penser par eux-mêmes selon leurs propres expériences, leurs intuitions, leurs doutes. Il retrouve ainsi avec eux un dialogue que l'humanité ne cesse d'avoir avec elle-même.

  • La formule « plénitude ontologique du vide » signifie que le vide n'est pas un néant, un rien ou une absence définitive mais, au contraire, l'affirmation en son autosuffisance de la présence à l'état pur. Le vide est plein de la présence pure, mieux il s'identifie à elle. De l'atomisme antique à la révolution scientifique en passant par la Renaissance, de Démocrite à Newton, d'Aristote à Descartes en tant que ses plus éminents adversaires, le vide n'a cessé de hanter tant le champ de la métaphysique que celui de la science, celui de l'expérience comme celui de l'imaginaire. Après avoir tenté de l'expulser de la physique au moyen de la notion d'éther, la cosmologie contemporaine redécouvre le rôle essentiel du vide dans le devenir et peut-être l'origine de l'univers. Aujourd'hui, c'est au tour de la métaphysique de soupeser à nouveaux frais le poids du vide dans le cadre de la problématique qui lui est propre. Après un siècle de dépassement, de déconstruction et autre célébration de la fin de la métaphysique, l'intention est de démontrer ici que, loin d'être oublieuse de la question de l'être, elle a pensé celle-ci avec une portée et une acuité sans égales.

  • De même que les individus ont une généalogie, les sociétés s'appuient sur plusieurs piliers culturels, qui eux-mêmes sont le produit de rencontres plus anciennes. C'est ainsi que la rencontre du monde attique (la Cité-État d'Athènes) et de la culture perse serait à l'origine de la révolution philosophique de la Grèce antique, dont l'influence se prolonge jusqu'à nos jours, constituant ce que nous appellerons le pilier gréco-romain. De l'autre côté de la Méditerranée, en Asie mineure et en Afrique du Nord, on peut repérer une influence des cultures mésopotamiennes ou égyptiennes sur le judaïsme, et de la culture grecque sur le christianisme naissant. À partir de la conversion de l'empereur Constantin au christianisme, se mettra en place, dans le monde gallo-romain, un fort pilier judéo-chrétien, qui continue lui aussi à influencer la marche du monde occidental. Si ces deux premiers piliers ont généré un grand nombre de figures paternelles, à commencer par Dieu le Père, le troisième, que nous qualifierons de pilier occidental, a donné et continue à donner plus de places aux figures maternelles, expliquant par exemple l'importance qu'a prise le culte de Marie à partir de la christianisation de la Gaule. En ces temps post-féministes, il paraît important de faire vivre des mythes qui, souvent, donnent sa pleine place à la puissance du féminin.

  • Ce livre s'inspire de l'article de Donald Winnicott : "La haine dans le contre-transfert". Cet article est issu d'un texte que Winnicott avait présenté à la Société britannique de psychanalyse, le 5 février 1947 sous le titre de "Quelques observations sur la haine". Il y aborde des thèmes devenus depuis centraux pour la psychanalyse : la haine que les psychanalystes peuvent éprouver à l'égard de leurs analysants mais aussi celle que les psychiatres manifestent par la violence même de leurs méthodes et, enfin, la haine des mères envers leurs enfants. Winnicott adoptait une démarche qui était et qui demeure provocatrice, à tel point que nombreux sont ceux parmi les analystes à préférer ne pas en tenir compte. Le sujet dont il s'agit dans ce fameux article est Masud Khan que Winnicott ne mentionne jamais directement. Khan est un jeune psychanalyste d'origine pakistanaise qui devint membre de la Société britannique de psychanalyse après avoir été analysé par Winnicott. De plus, Khan a été pendant plus d'une vingtaine d'années le collaborateur de ce dernier et a participé à l'édition de nombreux de ses écrits qui ont fait sa renommée. Les deux psychanalystes ont été tour à tour analyste et analysant, collaborateurs et adversaires. Autant l'un est affable et complaisant, autant l'autre est exubérant et agressif ; mais ils partagent aussi une égale créativité intellectuelle. Entre eux, il y a admiration et concurrence, amour et haine. C'est l'aventure commune de ces deux hommes que raconte ce livre.

  • Qu'est-ce que l'argent, d'où vient-il, pourquoi nous paraît-il si nécessaire et si naturel ? Ces questions constituent le fil rouge de cet ouvrage, qui tente de dénaturaliser l'argent pour mieux s'interroger sur sa place et son rôle dans la société. Naturel, l'argent ne l'est certainement pas. Les discours qui le décrivent comme un objet inévitable de toute vie sociale et un simple instrument d'échange sont à questionner de manière radicale. Il semblerait presque que l'argent ait été inventé pour définir une société à deux vitesses, pour permettre de séparer ceux qui peuvent payer le prix et ceux qui ne le peuvent pas, de quelque prix qu'il s'agisse et pour quelque bien que ce soit. Si presque tous les philosophes ont parlé d'argent, peu se sont pourtant étonnés de le trouver là devant eux, et peu se sont étonnés de son apparente nécessité. Tel est le but que se propose cet ouvrage : nous étonner devant l'argent. La question première est donc moins « qu'est-ce que l'argent ? » que « comment se réapproprier cet objet pour le penser ? ». On pourra plus facilement s'interroger ensuite sur le sens que nous voulons donner à l'économie et au politique, sur la place qu'il convient de donner à l'argent et sur le type de relations que nous souhaitons établir les uns avec les autres.

  • L´heure, semble-t-il, n´est plus aux tergiversations. La planète serait à l´agonie. Les signes en seraient partout visibles, dans le moindre comportement de chacun, dans la plus infime émission de dioxyde de carbone. Le capitalisme, dans sa version néolibérale, serait forcément l´incarnation même du mal qui ronge la planète. Pour comprendre comment nous en sommes arrivés à agiter une telle menace existentielle, et pour bien saisir l´efficacité mobilisatrice du discours qui la suscite, il faut revenir sur des moments clés du mouvement environnementaliste et de l´écologisme. Les discours ne surgissent pas ex nihilo, et ils ont non seulement une histoire, mais aussi et surtout une façon propre de procéder. Cet ouvrage propose de voir comment le discours écologiste a pu se constituer en fait social total afin de réguler les comportements dans le sens d´une vaste entreprise hygiéniste et sanitaire à la grandeur de la planète.

  • Le dernier comte cathare

    Florence Ferrari

    • Liber faber
    • 2 Octobre 2013

    Ce roman souhaite avant tout ressusciter la culture d'Oc dévouée à l'esprit, si largement humaine avec ses valeurs axées sur l'amour, la tolérance et le culte de la femme.
    L'histoire se déroule en Languedoc au XIIIe siècle et s'inspire de la vie du dernier comte de Toulouse, Raymond VII. C'est grâce à lui que son père Raymond VI, au retour de l'exil, reconquiert sa capitale. Raymond occupe Beaucaire où, à l'âge de dix-huit ans, il remporte sa première victoire contre Simon de Montfort. Son exemple fait tache d'huile et l'insurrection s'étend à maintes localités : c'est la reconquista.
    La guerre de libération va durer huit ans. Peu à peu, le jeune comte réussit à reconquérir tous les états que son père avait perdus. Mais le catharisme resserrant son emprise, le pape excommunie Raymond. À l'annonce de la nouvelle croisade, une véritable psychose s'empare de la population ; des signes d'allégeance envers le roi de France affluent. C'est sans compter sur Raymond qui engage les villes à poursuivre la lutte ; parviendra-t-il à les convaincre de relever les valeurs du Paradge méridional : « Honneur, Loyauté et Courage » ?
    L'amour qu'il porte à Serena, issue de la noblesse cathare, aidera Raymond à mieux appréhender ce qu'elle appelle « la vraie religion ». Serena et Raymond parviendront-ils, malgré tout, à vivre leur amour dans ce contexte de guerres, de persécutions et de bûchers où chaque jour relance une nouvelle angoisse pour qui n'est pas français et catholique. ?
    « Le catharisme est clairement expliqué et le comte Raymond a le beau rôle. Il incarne magnifiquement l'esprit frondeur du Languedoc. » (Le Figaro)

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