Librairie Generale Francaise

  • Molière Le Tartuffe Un faux dévot s'installe dans la famille d'Orgon dont il fait sa dupe, y vit grassement et manifeste une assez vive sensualité pour courtiser la maîtresse de maison - avant d'être finalement démasqué. Le sujet de sa pièce, Molière dut longuement batailler pour finalement l'imposer en 1669, car, à sa première représentation à Versailles, la comédie avait été jugée dangereuse : s'il décriait les apparences de la vertu, Molière ne rendait-il pas également suspects les dévots authentiques oe Car tel est bien l'enjeu sérieux de la pièce : percer à jour l'hypocrisie tout en nous incitant à méditer sur le déguisement et la métamorphose. Mais Le Tartuffe est aussi une comédie de moeurs et de caractères où la farce peu à peu s'inßéchit vers le drame et cependant s'harmonise parfaitement avec lui. Molière fait preuve ici d'un métier admirable pour faire passer le spectateur du rire franc à la plus délicate émotion, de la gaieté la plus vive à la réßexion la plus grave, et parfois la plus sombre.

    Edition de Jean-Pierre Collinet.

  • À la cour d'Athènes, Hermia en appelle à la clémence de son père Égée qui veut lui imposer comme mari Démétrius, alors qu'elle aime Lysandre. Pour échapper à son sort, elle se réfugie dans la forêt, bientôt suivie par les autres protagonistes. Là, Obéron, roi des elfes, qui vient de se quereller avec sa femme Titania, fait appel au malicieux lutin Puck et à ses philtres d'amour. De nombreuses aventures amoureuses vont alors se croiser, se faire et se défaire, au gré des sortilèges et des intrigues, mêlant monde classique et monde légendaire.
    Cette comédie à la fantaisie débridée se double d'une saveur parodique et satirique  : les amours heureuses sont-elles possibles sans enchantement  ? Avec Le Songe d'une nuit d'été, Shakespeare donne libre cours à une incroyable liberté d'imagination qui continue à fasciner le public moderne.
      Traduction de François-Victor Hugo.

    Édition établie et annotée par Yves Florenne.

  • Racine Britannicus Plutôt que «Britannicus», victime assez falote de Néron et d'Agrippine, Racine aurait dû donner à sa tragédie le nom de l'un ou l'autre des deux monstres qui s'affrontent à travers lui.
    Leur «ambition», aujourd'hui nous l'appellerions plus volontiers «goût du pouvoir». Un goût de mort et de sang dont les Romains, hélas ! n'ont pas emporté le secret avec eux.
    Chacun, ici, reconnaîtra les siens...

    Préface de Guy Dumur.
    Commentaires et notes d'Alain Viala.

  •     Le Cid Don Gomès, père de Chimène, approuve le mariage de sa fille et de Rodrigue. Mais lorsqu'il apprend que le père de Rodrigue, don Diègue, a été désigné gouverneur du prince de Castille à sa place, il soufflette son rival. Don Diègue met alors la main à l'épée, mais il est trop vieux pour se battre et don Gomès le désarme : c'est alors à son fils que don Diègue demande de le venger. Rodrigue doit-il le faire comme le lui impose son honneur, ou conserver l'amour qui le lie à Chimène oe Jouée en 1637 au Théâtre du Marais, la pièce, qui était alors - genre à la mode - une tragi-comédie dont Corneille avait puisé le sujet dans une oeuvre espagnole, rencontre immédiatement un grand succès, mais déchaîne une querelle littéraire - la première du siècle - qui durera jusqu'en 1660. Entre-temps, le dramaturge aura remanié sa pièce en l'élevant à la tragédie, et si Le Cid marque dans l'histoire du théâtre une étape essentielle, c'est qu'avec lui se fonde un certain classicisme en même temps qu'apparaissent le «héros cornélien» et la dimension politique, pour Corneille, de toute vraie tragédie.

    Edition de Christian Biet.

  • On ne badine pas avec l'amour Perdican revient au village de son enfance où il doit épouser sa cousine Camille, mais la jeune fille, tout juste sortie du couvent, est prévenue contre l'amour, par avance convaincue de la désillusion qu'elle encourt. Par dépit, Perdican séduit alors Rosette, une petite paysanne, et dans un décor de fraîcheur bucolique, c'est une fin tragique qui s'annonce.
    Camille et Perdican partagent sans doute la même religion de l'amour idéal, mais mêlée de véhémence chez l'une et de rouerie chez l'autre, et derrière le rêve d'un retour à l'innocence première se dessine un enfer, inscrit depuis toujours dans la nature humaine. Le temps paradisiaque d'On ne badine pas avec l'amour, faut-il alors le voir comme une immobilité bienheureuse ou la préparation de la Chute ? C'est là toute l'incertitude de la pièce qui n'oublie pas, en 1834, la liaison de Musset avec George Sand, dont Perdican répète mot pour mot les paroles : «J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui.» Edition de Frank Lestringant.

  • À la mort de son père, Martin découvre un carnet manuscrit qui va bouleverser sa vie. Devenu porteur de cette histoire haletante, il entraîne une mère et sa fille dans une incroyable aventure littéraire. Le Porteur d'histoire, hommage flamboyant à Alexandre Dumas, mêle petite et grande histoire pour engager la réflexion sur le pouvoir du récit et de l'imaginaire.
    Décembre vole le sac d'Avril dans le métro, mais, séduit par la photographie de la jeune femme qu'il trouve à l'intérieur, il décide de le rendre à sa propriétaire et lui donne rendez-vous. Le destin est en marche. Le Cercle des illusionnistes interroge la magie de l'art dans nos existences, en retraçant la vie de Robert-Houdin et celle de Georges Méliès.
    /> Le Porteur d'histoire et Le Cercle des illusionnistes ont été couronnés par trois Molières.
    Préface inédite de l'auteur.

  • Coquelin : Alors, votre pièce ? Comédie ? Tragédie ?
    Edmond : Tragédie. (Regard noir de Coquelin). Comédie.
    Coquelin : Mon rôle ?
    Edmond : Un... poète. Fin bretteur. Avec... un grand... nez.
    Coquelin : Un grand... nez ?
    Edmond : Énorme. Une protubérance.L'échec de La Princesse lointaine a laissé Edmond ruiné et endetté. Il tente alors de convaincre le grand acteur Coquelin de jouer dans sa prochaine pièce, une comédie héroïque, en vers, dont il n'a pour l'instant pas écrit une seule ligne. Mais il a le titre : Cyrano de Bergerac.Après Le Porteur d'histoire et Le Cercle des illusionnistes, couronnés par deux Molières, Alexis Michalik s'attaque, avec un humour et une imagination jubilatoires, à un monument du théâtre français, et nous plonge au coeur de la création du chef-d'oeuvre d'Edmond Rostand.

  • À Ferrare, en Italie, la redoutable Lucrèce Borgia fait régner la terreur. Indifférente à la haine qu'elle suscite, mêlée à des affaires crapuleuses, la seule faiblesse de cette femme impitoyable est un jeune capitaine, Gennaro, dont elle est tombée amoureuse. Mais le destin est cruel, et Gennaro se révèle être le fruit des amours incestueuses de Lucrèce avec son frère, Jean Borgia. Gennaro ne sait rien de ses origines et Lucrèce va devoir tout faire pour le protéger alors que son époux, le duc de Ferrare, qui le prend pour son amant, a juré de le tuer.
    Créé en 1833 au théâtre de la Porte-Saint-Martin, empruntant tout autant à la tragédie qu'au mélodrame, Lucrèce Borgia est sans doute l'un des plus sombres drames de Victor Hugo.
    Édition de Sophie Mentzel

  • Édition enrichie (Préface, notes, dossier sur l'oeuvre, chronologie et bibliographie)Emilie souhaite se venger de l'empereur Auguste qui a proscrit son père avant d'accéder au pouvoir : elle demande à Cinna, son amant, de l'assassiner, faute de quoi elle ne l'épousera pas. Mais Auguste, las du pouvoir, interroge Cinna et son ami Maxime : doit-il abdiquer ? Républicain, Maxime le pousse à quitter le pouvoir et Cinna à le conserver. En signe de reconnaissance, Auguste propose à Cinna de l'associer à l'Empire. Cette générosité le rend honteux de son ingratitude : doit-il assassiner son bienfaiteur ou rompre le serment qu'il vient de faire à Emilie ?
    Lorsque en 1642 il fait jouer Cinna au Théâtre du Marais et fait de la magnanimité la clef de sa tragédie, Corneille offre au public une pièce exemplaire où le coup de théâtre final est aussi un coup de maître. La clémence d'Auguste force l'admiration mais elle est lentement conquise. Et devant cette tragédie politique, le spectateur n'oublie pas la virtuosité avec laquelle Corneille l'incite à réfléchir aux passions qui conduisent au dénouement et à l'exercice d'un pouvoir qui a finalement surmonté sa fragilité.
    Edition de Christian Biet.

  • Lorsque Raymonde Chandebise découvre, dans un colis adressé à son mari, une paire de bretelles oubliée dans un hôtel peu fréquentable, elle le soupçonne immédiatement d'adultère. Elle décide de lui tendre un piège et, avec la complicité de son amie Lucienne, lui donne rendez-vous anonymement dans ce même hôtel. L'époux de Lucienne tombe par hasard sur la missive et, reconnaissant l'écriture de sa femme, imagine à son tour être trompé. Quant à Chandebise, il envoie son ami Tournel au rendez-vous. Tout ce beau monde se retrouve donc à l'hôtel du Minet-Galant, à Montretout, où travaille Poche, un garçon d'étage sosie de Chandebise...
    Dans ce vaudeville aux mille éclats, quiproquos, stratagèmes et mensonges se succèdent à toute allure et Feydeau démontre, une fois de plus, toute l'ampleur de son génie comique. Édition de Violaine Heyraud.

  • Racine Iphigénie On donnait à boire à Sekhmet, la déesse Lionne égyptienne, de grands pots de bière rouge qu'on lui faisait passer pour du sang. Après quoi, apaisée, elle s'endormait. Mais tous les dieux ne s'en laissaient pas si facilement conter.
    Pour que se lèvent les vents sans lesquels les bateaux d'Agamemnon ne peuvent cingler vers Troie, les dieux grecs exigent de lui qu'il sacrifie rien moins que sa fille Iphigénie. Pris de pitié pour elle, Racine est décidé à la sauver. Mais il va se trouver contraint d'en immoler une autre à sa place, jeune femme moins aimable et moins vertueuse, il est vrai.
    Dieux de l'Olympe, dieux aztèques, dieux incas... tous, semble-t-il, aussi assoiffés de sang. Le bruit court que l'homme les aurait créés à son image...

    Préface d'Anne Delbée.
    Commentaires et notes de Jean Dubu.

  • Rousselin est prêt à tout pour se faire élire député. En fonction de son auditoire, il est conservateur, socialiste, puis se prétend libéral. Sans scrupule, il offre femme et fille au mieux votant, travaille la phrase choc, recherche le geste « sincère » et promet monts et merveilles aux électeurs. Le peuple sera-t-il dupe ?
      Flaubert écrit cette comédie en 1873, en pleine gloire littéraire. Avec une plume à la fois acerbe et ironique, violemment « anar »,  il fustige avec drôlerie les mondanités, la corruption et s'attaque à tous les partis. Le Candidat est bien le Dictionnaire des idées reçues en politique.
      Édition présentée et annotée par Yvan Leclerc.

  • Éraste et Julie s'aiment tendrement, mais Oronte, le père de la jeune femme, a d'autres ambitions pour sa fille. Il la destine à Monsieur de Pourceaugnac, un gentilhomme de Limoges. Les deux amants usent alors de tous les stratagèmes pour se débarrasser du prétendant, qui se voit livré tour à tour à des médecins, des gardes suisses, des avocats ; menacé de lavement et accusé de polygamie... Créée en 1669, cette comédie-ballet, considérée comme l'une des plus cruelles de Molière, reprend les grands thèmes qui traversent son oeuvre : le mariage forcé, l'argent et la maladie.

    Édition de Céline Paringaux.

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