Littérature traduite

  • Italo Calvino Le Vicomte pourfendu Au cours d'une bataille contre les Turcs, Médard de Terralba, chevalier génois, est coupé en deux par un boulet de canon. Ses deux moitiés continuent de vivre séparément, l'une faisant le bien, l'autre mutilant tout sur son passage.
    Ce conte est pétri d'humour et de cynisme. Le monde imaginaire de Calvino où des doigts coupés indiquent la route à suivre, où les lépreux vivent heureux a pourtant toutes les couleurs du réel. Et Le Vicomte pourfendu prouve avec brio que la vertu comme la perversité absolues sont également inhumaines.

  • Sándor Márai Les Braises Reconnu comme l'un des plus grands auteurs de la littérature hongroise et l'un des maîtres du roman européen, l'écrivain Sándor Márai (1900-1989) s'inscrit dans la lignée de Schnitzler, Zweig ou Musil. L'auteur des Révoltés, des Confessions d'un bourgeois ou de La Conversation de Bolzano n'a eu de cesse de témoigner d'un monde finissant, observant avec nostalgie une Europe mythique sur le point de s'éteindre.
    A travers la dramatique confrontation de deux hommes autrefois amis, Les Braises évoque cette inéluctable avancée du temps. Livre de l'amitié perdue et des amours impossibles, où les sentiments les plus violents couvent sous les cendres du passé, tableau de la monarchie austro-hongroise agonisante, ce superbe roman permet de redécouvrir un immense auteur dont l'oeuvre fut interdite en Hongrie jusqu'en 1990.

  • De ce roman foisonnant de personnages se déache la figure adolescente de Mick, qui ressemble étrangement à Carson McCullers. Pauvre, passionnée de musique, elle rôde dans les cours des immeubles pour surprendre les accents d'une symphonie qui s'échappent d'un poste de TSF : Cette musique ressemblait parfois à de petits morceaux de cristal colorés et, quelquefois, c'était la chose la plus douce, la plus triste que l'on pût imaginer.
    Mick et bien d'autres personnages s'entrecroisent dans ce roman qui emprunte ses décors au Sud des Etats-Unis où vécut Carson McCullers dans l'immédiat avant-guerre. Elle avait vingt-deux ans quand elle publia ce premier livre, qui est sans doute son chef-d'oeuvre.
    Texte intégral

  • Yasushi Inoué Le Fusil de chasse A bout de forces, trop fatiguée pour bouger le petit doigt je laissai machinalement mon regard s'attacher à ton reflet sur la vitre. Tu avais Þni de frotter le canon et tu remontais la culasse, que tu avais également nettoyée. Alors tu levas et abaissas plusieurs fois le fusil en épaulant à chaque fois. Mais peu après le fusil ne bougea plus. Tu l'appuyas fermement contre ton épaule et tu visas, en fermant un oeil. Je me rendis compte que le canon était manifestement dirigé vers mon dos.
    Yasushi Inoué Le Fusil de chasse, ou les multiples facettes d'une impossible passion. Trois lettres, adressées au même homme par trois femmes différentes, forment la texture tragique de ce récit singulier. Au départ, une banale histoire d'adultère. A l'arrivée, l'une des plus belles histoires d'amour de la littérature contemporaine. Avec une formidable économie de moyens, dans une langue subtilement dépouillée, Yasushi Inoué donne la version éternelle du couple maudit.

  • A Visegrad, c'est sur le pont reliant les deux rives de la Drina - mais aussi la Serbie et la Bosnie, l'Orient et l'Occident - que se concentre depuis le XVIe siècle la vie des habitants, chrétiens, juifs, musulmans de Turquie ou " islamisés ". C'est là que l'on palabre, s'affronte, joue aux cartes, écoute les proclamations des maîtres successifs du pays, Ottomans puis Austro-Hongrois.
    C'est la chronique de ces quatre siècles que le grand romancier yougoslave Ivo Andriécï, prix Nobel de littérature en 1961, nous rapporte ici, mêlant la légende à l'histoire, la drôlerie à l'horreur, faisant revivre mille et un personnages : de Radisav le Serbe empalé par le gouverneur turc, à Fata qui se jette du pont pour éviter un mariage forcé, et au vieil Ali Hodja, le Turc traditionaliste, qui voit avec consternation surgir les troupes de l'empereur François-Joseph.
    En 1914, le pont endommagé dans une explosion demeure debout. Sinistre présage, cependant, grâce auquel ce roman paru en 1945, oeuvre d'un écrivain bosniaque par sa naissance, croate par son origine et serbe par ses engagements d'alors, nous paraît aujourd'hui mystérieusement prophétique.

  • "Pour les Blancs de la côte et les commandants de navires, il était Jim - rien d'autre.
    Evidemment, il avait une identité plus complète, mais il n'acceptait pas de l'entendre mentionner. son incognito - qui était aussi percé qu'un tamis - ne visait pas à dissimuler une personne, mais un fait. Lorsque celui-ci traversait le masque, il quittait sans délai le port où il se trouvait et partait pour un autre, généralement plus loin vers l'Est. Jim en appelait à la fois aux deux versants de l'âme - celui qui regarde constamment la lumière du jour et celui qui, telle la face cachée de la lune, reste sournoisement tapi dans une obscurité perpétuelle, avec parfois seulement une furtive lueur brumeuse venant caresser ses bords.
    Son attitude mystérieuse me fascinait, comme s'il avait été un prototype de sa race, comme si la vérité obscure qu'il recelait était assez grave pour affecter la conception que l'humanité se fait d'elle-même."

  • Récit d'une longue exploration de la Patagonie argentine. L'auteur brosse le portrait des personnalités qu'il y a croisées : des artistes, des brigands, des Indiens de la Terre de Feu, des exilés de toutes sortes.

  • Je vois encore Douglas, debout, le dos au feu, les mains dans les poches, le regard baissé sur son interlocuteur. «Jusqu'à présent, personne d'autre que moi n'en a entendu parler.
    C'est par trop horrible.» Plusieurs voix s'étant naturellement élevées pour déclarer que cela donnait le plus grand prix à la chose, notre ami nous regarda les uns après les autres avec un art consommé et poursuivit, ménageant son triomphe : «Cela surpasse tout. Je ne connais rien qui s'en rapproche.» Je me rappelle avoir demandé : «Rien d'aussi franchement terrifiant ?» Il eut l'air de dire que cela n'était pas si simple, de se trouver en peine de qualificatif. Il se passa la main sur les yeux et fit une petite grimace : «Rien d'aussi épouvantablement... épouvantable !» «Oh, quel délice !» s'écria quelqu'un - une femme.
    Henry James Le Tour d'écrou est unanimement considéré comme le chef-d'oeuvre d'Henry James. Borges a même écrit que, selon lui, «aucune époque ne possède des romans de sujet aussi admirable que Le Tour d'écrou...» Une intrigue serrée, un mode narratif subtilement ouvragé, des personnages plus vrais que nature, une atmosphère étouffante : le fantastique rejoint le quotidien et s'impose comme une version possible de la réalité.
    Pour la première fois, grâce à la magie d'une traduction réussie, l'univers de James devient directement accessible au lecteur français.

  • Chicago, 4 mai 1886 : alors que s'achève un meeting politique réunissant des centaines d'ouvriers, la police lance un assaut brutal pour disperser la foule. Soudain, une bombe explose, tuant huit policiers et en blessant plusieurs dizaines d'autres. Cet événement à l'immense retentissement, Rudolph Schnaubelt en est le témoin privilégié. Fraîchement débarqué d'Allemagne, ce jeune homme cultivé, sans le sou mais décidé à conquérir l'Amérique, fait rapidement l'apprentissage d'une réalité qui lui glace le sang : de New York à Chicago, il découvre la tragique condition des ouvriers, surtout quand ils sont, comme lui, étrangers. Mais comment se dresser face aux injustices dans cette société conservatrice avide de profits où la presse n'est pas libre et la répression policière, sanglante ? Tiraillé entre son engagement pour la cause ouvrière aux côtés de Louis Lingg, un militant anarchiste charismatique, et sa passion pour la belle Elsie, Rudolph va faire un choix qui changera à jamais le cours de sa vie et celui de l'histoire.

  • Italo Svevo La Conscience de Zeno Composé en 1923, La Conscience de Zeno est sans doute le premier grand roman inspiré par la psychanalyse. Mais il est bien plus que cela. Avec la confession de son héros - narrateur qui entreprend d'évoquer pour le médecin qui le soigne les faits marquants de son existence, il demeure l'un des livres fondateurs de la littérature européenne du xxe siècle.
    C'est Eugenio Montale, Benjamin Crémieux et Valery Larbaud qui révélèrent et imposèrent simultanément, en France et en Italie, pendant l'hiver 1925-1926, le nom d'Italo Svevo, l'écrivain triestin né en 1861, et qui allait mourir en 1928...

    Ce méconnu est un second Proust.
    Eugenio Montale.

    Ce qui est fascinant chez Svevo, c'est l'infatigable enquête sur eux-mêmes que poursuivent ses héros et l'éternel monologue intérieur auquel ils se livrent sans jamais cesser d'observer autour d'eux, sans jamais cesser d'agir.
    Valery Larbaud.

    Il existe une Trieste de Svevo comme il existe un Paris de Balzac ; il existe un monde svevien, avec ses démons et ses dieux, comme il existe un monde proustien.
    Benjamin Crémieux.

  • Mikhaïl Boulgakov Récits d'un jeune médecin La Russie des années 20 : un univers campagnard enfoncé dans la boue et les hivers rigoureux, hanté par des traditions immémoriales, rongé de tabous et de superstitions.
    Tandis que dans les grands centres urbains la révolution bouleverse la vie et les mentalités, dans les profondeurs du pays un jeune médecin consacre ses forces à lutter contre le fatalisme et la résignation ambiants. Sept nouvelles racontent avec brio l'ordinaire de sa vie, où le pathétique sans cesse côtoie le drame, mais aussi, parfois, le grotesque et la farce. Un accouchement difficile, une intervention chirurgicale délicate, un voyage au coeur d'une violente tempête de neige pour rejoindre un malade éloigné... le moindre épisode, la plus mince anecdote tirés du quotidien revêtent sous la plume de Boulgakov la puissance de l'extraordinaire.
    Les Récits d'un jeune médecin sont suivis de Morphine et des Aventures singulières d'un docteur. Morphine est l'un des plus beaux textes de Boulgakov, le seul où il explore jusqu'au vertige les gouffres de la détresse, de la maladie et de la folie.

  • « Il s'appelait Salomón. Il est mort à l'âge de cinq ans, noyé dans le lac d'Amatitlán. C'est ce qu'on me racontait, enfant, au Guatemala. »Le narrateur éponyme d'Eduardo Halfon voyage au Guatemala à la recherche de secrets qui le hantent. Il tente de démêler le vrai du faux parmi les histoires contradictoires et interdites de la famille de son père. Et plus particulièrement l'histoire de son oncle Salomón qui s'était noyé, enfant, dans le lac Amatitlán. De quoi Salomón est-il vraiment mort ? Plus il avance, plus le narrateur comprend que la vérité réside dans son propre passé enfoui, dans la brutalité du Guatemala des années 1970 et son exil en Floride.

  • Londres, dans les dernières années du XVIIIe siècle. Une fillette partie de rien réussit, par son intelligence, sa force de caractère et sa beauté, à se hisser dans les hautes sphères de la société, jusqu'à devenir la maîtresse du duc d'York, fils du roi et chef des armées de l'Angleterre en lutte contre Napoléon. Mais, trahie, Mary Anne défraiera la chronique lors d'un procès mettant en cause son ancien amant. Traînée dans la boue par les bien-pensants, elle se battra la rage au coeur pour faire reconnaître ses droits.
    Mary Anne Clarke, arrière-grand-mère de Daphné Du Maurier et courtisane célèbre en son temps, représente aujourd'hui encore une figure marquante de la révolte féminine. Son histoire, celle d'une femme dressée contre l'hypocrisie de son époque, fut pour l'écrivaine l'occasion de composer l'un de ses romans les plus ambitieux et les plus émouvants.

  • Carson McCullers La Ballade du café triste Dans sa vie comme dans son oeuvre, c'est le même besoin effréné d'amour que l'on trouve, la même obsession de cette musique à travers laquelle les êtres croient se réconcilier avec eux-mêmes. Et l'on est frappé surtout par la recherche tenace de contacts humains, réduits aux rencontres de hasard dans les petits bars où l'alcool réchauffe le corps et l'âme, efface la douleur du monde et rend Dieu superflu... Bref soulagement puisque la solitude revient. Cette solitude que Carson McCullers et chacune de ses créatures cherchent à fuir mais qu'elles Þnissent toutes par choisir, comme un privilège ou un moindre mal. Car, on le sait, il y aura toujours de la solitude pour ceux qui en sont dignes.
    Hector Bianciotti.

  • " Il y a un fort, dans le Sud, où il y a quelques années un meurtre fut commis.
    Les acteurs de ce drame étaient deux officiers, un soldat, deux femmes, un Philippin et un cheval.
    " Le soldat dans cette affaire était Elgé Williams.
    Souvent, à la fin de l'après-midi, on pouvait le voir assis seul sur l'un des bancs qui bordaient le chemin devant la caserne. C'était un joli endroit, où une longue rangée double de jeunes érables dessinaient des ombres fraîches, délicates, frissonnant au vent... "

  • Ivan Gontcharov Oblomov Oblomov ? D'abord un mythe littéraire aussi vivant et emblématique en Russie que Don Juan, Don Quichotte ou Faust pour le reste du monde. Et ce mythe a inspiré un néologisme : l'oblomovisme. Une manière d'être, de penser, d'imaginer et surtout de patienter. En un mot, une manière slave de vivre.
    Oblomov, dans le moelleux de sa vieille robe de chambre orientale, est un propriétaire terrien. Un personnage qui laisse passer le temps. Parler de paresse serait trop simple. Oblomov se livre plutôt à une sorte de rêverie utopique et engourdissante. Alors il peut renouer avec les dorlotements de son enfance. Proie facile, il est exploité, grugé, dépouillé par son entourage. Et sa fiancée Olga a bien du mérite à vouloir le sauver. En fait, Oblomov va tout perdre, jusqu'à sa santé. Mais dans une sorte de bonheur léthargique, d'humilité et d'accomplissement accepté du destin.
    Publié en 1858, le roman de Gontcharov est l'un des plus grands romans de la littérature russe du xixe siècle. Tour à tour émouvant, drôle, tendre, avec des moments de lyrisme teintés parfois d'érotisme. « Une oeuvre capitale », disait Tolstoï. « Servie par un talent éblouissant », ajoutait Dostoïevski.

  • « Cher papa, C'est une lettre d'adieu, en attendant que je t'écrive d'un autre endroit. Je t'avais prévenu que je quitterais cette ville parce que je ne pouvais pas faire autrement., je ne peux pas supporter plus longtemps cette existence, parce que la vie est devenue pour moi un fardeau. J'ai pris le revolver parce qu'on ne sait jamais, mais je peux en avoir besoin, et je te renverrai l'argent à la première occasion. Dis à Bérénice qu'elle ne s'inquiète pas. Tout est venu de l'ironie du sort, et ça ne pouvait pas être autrement. , je t écrirai plus tard. Papa, je t'en prie, n'essaie pas de me rattraper.


    Bien à toi.

    Frances Addams » Six ans après Le coeur est un chasseur solitaire qu'elle a publié à 22 ans en 1940 et qui l'a rendue célèbre, Carson McCullers (1917-1967) écrit Frankie Addams, son deuxième chef-d'oeuvre, avec toujours cette question lancinante chez la grande romancière américaine du sud des États-Unis : pourquoi est-il si difficile de passer de l'enfance à l'âge adulte, si compliqué aussi de conclure la paix avec soi-même ?

  • L'entente entre la nature et l'homme trouve sans doute son accomplissement dans Kyôto. Deux jumelles ont été séparées à leur naissance. Elevées dans des milieux différents, l'une à la ville, l'autre dans la montagne, vont-elles pouvoir se rejoindre, adultes, et se comprendre ? Au-delà de cette histoire limpide et bouleversante, c'est l'affrontement du Japon traditionnel et du Japon qui s'américanise chaque jour davantage, qui est ici mis en scène.
    Ecrit en 1962, Kyôto est sans doute l'oeuvre qui exprime le plus profondément le déchirement métaphysique et psychologique de l'écrivain japonais.
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  • Au XVIIe siècle, en Angleterre, la guerre civile fait rage et divise les familles. Honor Harris est une jeune fille de l'aristocratie provinciale, rebelle et éprise de liberté, qui espère trouver une âme soeur digne de ses attentes. Le jour de ses dix-huit ans, elle rencontre lors d'un banquet sir Richard Grenvile, un colonel de l'armée royale. Honor tombe amoureuse de ce bel homme, stratège de génie, amateur de femmes, couvert de dettes mais plein d'ambition. En lui sont réunis les qualités et les vices les plus flamboyants. C'est une évidence : Honor est faite pour lui. Mais les choses ne sont jamais simples en cette terre de Cornouailles où la tempête est un élément ordinaire de la vie...

  • Primo Levi Le Système périodique « Ce livre n'est pas un manuel de chimie : ma présomption ne va pas aussi loin [...]. Ce n'est même pas une autobiographie, sinon dans les limites partielles et symboliques où tout écrit, plus, toute oeuvre humaine, est autobiographique, mais, d'une certaine façon, c'est bien une histoire. C'est, ou cela aurait voulu être, une microhistoire, l'histoire d'un métier et de ses défaites, victoires et misères, telle que chacun désire la raconter lorsqu'il sent près de se terminer le cours de sa propre carrière, et que l'art cesse d'être long. » P. L.

    Livre d'envoûtement et de passion, Le Système périodique est l'un des plus beaux textes de Primo Levi. Confrontation superbe de la conscience avec la matière, l'écrivain tente un « classement » de quelques-uns des épisodes qui ont formé sa vie. Vingt et un chapitres, chacun placé sous le signe d'un gaz ou d'un métal, organisent ainsi le récit en séquences brèves : aventures, rencontres, personnages pittoresques ou figures tragiques, bourreaux et victimes, la guerre, la déportation, la résistance au fascisme... Le roman d'une époque, par l'un des grands témoins du siècle.

  • Marina Tsvetaeva (1892-1941) fut l'un des plus grands écrivains russes du xxe siècle. Elle connut un tragique destin : après la révolution d'Octobre, le long exil, d'abord à Prague puis en France, une fille morte de faim, une autre déportée vers le Goulag, l'hostilité de l'émigration russe, l'indifférence du Paris littéraire, le retour contraint en Union soviétique, ses appels désespérés à Beria ou Staline... jusqu'à son suicide. Tout cela, Marina l'a écrit, avec une minutie poignante, poursuivant sans relâche son monologue dans des cahiers de brouillon et des carnets. Seule la mort l'a empêchée d'en faire un livre. Pour établir ce qui constitue une véritable autobiographie de Tsvetaeva, Tzvetan Todorov a extrait des dix tomes d'écrits intimes publiés en russe la matière d'un volume, Vivre dans le feu : un chef-d'oeuvre.

  • Ismaïl Kadaré Le Général de l'armée morte « ...Et puis, ces derniers temps, il m'arrive quelque chose d'étrange. Dès que je vois quelqu'un, machina- lement je me mets à lui enlever ses cheveux, puis ses joues, ses yeux, comme quelque chose d'inutile, comme quelque chose qui m'empêche même de pénétrer son essence, et j'imagine sa tête rien que comme un crâne et des dents (seuls détails stables). Vous me comprenez ? J'ai l'impression de m'être introduit dans le royaume du calcium. » Ismaïl Kadaré

  • À Sowirog, un village aux frontières orientales de l'Allemagne, entre lac, bois et tourbières, la vie est simple et laborieuse, illuminée par la Bible. Mais, dans ce XXe siècle naissant, c'est vers la guerre, l'esprit de vengeance et la folie du nazisme que s'achemine le monde. Les sept enfants Jéromine auront à le découvrir. L'un d'entre eux, Jons Ehrenreich, futur médecin, épris de savoir et de justice, s'inclinera néanmoins devant la sagesse ancestrale, celle du travail et de l'humilité, face au mystère du destin dans un monde hanté par la mort.
    Roman d'éducation dans la grande tradition allemande, cette oeuvre, testament spirituel d'Ernst Wiechert, tente de réconcilier l'homme et le monde.

    « Empreint d'humanisme chrétien, le bouleversant Les Enfants Jéromine est le chef-d'oeuvre méconnu de la littérature allemande du xxe siècle, et Ernst Wiechert, le chaînon entre Thomas Mann et Hermann Hesse. » Thomas Mahler, Le Point.

  • « Nous ne vivons plus sous la crainte d'un Dieu, d'une justice immanente, d'un Fatum comme dans la Cinquième Symphonie ; non ! plus rien de tout cela ne nous menace. » Notre monde n'est plus hanté que par des pannes. Pannes de voiture, par exemple, comme celle de la Studebaker d'Alfredo Traps, un soir, au pied d'un petit coteau...
    Et voilà comment ce sympathique quinquagénaire rencontre ce jour-là son Destin, charmant vieux monsieur qui l'invite à passer la nuit chez lui. Juge à la retraite, celui-ci passe d'excellentes soirées, en compagnie de ses amis, l'avocat et le procureur, à reconstituer de vrais procès.
    Celui d'Alfredo Traps commence comme un jeu...

    La Panne, ce chef-d'oeuvre d'humour noir, a été porté à l'écran en 1972 par Ettore Scola, sous le titre La Plus Belle Soirée de ma vie.

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