Loubatieres

  • Ce livre est conçu comme l'histoire du parcours complet de celui qui avait été choisi pour être le maire de Toulouse à la Libération.

    Réalisé à partir d'archives régionales et nationales, il traite de toutes les facettes d'un homme qui fut tout à la fois un enseignant du lycée à l'université, un spécialiste du siècle des Lumières et particulièrement de Voltaire dont il révolutionna la lecture dans une thèse qui fait encore autorité aujourd'hui. C'est aussi l'histoire d'un citoyen engagé dans le syndicalisme enseignant, dans le mouvement socialiste, dans la droite ligne de Jaurès et qui prit part à tous les combats sociaux et politiques de l'avant-guerre et particulièrement dans le soutien à la République espagnole avec le souci permanent de sauvegarder la démocratie et d'éviter un nouveau conflit mondial dans un esprit profondément européen.

    Une large part est faite à la période qui, de 1940 à 1944, allait conduire l'officier désemparé par la défaite et refusant l'armistice et la fin de la République à s'engager en résistance au sein du Comité d'Action Socialiste et du réseau Brutus.

    Appelé à exercer d'importantes responsabilités régionales, favorable à l'union des forces résistantes, il poursuivit ses fonctions d'enseignant et produisit de nombreux ouvrages durant les années noires. C'est pour terminer son cours d'agrégation sur Proust qu'il refusa d'entrer dans la clandestinité ce qui le conduisit vers son tragique destin de son arrestation en février à sa mort à Auschwitz en mai 1944.

    Raymond Naves, un humaniste en résistance est le premier ouvrage consacré à cet homme, dont la vie fut doublement portée par son engagement dans l'enseignement et dans le combat pour la liberté.

  • Graveur de talent avant guerre, Pierre Provost arrive à Buchenwald en janvier 1944. Il y trouve la force et les moyens de graver quelques objets et quelques médailles, ce qui était son métier. Il lui fallait être à l'abri des regards, posséder les outils nécessaires et la matière à transformer. Face à la machinerie nazie, la mécanique de la solidarité des détenus se met en place. Elle lui fournit les moyens d'exprimer son art. Il met cet art au service de ses compagnons de captivité. C'est sa manière de continuer à résister. » Dominique Durand, Comité International de Buchenwald-Dora.

  • Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, les opposants à la dictature de Franco reprirent la lutte pour mettre à bas ce régime. Empruntant des voies diverses, selon leurs origines politiques et selon les moments et les circonstances, ils ne cessèrent, trois décennies durant, d'exiger et de se battre pour obtenir le départ de celui qui avait pris le pouvoir par la force. Ce livre retrace l'histoire de l'anti-franquisme en France, de la fin de la Seconde Guerre mondiale à la mort de Franco : mouvements, luttes, actions, grandes figures et témoignages.

  • La chance nous a été donnée de retrouver la piste d'un inconnu, un de ces acteurs de l'histoire sociale et politique de notre pays, généralement engloutis dans le passé.
    Cette histoire a débuté comme un roman policier, par une énigme le jour où une archiviste du Centre international de recherches sur l'anarchisme de Lausanne (CIRA) nous confiait la photocopie d'une lettre manuscrite datée de 1924 et signée par un anarchiste toulousain, Alphonse Tricheux. Celui-ci informait un correspondant suisse de la création à Toulouse d'une coopérative libertaire.
    Tricheux était un de ces innombrables « petits », « sans-grades », ignorés de tous. Pas à pas, de centres d'archives en services d'état civil, en passant par des compagnies de transports transatlantiques dont les dossiers avaient sombré à jamais, nous avons suivi le personnage. Nous avons ainsi pu rencontrer le mécontentement des paysans des Corbières, la grève générale des planteurs de tabac à La Havane et les manifestations de soutien à Sacco et Vanzetti à Toulouse, lieux où Tricheux avait vécu. Des publications diverses, cubaines, françaises et, bien sûr, toulousaines ont enrichi les luttes, les meetings et les innombrables réunions.
    Peu à peu, sa figure émergeait des archives et retrouvait sa stature d'alors. De son vivant il avait fait l'objet d'investigations « rapprochées ». Il avait été suivi, surveillé, fiché par les Renseignements généraux qui avaient amassé sur lui et ses amis de nombreux rapports et comptes rendus.
    C'est ainsi que Toulouse, après Cuba et les Corbières, devait nous permettre de comprendre ceux qui gravitaient autour de lui. Les compagnons de lutte, les amis et les adversaires bien sûr mais aussi les groupes sociaux et politiques, ce milieu dans lequel non seulement il vivait et travaillait mais qu'il voulait changer.

  • En 39-45, dans l'Europe en guerre, Narbonne se distingue d'abord par sa situation de carrefour sur l'axe ferroviaire qui la place sur le chemin de l'Espagne. Cet axe a été l'objet de toutes les surveillances pendant l'Occupation.
    Sa situation littorale, d'autre part, a vite été perçue comme un danger par les Allemands. Les événements de novembre 1942, le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord et l'occupation de la zone Sud, vont en faire une zone stratégique.
    Le paysage ouvert de la plaine viticole nécessite lui aussi une vigilance permanente de la part de l'occupant. En effet, si la montagne de la haute-vallée de l'Aude ou le Cabardès peuvent favoriser l'implantation de maquis, la plaine impose d'autres formes de lutte.
    Ainsi, sans admettre aucun déterminisme du paysage, on observe que le Narbonnais « reçoit » la guerre d'une façon originale. Il ne s'agit pas d'histoire locale dans un régionalisme étroit mais d'une micro-histoire vécue à partir d'un lieu spécifique et donc d'histoire globale. C'est bien la vie de la ville dans cette période cruciale qui est l'objet de l'étude.

  • Une singularité qui laisse Mustapha perplexe.
    Par la succession de brefs récits sur le mode de la rhapsodie antique, Jean-Marie Lamblard nous fait entrer dans la longue épopée des peuples méditerranéens. Venus de tous les horizons, Wisigoths, Ostrogoths, Vandales, Francs, Arabes, Maures, Berbères, Byzantins... tous, aimantés par ce centre liquide, se visitent, se battent, échangent, s'aiment, s'assemblent et finissent parfois par se ressembler.
    Tissage des cultures et métissage des hommes contribuent à relativiser la différence mais aussi, par un heureux paradoxe, à réintroduire, au hasard de la génétique ou de l'histoire, une part de diversité au coeur même du monde métissé. Une foule de personnages familiers ou méconnus forment alors le choeur, répondant au présent aux interrogations de Mustapha, témoin étonné du libre parcours des hommes.

  • Pascale Casanova ne voit presque rien et souffre d'une malformation cardiaque de naissance mais, qu'importe, elle compte bien vivre pleinement.
    Après une scolarité en milieu ordinaire, elle mène, parallèlement à ses études supérieures puis à son travail, une carrière de championne handisport de ski alpin.
    Son palmarès est impressionnant, avec notamment 3 médailles d'or aux Jeux paralympiques de Salt Lake City et de Turin et 19 médailles d'or en Championnats. Pour son engagement et ses succès sportifs, elle reçoit de nombreuses distinctions, dont la Légion d'honneur et l'Ordre national du Mérite.
    Au fil des années pourtant, elle doit se résoudre à mener son combat le plus difficile, dit-elle, accepter son handicap.
    Ce livre est le récit de ses combats, de ses doutes et de ses réussites, et le témoignage que « oui, c'est possible ».

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