Sciences humaines & sociales

  • Rare témoignage d'un paysan andalou né en 1908, Francisco Garcia Barrera, qui prit les armes dès le 18 juillet 1936 pour défendre la République espagnole. Humble paysan sans terre, c'est son engagement politique et syndical - il était secrétaire de la CNT (anarcho-syndicaliste) pour la zone d'Utrera - qui l'amène à s'engager pour défendre la République espagnole. D'Utrera jusqu'à la frontière française, il a vécu toute la guerre, du premier jour jusqu'à la Retirada en février 1939. Francisco se dévoue totalement à sa cause (il est blessé et hospitalisé plusieurs fois), mais ressent profondément les destructions que la guerre inflige à la terre et les ravages des champs et des cultures. D'une loyauté sans faille, il observe et déplore les incapacités du commandement républicain déchiré en tendances contradictoires. Francisco décrit avec exactitude les espoirs de victoire, les déroutes, les retraites, l'exode des populations civiles... Au bout du bout, ce sont les derniers moments en Espagne, à Mollô, à deux pas de la frontière, lorsqu'il faut se résoudre à traverser, à abandonner la patrie sans espoir de retour. C'est sur ce saut dans le vide que s'achève le récit d'un homme dévoué à son idéal, un militant de la dignité et de l'abnégation.

  • Durant le second Moyen Âge, le commerce charnel connaît un changement important, matérialisé par l'instauration d'établissements publics abritant la prostitution, justifiés par la nécessité d'organiser un lieu destiné à canaliser les amours vénales.

    Cette prostitution institutionnalisée apparaît dans un contexte de développement urbain et, dans le Midi toulousain, de réapparition du modèle du consulat.

    La manière dont est organisée la prostitution, qu'elle soit institutionnalisée ou qu'elle échappe au contrôle des autorités laïques et ecclésiastiques, permet d'observer la société médiévale dans son ensemble: de l'action des pouvoirs politiques à la répartition des espaces de vénalité dans les villes comme à la campagne, en passant par l'étude des différents acteurs du monde prostitutionnel.

    Agathe Roby nous offre ici, en même temps qu'une étude historique documentée, une plongée dans la vie quotidienne au Moyen Âge.

  • A partir de janvier 1941, des familles de républicains espagnols arrivent au camp de Rivesaltes. Certains ont déjà connu de multiples camps entre 1939 et 1944, transférés sans cesse de l'un à l'autre. Longtemps passé sous silence, cet enfermement de familles entières resurgit ici dans les mémoires et dans l'histoire. Si les hommes sont incorporés dans les groupements de travailleurs étrangers mis en place par le régime de Vichy, femmes et enfants restent confinés dans ce lieu inhospitalier, glacial en hiver et torride en été, où règnent la promiscuité, l'insalubrité et la faim.
    Où la mort rôde, notamment autour des enfants les plus jeunes, malgré l'aide apportée par des oeuvres d'assistance dépassées par l'ampleur de la tâche. Douze témoignages émanant de cinq femmes et de sept hommes, nés entre 1924 et 1939, évoquent cet univers d'enfermement et d'arbitraire. Ils sont présentés, contextualisés et mis en perspective par Geneviève Dreyfus-Armand, historienne spécialiste de cet exil.
    En coédition avec le Mémorial du camp de Rivesaltes, collection " Récits et témoignages ", sous la direction scientifique de Denis Peschanski, historien.

  • Au lendemain de la signature des Accords d'Évian, le 18 mars 1962, des harkis et leurs familles font l'objet de violences de la part de membres du Front de libération nationale (FLN). Dès l'indépendance de l'Algérie, le 3 juillet 1962, la situation s'aggrave. Des dizaines de milliers d'entre eux sont tués, d'autres milliers sont emprisonnés, quand presque tous les autres sont mis au ban de la société. Il est reproché aux hommes leur "engagement" sous le drapeau français. Par ordonnance française du 21 juillet 1962, ils perdent leur nationalité française.

    Entre juin 1962 et fin 1963, malgré les mesures prises par les autorités françaises pour les maintenir dans l'Algérie indépendante, environ 90 000 personnes (hommes, femmes et enfants) traverseront la Méditerranée pour se réfugier en France. Accueillis par des militaires français, près de 43 000 vont transiter par des camps en Algérie, puis par ceux implantés en France. Ces familles seront traitées en "réfugiés" à surveiller et non en "rapatriés" comme les Européens qui, eux aussi, ont dû quitter l'Algérie. Autour de 22 000 personnes - soit plus de la moitié - seront reléguées dans le camp de Rivesaltes. Ce chiffre fait de Rivesaltes le lieu le plus emblématique dans l'histoire de l'exil des familles de harkis.

    Cet ouvrage réunit dix-sept tranches de vie comme autant de témoignages qui illustrent la tragédie des familles de harkis à la fin de la guerre d'Algérie. Onze femmes et six hommes partagent l'expérience d'une vie de souffrances dans ce camp pour y avoir été relégués, entre quelques mois et deux ans.

    Fatima Besnaci-Lancou est docteur en histoire contemporaine, spécialiste de la guerre d'Algérie et ses suites. Elle est membre du Conseil scientifique du Mémorial du camp de Rivesaltes. Elle a reçu le Prix Seligmann 2005 contre le racisme.

  • Ce livre est conçu comme l'histoire du parcours complet de celui qui avait été choisi pour être le maire de Toulouse à la Libération.

    Réalisé à partir d'archives régionales et nationales, il traite de toutes les facettes d'un homme qui fut tout à la fois un enseignant du lycée à l'université, un spécialiste du siècle des Lumières et particulièrement de Voltaire dont il révolutionna la lecture dans une thèse qui fait encore autorité aujourd'hui. C'est aussi l'histoire d'un citoyen engagé dans le syndicalisme enseignant, dans le mouvement socialiste, dans la droite ligne de Jaurès et qui prit part à tous les combats sociaux et politiques de l'avant-guerre et particulièrement dans le soutien à la République espagnole avec le souci permanent de sauvegarder la démocratie et d'éviter un nouveau conflit mondial dans un esprit profondément européen.

    Une large part est faite à la période qui, de 1940 à 1944, allait conduire l'officier désemparé par la défaite et refusant l'armistice et la fin de la République à s'engager en résistance au sein du Comité d'Action Socialiste et du réseau Brutus.

    Appelé à exercer d'importantes responsabilités régionales, favorable à l'union des forces résistantes, il poursuivit ses fonctions d'enseignant et produisit de nombreux ouvrages durant les années noires. C'est pour terminer son cours d'agrégation sur Proust qu'il refusa d'entrer dans la clandestinité ce qui le conduisit vers son tragique destin de son arrestation en février à sa mort à Auschwitz en mai 1944.

    Raymond Naves, un humaniste en résistance est le premier ouvrage consacré à cet homme, dont la vie fut doublement portée par son engagement dans l'enseignement et dans le combat pour la liberté.

  • Cet "Éternité et après", douzième tome de L'Europe et la Profondeur, apparaît comme un ouvrage de transition faisant passer le "grand récit " de Pierre Le Coz d'une écriture encore structurée en chapitres - comme c'est le cas dans la première partie de cette Éternité ("le repos pendant la fuite en Égypte") - à une autre qui, elle, ne se développe plus qu'en la forme de "Variation" (au sens musical) brassant tous les thèmes précédemment abordés dans le cours de cette Profondeur ("Cahiers de L'Europe et la Profondeur").

    Ce pour quoi le lecteur qui prendra le risque de s'aventurer en ces "landes sauvages"-scripturaires ne devra plus tant y rechercher l'exposé (peu ou prou désormais intempestivement "didactique") d'une "pensée", fût-elle "la plus profonde", que la confrontation avec l'a-byssalité que recèle en essence l'"exercice de toute pensée". Par quoi, ce qui était à l'origine l'emprunt par ce même lecteur d'un chemin censé le conduire vers une "vérité" (peu importe laquelle) se transforme insensiblement en l'apprentissage d'un vertige (pensif-scripturaire)... où il s'agit, pour le lecteur comme pour l'auteur de ce livre, en se déshabituant progressivement de tout, non plus tant, justement, de "penser" que de sonder.

  • On me crie de Séir :/« Veilleur, où en est la nuit ?/Veilleur, où en est la nuit ? »/ Le Veilleur dit :/« Le matin vient, et la nuit aussi. » À partir de cette citation du prophète Isaïe, Pierre Le Coz a bâti une de ses vastes méditations dont il a le secret ; et méditation en laquelle, sur la base notamment d'interprétations approfondies du « Christ aux oliviers » de Nerval, de la Noche oscura de saint Jean-de-la-Croix, du Macbeth de Shakespeare, de poèmes « nocturnes » de Philippe Jaccottet et des Apports à la philosophie d'Heidegger, est examinée la nature très particulière de ce où « où en est la nuit ».
    Mais, comme d'habitude chez Pierre Le Coz, ces analyses, qui pourraient sembler relever des seules catégories de la métaphysique ou de la « mystique », ne cherchent rien d'autre qu'à jeter le regard le plus lucide et le plus « pratique » sur notre présente situation, époquale et spirituelle : tant, pour cet auteur, la pensée, fût-elle « la plus profonde », n'a d'intérêt que si elle cherche à opérer dans son « siècle sien ». Ce pourquoi, faisant suite à ces analyses de textes littéraires ou philosophiques, on en trouvera d'autres qui elles - pour examiner notamment le processus à l'oeuvre en nos temps « spectaculaires » de la « dissolution de la vérité » - ne dédaignent pas de s'attaquer à des sujets de l'actualité la plus triviale : la disparition mystérieuse d'un avion dans le ciel d'une planète supposée « sous contrôle », le livre de « révélations » d'une ex-première dame, une jacquerie en Bretagne, le succès planétaire d'une série télévisuelle d'« héroïc-fantasy », la montée en puissance d'un parti « populiste » en France ou d'un autre « islamophobe » en Allemagne, un attentat islamiste à Paris, etc.

    En ce sens, ce Veilleur, neuvième tome de L'Europe et la Profondeur, ne propose rien d'autre à son lecteur qu'une « plongée sans frémir » en les ténèbres extérieures de sa propre époque et une confrontation avec le vertige, « époqual et spirituel », qui surgit de cette plongée-même ; et confrontation qui oblige ce lecteur, pour reprendre les termes de l'énigmatique parole du Prophète, à se déterminer sans faux-fuyant entre la possibilité d'un « redressement » (la « venue du matin ») et l'abandon toujours plus séduisant à un « déclin » présenté comme irrépressible (le prolongement - en le mode de son épaississement indéfini - de « la nuit »).

  • L'Hôpital Varsovie a été fondé à la libération de Toulouse (août 1944) par les FFI (Forces françaises de l'intérieur) et les Résistants espagnols. Le livre montre comment cet hôpital unique en son genre, toujours en activité, a fonctionné grâce à l'aide humanitaire internationale aux réfugiés de la guerre civile espagnole, en développant une médecine moderne sous la direction de médecins espagnols réfugiés.
    Le livre contient un DVD de 19 minutes. Il s'agit de « Spain in Exile » (l'Espagne en exil), un film réalisé en 1946 par l'Unitarian Service Committee et sous-titré en français. On y voit de nombreuses images d'actualité des années de guerre (fuite dans les rues en Espagne, passages de la frontière, vie des camps, entraînement dans le maquis, réunion à Paris avec Picasso, etc.) ainsi que des scènes tournées à l'hôpital Varsovie et dans d'autres lieux de refuge des exilés.

  • Le livre est la transcription fidèle et exhaustive des carnets de guerre de l'adjudant Louis Viguier, couvrant, ce qui est rare, toute la durée de la guerre depuis sa mobilisation en août 1914 jusqu'à sa démobilisation en février 1919. Outre la liberté de ton, l'originalité du témoignage de Louis Viguier tient également au fait qu'il est parti muni de son appareil photo, avec lequel il a saisi, à la manière du reportage, le quotidien de la guerre.
    Les carnets et les photographies ainsi que de nombreux papiers (ordres, comptes rendus, cartes, messages) constituent un document particulièrement complet et évocateur.

  • Dans ce treizième tome de L'Europe et la Profondeur, à partir d'analyses, tant picturales (Cézanne, Van Gogh, Lascaux, Vermeer, Picasso) que poétiques (Rimbaud, Hôlderlin, Rilke), Pierre Le Coz ne tente rien de moins que de raconter l'histoire des rapports que, depuis son origine, l'espèce humaine entretient avec l'image. Et cela comme si la capacité de cette espèce à "fabriquer des images" constituait, avant même peut-être le langage, sa véritable essence : de signature donc, non tant d'abord "poétique" que picturale. L'homme, avant que d'être l'homo sapiens de notre moderne anthropologie, serait-il cet homopictor: la créature qui, pour avoir loisir de configurer le chaos phénoménal d'un "univers sans images" (Rimbaud) en un monde de/du sens, doit faire passer cet univers au filtre de l'élaboration - par traitement préalable de celui-ci en "motifs" - de telles images ?

    Il faut donc lire ce Paradis des orages comme une sorte de plongée généalogico-pensive dans l'abîme du temps en direction de l'origine de notre propre espèce : comment l'homme est devenu "humain" par cette faculté qu'il a développée de tirer-"figure"-de/isoler-en-"motifs" les choses qui l'environnent. Faculté toutefois, qui, tout en ayant fait de lui ce "configurateur-de-monde" (Heidegger), trouve aujourd'hui sa sanction comme "hubristique" - en le mouvement de l'oubli de cette même essence picturale - dans cette inflation du procédé de l'image qui semble être comme la signature de notre époque. Ce pour quoi ce Paradis - de tonalité le plus souvent, dans le cours de sa rédaction, analytico-picturale - s'achève par un long examen du concept debordien de "Spectacle", avatar moderne- marchand de l'ancienne idolâtrie.

    Par quoi l'ouvrage, après cette exploration de l'origine ontologico-iconique de l'humanité, revient à des questions, elles, très actuelles et, pour cette humanité-là: la nôtre, tout ce qu'il y a de plus crucial : celles qu'avaient déjà abordées - quoique par des biais, selon, plus "philosophiques" ou plus "théologiques", voire très "politiques" - les tomes précédents du "grand récit" de Pierre Le Coz.

  • Graveur de talent avant guerre, Pierre Provost arrive à Buchenwald en janvier 1944. Il y trouve la force et les moyens de graver quelques objets et quelques médailles, ce qui était son métier. Il lui fallait être à l'abri des regards, posséder les outils nécessaires et la matière à transformer. Face à la machinerie nazie, la mécanique de la solidarité des détenus se met en place. Elle lui fournit les moyens d'exprimer son art. Il met cet art au service de ses compagnons de captivité. C'est sa manière de continuer à résister. » Dominique Durand, Comité International de Buchenwald-Dora.

  • Alfred Nakache était un phénomène.
    Adolescent, il quitte son Algérie natale pour aller s'entraîner à Paris et entamer une brillante carrière de nageur. Très vite, il collectionne les podiums et les records. Il devient un champion, une vedette.
    La guerre survient, puis l'exode en zone « non occupée », l'arrestation à Toulouse et les camps. Toute sa vie est bouleversée mais lui ne change pas : humain dans les bassins, humain dans la vie, humain dans les camps.
    Le retour à la liberté est difficile - sa femme et sa fille ne reviendront pas de Buchenwald - mais sa force vitale est hors du commun. Il la mobilise tout entière en vue de la reconquête de ses titres.
    Et il y parvient. Titres et records pleuvent à nouveau : deux records du monde, un record d'Europe, deux records de France ; et il est champion de France à cinq reprises.
    La trace que Nakache laisse sur la terre dépasse largement le domaine sportif, il est à lui tout seul un symbole de vie.

  • " Deux peuples se côtoient et vont l'un sur un rivage, l'autre sur l'autre rivage parallèle.
    Une mer les sépare. Cette mer, c'est la mer mentale primordiale, la Mer des Mers en quelque sorte : la Méditerranée. Sur la rive sud de la Méditerranée, il y a, majoritaires à partir de la fin du VIIe siècle A.D., les Arabes; sur sa rive nord, parmi d'autres peuples qui seront dits un jour européens, il y a les (bientôt) Français. Ces deux peuples, séparés géographiquement par la mer, qui est divinité, seront souvent rapprochés et parfois même réunis par l'autre déesse qui gère le destin des communautés humaines : l'histoire.
    Il faudrait, dans certaines circonstances, écrire certains mots déterminants avec une initiale majuscule : la Géographie et l'Histoire, entités mêlées à la conscience des hommes et qui brassent leur destin, sont dans le cas des Arabes et des Français comme deux poumons qui leur permettent de respirer le même air partageable. " (Salah Stétié)

  • Aucun chantier historique n'est jamais clos, puisque l'Histoire s'inscrit elle-même dans l'Histoire, et que chaque génération d'historiens pose au matériau documentaire un questionnement renouvelé. Ainsi du phénomène hérétique médiéval, en particulier de l'histoire des groupes dissidents aujourd'hui conventionnellement désignés comme « cathares ».
    Depuis Jean Duvernoy, nous savons désormais que les cathares étaient des chrétiens médiévaux, représentatifs du débat intellectuel et spirituel du tournant des XIIe et XIIIe siècles, et selon des développements sociaux divers, bien au-delà des seuls pays d'oc.
    En mai 2009, à Mazamet, un colloque international a permis à une vingtaine de spécialistes de toutes disciplines - de l'histoire médiévale à celle des religions ou à la philologie romane - d'exposer et de confronter, en amical et respectueux débat, les avancées de leur recherche sur les « cathares ». Les communications s'organisaient selon trois grands thèmes : la construction de l'hérésie ; théologie et ecclésiologie de la dissidence ; causes et conditions de la disparition du catharisme ; chaque partie étant suivie d'une table ronde entre les chercheurs et avec le public.
    Tel est l'ensemble qui se trouve ici retranscrit.
    Images et concepts de « l'hérésie », 800 ans après la croisade contre les Albigeois, ressortent aujourd'hui précisés, clarifiés - tendent enfin à s'exorciser. Et on se prend à respirer le grand bol d'oxygène d'une recherche neuve, rajeunie.

  • Le projet de ce livre est né de la conviction de l'auteur, sapeur-pompier professionnel affecté en Haute-Garonne depuis 2008, que la connaissance de l'histoire de son métier est essentielle, qu'on soit nouvel arrivant ou pompier aguerri, pour en comprendre et partager les valeurs.
    Ce livre retrace l'histoire des sapeurs-pompiers de Toulouse et de la Haute-Garonne depuis le grand incendie de 1463 jusqu'à nos jours. C'est après cet incendie de 1463, qui ravage, deux semaines durant, les trois quarts de la cité, que les édiles, les capitouls, commencent à mettre sur pied une véritable prévention et organisation de lutte contre les incendies. La ville sera reconstruite en brique, matériau plus résistant au feu, ce qui signera jusqu'à nos jours l'identité de la Ville rose.
    Au cours des siècles, les moyens de lutte vont s'étoffer et se perfectionner de même que les missions iront s'élargissant : lutte contre les inondations, secours aux personnes, etc. On suit ainsi l'arrivée des premiers outils (seaux de cuir, échelles, seringues en laiton, ancêtres de la lance à incendie), les premières dispositions réglementaires, comme l'obligation de ramoner les cheminées (1672). En 1740, les premières pompes à bras apparaissent permettant de projeter l'eau à plus de 20 mètres, avant que n'arrive dans la cité la première pompe à vapeur qui peut lancer l'eau jusqu'à 120 mètres...
    Les sapeurs-pompiers se professionnalisent, leur nombre augmente. Il faut leur offrir des conditions de vie propices à leur mission ; un patrimoine bâti tout à fait exceptionnel voit le jour, construit par les meilleurs architectes.
    Mais l'histoire des sapeurs-pompiers, c'est aussi celle de la vie quotidienne, des rites et des traditions, de la culture de corps, de la solidarité et de l'engagement, que l'auteur déroule tout au long des pages.
    L'ouvrage est illustré de nombreux documents anciens et de photographies contemporaines, issus d'archives publiques et d'archives personnelles.

  • Pour ce livre, les archives du Ministère des Affaires étrangères ont ouvert leurs fonds consacrés à la Chine depuis les premières représentations diplomatiques au XVIIIe siècle jusqu'à nos jours. C'est dans ce très riche matériau que 26 auteurs, universitaires, diplomates, archivistes, ont puisé pour évoquer, à travers une sélection de documents inédits, les personnalités qui ont fait de leur séjour en Chine plus qu'une mission, une expérience profondément enrichissante. De Chrétien Louis-Joseph de Guignes (1783) à André Malraux, en passant par Paul Claudel, Saint-John Perse et d'autres moins connus, c'est leur expérience de la Chine, sentimentale ou positiviste, scientifique ou littéraire, érudite ou inventée, que ce livre s'attache à restituer, à partir d'une évocation des personnalités devenues à l'issue de leur séjour passeurs de culture d'un monde à l'autre.

    Témoignage des liens culturels anciens entre la France et la Chine, l'ouvrage, destiné aussi bien aux lecteurs français qu'aux lecteurs chinois, est bilingue français-chinois.

  • Entre 1945 et 1975, Toulouse est un curieux mélange entre un proche passé encore empreint de ruralité, et une aspiration à la modernité et à la vie citadine. Ce contraste se lit dans l'architecture comme dans la vie quotidienne, dans les activités artisanales comme dans l'expansion industrielle. Mais Toulouse est aussi, déjà, une ville ouverte sur le monde, où se croisent personnalités politiques internationales et vedettes de la chanson et du cinéma.
    De nombreuses photographies et documents, pour la plupart encore inédits, illustrent chaque thématique - politique, urbanisme, commerce, industrie, vie quotidienne, enseignement, culture et sport. Ils sont accompagnés de notices détaillées et précédés d'une présentation qui en restitue le contexte toulousain dans ses aspects historiques et culturels.
    Toulouse comme vous avez oublié l'avoir connu,Toulouse au temps des Trente Glorieuses comme vous si vous étiez.

  • L'essayiste entend réhabiliter le silence, source de toute création et donc porteur de sens.

  • Dixième tome de "L'Europe et la Profondeur", cette "Porte sur l'été" est sans doute le plus "politique" des volumes du "grand récit" de Pierre Le Coz. A côté d'analyses de certaines thématiques littéraires, philosophiques ou théologiques (la "vérité", le "temps", l'"ennui"...), on voit se succéder des considérations relatives à des sujets plus actuels tels que les raisons du vote "populiste", les "théories du complot", l'"insécurité", etc., tant il est apparu évident à l'auteur que l'urgence, ici, était de "débroussailler les chemins de la vérité".

  • Ce Secret de la domination, onzième tome de L'Europe et la Profondeur, est peut-être le plus étonnant de tous les volumes du "grand récit" de Pierre Le Coz : pour ce que faisant cohabiter dans l'espace scipturaire d'un même livre une analyse en forme théologico-critique de la présente "Situation de l'Europe" - notamment face au processus récent et massif de l'implantation d'une religion nouvelle sur son continent - avec l'écriture d'un "grand roman époqual-autobiographique" - "Soldat et jeune fille souriant" - où l'auteur, revenant en une forme comme "auto-fictionnelle" sur la période située à la transition des XXe et XXi siècles, essaye de comprendre ce qui, dans le quotidien de celle-ci, a réellement et profondément changé - à savoir : rien de moins que le mode même de l'écoulement du temps - ; et changement qui a probablement constitué le plus grand bouleversement de toute l'histoire récente... dont la suite dès lors - ce que nous vivons aujourd'hui très pratiquement (et, pour l'immense majorité d'entre nous, très douloureusement) - ne peut plus être que le développement "philosophique"... toujours plus désastreux. Ce mouvement de retour au genre romanesque illustré par un ouvrage qui, depuis dux tomes, se présentait comme un "essai" disant bien, par ce bouleversement radical qui ne dit pas son nom, dans quelle urgence nous sommes entrés.

    Ainsi la rédaction de cette Profondeur - successivement présentée, dans le cours de sa publication, comme, selon, un "manuel de survie au temps du nihilisme achevé", ou une "nouvelle aventure arrivée au sens" - vient ici pour ce qu'elle était en réalité depuis sond ébut : rien de moins que la tentative, par un scripteur "à peine identifié sous le nom de" (peu importe qui', de dire la vérité du mouvement réel à l'oeuvre dans l'histoire d'un temps - le nôtre - ; et vérité d'autant plus enfouie et inouïe que ce temps, se qualifiant lui-même de "post-historique", se flatte volontiers de ne plus en avoir.

    Illusion en forme d'auto-satisfecit époqual que la simple lecture de ce Secret fera voler en éclats : pour ce que les diverses analyses de notre temps et de son actualité, la plus sanglante ou la plus futile - voire, dans sa troisième partie, la plus licencieuse - proposées par cet ouvrage vont toutes dans le sens d'un évident "retour-de"... cette même histoire.

  • Pour la composition de cet ouvrage, les conservateurs des Archives municipales de Toulouse ont sélectionné les documents les plus remarquables de leur fonds, sur leur importance historique, leur qualité esthétique, leur caractère exceptionnel ou insolite.
    Le coeur du livre est constitué par les documents eux-mêmes, reproduits au plus proche de l'original, que le lecteur peut scruter et interroger à loisir. Chaque document fait l'objet d'une notice développée situant son contexte et son importance documentaire, nourrissant et éclairant la curiosité du lecteur.
    C'est une nouvelle manière d'aborder l'histoire de la ville qui nous est proposée ici.

  • Le sait-on ? Jean Jaurès - « apôtre de la paix » - fut adjoint au maire à Toulouse durant deux ans et demi. Il laisse dans la Ville rose une empreinte indélébile de son engagement et de ses réalisations. Voici des écoles et des facultés, le théâtre et les Beaux-Arts, mais encore des lieux de rencontre comme l'ex-hôtel d'Espagne et le siège du Parti Ouvrier de France, ou même des lieux de conciliation comme l'ex-dépôt des tramways hippomobiles... C'est un beau livre contenant une série de textes inédits (évocations personnelles et littéraires) préfacés par Georges Mailhos et postfacés par Jean-Michel Ducomte, dont le contenu historique est avéré et garanti par l'historien Rémy Pech, avec en regard des illustrations artistiques originales (dessins au crayon et au fusain) de l'artiste Amina Ighra. Il s'agit d'une démarche singulière parmi les publications touchant Jaurès, propre à évoquer à la fois les traces de la pratique du personnage dans la ville, aussi bien que son génie humaniste devenu tutélaire de la République.

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