Maelstrom

  • Je te fais signe à travers les flammes.
    Le Pôle Nord a changé de place.
    La Destinée Manifeste n'est plus manifeste.
    La civilisation s'autodétruit.
    Némésis frappe à la porte.
    À quoi bon des poètes dans une pareille époque?
    À quoi sert la poésie ?
    L'imprimerie a rendu la poésie silencieuse, elle y a perdu son chant. Fais-la chanter de nouveau !
    Si tu te veux poète, crée des oeuvres capables de relever les défis d'une apocalypse, et s'il le faut, prends des accents apocalyptiques.
    Tu es Whitman, tu es Poe, tu es Mark Twain, tu es Emily Dickinson et Edna St Vincent Millay, tu es Neruda et Maïakovski et Pasolini, Américain(e) ou non, tu peux conquérir les conquérants avec des mots.
    Si tu te veux poète, écris des journaux vivants. Sois reporter dans l'espace, envoie tes dépêches au suprême rédacteur en chef qui veut la vérité, rien que la vérité, et pas de blabla...

    Recueil inédit en français. qui a déjà vendu plus de 10.000 ex aux USA! A 93 ans, le grand auteur et éditeur de la Beat Generation ressent le besoin d'une adresse aux jeunes poètes dans un monde au bord d'un grand renouveau. C'est ainsi qu'il insuffle joie, esprit de combat, avec un maître-mot : Insurrection comme synonyme d'art poétique et d'art de vivre ! Dans ce livre, se retrouve aussi un work in progress historique : le texte «What is poetry?» une énumération - définition/anti-définition de la poésie.

  • Tenir

    Lisette Lombé

    Nomme-toi ! Appelle-toi afroféministe, afrodescendante, afropéenne, afropunk, queer, artiviste... Avec ou sans majuscule, nomme-toi ! Pas dans une case, pas comme une cage mais pour la rage. Rage d'exister. Sortir de l'ombre. Se redresser. Te rendre, les rendre, nous rendre visibles. Sois fière de ton parcours, de ta couleur, de tes origines ! Parle de là où tu es, de qui tu es, de qui tu aspires à être. Sois fière de tout, de tes questionnements, de tes ambivalences, de tes ressacs et de tes erreurs ! Ne t'excuse de rien !

  • Gaëlle, jeune lycéenne, s'offre 2 sources d'inspiration. Son père, syndicaliste renommé des Forges de Clabecq en voie de fermeture et le concierge de son école, d'origine étrangère et à vocation soufie. Le premier la pousse à être une battante, ambitieuse et engagée. Le second prône l'isolement, la solitude voire l'inaction.
    Que faut-il faire et comment être alors ? Retrousser ses manches pour former, déformer, conditionner et reconditionner sa vie et celle des siens même si cela aboutit parfois à quelques violences ? Ou se baigner dans un monde doux, mystique, plein de bonnes intentions, poétique mais passif et malheureusement incapable de produire une miche de pain ?
    À l'âge de 25 ans, les deux hommes lui avaient promis un cadeau saugrenu pour son 40e anniversaire. Mais le jour J, ils ne sont pas là...

  • Amour et kabbale

    Sophie Favennec-Buyse

    Simon est astrophysicien et féru de kabbale. Il rencontre Léa, une archéologue qui travaille sur les manuscrits de la mer Morte. Ces personnages partagent une même passion pour la recherche scientifique et la quête spirituelle.
    L'un veut relier le monde d'en haut à l'infiniment petit de la physique quantique et l'autre tente de remembrer les textes du passé pour réparer les brisures de son peuple et de l'histoire. L'union de Simon et Léa s'élèvera grâce aux voies de l'amour mystique. Leurs âmes sensibles et éveillées inventent une nouvelle forme d'amour inspiré par la kabbale.
    Une découverte historique viendra ponctuer cette histoire et les mettra devant un choix : la rendre publique ? Comment? Et avec quelles conséquences?

  • Debordements

    Dominique Massaut

    Né en 2014 un hiver de crues, au bord de la Laïta, dans le Finistère, Débordements raconte la colère d'une nature par l'homme domestiquée, arasée, bridée, étranglée, vidée parfois.
    Il raconte aussi et surtout ce que les eaux de cette colère charrient avec elles de verroteries, de gadgets, de machines, de déjections chimiques, d'alchimioles giclatoires, de poisons, jusqu'au sixième continent...
    Un texte débordant, sonore, où des voix diverses, en flux, en flow, se mêlent à une poétique de sons et de musiques.
    Un véritable manifeste humaniste et écologiste. Ce projet donne naissance également à un spectacle ainsi qu'une série d'ateliers de sensibilisations en milieu scolaire et associatif.
    L'enfance vient enfin attester que, tout au bout, tout au bout du gigantuesque des industries folles, et des dérèglements qu'il insuffle, la nature, lentement ressurgit, de toute sa force modeste et sûre.
    Un CD accompagne ce livre avec les voix de Dominique Massaut, Laurence Vielle, Vincent Tholomé et David Giannoni. Musiques : Gauthier Keyaerts et Alain Subrebost.

  • Suzanne a la pomme

    Jacques De Decker

    Ce livre est né d'une complicité, de l'amour commun des tableaux, de quelques contraintes amicalement choisies et de l'irrésistible envie de rendre le sérieux ludique. Jacques écrirait une fiction sur la peinture au début du XXIe siècle.
    Quel autre écrivain aurait pu se mouvoir avec tant de facilité et de souplesse dans l'univers quasi secret des galeries et des ateliers d'artiste ? Sous son regard assuré d'observateur, ce fils de peintre a inclus dans un récit aussi précis que passionnant une tranche de vie complète de l'époque : les personnes qui travaillent pour qu'une galerie « tourne », les comportements parfois étranges des collectionneurs, les commerces avoisinants avec leurs vitrines et leurs secrets avouables et inavouables. Au cinéma, nous imaginerions l'auteur en photographe joué par James Stewart dans Fenêtres sur cour. Mais il ne s'est pas arrêté là.
    Par une provocation habile, il m'a amenée, quelques années plus tard, à mettre son récit en images. En fin connaisseur, il savait parfaitement comment parler à l'illustratrice que je suis. Nous avons ainsi joué à un jeu vertigineux : prendre la peinture, la transformer en verbe pour retransformer celui-ci en images...
    Hélas, le décès inopiné de Jacques est survenu avant la parution de ce livre.
    Puisse Suzanne à la pomme offrir au lecteur le même plaisir que celui que nous avions à évoquer si souvent ce petit monde insolite et tellement humain.

    Maja Polackova

  • Longue litanie, prière, évocation du toujours vivant dans cela même qui s'est fait invisible et qui depuis l'autre côté de la frontière nous inspire encore. Celles et ceux que notre souffle a côtoyés, en les accompagnant, attisent le feu du poème qui leur est dédié.
    «Avec Otto Ganz, on est devant l'inévitable, l'insupportable mort des illusions, l'incontournable défi de vivre et de mourir qui est de l'ordre du jouir, de la sentence et du jeu. On peut raisonnablement entendre le diagnostic du docteur qui vous palpe et vous « papouille » avec des mots et des formules à lui... À nulle autre pareille, ses paroles vous emportent avec la rigueur d'un codicille notarial écrit par Mozart!» (Extrait de la postface de Werner Lambersy)

  • Amour noir

    Aurélien Dony

    Amour Noir.
    Quelque chose comme l'idée d'une brûlure.
    Comme l'idée d'une morsure.
    Comme l'idée encore de ce qui nous consume.
    Comme trace du feu qui nous dévore.
    Cendres et braises au fer rouge dans la peau des jours gris.
    Le désir d'être deux.
    Debout parmi les gens.
    Et le désastre.
    Qu'est le Monde.
    Ruine. Salve de mots. Brasier.
    Jouer des doigts dans le sable.
    Abandonner au vent.
    Le projet d'un château.
    Vivre.
    Notre Amour.
    Noir.

  • Je bosse dans un resto bobo à côté du bazar et de ses murs bariolés style échec et mat alcoolisés. En face, des jardins de Babylone et de leur garage en rouille percé de personnages de BD. Comme tous les endroits de la ville qui sont trop tristes pour être gais. Un coup de pinceau, ou de perceuse et on te reproduit une planche de ton enfance. Avec autodérision, on te colle Saint-Pierre et Lucifer en train de faire leurs petites affaires en face de l'église des Minimes. Là, c'est Quick et Flupke en train de se faire courser par l'agent 15. Une gentille manière de te rappeler qu'ici, t'es dans le quartier des racailles en devenir. La BD dit vrai, mais Quick et Flupke ont bien changé. Fini le petit blondinet, il est parti à Uccle et porte des gilets, quant à Flupke, il est plus noir que son bonnet.

  • Sale meuf

    ,

    Un groupe de slameuses bruxelloises féministes poussent ensemble un cri de guerre, de désespoir, d'amour et de force.

  • Recueil de poésies inspirées par le thème du geste. Poète national de Belgique et ambassadeur de la poésie belge en 2020-2021, l'auteur, lorsqu'il était enfant et ne savait pas encore écrire, observait la main de son père, le poète Pierre Coran, et associait d'abord l'écriture poétique à une gestuelle.

  • En 1915, à Londres, paraissait le recueil Cathay du poète Ezra Loomis Pound, alors âgé de trente ans. Dans ce livre, il «traduit» librement - «réécrit», s'approprie - des poèmes collectés de la tradition littéraire chinoise. Parmi ceux-ci, le «Chant des archers de Shu» - une mélopée de la fin de la Dynastie Yin (1401-1121 acn) - raconte la souffrance d'archers en campagne. Pour ces hommes loin de leur terre et de leurs proches, soumis à la soif, à la faim, l'espoir d'un retour au domicile est lui-même source de peine. Les mois s'égrènent, la campagne se termine, les archers rentrent chez eux. Persiste la souffrance de n'être, malgré tout, plus chez soi, d'avoir perdu tout sentiment d'appartenance à un territoire, quel qu'il fut. «Souviens-toi que le poète est, par essence, un déplacé», voici la dernière phrase de ma première rencontre avec Werner Lambersy, c'était en décembre 1991. (...) Que reste-t-il des archers de Shu? Un poème : souvenez-vous du chant, non de ce qu'il racontait. Tous ont désormais disparu. Werner Lambersy s'est assis, pas vraiment parce que sa force l'a quitté, non... ce ne sont que les jambes... l'équilibre aussi, l'oreille interne... d'emmerdantes broutilles. Double lucidité du poète qui s'observe vieillissant tout en constatant que, le moment venu, le poème, se passant de lui, conservera force et vigueur... Parce qu'il y a le reste, oui! Tout le reste qui se passe de qui le traverse! Et après? Il en est du poème comme de l'univers : persiste encore cet inimaginable reste qu'un texte éclaire brièvement, subrepticement mais sans contestation possible... ce moment grave et flamboyant où le poète devient poème... (Extrait de la postface de Otto Ganz).

  • Petits poèmes post it

    Marc Delouze

    73 quasi-haïku face à la mer une falaise de paroles friable * le poème dit à l'aveugle ce que le poète ne voit pas * dès qu'il bouge son cul le paon éclabousse le ciel Sous la forme de « quasi-haïkus » l'auteur nous livre 73 poèmes à la forme très brève, sous forme de post-it littéraires.

  • Ce texte a été publié une Tèks sa a te pibliye yon premye fwa nan lane 2015, nan Atelier Jeudi Soir. Piblikasyon tou nèf sa a gen ladan yon tradiksyon (franse - kreyòl ayisyen) Erickson Jeudy fè.première fois en 2015, chez Atelier Jeudi Soir. Cette nouvelle publication intègre une traduction (français - créole haïtien) par Erickson Jeudy.

  • Poche de noir

    Mans Gerard

    Mi-temps des années 90. Raymond Vidal ne rejoindra plus le Palais de la Mer. Sa démarche erratique conduit l'employé du musée de Charente-Maritime jusqu'en Croatie. Sur fond de conflits yougoslaves, la balkanisation des esprits gagne du terrain. Qu'arrive-t-il à cet homme qui parle seul, se prend pour une pieuvre et subit l'appel hypnotique d'un tableau du Caravage disparu en mai 45 dans un bunker berlinois ?
    La question fait courir Charles Bernard à travers l'Europe. L'enquêteur entend bien redorer le blason de la filature familiale. Une mission qui passe par des témoins. Il y a d'abord Occhipinti. Cet historien d'art milanais imagine toucher la « vraie vie » en recueillant chez lui un clochard bavard. C'est aussi l'affaire de la Brambilla. Pour élever sa gamine, la jeune Romaine demande conseil à Saint Matthieu et propose son corps au plus offrant.
    Tandis que ces voix se font des histoires, d'autres tirent profit de la fiction ambiante. Des communautés interlopes dans lesquelles se croisent marchands de drogue, amateurs d'art et banquiers. Et pour ceux-ci, un homme à la dérive ressemble moins à un céphalopode qu'à un beau pigeon.

  • Ouf

    Vielle Laurence

    Laurence Vielle ne manque pas de souffle. Elle court dans les trains, elle marche sur la terre. Elle cavale les mots, elle fréquente assidûment. Elle écrit par vivre. Elle vit par écrire. Elle vit tout court, naturellement. Mais tout aussi naturellement, elle écrit court aussi. Elle n'écrit pas finalement. Elle ne cherche pas à écrire, comme disait l'autre : elle trouve. Elle trouve par terre, bien sûr, gros malin, sur terre où sont les humains. C'est une philosophe de la rue. Elle n'a rien à vous donner, mais peut vous rendre à vous-même si vous vous prêtez à son jeu des mots... La poésie qui refuse d'être un quelconque décor embellissement du monde. La poésie qui pense le monde en s'amusant de lui. La poésie qui ne s'évacue pas dans la tour d'ivoire. La poésie qui travaille d'arrache-pied sa texture vocale, sa densité de communication.

  • L'heure est venue pour vous de parler Vous tous, amants de la liberté Vous tous amants en quête du bonheur Vous tous amoureux et dormeurs Enfoncés dans vos rêves intimes...

    Ainsi s'exprime, après plusieurs années d'absence en langue française, la dernière grande voix vivante de la Beat Generation. Si le poète peut être aveugle en ce monde, il ne saurait être muet. Et c'est haut et fort que Ferlinghetti l'Américain nous chante les « masses opprimées / et les riches sur leurs gros fessiers », de ce « Nouvel Empire romain » qu'il fustige et qui pourtant chaque jour l'enfante, dans les poèmes engagés qui constituent la première partie de ce recueil (Démocratie Totalitaire, C'est nous idiot, J'attends...). Mais sa voix sait aussi se faire douce : voyages du poète à sa source européenne et italienne, pérégrination dans le désert des sens (Migrations réelles et surréelles). Murmure accompagnant lés derniers instants de l'ami Allen(« pas besoin d'ajouter Ginsberg/Dans le monde entier / le monde des poètes / il n'y a qu'un seul Allen »). Le recueil se termine en pure clarté dans des textes où l'on respire l'air de la côte Pacifique, où l'on est ébloui par les lumières de sa ville, la capitale des poètes et de la poésie : San Francisco. Serein, le poète nous surprend alors : mots devenus ressac, où la douceur de l'embrun l'emporte sur la violence des vents contraires, et où la lune, « miroir de cristal / éternelle trompeuse », reflète l'unique lumière : celle du soleil intérieur...

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