Langue française

  • L'entreprise contre l'Etat

    Pierre Musso

    • Manucius
    • 21 Septembre 2017

    Les relations de l'Etat et de l'Entreprise se métamorphosent. Considérée sur le long terme et d'un point de vue anthropologique comme une institution, l'Entreprise semble imposer sa vision et sa normativité managériale à l'Etat. Elle incarne l'économie, l'innovation, et étend son emprise dans les domaines culturel et politique. L'Entreprise pense, l'Etat dé-pense, pourrait-on résumer.
    En France, l'Etat semble sacralisé même s'il tend à s'affaiblir et la grande Entreprise est l'objet de critiques alors qu'elle se renforce à l'échelle mondiale. L'Etat incarne «l'intérêt général», le service public, tandis que l'Entreprise défend l'efficacité, le profit. Dès lors l'entreprise est-elle une institution, une organisation ou plus simplement l'incarnation de la liberté d'entreprendre?

  • Comment se métamorphosent les relations de l'Etat et de l'Entreprise à l'heure de la mondialisation, de la crise du politique et de la technologisation généralisée et accélérée des sociétés ? L'Etat et l'Entreprise sont producteurs de normes, mais aussi de cultures, de signes, de symboles et de représentations sociales, telle que la dichotomie "privé/ public". Ils portent notamment l'opposition entre "intérêt général" et "intérêts particuliers", aujourd'hui remise en question.
    Ces deux grandes institutions de l'Occident sont fondées en légitimité et contribuent à "penser" et à organiser la société. Toutefois, ne faut-il pas sortir de ce face-à-face institutionnel entre Etat et Entreprise pour redonner toute sa place à la "société civile", au secteur de l'économie sociale et solidaire et au(x) commun(s) ? D'autant que ces deux institutions majuscules portent des imaginaires très diversifiés selon les pays et les systèmes culturels.
    Cette problématique est ici explorée par un collectif de chercheurs de diverses disciplines, des responsables d'entreprises privées ou publiques et des hauts fonctionnaires, dans le cadre des séminaires de l'Institut d'Etudes Avancées (IEA) de Nantes, lieu de recherche et d'échanges pour penser le monde autrement, par la confrontation et la concertation des civilisations, notamment entre Nord et Sud

  • Dans ses textes sur l'Europe Auguste Comte propose de retrouver une unité perdue depuis le XVe siècle : l'unité chrétienne de l'Occident. Il ne s'agit pas pour lui de restaurer la splendeur passée du catholicisme, et plutôt que de penser l'Europe comme une agrégation d'États, ou comme une unité politique, Comte suggère la constitution d'une nouvelle spiritualité, c'est-à-dire des moeurs, une culture, une éducation communes, qui permettraient de transposer au XIXe siècle, au travers des idées des Lumières et des sciences qui se constituent, l'unicité de la catholicité médiévale. Le projet de Comte dépasse de beaucoup les réflexions sur le fédéralisme ou la paix perpétuelle, mais ont pourtant pour horizon, comme les textes de ce recueil l'exposent, une paix internationale, dont le socle serait la culture scientifique et la république des lettres, plus que les combinaisons des politiques ou l'intérêt des industriels. C'est l'inactualité même de ces textes qui fait leur valeur et permet de s'interroger sur les formes contemporaines de la construction européenne, et en particulier sur la question controversée de ses racines chrétiennes.
    Première partie - Qu'est-ce que l'Europe ?
    1- Une entité ni historique ni géographique, primauté du spirituel (Considérations sur le pouvoir spirituel - 1826).
    2- Les origines chrétiennes de l'unité européenne. De l'Empire romain à l'Europe médiévale. (Divers textes du Système de politique positive).
    3- Réorganiser l'Europe, c'est unifier son esprit : l'humanisme comtien comme sécularisation du christianisme (textes divers du Système de politique positive).
    Deuxième partie - La république occidentale et son gouvernement 1- Constitution progressive de l'Europe, dépérissement des États, inutilité d'un parlement européen (textes divers du Système de politique positive).
    2- L'opinion publique européenne comme force politique, nouvelle définition du spirituel (textes divers du Système de politique positive).
    3- L'Europe des savants, non des industriels (Sommaire appréciation du passé moderne).
    4- La société européenne (Plan des travaux scientifiques pour réorganiser la société).
    Troisième partie - Au-delà de l'Europe. La paix entre les nations (Cours de philosophie positive, extraits des 54e et 55e leçons et Système de politique positive, tome IV).

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