Mazeto Square

  • En octobre 1897, sous l'impulsion du docteur Ernst Nyssens, la Société belge pour l'étude de la Réforme alimentaire (association prônant le végétarisme) fondait sa propre revue. Cette publication s'appuyait sur les premiers résultats d'études scientifiques qui mettaient en valeur le bénéfice du régime végétarien pour la santé. Quelques années plus tard, en 1901, Elisée Reclus, géographe anarchiste français, et végétarien convaincu, est invité à publier une tribune dans cette même revue. Pour Elisée Reclus, c'est l'occasion de rappeler des réalités qui méritent, plus de cent ans plus tard, d'être à nouveau exposées. La force du raisonnement de l'auteur n'est pas seulement de rappeler toute l'inhumanité de l'élevage (aujourd'hui devenu industriel), et de l'abatage des animaux que l'homme organise dans des usines de la mort, rationalisées à l'extrême - Henry Ford ne puisa-t-il pas l'idée de la division du travail, dans le souvenir d'une visite qu'il avait faite adolescent dans les immenses abattoirs de Chicago ? -, mais d'expliquer que le végétarisme deviendra comme une évidence pour l'humanité, car cela s'inscrira historiquement dans son évolution. Même si, aujourd'hui encore (et plus que jamais), cette voie ne semble pas celle qui a été prise par notre société de consommation... © Mazeto Square.

  • En novembre 1888, Octave Mirbeau fait paraître dans le Figaro, La grève des électeurs, véritable pamphlet contre le leurre que représente, selon lui, le suffrage universel dans le système républicain. A cette époque, cela fait quelques années déjà qu'Octave Mirbeau pointe les dérives de la IIIe République, en y dénonçant de sa plume acerbe de nombreux scandales ; souvent, pour le plus grand bonheur de certains journaux bonapartistes ou monarchistes. Mais si certains conservateurs se retrouvent dans ses articles teintés d'anticapitalisme, que l'on ne s'y méprenne, Octave Mirbeau exprime avant tout une pensée qui prend sa source dans l'individualisme libertaire. En effet, si Octave Mirbeau se moque de cet « animal irrationnel, inorganique, hallucinant » qu'est l'électeur, allant d'ailleurs dans le sens de Pierre-Joseph Proudhon, quand celui-ci écrivait cinquante ans avant lui : « Alors que la Révolution française devait accoucher d'une société nouvelle, le peuple n'aura été que "le singe des rois." » (Qu'est-ce que la propriété ? 1840), c'est pour mieux affirmer la duperie de la démocratie représentative : les classes dominantes arrivent à se faire élire et à se maintenir au pouvoir par ceux-là mêmes qu'elles exploitent davantage chaque jour. Et sous un certain pessimisme de l'auteur, se manifeste alors clairement la volonté d'inviter chacun à prendre part directement à la vie politique, en citoyen libre. © Mazeto Square.

  • Recueil de poèmes composé en prose, où la poésie s'efface parfois pour laisser place au récit, Une saison en enfer tient une place particulière dans la bibliographie de son auteur. Il faut dire que quand Arthur Rimbaud s'attelle à son écriture, sa passion avec Paul Verlaine est devenue tumultueuse. Ils se sont séparés violemment, et le jeune Arthur a dû retourner parmi les siens pour véritablement expier cette aventure sentimentale qui le ronge véritablement. Durant le printemps 1873, le poète s'enferme dans le grenier de la ferme familiale, couchant sur le papier toute la folie des sentiments qui le traversent. Entre la désillusion et la mélancolie, on croit aussi ressentir un certain mal de vivre - qui pointait déjà dans ses premiers poèmes - et qui s'affirme désormais davantage. Après son dernier voyage avec Paul Verlaine, en Angleterre, et leur rupture définitive au mois de juillet 1873, Arthur Rimbaud se rend en Belgique pour entreprendre la publication de ce manuscrit ; il paraîtra en octobre de la même année, à compte d'auteur. Ayant des difficultés à solder sa dette auprès de l'imprimeur, le livre ne sera pas diffusé, et il faudra attendre plusieurs années après la mort d'Arthur Rimbaud pour que ce recueil reprenne toute sa légitime place dans l'oeuvre de son auteur. © Mazeto Square.

  • A la fin de l'année 1897, soit quelques mois avant sa mort, Stéphane Mallarmé publia dans la revue Cosmopolis (fondée par Fernand Ortmans) Un coup de dés jamais n'abolira le hasard. Après des années de vie parisienne, ayant côtoyé la crème artistique, et avant-gardiste de la capitale, Mallarmé s'était retiré dans la vallée de la Seine pour se dédier à une grande oeuvre. Lui, qui avait su se libérer de cette nostalgie des êtres chéris perdus, qui submergeaient ses premiers poèmes ; lui, qui avait su libérer les mots de leur fonction primaire, les laissant désormais simplement se suggérer au gré du chant ; voici qu'il s'attelait à les libérer de ces pages trop étroites. Ainsi, Stéphane Mallarmé libéra la typographie des contraintes. Comme en musique - car c'est bien une partition qui s'offre à nous -, le poète a alterné les césures, les suspensions, et les blancs pour laisser place aux images naissantes. Dorénavant, le poète fera sien du cercueil où seront renfermés ses vers vivants. Telle une longue phrase lancinante, qui s'épanouit au gré des pages offertes à elle, et où les mots s'exhibent comme des dessins, imprégnant le blanc du papier de leurs pattes anthracite, Un coup de dés jamais n'abolira le hasard annonçait une régénération de l'oeuvre du poète, dont le parfum nous embaume toujours. © Mazeto Square.

  • A l'automne 1883, alors qu'il s'apprête à quitter ses fonctions au ministère de l'Instruction publique, ayant durablement réformé l'enseignement primaire - à travers la promulgation, en quelques années seulement, de plusieurs lois, dites lois scolaires -, le rendant public, gratuit, laïc et obligatoire, Jules Ferry rédige une circulaire qui sera adressée à tous les instituteurs, et que l'on connaît mieux aujourd'hui sous le nom de Lettre aux instituteurs. Quelques années auparavant, c'est un contexte politique, favorable aux républicains qui ont permis cette imposante réforme du système scolaire de la fin du XIXe siècle, débarrassant celui-ci d'une influence religieuse, conservatrice, et royaliste ou bonapartiste, pour mieux le contrôler. Et c'est justement dans cet esprit d'une instruction laïque, « (mettant) en dehors du programme obligatoire l'enseignement de tout dogme particulier », - qui débouchera in fine à la séparation de l'Eglise et de l'Etat en 1905 - que Jules Ferry s'adresse à tous les hussards noirs de la République. Bien que Jules Ferry s'en défende, toute morale, qu'elle soit laïque ou religieuse, porte en elle une volonté cachée, un dessein inavoué : « s'approprier l'homme ». © Mazeto Square.

  • Vous remarquerez donc, Sire, s'il vous plaît, quelle est sa posture, depuis la tête jusqu'aux pieds, regardant comme quoi il tient les rênes de la main gauche, le pouce dessus, et le petit doigt par dessous entre les deux, pour les séparer. Comme de la main droite il lève le bout des rênes en haut à bras déployé, pour bien ajuster la bride dans la main. Considérez la gaité de son visage, car c'est une des parties très requise au chevalier, d'avoir la face riante, en regardant quelquefois la compagnie, sans guère tourner ni çà ni là, afin que cette gaité fasse connaître qu'il n'est point embarrassé en ce qu'il fait. Avisez aussi de quelle force il est dans le fond de sa selle, sans presque en toucher que le milieu, se gardant de rencontrer l'arçon de derrière, de peur d'être assis ; car il faut être droit, comme vous le voyez, de même que quand il est sur les pieds. Regardez les postures de ses jambes avancées, et le bout de son pied s'appuyer fermement sur l'étrier proche de l'épaule, le talon assez bas et tourné en dehors, en sorte qu'on peut voir la semelle de ses bottes. Voilà, Sire, la posture que je désire à mon écolier.

  • L'homme est droit lorsque le centre de gravité de son corps distingué de la puissance de ce même corps est exactement posé sur le centre de gravité du cheval droit, les parties du corps humain sont exactement symétrisées autant qu'il se peut, selon la nature du travail. Les opérations des jambes vont directement attaquer le centre de gravité du cheval pour le faire mouvoir. Les rênes maintiennent les parties du cheval en équilibre autour de ce centre, et par conséquent les mains agissent parfaitement selon les lois prescrites. Il est rare de trouver un homme qui soit souvent bien combiné avec son cheval pour former le droit ; ce point est presque indéfinissable dans la nature ; il est si imperceptible qu'on en approche difficilement : le plus ou le moins décide des talents de l'écuyer. On pourrait définir l'équitation, l'art de mettre l'homme et le cheval droits l'un sur l'autre. C'est à ce centre que viennent aboutir toute la théorie et toute la pratique possible ; centre que tout le monde cherche, que peu rencontrent et qu'un plus grand nombre place où il n'est pas, et où il ne saurait être, et cela parce que l'homme veut être inventeur et ne pas se soumettre à la nature.

  • Un cavalier doit pouvoir faire partir à volonté le cheval sur le pied droit ou sur le pied gauche ; il doit également pouvoir le faire changer de pied lorsque, pour tourner à droite ou à gauche, il ne se trouve pas sur celui que réclament impérieusement les lois de gravité, d'équilibre et de locomotion. Essayez un demi-tour à droite lorsque le cheval galope sur le pied gauche, il refusera, car il est forcé de s'arrêter ou de perdre l'équilibre. S'il obéissait, ce ne serait qu'entraîné par l'effet de la main ; semblable alors au danseur de corde qui n'a plus que deux ou trois pas à faire avant de tomber ou de rétablir le centre de gravité, il n'obéirait que pour deux ou trois foulées seulement, car s'il ne changeait de pied, la jambe droite croisant la gauche, qui ne pourrait suivre la direction imprimée, l'équilibre serait détruit et le cheval exposé à s'abattre. Bien que difficile à apprendre, le galop est une allure facile pour le cheval dressé ; l'expérience lui enseigne si bien alors à se mettre de lui-même sur le bon pied, qu'il devient souvent fort difficile de le faire galoper à faux.

  • De tout temps, sans doute, les très bons écuyers ont été rares ; il semblerait qu'avare de ses secrets, l'art n'eût voulu successivement y initier qu'un très petit nombre de favoris. Et c'est eux qu'il nous offre encore pour modèles dans ces noms jadis révérés et longtemps cités avec orgueil dans les annales de nos anciens manèges ; tels que les Lubersac, Neuilly, d'Auvergne, et quelques autres, leurs contemporains ou leurs disciples. Mais à ceux-là même je me permettrai de leur adresser ici le reproche de n'avoir pas assez fait en faveur d'un art auquel ils ont dû dans le temps leur renommée ; ils se seraient acquis de véritables titres à la reconnaissance des générations qui leur succèdent, si, en leur laissant le souvenir ou la tradition de leurs brillants succès, ils eussent indiqué la vraie source où ils avaient puisé la supériorité de leurs talents. Enfin, un traité élémentaire en cette partie deviendrait aujourd'hui un monument d'autant plus précieux, que le nom et la célébrité de son auteur lui donnerait un plus haut degré d'autorité.

  • Pata...

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    Quand Pata rencontre les lecteurs, petits ou grands, il se passe des patachoses... Sous forme de devinettes, Pata fait de ses lecteurs des petits joueurs captivés et ravis de participer aux aventures de Pata, personnage haut en couleurs mais parfois maladroit!

    1 autre édition :

  • On l'appelle l'homme à l'oiseau parce qu'on voit un oiseau partout où il se trouve. Soit l'oiseau plane dans le ciel devant lui, soit l'oiseau voltige dans le ciel derrière lui, soit l'oiseau tournoie dans le ciel près de lui. Mais parfois il faut chercher longtemps pour voir où se trouve l'oiseau...

  • Ce n'est pas de tout repos, la vie d'un escargot... Surtout quand une jeune fille a pour manie, dès qu'elle en croise un, de sortir ses tubes et ses pinceaux, pour lui décorer le dos. Elle ne peut s'en empêcher, c'est son jeu favori. Remarquez, elle a du talent, et il faut bien admettre que c'est amusant !

  • Dans la glorieuse histoire des écuyers célèbres, La Guérinière mérite la place d'honneur : non que l'on ne puisse trouver, parmi ceux qui l'ont précédé ou suivi, un théoricien plus savant ou un praticien plus habile; mais nul n'a eu sur l'enseignement de l'équitation en France une influence comparable à la sienne. Et pourtant, si nous avons tous entendu parler de La Guérinière, combien peu d'entre nous ont lu l'Ecole de cavalerie! Il est vrai que les éditions de cet ouvrage ne sont pas très répandues, et qu'en outre, ceux qui ont la chance d'en posséder un exemplaire ont pu être rebutés, lorsqu'ils en ont entrepris la lecture, par les nombreux sujets accessoires qu'a traités l'auteur. En somme, c'est seulement dans une centaine de pages qu'il faut chercher la doctrine de La Guérinière. C'est cette sélection qu'il nous a paru intéressant d'opérer dans le texte de l'Ecole de cavalerie, afin d'en rendre l'étude plus facile et plus attrayante, au travers de ces pages choisies. Quant aux notes qui accompagnent le texte, nous n'avons eu en les rédigeant d'autre but que de mieux faire voir combien les traditions classiques sont étroitement liées aux pratiques les plus modernes de l'équitation.

  • Les écuyers à grande réputation étaient loin de supposer qu'on pût trouver un jour des procédés plus simples et plus naturels que ceux qu'ils pratiquaient, et qu'on pût arriver à faire beaucoup mieux. Je dois cependant le dire à leur louange, s'ils sont restés stationnaires, ils ont montré, d'autre part, une sagesse qui, bien que routinière, avait le grand avantage de ne pas extrapasser les chevaux, et s'ils n'ont pas fait progresser l'art, ils ne l'ont pas du moins fait rétrograder. L'ouvrage que je livre aujourd'hui au public démontrera que, si ma méthode donne les moyens de faire vite, elle enseigne aussi à bien faire, puisque tout y est défini, gradué, raisonné ; tout se suit et s'enchaîne dans mon système : chaque mouvement est la conséquence d'une position qui, elle-même, est produite par une force transmise. Ce n'est donc jamais le cheval qui est fautif, c'est le cavalier ; et dès lors plus de cravache, plus de chambrière pour châtier ce qu'on appelle la désobéissance ou la méchanceté de l'animal. J'explique, je fais comprendre pourquoi, dans certains cas, il refuse d'obéir, et j'indique les moyens de le disposer à bien faire. Je soutiens que le cheval n'a jamais tort, et je le prouve.

  • Soumettre un cheval à l'obéissance, l'approprier à nos besoins, en conservant et développant les qualités qui lui sont propres, constitue l'art de l'équitation. Le talent consiste à savoir employer l'action équestre en raison du degré de facultés du cheval, de sa nature et de ses instincts, de telle sorte qu'il accepte sans résistance la domination de l'homme, et soit amené à l'obéissance la plus passive, tout en conservant une certaine liberté d'action, nécessaire à la manifestation de ses plus brillantes qualités. Par conséquent, toute exigence qui tendrait à lui faire exécuter des mouvements forcés, doit être proscrite par une équitation rationnelle, d'autant plus qu'elle aurait pour effet inévitable de l'abrutir et de le ruiner. Le cheval se meut en raison des sensations qu'il éprouve, va où on le dirige, accepte le soutien qu'on lui offre, et cède aux résistances et à la douleur : c'est donc en raison de la manière dont ces sensations sont produites que ses forces sont mises en jeu et qu'elles déterminent tous les mouvements. Le cavalier doit chercher à apprécier la valeur de ces diverses sensations, de manière à les solliciter en raison des effets qu'il veut obtenir.

  • Dans la pratique de la haute équitation, la position que le cavalier doit observer est la position académique, qui ne devra s'altérer à aucun moment du travail. Dans les changements de direction, pour rester en parfaite harmonie avec le cheval, la disposition que le corps du cavalier doit affecter ne devra pas précéder celle que prend sa monture, ni même la suivre, mais l'accompagner. Il y a là une nuance que devra sentir le cavalier pratiquant l'équitation savante, et qui fait qu'il se liera de la façon la plus intime à son cheval. Il en est de même pour tous les mouvements, et particulièrement pour les changements de pied, que le corps du cavalier ne doit surtout jamais accuser. Les déplacements d'assiette sont proscrits en toutes circonstances, le cavalier devant toujours rester soudé à son cheval. Les opérations des mains, des jambes doivent être assez secrètes pour que l'oeil ne puisse les saisir. Enfin, tout ce qui peut attirer l'attention sur sa personne doit être évité par le cavalier. C'est le cheval qui est l'exécutant, et le cavalier n'a qu'à s'efforcer de s'identifier avec lui.

  • Destiné, dès mon enfance, par ma famille, à suivre la carrière équestre, que mes parents, les vicomte et chevalier d'Abzac, avaient illustrée, j'ai fait tous mes efforts pour arriver à remplir le but qu'elle s'était proposé. J'ai consulté et étudié avec ardeur les ouvrages de nos devanciers ; mais, si j'ai obtenu quelque succès dans mon travail, je suis heureux de publier hautement que je le dois aux principes que j'ai puisés dans les ouvrages de deux écuyers modernes du plus grand mérite, qui, avec des principes différents, ont concouru tous les deux à répandre la lumière sur l'art de l'équitation. En général, on dit que les extrêmes se touchent. Je m'appuie sur cet axiome pour certifier que j'ai la conviction réelle que les méthodes opposées de ces deux écuyers peuvent s'harmoniser parfaitement ensemble en se faisant, bien entendu, quelques concessions mutuelles. Je baserai donc l'opuscule que je viens livrer à la publicité, sur les observations que ces deux auteurs m'ont fait faire ; et sur l'expérience que j'ai faite moi-même dans l'étude et la pratique de l'équitation.

  • Victor est un infatigable petit garçon. Du babababa de sa moto, au tactactactac de son hélicoptère, en passant par le rrrrrr de sa débroussailleuse ou le roooom de sa tondeuse, suivez-le dans sa folle journée !

  • Au mois de septembre 1866, Prosper Mérimée - intime de la famille de Napoléon III - accompagne l'impératrice Eugénie en excursion dans le Sud-Ouest. Le voyage est long et ennuyeux, alors Mérimée s'amuse à écrire une petite nouvelle sans prétention : La Chambre bleue. L'intrigue évoque les amours clandestines de deux jeunes amants qui se retrouvent dans une pension pour passer la nuit. Si le début du récit emprunte à la comédie, le ton mystérieux de l'auteur lui donne peu à peu des accents d'intrigue policière, pour finalement aboutir à une farce tragi-comique. Composée à l'intention d'Eugénie, cette « petite chose » - comme l'a qualifiée Mérimée lui-même - n'était pas destinée à être rendue publique ; mais lorsque l'on vida les appartements de la famille Bonaparte au lendemain de la débâcle de Sedan, en 1870, on retrouva un exemplaire de la Chambre bleue dédicacée à l'impératrice. Dès lors, cette nouvelle d'une frivolité bourgeoise devint comme un symbole antinapoléonien, et c'est ainsi qu'elle gagna clandestinement Bruxelles où elle fut publiée dans un journal républicain. Si les qualités d'écritures de La Chambre bleue peinent à être soulignées, eu égard à l'oeuvre de son auteur, cette nouvelle n'en demeure pas moins une « petite chose » concise, et bien amusante à lire. © Mazeto Square.

  • Je conseille de ne jamais choisir pour cheval de bataille, un cheval fougueux. A l'égard du cheval mou, j'exhorterai seulement à le traiter d'une manière toute opposée à celle qui convient au cheval ardent. Si on veut avoir un cheval de guerre qui, en même temps, soit agréable et brillant, on doit ménager sa bouche avec soin, et ne pas l'endurcir dans les aides du talon et de la gaule ; c'est le seul moyen de lui conserver du brillant. Lorsque l'on fait porter le nez au vent à un cheval, on l'empêche de voir son chemin, ce qu'il aurait fait sans cela ; et à force de le frapper et de l'exciter avec les talons, on lui trouble la tête, et il va se précipiter dans les dangers. C'est pourtant ce qui arrive à ceux qui ne sont point dressés, qui sont mal placés, et qui n'ont point connaissance des aides. Si quelqu'un cherche à mener un cheval avec une main très légère et avec liberté, en sorte qu'il place bien sa tête, et qu'il soit relevé comme un coq, qu'il s'attache à demander à son cheval des actions qui soient dans la nature : voici à quoi l'on verra qu'il y prend plaisir.

  • Un jeune cheval, que l'on veut former pour le manège, doit être mené de manière que les progrès de son exécution suivent le progrès de ses forces : ainsi l'essentiel est, qu'il ne lui soit rien demandé au-delà de ses moyens. L'équitation n'est point l'art de faire exécuter à l'animal des mouvements extraordinaires, mais celui de disposer de ses forces par un juste emploi ; et envisagé de cette manière il n'appartient qu'à un très petit nombre, de ceux qui l'exercent, d'y exceller. On croit communément que l'ardeur tient au tempérament du cheval, que c'est une chaleur du sang qui anime son action : il se pourrait cependant que cette disposition dépendît de sa finesse ; mais il est difficile, dans une question de cette nature, de parvenir à une certaine évidence ; c'est un de ces secrets que l'on ne peut pénétrer qu'à l'aide des probabilités. Néanmoins, si on voyait un cheval ardent se calmer sous la main habile d'un excellent écuyer, cette question serait résolue pour les témoins ; mais quand on écrit, pour convaincre, des faits isolés, ce sont de faibles preuves, si l'on n'y joint des raisonnements qui en expliquent les causes.

  • Cet amour du cheval commença à s'emparer de moi dès ma première enfance. Quel que fût le jeu auquel je me livrais, je ne pouvais entendre un cheval passer dans la rue, sans courir à la fenêtre pour le voir ; rien ne me retenait. Mon père, en quittant le service, avait conservé un cheval. Ce cheval était une jument fort belle, dont je pourrais, aujourd'hui encore, faire le portrait exact. Elle s'appelait Cocotte ; sa robe était alezane et bien dorée. J'avais conservé précieusement de ses crins et peut-être qu'en cherchant bien, je les retrouverais encore. C'est sur elle que j'ai fait mes premières armes, comme enfant, puis comme petit jeune homme. Lorsque j'étais tout enfant et que la jument allait à la promenade, j'attendais patiemment son retour près de la porte de la rue. Aucun attrait de jeu, ou autre, n'aurait pu me faire quitter mon poste, et cela pour être hissé sur le dos de la jument, à son retour de la promenade et faire les quarante ou cinquante pas qui séparaient la porte de la rue de la porte de l'écurie. Comme Cocotte était très douce, on me la laissa monter en toute liberté vers ma treizième année. C'est alors que ma mère me transmit, dans les limites du possible, les principes équestres qu'elle avait reçus de son père.

    La collection Le pied à l'étrier vous propose de redécouvrir les écrits de ceux qui ont marqué de leur excellence, l'histoire de l'équitation française. De tout temps, nombreux sont les écuyers qui ont voulu transmettre par écrit le fruit de leur expérience acquise au contact du cheval. Ces manuels d'équitation nous en apprennent beaucoup sur les besoins équestres selon les époques : hier, il fallait développer la cavalerie militaire, alors qu'aujourd'hui nous pratiquons une équitation de loisir. Malgré cela, les grands préceptes qui régissent l'équitation classique française n'ont presque pas évolué. Dès l'origine, l'homme de cheval éclairé avait su comprendre l'essentiel de sa monture.

  • La recherche, la conservation de la légèreté, doit être la préoccupation constante du cavalier. On entend par ces mots « légèreté à la main », la qualité du cheval qui obéit aux aides sans peser à la main, sans que celle-ci éprouve la sensation d'un poids plus ou moins difficile à déplacer ou d'une force qui résiste à son action. La légèreté se reconnaît donc à l'absence de résistance aux effets du mors de bride ou de filet ; la simple demi-tension d'une ou de deux rênes doit provoquer la mobilité moelleuse de la mâchoire inférieure sans que la tête bouge, sans que l'ouverture de la bouche soit sensiblement apparente ; et la langue de l'animal doit faire alors sauter l'un des mors sur l'autre, ce qui produit par moments un bruit argentin ; ajoutons que cette mobilité moelleuse doit persister pendant un certain temps et non cesser brusquement. Telles sont les conditions dont l'ensemble constitue la vraie légèreté. Elle est pour le cavalier l'indice révélateur et infaillible de l'équilibre parfait de son cheval tant qu'elle subsiste sans altération.

    La collection Le pied à l'étrier vous propose de redécouvrir les écrits de ceux qui ont marqué de leur excellence, l'histoire de l'équitation française. De tout temps, nombreux sont les écuyers qui ont voulu transmettre par écrit le fruit de leur expérience acquise au contact du cheval. Ces manuels d'équitation nous en apprennent beaucoup sur les besoins équestres selon les époques : hier, il fallait développer la cavalerie militaire, alors qu'aujourd'hui nous pratiquons une équitation de loisir. Malgré cela, les grands préceptes qui régissent l'équitation classique française n'ont presque pas évolué. Dès l'origine, l'homme de cheval éclairé avait su comprendre l'essentiel de sa monture.

  • Quel est le point commun entre la cifour, le cinard, le recor, l'agnoup, le ratnouille, le bounard, la torlie ou encore le moulion ? Ils sont mélangés, croisés, assemblés, mâtinés, mixés... C'est l'hybridation des animaux de Jean de La Fontaine. Découvrez avec plaisir ce bestiaire en hommage à un grand fabuliste !

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