Midi-pyreneennes

  • L'université de Toulouse a pris forme entre 1229 et 1245 et a acquis ses statuts définitifs au début du XIVe siècle. Elle atteignit alors son apogée médiéval ; ses effectifs de maîtres et d'étudiants en faisaient la seconde université française après celle de Paris et son aire de recrutement s'étendait de l'Atlantique à la Méditerranée, du Massif central aux Pyrénées, avec d'importants prolongements dans la péninsule Ibérique. Après 1350, elle entre dans un siècle de difficultés : guerres, épidémies, désordres religieux, mutations politiques, incertitudes morales et intellectuelles. Elle parvient cependant à surmonter, mieux que d'autres, ces crises successives et dans les années 1470 une importante série de réformes lui permettent de reprendre sa croissance et d'entrer dans une ère nouvelle, celle de l'humanisme et de la Renaissance. L'université de Toulouse a été l'une des plus anciennes et des plus importantes universités occidentales du Moyen Âge. Elle s'est illustrée en particulier, comme les autres grandes universités du versant méridional de l'Europe - Bologne, Padoue ou Salamanque -, par l'excellence de ses enseignements juridiques. Mais elle ne se réduit pas à un modèle préexistant. Elle a été une création originale, qui se distinguait par l'équilibre de ses institutions, l'ampleur de son rayonnement et le dynamisme de ses maîtres - les doctores Tholosani. Tout en préservant son autonomie, elle s'intégrait profondément dans le tissu social et culturel de la ville de Toulouse et de la région toulousaine ; elle est devenue un élément de leur identité même, y fondant, sur des bases historiques solides, une tradition d'enseignement supérieur qui s'est perpétuée jusqu'à nos jours.

  • Max Ernst et Yves Tanguy sont deux acteurs majeurs de l'incursion du surréalisme dans la peinture dès la naissance du mouvement en 1925. Ils ont révélé, avant Magritte, Dalí, Matta et tant d'autres, les immenses potentialités que l'inconscient pouvait libérer dans tous les champs de l'expression picturale.
    À l'exception des revues surréalistes et des expositions collectives, où quelques-unes de leurs oeuvres se sont côtoyées dans le foisonnement des productions des autres membres du groupe, personne n'avait eu l'idée d'associer ces deux artistes pour mettre en miroir leurs productions. L'exposition, présentée au musée Paul-Valéry de Sète, du 25 juin au 6 novembre 2016, a comblé cette lacune. Très abondamment illustré par la reproduction de tableaux, dont beaucoup ne sont jamais sortis de collections privées, et accompagné des contributions de Philippe Piguet, Itzahk Goldberg, Stéphane Tarroux, son catalogue apporte un nouveau témoignage de l'extraordinaire impact du surréalisme sur l'évolution des sensibilités artistiques au xxe siècle.
    Catalogue réalisé dans le cadre de l'exposition présentée au musée Paul-Valéry (Sète, Hérault) du 25 juin au 6 novembre 2016.

  • Jean Jaurès fut le plus grand homme d'État de la Troisième République. Ayant combattu sans répit pour le maintien de la paix, son assassinat, le 31 juillet 1914, signifiait qu'il n'y avait plus d'obstacle au déchaînement de la guerre, apportant les malheurs qu'il avait annoncés.

    Durant sa vie politique, Jaurès n'a cessé de lutter pour améliorer le sort de l'humanité : pour la République démocratique contre les monarchistes ; pour la justice et la vérité dans l'affaire Dreyfus ; pour les retraites ouvrières, la diminution de la journée de travail, la sécurité des mineurs ; pour le mouvement syndical, les coopératives, la Verrerie ouvrière d'Albi ; contre l'obscurantisme pour une éducation guidée par la raison et les Lumières ; en faveur des Arméniens persécutés et des peuples soumis à la domination coloniale ; contre les antisémites ; contre la peine de mort.

    Cette biographie nouvelle veut à la fois être complète et accessible à un large public. Elle souligne la construction dans le temps de la personnalité et des convictions socialistes de Jaurès. Elle montre son rôle national et international, sans oublier son ancrage régional dans le Tarn, à Toulouse, dans le Midi occitan. Elle donne largement la parole à celui qui a tant écrit et qui s'est tant de fois adressé aux électeurs, aux députés, aux instituteurs, aux syndiqués, aux assemblées d'ouvriers en grève. Elle apporte une attention particulière à un aspect jusqu'ici négligé : l'humour et l'ironie du grand homme, qu'il faut percevoir plein d'énergie et de verve dans ses combats.

  • Quels points communs entre le spécialiste des insectes Jean Henri Fabre, le poète régionaliste François Fabié, le graveur fantastique Eugène Viala et l'artiste et homme politique Renaud de Vezins ? Il en est au moins trois. Tous quatre sont des enfants du XIXe siècle, tous sont nés en Aveyron, entre plateau du Lévézou et collines du Ségala, et tous ont créé en dialogue avec les savants et les artistes de leur époque.

    Les Carnets de l'Aveyron, Lévézou et Ségala partent sur les chemins que Jean-Henri Fabre, François Fabié, Eugène Viala et Renaud de Vezins parcouraient en leur temps. En mêlant images d'archives et photographies contemporaines, échos de leurs voix et récits de voyage, ils remontent aux sources de leur inspiration, ces paysages, couleurs et caractères qu'ils ont si profondément aimés et fait aimer, dans leurs oeuvres singulières.

  • Le 9 février 1619, Lucilio Vanini est brûlé surla place du Salin à Toulouse. Qui était ce philosophe italien accusé de « blasphèmes et d'athéisme » ? Que faisait-il en Languedoc ? Pourquoi une telle sévérité de ses juges ? Ce supplice est-il un révé-lateur du climat d'intolérance religieuse de la ville et des tensions qui traversaient sa population ? En quoi cet événement, au-delà de la cité, a-t-il constitué une date importante dans l'histoire du libertinage et de la libre pensée ?

  • 80 ans après l'oeuvre de Norton Cru, la question du témoignage de la Grande Guerre a évolué. La publication des Carnets de Barthas a suscité une floraison.
    Carnets et correspondances ont été extraits des armoires familiales et publiés, faisant apparaître le témoignage d'hommes et de femmes qui n'étaient pas, pour la plupart, des professionnels de l'écriture.
    Les auteurs de ce livre ont participé à ce phénomène éditorial et leurs analyses, dans le cadre des activités du CRID 14-18, composent un dictionnaire présentant 500 témoins, soldats de toute arme et de tout grade, civils et civiles.
    Chacun est placé dans son contexte :
    Qui était le témoin ? dans quelles conditions a-t-il rédigé ? Des index permettent de retrouver les personnes et les lieux, les thèmes et les numéros des unités pour les militaires.
    Les illustrations donnent à voir des portraits, des groupes, ainsi que les thèmes favoris des photographes. Car la photo, aussi, fait partie du témoignage de la Grande Guerre.

  • En 1159, Henri II Plantagenêt, roi d'Angleterre et nouveau duc d'Aquitaine, prend possession du Quercy au nom de son épouse Aliénor. En impliquant le comte de Barcelone, les vicomtes de Nîmes et de Narbonne, mais en excluant le comte de Toulouse, l'entreprise est de nature à diviser la noblesse méridionale.
    Par les liens indéfectibles du serment, et en mettant à la disposition de leur suzerain des tours nouvellement édifi ées, les chevaliers du Quercy matérialisent alors leur attachement à un clan ou à un autre.
    Du milieu du XII e à la fi n du XIII e siècle, cent cinquante à deux cents tours féodales furent édifi ées en Quercy, imprimant dans le paysage les forces en présence et les codes architecturaux d'une nouvelle société féodale. Donjons grêles mais altiers, ces tours féodales constituent le noyau du château fort du baron et de la résidence rurale du chevalier.
    Deux cents de ces châteaux médiévaux, des plus imposants aux plus modestes, sont ainsi examinés. Des chapitres présentent tout d'abord un regard complet sur l'histoire et l'architecture de ces châteaux, depuis les premiers établissements du X e au XII e siècle jusqu'aux monuments reconstruits à partir du XV e siècle. Une place importante est consacrée à la tour féodale, perçue plus comme un symbole de vassalité qu'un simple édifi ce de défense. Le catalogue propose ensuite une sélection des principaux châteaux du Moyen Âge, chacun bénéfi ciant d'une notice descriptive, de plans et de photographies.

  • Le sait-on ? Le plus ancien nom de Toulouse, Tolosa, n'était ni latin, ni grec, ni même gaulois, mais ibéro-aquitain. La capitale des Gaulois Tectosages s'étendait sur deux sites différents. « L'or de Toulouse » est un mythe inventé au cours des querelles politiques romaines. Au Ier siècle av. J.-C., Vieille-Toulouse, cité gauloise, est déjà romanisée. Elle entre dans l'Histoire après la bataille d'Actium (31 av. J.-C.) grâce à. une tête de bélier. La ville romaine a été inaugurée il y a juste deux mille ans, en 14, comme le con?rme, à Saint-Couat-d'Aude, une borne milliaire sur la voie Narbonnaise. Les portes ont été construites avant le rempart fait de briques, mais aussi de pierres calcaires des petites Pyrénées. On a retrouvé le chemin de ronde et les meurtrières. L'aqueduc, venu de Monlong par la Cépière et Saint-Cyprien, traversait bien la Garonne sur un pont, dont les piles viennent d'être repérées. C'est un empereur maudit, Domitien, qui a donné à Toulouse le titre de « Palladienne », avec l'appui du général toulousain Antonius Primus.

    Autant de nouveautés apportées depuis plus de vingt ans par l'archéologie préventive et les recherches mises en commun ici par l'équipe des historiens et archéologues de Toulouse antique. Richement illustré, ce livre, sous la direction de Jean-Marie Pailler, montre tout ce que Toulouse actuelle doit à la Toulouse la plus ancienne. Un patrimoine à connaître et à préserver absolument.

  • Depuis plusieurs siècles, les élèves disposent d'un lieu particulier pour se détendre et pour jouer quand ils ne sont plus en classe : la cour de récréation. Cet espace, dans lequel nous sommes tous passés, est devenu tellement banal qu'on oublie qu'il a lui aussi une histoire.
    Dans cet ouvrage, les meilleurs spécialistes nous éclairent sur ce qui se joue dans les cours de récréation du xvie siècle à nos jours. Historiens, sociologues, anthropologues, géographes ou pédagogues nous rappellent qu'en France, en inde ou au Québec, les cours ont été pensées par les architectes et intégrées dans les réflexions et les pratiques pédagogiques. La cour est aussi un formidable espace social où les enfants se forment à la vie collective et où pénètrent les débats qui agitent la nation, comme ceux sur la mixité, les signes religieux ou la violence.
    C'est bien sûr un espace culturel spécifique, celui où se transmettent, de génération en génération, des cultures enfantines. Celles-ci doivent parfois lutter contre les représentations et les réglementations des adultes, qui peuvent les menacer. La littérature, la peinture, le cinéma se sont approprié cet espace. La riche iconographie de cet ouvrage donne à voir les multiples représentations de la cour de récréation et accompagne des textes documentés et accessibles à un large public.
    Le colloque qui l'a précédé s'est tenu à l'abbayeécole de Sorèze, lieu majeur d'éducation pendant trois siècles. Un texte de 1786 nous dit même que c'est dans la cour, loin des parents et des enseignants, que se formaient les caractères.

  • Saturnin, devenu Sernin au Moyen Âge et dans la basilique qui le commémore à Toulouse, fut le premier évêque et le premier saint de cette ville. Il a subi le martyre en 250, près du temple romain du Capitole (sous la place Esquirol), attaché au flanc du taureau préparé pour le sacrifice. Cela se passait sous l'empereur Dèce, dont l'édit imposait à tous les habitants de l'Empire de sacrifier selon la tradition. Nous ignorons à peu près tout de lui, sauf son trajet quotidien, du secteur du pont Neuf, où il habitait, à sa « petite église » proche de Saint-Étienne. Peut-être était-il originaire d'Afrique. Grâce au récit d'une Passio liturgique du ve siècle, on retrace ici sa mort, le devenir de sa sépulture et de sa mémoire, progressivement recouverte par la suite d'adjonctions hagiographiques.

  • Le 2 mars 1969, avec André Turcat aux commandes, Concorde décolle de l'aéroport de Toulouse-Blagnac. En ces temps de guerre froide, alors qu'Américains et Soviétiques se livrent une âpre concurrence dans les airs et dans l'espace, la coopération franco-britannique parvient à imposer son majestueux supersonique. Las ! Si la prouesse technique est saluée unanimement, si le « bel oiseau » est admiré dans le monde entier, les contraintes économiques conduisent cette formidable aventure à l'échec commercial. Un demi-siècle après son envol, Concorde ne sillonne plus le ciel ; il continue cependant de faire rêver les passionnés d'aviation et, pour les Toulousains, demeure le symbole de la consécration de leur ville au rang de capitale de l'aéronautique mondiale.

  • Une expérience singulière : 235 tableaux parmi les plus beaux et les plus importants du musée Paul-Valéry de Sète ; en regard 235 poèmes inédits venus du monde entier, une façon d'appréhender l'oeuvre et la faire résonner. Pour Baudelaire, les poètes deviennent naturellement, fatalement critiques. Ils ne sont ici ni historiens ni critiques d'art. Le poème n'est pas un savoir ou un commentaire mais une oeuvre d'art, une manière de voir le tableau autrement que par les clefs habituelles.

    Poésie et peinture avaient partie liée à l'âge classique : des images pour les yeux. Grâce aux 235 poètes qui ont répondu à la commande, le recueil a tout de l'inattendu, d'Adonis à James Sacré, de Jean-Luc Parant à Salah Stétié. Un corpus important de peintures du XVIIe siècle à nos jours où l'on trouve des toiles surprenantes rarement montrées, beaucoup d'oeuvres à thèmes sétois. Avec les indispensables données historiques. Avec une clef originale : la poésie.

    Catalogue re´alise´ dans le cadre de l'exposition pre´sente´e au muse´e Paul-Vale´ry (Se`te, He´rault) du 30 juin 2018 au 4 janvier 2019.

  • L'histoire de l'université de Toulouse à l'époque contemporaine commence par sa suppression en 1793. Pourtant, même à terre, Toulouse la savante résiste et met en place des solutions pour continuer à transmettre le savoir. Très vite, une Université impériale centralisée (1806-1808) la dote à nouveau de plusieurs facultés, tandis que deux écoles (médecine et vétérinaire) entament leur ascension. Ce cadre impérial, modifié par la IIIe République qui rénove l'enseignement supérieur et crée, en 1896, « l'université de Toulouse », va fonctionner jusqu'en 1968. La loi Faure, issue des contestations du printemps, donne alors à l'université toulousaine le visage qu'on lui connaît.
    Ce sont tous les aspects de la vie de l'université, laquelle change radicalement d'échelle de 1793 aux années 2010, qui font l'objet de ce volume : son histoire institutionnelle très féconde, sa vie architecturale et matérielle, son activité scientifique et pédagogique. Une place centrale est aussi faite aux acteurs de l'université et des grandes écoles, étudiants, professeurs, personnels administratifs et techniques, qui en font un univers scientifique, social et culturel particulier, mais fondamentalement connecté à son environnement local, national et international.

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