Nouvelles Editions Place

  • Victime d'un complot ourdi par un frère félon, Prospero, ancien duc de Milan, fut jadis écarté du pouvoir et condamné à un lointain exil. De l'île où il vit entouré de ses livres, de sa fille Miranda, de Caliban, être difforme réduit en esclavage et d'Ariel, elfe épris de liberté, Prospero aperçoit un jour un bâteau à bord duquel se trouvent son frère et les hommes qui causèrent sa disgrâce.
    Usant des pouvoirs magiques développés durant ses douze ans d'exil, Prospero déclenche alors une tempête qui sème la panique et entraîne vers l'île tous les fantômes de son passé...

  • The better the villain, the better the play. On pourrait, paraphrasant Alfred Hitchcock (« The better the villain, the better the picture ») expliquer par cette règle d'or l'irrésistible attrait exercé par la pièce de Shakespeare sur des générations de spectateurs et de lecteurs. Attrait indissociable de son villain, Richard III, ex Richard Gloucester, auquel on appliquerait volontiers une autre formule : the man you love to hate.
    L'amour et la haine, la séduction et la laideur : bien avant le fair is foul et foul is fair de Macbeth, Richard use de sa laideur auto-proclamée comme d'autres usent de leur beauté. Et c'est par de bien étranges détours qu'il nous séduit - ceux-là mêmes auxquels recourt le comédien qui vient à l'avant-scène faire ses confidences au public. Car Richard est lui-même un comédien. N'est-il pas, ainsi qu'il l'affirme dès son entrée en scène, décidé à « jouer les méchants ? » : Par conséquent, ne pouvant jouer les amants/Pour être au diapason avec cette époque de beaux parleurs/ Je suis décidé à jouer les méchants.
    Mais le méchant n'en oublie pas pour autant le beau parleur.
    Et la langue de Richard III semble elle-même faire la roue, se parer de ses plus beaux atours, troquant à l'occasion le chatoyant pentamètre iambique contre le plus rare hexasyllabe - ainsi dans la scène où un Gloucester pas même encore roi se livre avec Lady Anne à une étrange joute verbale (ou amoureuse ?) dont la clé est à trouver dans la forme de l'échange autant que dans les propos échangés.

  • Publié à New York en 1945, Voyage africain fut le premier ouvrage à succès sur l'Afrique écrit par une Africaine-Américaine. En dépit de son caractère précurseur et résolument engagé, il est pourtant aujourd'hui méconnu, tant aux États-Unis qu'en France. Eslanda Goode Robeson (1895-1965) apparaît donc comme une voix manquante. Militante antifasciste et anticolonialiste, formée à l'anthropologie dans le Londres des années 1930, elle part en 1936, avec son fils de 8 ans, faire des recherches en Afrique australe et orientale. Dans Voyage africain, elle raconte son périple de trois mois à travers l'Afrique du Sud, l'Ouganda, le Congo belge, Zanzibar et le Kenya.
    Il y a des rencontres, des voix, des livres que l'on a attendus, cherchés toute une vie, ardemment, confusément, sans bien trop savoir ce qu'on en attendait. Mais quand le hasard les met enfin sur notre route, on les reconnait. Ce livre d'Eslanda Robeson est ce cadeau tant espéré. (Alice Diop, postface)

  • Roland Topor a été dessinateur, écrivain, plasticien, illustrateur, peintre, chroniqueur satiriste, décorateur scénique, marionnettiste, scénariste télévisuel. Or, lui qui se moquait des clivages artistiques a entretenu une méfiance singulière vis-à-vis du cinéma. Mais comme le génie du dilettantisme tient dans la contradiction, la méfiance ne l'a pas empêché de déployer une vaste activité en lien avec le monde cinématographique. D'abord à travers des commandes publicitaires, puis des projets d'animation, enfin l'adaptation par Roman Polanski de son premier roman. En parallèle sont apparues des co-scénarisations, quelques seconds rôles et une pléthore de figurations. Activités auxquelles la coréalisation en 1989 d'un film remarqué, quoique encore mal compris, a apporté le point d'orgue. La rencontre de Topor et de l'art cinématographique évoque celle de l'enfance et du jouet...

  • Picabia, fit du cinéma à toute vitesse, entre jouissance et folie, comme il conduisait ses automobiles. En 1924, il avoua avoir confié un « tout petit scénario de rien du tout » à René Clair qui en fit un « un chef d'oeuvre », Entr'acte. Pourtant, le peintre s'était pris au jeu, au point d'inventer un ballet-cinéma (souvent comparé au Grand Verre de Duchamp), puis de caresser le rêve de fonder un collectif de cinéastes. En 1928, il récidiva avec La Loi d'accommodation chez les borgnes, « l'histoire d'un crime de lèse-réalité » très différent des scénarios d'Artaud, de Buñuel et Dali ou de Desnos. Et pour cause ! Ses articles explicatifs sont remplis d'anecdotes plus ou moins triviales et de mots d'esprit : Entr'acte et La Loi ne croient pas à grand-chose, sauf au « désir d'éclater de rire » ; « on ne va pas au cinéma pour y retrouver sa table de nuit, ses pantoufles, sa cuisinière ou son carnet de chèque ».....

  • Il y a plus d'une centaine de jours à présent, en mars 2020, nous avons subitement compris que notre sort ne dépendait que très relativement de nos décisions. Il se trouvait non seulement lié à un dangereux virus, mais également à des lois d'urgence et des décisions d'exceptions qui pouvaient du jour au lendemain affecter nos intentions pourtant tout à fait responsables. Depuis nous nous trouvons à la merci des deux ne pouvant plus véritablement planifier notre avenir, à peine nos congés.
    Comme un tout de France en salle.

  • À un moment de sa vie, surgit d'outre-Atlantique une femme qui inspira ces courts poèmes érotiques sous forme de haïkus. Il n'a pas toujours respecté les dix-sept syllabes tout en se conformant à la structure et parfois aux règles du genre japonais. Ces courts poèmes furent d'abord publiés dans des revues littéraires turques, puis dans un petit recueil qui eut un écho certain dans les milieux littéraires. Premier recueil de poèmes « adultes » de Gürsel, il s'agit aussi d'un seul et grand poème que l'on peut lire comme un récit (mais non linéaire) composé comme un collage d'instantané et de fulgurance : une narration sans temporalité mais structuré par un fil à deux âmes : l'amour et le désir.
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  • Avant de devenir cinéaste, Luis Buñuel fut poète. Comme il l'a souvent déclaré, l'écriture était sa véritable vocation, et la poésie tout particulièrement. Cependant, l'immense succès de ses films a plongé dans l'ombre puis dans l'oubli une production littéraire pourtant pleine d'intérêt. Fort heureusement, elle commence à être reconnue aujourd'hui, dans quelques anthologies des avant-gardes espagnoles. C'est sous l'influence de Ramón Gómez de la Serna que Buñuel intègre le groupe des poètes ultraïstes et compose des poèmes publiés dans les principales revues espagnoles d'avantgarde, notamment dans Ultra et Grecia. Avant de tourner son premier film en 1929, en l'occurrence Un chien andalou, Buñuel signe également de nombreuses critiques sur le cinéma.

  • Comme beaucoup de ses contemporains nés avec le cinéma, Antonin Artaud (1896-1948) entretient une relation paradoxale à ce nouveau médium. À l'enthousiasme débordant des années 1920 succède la désillusion devant « la vieillesse précoce du cinéma » qu'il constate en 1933 dans un texte définitif. C'est désormais la poésie et le théâtre, puis la pratique graphique et les différentes performances qui absorberont toutes ses préoccupations expressives. Et pourtant, Artaud occupe une place singulière parmi les poètes de l'époque qui ont pu être à un moment, comme lui, tentés par le cinéma. D'abord parce qu'il aborde le cinéma en véritable praticien. Scénariste et théoricien, il écrit pour et sur le cinéma. Mais Artaud est également acteur et, à ce titre, fréquente des réalisateurs, des acteurs, des techniciens et participe activement à la sociabilité cinématographique de l'époque. Surtout, et c'est ce que le présent volume voudrait contribuer à montrer, il a d'une certaine façon fait de l'image et de ses ressorts, découverts précocement au cinéma, la matrice de l'ensemble de sa pratique artistique - et ce même après qu'il ait définitivement condamné le cinéma en tant que tel.

  • L'Avènement d'une culture visuelle de guerre - Actualités et documentaires filmés de 1914 à 1919 est une synthèse richement illustrée des recherches de Laurent Véray sur les images animées de la Première Guerre mondiale. Ce travail, qui n'a pas d'équivalent en France ou à l'étranger.

    En s'appuyant sur un corpus documentaire exceptionnel (film et non-film), l'analyse ici proposée permet de traiter la question de la presse filmée et de la production documentaire française dans les représentations culturelles de la nation en guerre, de leur place, de leur rôle et de leur évolution tout au long des hostilités.

    Le livre contribue à une meilleure connaissance de la place du cinéma d'actualité et documentaire au sein de la culture visuelle des vingt premières années du XXe siècle, en montrant notamment comment il prolonge certains dispositifs visuels plus anciens (la peinture militaire, la photographie, le panorama...) et les liens qu'il tisse parfois avec la mise en scène, sinon la fiction.

  • Pour ne rien dire de son rapport problématique au statut de poète, le propre de Francis Ponge, au sein de la présente collection, est sans doute, à la différence de nombre de ses contemporains, de n'avoir jamais écrit pour le cinéma, et même assez peu sur ou autour du cinéma. Davantage téléphage que cinéphile, il ne s'en est pas moins avéré un étonnant suscitateur (terme qu'il revendique dans un contexte tout différent) de cinéma, sans même qu'il soit nécessaire d'assigner à un tel processus une part univoque d'intentionnalité ou de causalité. Une admiration réciproque, mais sans concession, s'est ainsi tissée entre Ponge et Bresson, notamment autour de questions telles que la choséité, l'animalité ou la « spiritualité ». Par ailleurs, si le Jean-Luc Godard de Deux ou trois choses que je sais d'elle sut emprunter esthétiquement et politiquement, plus encore que citationnellement, au poète des objets, Jean-Daniel Pollet éprouva pour ce dernier une véritable fascination, perceptible dès Méditerranée et, surtout, dans Dieu sait quoi, qui s'efforce de recréer une perception pongienne du monde phénoménologique. Ce rapport du cinéma à Ponge ne doit pas, cependant, occulter le symétrique inverse : les dossiers-chantiers du poète, dont l'intérêt pour la cinétique ne s'est jamais démenti, ne s'apparentent-ils pas tout à la fois aux états successifs d'un scénario et au making-of d'un film ?

  • Dans un univers dominé par la machine capitaliste et livré à des pratiques d'une extrême cruauté, a lieu le complot du siècle, étape ultime visant à détruire l'humanité. Tous les moyens sont bons : cupidité éperdue alliée aux manipulations génétiques, hybridations monstrueuses... Des résistants qui vivent à la cime des arbres vont lutter contre ces assassinats en règle de la nature, de la spiritualité et du sens même de la vie. Parmi eux, Soledad, dispose d'une arme magique : Art/Sexe/Cybernétique. L'écriture précise et incarnée, les personnages étranges et attachants, la luxuriance de l'imagination mettent ici à nu les méfaits et les crimes de notre dé-civilisation en cours. Roman initiatique, épique et prémonitoire, Les Anges de l'Histoire exalte la vie authentique tout en disant la barbarie de notre monde actuel.

  • Véritable scansion de l'histoire, les écrits offrent une traverse´e politique du xxe siècle à la lumière d'un de ses acteurs majeurs.
    L'homme a été maire de Fort-de-France pendant cinquante-six ans, député pendant quarante- huit ans, deux fois président du Conseil régional de la Martinique. Il n'aura jamais connu une seule défaite électorale. Président de l'Association des étudiants martiniquais, puis élu du Parti communiste franc¸ais qu'il rejoint au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, il est l'intellectuel et militant nègre profondément engagé dans le combat anticolonialiste. Sa rupture avec les communistes en octobre 1956, au terme d'une longue série de désaccords, marque un tournant important dans son engagement politique.
    Après avoir résisté pendant plus d'un an aux sollicitations de ses amis qui le pressaient de constituer un parti politique, Césaire crée le premier parti nationaliste du pays : le Parti progressiste martiniquais. L'entrée de ce nouveau parti sur la scène politique l'impose dès les premières consultations électorales comme une force avec laquelle il faudra désormais compter ; parti qui après son 3e congrès en 1967 recherchera l'unité de la gauche martiniquaise. A` partir de 1981, il s'investit dans les lois de décentralisation avant de s'engager contre le projet de loi de programme relatif au développement des départements d'outre-mer.

  • Propose et présente un choix thématique de grands textes parus dans les revues surréalistes de 1919 à 1969. Il s'agira ici de présenter le cinéma surréaliste.

  • Le nom de Federico Garcia Lorca (1898-1936) fait surgir dans toutes les mémoires la figure du poète assassiné.
    Sous la dictature franquiste, une mythologie a pris corps, associée à l'idée d'une Espagne atavique, marquée par la répression sexuelle, alors même que Lorca avait inscrit dans ses oeuvres la force subversive du désir et des combats pour la liberté. Car Lorca a été un grand poète avant-gardiste. Avec Buñuel et Dalí, il a partagé des aventures de jeunesse, il a traversé tous les mouvements novateurs du début du XXe siècle et a bâti une oeuvre qui explore une pluridisciplinarité artistique. Le cinéma a été essentiel pour lui, on le retrouve dans sa poésie, dans ses conférences, dans sa correspondance. Il a même écrit un scénario, Voyage dans la lune. Pour Lorca, le cinéma était un espace propice à la création de métaphores transgressives, un moyen d'expression nouveau, susceptible d'entrer en dialogue avec son théâtre d'où montent des voix irréductibles depuis la solitude et l'angoisse de l'homme moderne.

  • Découverte et louée par les surréalistes, l'oeuvre du poète et écrivain Raymond Roussel ouvre un pan de la modernité artistique et littéraire à l'orée du vingtième siècle, de Marcel Duchamp à Georges Perec. Étudier les relations entre Roussel et le cinéma relève toutefois d'une gageure. Il n'est pas sûr que l'écrivain soit jamais entré dans une salle de cinéma. Mais les fictions rousselliennes multiplient les références aux jeux d'optique, au dispositif de la projection, aux tableaux vivants. Ses poèmes (La Vue, Nouvelles Impressions d'Afrique) court-circuitent les relations entre le mot et l'image à travers un usage explosif de la description. Le gala des Impressions d'Afrique est accompagné d'un discours explicatif qui rappelle le cinéma des premiers temps et la présence du bonimenteur. Les scènes de Locus Solus sont autant de boucles narratives, énigmatiques et transparentes, à la manière d'un cinéma vivant.

  • Aimé Césaire. Ecrits politiques. 1935-1956 (94 interventions ). Edition établie par Edouard de Lépine et présentée par Marc Césaire et Edouard de Lépine. Aimé Césaire a toujours mis l'incandescence de son verbe au service de l'engagement politique. Il est difficile de trouver, dans le champ littéraire, un homme dont la conscience soit aussi puissamment ancré dans l'histoire.
    Autant l'oeuvre poétique et le théâtre d'Aimé Césaire ont fait l'objet de très nombreuses publications et de multiples traductions, autant son oeuvre politique a été négligée ou abordée, souvent en passant, comme pour mieux marquer la considération unanimement reconnue au poète et le peu d'intérêt à son oeuvre politique. Cette série de cinq volumes réunit pas moins de 460 textes : interventions diverses, discours, lettres, articles, tracts, entretiens, préfaces.
    On y retrouvera les textes les plus prestigieux, bien sûr, mais l'on découvrira surtout des textes méconnus ou totalement ignorés.

  • Véritable scansion de l'histoire, les écrits offrent une traverse´e politique du xxe siècle à la lumière d'un de ses acteurs majeurs.
    L'homme a été maire de Fort-de-France pendant cinquante-six ans, député pendant quarante- huit ans, deux fois président du Conseil régional de la Martinique. Il n'aura jamais connu une seule défaite électorale. Président de l'Association des étudiants martiniquais, puis élu du Parti communiste franc¸ais qu'il rejoint au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, il est l'intellectuel et militant nègre profondément engagé dans le combat anticolonialiste. Sa rupture avec les communistes en octobre 1956, au terme d'une longue série de désaccords, marque un tournant important dans son engagement politique.
    Après avoir résisté pendant plus d'un an aux sollicitations de ses amis qui le pressaient de constituer un parti politique, Césaire crée le premier parti nationaliste du pays : le Parti progressiste martiniquais. L'entrée de ce nouveau parti sur la scène politique l'impose dès les premières consultations électorales comme une force avec laquelle il faudra désormais compter ; parti qui après son 3e congrès en 1967 recherchera l'unité de la gauche martiniquaise. A` partir de 1981, il s'investit dans les lois de décentralisation avant de s'engager contre le projet de loi de programme relatif au développement des départements d'outre-mer.

  • Parallèles inédites - une oeuvre complète réunit les textes de Joyce Mansour absents des oeuvres complètes édités par Actes Sud en 1991 (réédité en 2014 par Michel de Maule).
    L'ensemble de ces textes accroît de près de 50 % l'oeuvre jusqu'ici connue et éditée : 90 % des textes présentés dans Parallèles inédites sont des inédits (le reste étant constitué d'écrits oubliés en revues, en catalogues ou en livres d'artiste) Ces textes variés et riches offrent un parcours parallèle à l'oeuvre jusqu'ici connue : une écriture essaimée sur plus de trente ans, la durée de sa production poétique. Variés parce qu'ils sont représentatifs de tous « les genres » abordés au cours de sa vie (poésie, prose, théâtre, enquête...) ; riches parce qu'ils manifestent davantage encore l'épreuve intime et fragile d'une écriture vraie.
    Cet ensemble compose une oeuvre à part entière, mais aussi sous-jacente à l'oeuvre déjà publiée. Il est telle une matrice : on y retrouve les éléments qui ont nourri son oeuvre publiée.

  • Paris inonde

    Lou Dubois

    La multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes - inondations, sécheresses, tornades, ouragans... - est un fait. Il semble également qu'aucune région du monde ne soit préservée. La Seine a connu ces trois dernières années deux crues majeures qui ont bouleversées Paris et nous rappellent que les inondations historiques de 1910 n'appartiennent pas à l'histoire : la capitale n'est pas à l'abri de la menace grandissante d'inondations démesurées que les changements climatiques pourraient provoquer ; l'échelle de leur cycle ne sera plus séculaire, mais décennale, si rien n'est entrepris pour modifier notre rapport au monde et nos comportements. Il est nécessaire d'agir.

  • En présentant pour la première fois dans son intégralité les cinquante-et-un dessins de Robert Desnos crayonnés durant des périodes de sommeil hypnotiques, cet ouvrage accorde toute sa part à la puissance émancipatrice du mouvement surréaliste qui, dans les années 20, voulait s'affranchir des rets de la raison. Au fil des séances, l'extraordinaire expertise avec laquelle le poète entre en hypnose lui donne accès aux profondeurs de la psyché. Essence même du surréalisme, au coeur du rêve, dessins et mots prennent la forme de savantes « équations poétiques ». Reproduite en format réel, on découvre, couchée sur chaque page, une imbrication de signes picturaux et écrits où se lovent, sans pour autant se révéler, les secrets Dans la même collection du subconscient. Selon le mot de Robert Desnos lui-même, « le rêveur assis est emporté dans un nouveau monde auprès duquel la réalité n'est que fiction peu attachante ».
    Dans ses souvenirs, André Breton a évoqué la charge émotionnelle et les fulgurances que provoquaient en lui ces dessins : les voici, in extenso, inédits pour la plupart, offerts en partage.

  • Du spatialisme, fondé dans les années 1960 par Pierre et Ilse Garnier, on connaît les poèmes visuels, un peu moins les poèmes sonores et le théâtre. Leur intérêt pour le cinéma resta longtemps ignoré. Pourtant ils élaborèrent des scénarios, surtout dans les années 1960-70. Il ne s'agit pas de films narratifs, mais plutôt d'objets poétiques destinés à être projetés sur des écrans, accompagnés ou non de poèmes sonores. Scénario, projet de vidéo, dessin animé, « poème cinématographique », leurs créations forment un ensemble très riche, explorant plusieurs dimensions de la relation protéiforme entre poésie et cinéma.
    Pour la première fois, elles sont ici décrites et analysées dans leur totalité. Elles montrent que les poètes spatialistes, réfléchissant dans le cadre de leur poésie sur les notions d'espace, de mouvement et de son, ont pu voir dans la projection de poèmes et d'images sur un écran un prolongement des expériences qu'ils menaient par ailleurs sur des supports fixes, jusqu'à se lancer eux-mêmes dans la création de « ciné-poèmes », largement inédits.

  • Aimé Césaire a toujours mis l'incandescence de son verbe au service de l'engagement politique. Il est difficile de trouver, dans le champ littéraire, un homme dont la conscience soit aussi puissamment ancré dans l'histoire.

    Véritable scansion de l'histoire, les écrits offrent une traversée politique du xxe siècle à la lumière d'un de ses acteurs majeurs.
    L'homme a été maire de Fort-de-France pendant cinquante- six ans, député pendant quarante- huit ans, trois fois élu au Conseil général de la Martinique, deux fois président de son Conseil régional. Il n'aura jamais connu une seule défaite électorale. Président de l'Association des étudiants martiniquais, puis élu du Parti communiste français qu'il rejoint au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, il est l'intellectuel et militant nègre profondément engagé dans le combat anticolonialiste.

    Sa rupture avec les communistes en octobre 1956, au terme d'une longue série de désaccords, marque un tournant important dans son engagement politique.

    Après avoir résisté pendant plus d'un an aux sollicitations de ses amis qui le pressaient de constituer un parti politique, Cé- saire crée le premier parti nationaliste du pays: le Parti progressiste martiniquais.
    L'entrée de ce nouveau parti sur la scène po- litique l'impose dès les premières consultations électorales comme une force avec laquelle il faudra désormais compter; parti qui après son 3e congrès en 1967 recherchera l'unité de la gauche martiniquaise. À partir de 1981, il s'investit dans les lois de décentra- lisation avant de s'engager contre le projet de loi de programme relatif au développement des départements d'outre-mer présenté par le gouvernement de Chirac en 1986.

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