Profac

  • Le professeur Thomas O. Lambdin est un des meilleurs spécialistes actuels des langues sémitiques et égyptiennes. Il a conçu cette introduction à l'hébreu biblique à Harvard (Etats-Unis), après de nombreuses années d'enseignement ; elle est utilisée dans bien des universités anglo-saxonnes, ainsi qu'à l'Institut Biblique Pontifical de Rome.
    Les germanophones ont été les premiers à disposer d'une traduction (1990), puis les hispanophones ont suivi (2001), et c'est maintenant au public francophone que ce trésor est ouvert.
    Tout a été fait pour que l'étudiant puisse arriver à une compréhension des mécanismes constitutifs de la langue hébraïque. Les mots hébreux utilisés sont tous translittérés, ainsi que la plus grande partie des formes verbales. On détaille autant que nécessaire les changements de vocalisation qui interviennent lorsqu'un mot est rallongé. Des annexes et des glossaires complètent les leçons.
    La présentation du système verbal commence par le participe actif et l'accompli qal de toutes les classes de verbes de l'hébreu. Dans un deuxième temps, on aborde l'inaccompli qal, ainsi que l'impératif et l'infinitif des diverses classes de verbes, et ce n'est qu'ensuite que l'on introduit les conjugaisons dérivées (niphal, piel, etc.). De cette manière l'étudiant voit trois fois les caractéristiques de chaque classe de verbe, ce qui rend l'apprentissage nettement plus facile.
    On peut ainsi avoir accès assez rapidement au texte biblique. Les passages étudiés, sous forme de paraphrases puis dans leur lettre même, sont pris dans la Torah, surtout dans la Genèse, mais aussi dans les premiers Prophètes et dans les Psaumes.
    Un dernier point fort de cette Introduction est sa finesse d'analyse de la prose hébraïque. L'étudiant est ainsi en mesure de comprendre les chaînes narratives typiques de l'hébreu biblique, ce qui améliore nettement son intelligence des textes.

  • L'entrée en théologie vise, au prix d'un vocabulaire spécialisé et d'une histoire bimillénaire, à rendre intelligible, audible, un donné révélé qui dépasse la raison sans la nier. La théologie actualise la compréhension des Écritures et des dogmes et mesure leurs implications dans toutes les dimensions de la vie des croyants : sociale, ecclésiale, spirituelle et morale. Michel Younès, enseignant à la Faculté de théologie de l'Université Catholique de Lyon, clarifie les fondements de la théologie, son rapport privilégié à la Révélation. Il en repère les métamorphoses dans les périodes patristique, scolastique et moderne. L'histoire aide à comprendre les défis actuels de la mission de l'Église dans son rapport au monde, dans sa relation aux cultures et aux religions.

    Trois enseignants de la Faculté de théologie font ensuite apparaître l'intérêt des « ponts » entre la théologie et différentes disciplines. Daniel Moulinet évoque la nécessité de l'histoire dans la réflexion théologique. Marie-Etiennette Bély fait dialoguer la philosophie, quête de sagesse, et la théologie, comme discours sur la révélation divine à dimension universelle. Jean-Marie Gueullette s'interroge sur la place de la morale en théologie puis sur les liens entre théologie et vie spirituelle.

    Des outils sont aussi proposés : un lexique, par Michel Younès, un guide méthodologique, par Philippe Mercier, et des repères bibliographiques, par Daniel Moulinet. Cette invitation à faire ses premiers pas en théologie permettra d'entrer progressivement, comme les disciples d'Emmaüs, dans une démarche stimulante pour la foi et pour l'esprit.

  • Parmi toutes les formes d'expression que peut prendre la littérature biblique, la parole prophétique est la plus saisissante et la plus vigoureuse. Elle a accompagné l'histoire d'Israël dans ses pages les plus glorieuses et les plus douloureuses.

    Profondément ancrés dans leur époque et leur milieu de vie, les prophètes réagissent à une actualité qui nous échappe parfois largement et nombre de leurs allusions, évidentes pour leurs contemporains, peuvent aujourd'hui nous sembler bien obscures.

    C'est d'un pas vif, assuré et investigateur que l'auteur nous entraîne à la découverte d'Amos, d'Osée et d'Isaïe, trois prophètes d'avant l'Exil qui ont durablement marqué toute la littérature prophétique ultérieure.

    Qu'ont-ils dit au peuple d'Israël de la part du Seigneur ? Qu'ont-ils toujours à nous transmettre ?
    Etudier la richesse et la complexité de cette littérature inspirée, qui pétrit poésie et politique, éthique et eschatologie, catastrophe et salut, est un bel hommage rendu à la Parole, à jamais vivante.

  • Née en 1987 dans le sillage de l'Union des Jeunes Musulmans de France, la maison d'édition Tawhid fut lancée par des musulmans de la seconde génération souvent revenus à l'islam. Tawhid a su proposer une alternative aux ouvrages centrés surtout sur la mystique ou la sociologie comme le montre M. Younes : des ouvrages traitant des fondamentaux de la foi et de la pratique islamique ont ainsi pu être proposés à un public musulman francophone. Il était donc urgent d'analyser les publications de Tawhid pour voir ce qu'elles révèlent de la vie et de la pensée des musulmans en France.
    Saluons la qualité des études minutieuses regroupées ici : le regretté Etienne Renaud évalue avec finesse la traduction du Coran éditée par Tawhid et son effort pour consoner avec le génie de la langue française. M. Younès remarque la priorité donnée au Coran et à la Sunna dans la formation du musulman et la vision plutôt classique et conservatrice des ouvrages. Dans les livres pour enfants C. Hamza remarque un bel effort pédagogique tout en souhaitant une meilleure prise en compte du contexte français. De l'identité féminine à la citoyenneté vue par T. Ramadan, en passant par la maladie, les obligations du culte et le créationnisme, chaque chapitre se donne comme une photographie instantanée d'une certaine manière musulmane de penser la vie actuelle et dans le contexte français. L'ouvrage est sans longueur et ce n'est pas la moindre de ses qualités.

    Sous la direction de Michel Younès.

  • Les contributions s'interrogent sur l'écart entre la communion professée par les différentes Eglises et la réalité vécue par chacune d'elles. Un point est fait sur l'état du dialogue oecuménique et le dernier document du Conseil oecuménique des Eglises, L'Eglise - Vers une vision commune, est présenté. Des contributions réagissent à des documents de dialogue bilatéral.

  • Beaucoup d'ouvrages ont été écrits sur le rapport entre foi et raison au cours de l'époque patristique. Aussi n'entendons-nous pas, dans le présent volume, faire totalement oeuvre originale. Cependant, nous souhaiterions mettre en relief l'articulation « philosophie-foi chrétienne » à partir de la figure du Christ et non sous le seul angle métaphysique portant sur les notions de création et de révélation. Approfondir ce filon, jusque-là peu exploité chez les Pères de l'Église, donne à penser selon deux accentuations distinctes la relation entre foi et raison : - Soit analyser et interroger la manière dont la réflexion théologique interne au christianisme s'est servie de concepts philosophiques pour penser le contenu de sa foi et en rendre raison dans un langage approprié à ses interlocuteurs. - Soit étudier plutôt ce que le phénomène du Christ dans la réflexion patristique donne à penser à la philosophie pour approfondir ses propres catégories. C'est selon ces deux perspectives que s'organisent les études de cet ouvrage. Elles sont le fruit de compétences universitaires multiples et reconnues, que ce soit en théologie, en philosophie ou en lettres classiques. Toutes participent d'une même passion pour les Pères de l'Église, d'un même désir de les faire connaître et d'une même volonté d en montrer l'actualité.

    Sous la direction d'Élie Ayroulet.

  • Cet essai missiologique offre une réflexion sur les enjeux théologiques et bibliques de l'évangélisation. Il explique le statut de la prédication apostolique tel qu'il est décrit dans les Evangiles, notamment à travers Jésus et saint Paul, révèle les constantes de l'interprétation des missions évangélisatrices et réfléchit au renouvellement des modèles missionnaires face à la modernité.

  • Le peuple juif et ses saintes Écritures dans la Bible chrétienne : le document de la Commission biblique pontificale (2001) s'inscrit dans la réflexion qui se poursuit depuis Vatican II sur les relations entre l'Église catholique et le peuple juif.
    Il en marque une étape et ouvre à un approfondissement et à de nouveaux développements. Les chrétiens peuvent-ils continuer à se considérer comme " les héritiers de la Bible d'Israël " quitte à donner l'impression d'en déposséder le peuple juif ? Le rabbin Jacquot Grünewald invite à découvrir dans ce texte " un nouveau respect pour l'interprétation de l'Ancien Testament ". Pour les Juifs et les chrétiens, ce livre est l'occasion d'approfondir ensemble leurs racines.
    Le Centre Chrétien pour l'Étude du Judaïsme (CCEJ) de la Faculté de Théologie de Lyon a proposé, en 2004, une journée d'étude de ce texte. Les interventions de Jean Massonnet, de Jean Dujardin, de Didier Gonneaud et de Philippe Mercier éclairent les multiples facettes du texte. Elles sondent les enjeux dogmatiques de la réception chrétienne des Écritures d'Israël, les méthodes d'exégèse pratiquées lors de la composition du Nouveau Testament et le lien étroit entre la Torah orale et la Torah écrite.
    Suivies d'une contribution donnée dans le cadre de l'Ecole doctorale de l'UCL en 2006, " L'événement, rupture et/ou interprétation à partir de l'écriture biblique ", les études sont réunies et présentées par Jean Massonnet, alors responsable du CCEJ.

  • François Martin, trop tôt disparu, commente les Actes des Apôtres.
    Dans ce qui fut l'un de ses cours, il montre comment la signification s'organise à partir de la langue même du texte. Car, une fois passé le temps de la critique littéraire et historique, que reste-t-il à faire ? Simplement, à lire et relire ce que dit le récit, "littéralement et dans tous les sens", en laissant advenir au langage l'inépuisable signifiance du Réel : la venue de l'Esprit, la naissance des premières communautés, l'ouverture aux païens, l'impossible procès de l'Evangile au jugement des Nations, hier comme aujourd'hui. Alors en suivant la lettre du texte, le lecteur élargit son écoute, disponible à ce qui lui sera révélé.

  • Contrairement à une idée reçue, l'islam ne se résume pas à un seul courant de pensée ou à une école juridique. Il est marqué par une diversité quasi-constitutive, qui se poursuit jusqu'à aujourd'hui, sous forme de confessions ou de courants qui ne se recouvrent pas totalement et qui, parfois, s'excluent mutuellement.

    Comment démêler les niveaux et les courants internes à une religion qui fait désormais partie de l'horizon religieux de nos sociétés occidentales ?

    De quelles sources se nourrissent-ils et quelles interprétations font-ils de leurs ressources ?

    Fruit d'une journée d'études qui s'est déroulée en avril 2008, organisée par le Centre d'Etudes des Cultures et des Religions (CECR), le livre rassemble des contributions qui rendent compte d'une réalité plurielle.

    Les aspects juridiques, théologiques et sociologiques se répondent, au fil des analyses rigoureuses de Maurice Borrmans, Michel Younès, Bénédicte du Chaffaut, Franck Frégosi et Roger Michel.

  • Le statut du cosmos, de la nature humaine ou la conception de Dieu Trinité font au Moyen Âge l'objet de débats nourris, reflets des mutations de la pensée et des aventures du dialogue entre raison et foi. Le dialogue véritable est au service de la vérité et de la charité.
    La pensée est dialogue, que ce soit avec ses propres sources d'inspiration, ou avec des penseurs anciens ou contemporains desquels on se démarque. Le dialogue a pris la forme d'une intégration de la philosophie dans la médiation théologique avec Anselme ; il a témoigné d'une coopération féconde avec Thomas d'Aquin, ou d'une disjonction qui annonce une nouvelle ère préparant les Temps modernes avec le nominalisme de Guillaume d'Occam. Le dialogue fait signe vers l'épreuve de l'ineffable au coeur de toute pensée, dans les échanges entre les traditions philosophiques et spirituelles : la réflexion s'enrichit des confrontations à l'intérieur comme à l'extérieur de chacun des trois monothéismes.

    Sur cette toile de fond, Bonaventure, Bernard de Clairvaux, Maître Eckhart, Nicolas de Cues, Maïmonide, les Sages musulmans appelés "Frères de la pureté" ne cessent d'éclairer notre quête du Vrai et du Bien. Ils ont nourri le colloque organisé par la Faculté de Philosophie (UCLy) et sauront accompagner notre questionnement et notre désir d'intelligibilité.

    Actes du Colloque international de Philosophie médiévale. Lyon 5-7 décembre 2012, organisé pour le 80ème anniversaire de la Faculté de Philosophie de l'Université Catholique de Lyon.

  • Dans un contexte où l'altérité apparaît comme étant opposée à l'identité, l'amour du prochain, voire de l'ennemi bouscule les représentations ; il invite à penser autrement, différemment, en vérité. À la lumière du Christ et de son enseignement, l'altérité s'inscrit désormais au coeur de la quête de vérité. Prétendre reconnaître la vérité divine et rejeter, annexer ou mépriser l'autre est une contradiction dans les termes.
    Mais jusqu'où aller dans la reconnaissance de l'altérité ? En quoi est-elle constitutive de l'identité ? Comment en rendre compte si l'autre ne partage pas la même vérité ou encore la met en cause ? Faut-il maintenir l'altérité au risque de juxtaposer les différences ou bien chercher à convertir l'autre à l'unique vérité au risque de faire le contraire de ce qu'exige la charité chrétienne ?

  • Tout entier tourné vers les grands événements de notre vie, notre regard délaisse les petits riens de l'existence, cette expérience de tous les jours qui semble trop manquer d'épaisseur. Ce qui est banal, sans surprise, ces presque riens de l'existence ne sont plus perçus mais infra-perçus. Parce qu'ils vont de soi. Qu'est-il besoin d'interroger ce qui va de soi ? Mais la pensée court là le risque de tourner en rond : nous n'interrogeons pas l'habituel précisément parce qu'il ne nous pose pas question, il ne s'inscrit pas dans des enjeux de sens.
    Si pourtant l'humanité était inscrite dans le détail ? Différents regards (anthropologique, philosophique, éthique, artistique, médical) captent cette étrange idée. Cette pensée du détail nous extrait d'une modalité saturante du sens dans notre rapport au monde. Au fil des ces petits riens de l'existence, se dessine notre façon d'être au monde et aux autres. Ces gestes ou paroles habitués, sans enjeu, en-deçà de toute nécessité de sens, gratuits, forment ce « surplus » de notre humaine façon d'habiter le monde. L'acte d'exister devient alors une question de détails.

    Avec les contributions de Laurent Denizeau (anthropologue, Université Catholique de Lyon), Albert Piette (anthropologue, Université de Paris X), Jean-Marie Gueullette (médecin et théologien, Université Catholique de Lyon), Laure Marmilloud (infirmière et philosophe, Université Catholique de Lyon), Anne Lacombe (ergothérapeute).

  • Paul de Tarse a la réputation d'être autocrate et autoritaire. Et pourtant il annonce avec enthousiasme un évangile de liberté. Cette antinomie a de quoi nous étonner. La liberté dans les communautés pauliniennes n'était-elle qu'un mot, un discours ? Et qu'en est-il de cette réputation d'autoritarisme dont est ordinairement crédité l'Apôtre des Nations ?

    Ces questions constituent le fil directeur de la présente étude. L'auteur explore minutieusement les lettres pauliniennes. Il montre comment Paul, en dépit des préjugés, exerce son autorité comme un service, et nullement comme un pouvoir.

    Paul a conscience de sa responsabilité apostolique, mais il se considère comme un frère, qui s'adresse a des frères. La suggestion, la recommandation et le conseil ont sa préférence constante. Par l'exhortation, il confie ses lecteurs-auditeurs au dynamisme de l'Esprit. C'est de cette manière qu'il s'efforce de susciter chez eux une libre réponse, tant sur le plan communautaire (1 Co 12,1-31a) que sur le plan personnel (Rm 8,1-30).
    Chez Paul, l'antinomie autorité-liberté est ainsi résorbée et dépassée dans le mystère de l'Esprit. En ce sens, le paradigme paulinien du fonctionnement de l'autorité est certainement stimulant pour la pratique de l'autorité aujourd'hui dans l'Église.

  • Un texte, particulièrement lorsqu'il provient de la Bible, constitue la demeure fidèle d'une parole qui cherche à se faire entendre depuis toujours, attendant avec persévérance des oreilles prêtes à accueillir son appel.
    L'ouvrage invite ses lecteurs à une « promenade textuelle », à mi-chemin entre le commentaire de texte, l'analyse exégétique et la contemplation. En les faisant entrer dans le chemin de lecture d'un texte biblique, il leur propose d'explorer les notions de lecture et de parole, qui imprègnent profondément la vie humaine la plus ordinaire et la plus concrète. Elles interrogent sans concession la manière avec laquelle ils lisent et « parlent un monde » pétri de signes humains. Or les signes font bien davantage qu'étiqueter les objets de ce monde. Ils réveillent et stimulent un autre appétit, beaucoup plus puissant : l'appétit du « sens ».
    Jamais définitivement saisi, le sens engage celui qui se lance à sa quête dans le monde infini et vertigineux de la rencontre de ce qui fait signe, au-delà des signes eux-mêmes. Le sens, exploré au croisement de l'anthropologie et de la théologie, appelle et incite à se mettre à l'écoute des appels dont le monde des hommes se fait le relais.
    L'auteur propose à son lecteur de l'accompagner dans une expérience de lecture qui, relue à la lumière du texte biblique lui-même, deviendra un moyen de comprendre ce que signifie, pour tout sujet humain, lire le désir qui l'habite.

  • La réflexion sur Dieu et sur sa manifestation au monde est trop souvent élaborée sans tenir compte de la situation concrète des personnes, de la société et des évolutions qui se sont produites. Alors, cette réflexion devient insignifiante.
    Henri Bourgeois (Roanne, 1934 - Lyon, 2001) élabore, quant à lui, une pensée théologique à partir de l'actualité telle qu'elle est éprouvée par les personnes, impliquées dans des pratiques sociales, culturelles et ecclésiales, imprégnées d'une mentalité, et ayant des manières précises de croire, d'espérer et d'aimer.
    Une telle pensée apporte des orientations très précieuses aussi bien pour le théologien que pour tout croyant d'aujourd'hui, soucieux d'être et de se sentir à la fois résolument croyant et pleinement contemporain.

  • Transmettre c'est être attentif à celui qui reçoit, à sa particularité, à ses dispositions intérieures. La relation maître-disciple est appelée à s'ouvrir à cet In-fini qui, par son don, loin d'enfermer dans un passé répétitif, rend possible le foisonnement de la vie, dans ce qui la constitue en profondeur et en vérité : un incessant désir de don et de partage. Elle suppose le libre accueil de la parole du maître et la confiance dont fait preuve le disciple. Au coeur de toute relation entre un maître et un disciple se loge la quête d'une vérité ouverte sur la vie par l'intermédiaire d'une relation qui articule parole, silence et témoignage.
    Quand il s'agit de la transmission de la foi entre un maître et un disciple surgissent des paradoxes : singularité et liberté d'un côté, inscription dans une communauté de pensée et fidélité de l'autre ; mais aussi la transmission est habitée par le caractère transcendantal de la foi, l'objet de la transmission, qui dépasse et le transmetteur et le récepteur ; elle échappe au cadre formel d'une confession ou d'une pratique. Comment transmettre ce qui n'est pas de l'ordre du transmissible ?

  • Esthétique et communication

    Henri Bourgeois

    • Profac
    • 19 Septembre 2016

    La communication use largement du beau, du tragique, du séduisant et de l'étonnant, voire du terrifiant : elle a une réelle connivence avec l'esthétique et il fallait le talent d'Henri Bourgeois pour la clarifier. Le manuscrit, daté de 1998, était jusque là inédit.

    L'auteur ancre judicieusement le sens de l'esthétique dans une perspective à la fois philosophique et théologique. Une culture esthétique s'établit par de l'information, des commentaires d'oeuvres artistiques ou une description des émotions et des sentiments. Mais elle demande surtout de la réflexion, pour comprendre la forme de l'esthétique, sa structure et ses composantes.

    L'école philosophique allemande de Francfort puis celle de Constance ont élaboré de précieuses analyses sur l'art, la lecture et la réception. Mais ce livre « français », à partir d'une relecture de Kant et des théoriciens des médias, relie l'esthétique et la communication et confronte la foi à l'une et à l'autre.

    S'il y a effectivement un malentendu, un contentieux et un débat entre la foi et l'esthétique, c'est parce que l'esthétique, bien loin d'être extérieure à la foi, lui est très proche et même intérieure. Le tout est alors que la foi laisse émerger en elle cette forme ou cette dimension d'elle-même sans laquelle elle ne serait pas ce qu'elle est.

  • La chair et l'éros

    Barbara Capou

    • Profac
    • 15 Mai 2011

    Ni complètement transcendant, ni totalement immanent, le sens de l'union charnelle exige l'attention au corps lui-même comme vecteur de sens et réclame en même temps l'intention définie des deux amants, une contextualisation et plus largement, dans une perspective éthique, une éducation à l'amour. Que signifie la parole biblique : « ils ne feront qu'une chair » ?
    La chair et l'éros, traversés par la solitude, la différence, l'errance, appellent la relation et le don au creux du désir. L'incarnation humaine elle-même est la structure de la relation à l'autre comme autre, la condition de possibilité de l'accès à autrui, qui ne peut s'établir que dans et par le désir : par sa nature, celui-ci fait se rejoindre deux chairs sans les confondre ni les instrumentaliser.
    Phénoménologie et éthique chrétienne s'entrelacent en se questionnant. Elles ont des assises singulières mais aussi une manière commune d'envisager l'homme comme un être incarné, un être de désir et en relation avec autrui. Intimité, pudeur, pulsion, alliance, relation, unité, transcendance, chaque notion vient éclairer les facettes du rapport difficile entre la chair et l'éros au fil de ces pages rigoureuses et passionnantes.

  • LE DON DE LA TERRE est une bénédiction de Dieu pour son peuple et pour l'humanité, le gage de son amour. À parcourir la littérature intertestamentaire, les écrits rabbiniques, les oeuvres de Yehoûdah Hallévi, de Maïmonide et des kabbalistes, la Terre d' Israël s'affirme comme la demeure privilégiée de la sainteté. Elle est le lieu de la présence et de la révélation de Dieu, elle appelle à la fidélité et à la justice le peuple qui la reçoit. Car la Terre reste de l'ordre d'une promesse.
    Le rapport à la Terre d'Israël varie selon les époques et les courants du judaïsme, mais l'amour de cette Terre les traverse tous d'une manière ou d'une autre. Le christianisme est ici invité à comprendre de l'intérieur cette réalité complexe, aux contours tantôt mystiques, tantôt politiques, alors que son propre rapport à la terre est foncièrement d'un autre ordre.
    C'est tout l'esprit du Centre Chrétien pour l'Étude du Judaïsme, de la Faculté de théologie de Lyon, qui commémore cette année les vingt ans de sa création.

  • En apparence, le livre d'Esther en est un épisode périlleux à la cour des Perses, entre intrigue amoureuse, complot génocidaire et massacre joyeux... Pourquoi lire cette sanglante histoire de vengeance, cette revanche sur l'adversaire quand l'évangile dit d'aimer jusqu'à son ennemi ? La question encombre la mémoire chrétienne jusqu'à faire douter parfois de l'inspiration d'une telle histoire.
    Et si derrière le sang promptement versé se cachait un masque, une énigme à lever au-delà de ce qui est mis en scène par le récit ? Si la fête qui lui sert de prétexte - et de mémoire - ne faisait pas d'Esther une subversion de la violence ? Sans doute est-ce là une manière assez contemporaine de lire quand le livre reflète d'abord le miroir complexe d'une vie juive en diaspora. Mais le pari mérite d'être tenté.
    Il suppose de connaître au préalable l'historiographie juive tardive et ce qu'elle doit à l'environnement perse, puis grec. Mais aussi de lire Esther dans une traduction au plus proche de l'hébreu, malgré la grande complexité textuelle. D'en connaître le genre littéraire, la date de composition, les références scripturaires, la réception canonique, et, plus fondamentalement, ses liens avec la fête de Pourîm.

  • Dans l'Occident post-moderne qui est le nôtre, le désir humain constitue souvent une sorte d évidence positive, une réalité intimement liée aux forces de vie qui habitent chaque individu. Pourtant, cette dimension importante de l existence gagne à être revisitée et approfondie. Tel est l objet de ce livre qui envisage le désir selon un point de vue particulier : le dialogue entre bouddhisme et christianisme. Fruit d un colloque entre pratiquants et spécialistes de ces deux voies spirituelles, Le désir en question nous plonge dans cette question essentielle en balisant un itinéraire de dialogue exigeant, mais nécessaire. De la clarification des termes et des idées employés par chaque tradition jusqu à leurs retentissements spirituels, le lecteur est ainsi invité à se mettre vraiment à l écoute de l'autre. Et, peut-être, à revisiter sous un jour nouveau sa propre conception de l homme et de son désir.

    Actes du colloque interreligieux du 5 au 8 juillet 2012 au Centre théologique de Meylan-Grenoble / sous la direction de Bertrand Dumas et Dennis Gira.

  • La Bible est un texte ouvert qui appelle une pluralité de lectures, de méthodes et d'approches, aussi bien confessantes que culturelles.
    Le Colloque " Aujourd'hui, lire la Bible ? ", organisé dans le cadre des " Dix-Neuvièmes Entretiens " du Centre Jacques Cartier Rhône-Alpes par la Faculté de Théologie de l'Université Catholique de Lyon, du 30 novembre au 2 décembre 2006, manifeste l'intérêt constant que la Bible suscite dans les recherches universitaires. Le Colloque explore les passages entre divers champs, disciplines et méthodes, en tenant un axe herméneutique dont le fil conducteur est celui de la " lecture " et un axe thématique qui explore la question fondatrice de la Loi.
    Fruits des conférences dialoguées et des tables rondes interconfessionnelles et interdisciplinaires, les vingt-et-une contributions présentées dans ces Actes sondent avec intelligence les rapports que l'histoire, les sciences du langage, la littérature, le droit, la théologie et la philosophie nouent avec la Bible. Le lecteur trouvera profit à interroger son propre acte de lecture du texte biblique au contact de ces approches diversifiées et très stimulantes.

  • Pour lire l'histoire de l'Église...
    Qui ne connaît cet ouvrage de Jean Comby, aujourd'hui publié en huit langues ? L'auteur, prêtre du diocèse de Lyon professeur pendant près de vingt ans à la Faculté de théologie de cette même ville, a fait l'objet d'un hommage de ses collègues. L'ensemble de son oeuvre (12 livres écrits seuls ou en collaboration, 160 articles) est abordé ici sous des points de vue complémentaires qui en révèlent toute la richesse.
    Ces contributions nous ouvrent à une réflexion approfondie sur la place fondamentale de l'histoire dans la culture chrétienne.

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