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Pu De Paris-sorbonne

  • Tout en montrant la nouveauté radicale du bolchevisme, et les techniques de Staline pour faire régner sa tyrannie, ce livre fait ressortir les continuités de l'histoire russe et ses constantes (idéologie, pratiques du pouvoir, place et influence de l'empire, conceptions et méthodes de politique étrangère, utilisation de la propagande). L'ouverture des archives de l'URSS et leur abondance a enrichi la connaissance de ce monde autrefois fermé et rend indispensables certaines clés de compréhension : elles faciliteront aussi l'abord de la Russie post-communiste et son passé difficile à surmonter.

  • L'un des traits caractéristiques de Leibniz est son rapport, positif, érudit et essentiel à toute la tradition philosophique antérieure. Le rapport qu'il assume à celle-ci peut s'entendre par analogie avec les parties célèbres où les joueurs d'échec apprennent leur art : un bon joueur, instruit de l'histoire des échecs, reconnaît aux premiers coups l'ouverture choisie par son adversaire. Il s'épargne ainsi supputations et hypothèses. Se trouvent ici non seulement restitué ce que Leibniz a pensé des auteurs antiques et médiévaux mais encore analysé son bon usage de l'histoire de la philosophie. "

  • Ce livre traite du processus inédit de décolonisation par l'accession au statut de département d'Outre-mer (DOM) des Antilles françaises. En mars 1946, les vieilles colonies des Antilles deviennent des départements français, en écho à des revendications exprimées depuis l'abolition de l'esclavage de 1848. Cette forme singulière de sortie d'empire, trouvant à l'origine son plus illustre défenseur en la personne du député-poète Aimé Césaire, n'est pourtant pas synonyme de fin de l'histoire pour ces îles de la Caraïbe.
    Elle inaugure, au contraire, un cycle de conflictualité inédit, puisant ses racines dans les ambigüités d'une politique assimilationniste qui se déploie à contre-courant des évolutions à l'oeuvre dans le reste du monde colonial.
    Ce livre s'attache à étudier la transition de la colonie au département à la lumière d'une histoire de l'État. Il échappe au piège de la téléologie et dévoile une histoire plus tourmentée que le fort ancrage politique de ces îles à la France ne la laisse paraître aujourd'hui. Si la « départementalisation » des Antilles a triomphé du vent contraire des indépendances, son histoire ne s'apparente pourtant pas à un parcours linéaire retraçant la rencontre entre un État républicain, qui aurait fait fructifier l'héritage abolitionniste de 1848, et une population prédisposée à l'assimilation du fait de sa culture politique. Par de nombreux aspects, cette histoire produit un récit fluctuant qui dérange, tant les questions qu'il pose suscitent d'évidentes difficultés de réponse.

  • « La véritable philosophie des Amants est celle de Platon », écrit Jean-Jacques Rousseau dans une note de Julie ou La Nouvelle Héloïse. Au-delà de ce platonisme à vrai dire très singulier, l'hypothèse centrale de ce livre est que cette « philosophie des amants », qui porte Julie et Saint-Preux, puis toute la communauté de Clarens, à (se) créer un monde imaginaire et parallèle à ce monde ci, est aussi le ressort poétique et philosophique le plus essentiel du plus grand roman français du XVIIIe siècle. Avec cette « philosophie des amants », il y va, en effet, de l'oeuvre toute entière : depuis les images enchanteresses qui auraient saisi Rousseau et fait de lui un romancier malgré lui, jusqu'à la préparation méticuleuse des estampes destinées à orner la première édition, en passant par la fonction déterminante des « opiniâtres images » mentales qui, tout au long du texte, obsèdent les amants, tout invite à faire de la puissance de l'imagination et de la chimère un principe essentiel de Julie ou La Nouvelle Héloïse.

  • La décolonisation de la pensée et des savoirs est de plus en plus présente dans la littérature contemporaine (philosophie, sciences sociales, littérature). On peut la définir comme une démarche comprenant trois dimensions : une critique de la raison hégémonique et universaliste (déconstruction), une critique de la raison colonisée (émancipation et désobéissance épistémique) et une reconstruction des savoirs dans le cadre d'un espace commun et transculturel (migration et traduction).
    L'afrocentrisme est l'une des formes de décolonisation de la pensée et des savoirs. Ce courant de pensée, qui a prospéré aussi bien en Afrique que sur le continent américain, se présente d'une part comme une critique de l'eurocentrisme et d'autre part comme une approche, fondée sur la théorie du stand point, pour l'étude de l'histoire et des réalités africaines à partir de modèles endogènes. Bien que ce courant de pensée ait donné lieu à de vives polémiques idéologiques et à des critiques épistémologiques bien fondées, il conserve toute sa force paradigmatique et son potentiel critique, mobilisable moyennant un travail de mise à jour. Il permet de repenser divers sujets comme la philosophie ellemême, l'historiographie philosophique, la colonisation, la décolonisation, l'histoire, le développement, la gouvernance, la citoyenneté, etc.

  • Ce volume rassemble dix-sept contributions sur les recherches actuelles sur les caves menées par des historiens, historiens de l'architecture, archéologues, géologues et ingénieurs sur les caves anciennes, essentiellement en Île-de-France, Normandie et Picardie.
    Leurs découvertes enrichissent nos connaissances sur l'habitat urbain et rural, les structures d'exploitation agricole, les bâtiments à fonction commerciale mais concernent aussi l'histoire de l'industrie du bâtiment, de la carrière à l'achèvement des chantiers. Sont étudiées les fonctions de stockage (denrées, vin...) des caves mais aussi les activités artisanales et commerciales qui s'y déroulent.
    À travers l'étude des caves, c'est l'espace urbain qui se dessine, celles-ci permettant de préciser les contours des bâtiments, des parcelles et des îlots, le tracé de la voirie, pour une restitution plus fine du paysage urbain. Ce volume présente un bilan inédit de ces découvertes, à partir de recensements régionaux, d'études de sites et de monographies. Les questions méthodologiques, intégrant les démarches de restitution et de modélisation, la définition de typologies fondées sur les caractéristiques architecturales ou fonctionnelles sont mises en relation avec des approches élargies d'ordre socioéconomique et urbain.

  • Comment naissent les films ou spectacles vivants ? Cet ouvrage aborde les univers du cinéma et du théâtre à partir des activités des producteurs de films et administrateurs de compagnies qui, aux côtés des artistes, contribuent à leur production. Ceux-ci ont en commun de pouvoir peser sur la définition et les conditions de réalisation des projets artistiques, par leurs interventions dans le processus de création, leur rôle de financement et de valorisation et leur proximité relationnelle avec les metteurs en scène et réalisateurs.
    La perspective défendue met volontairement à distance les réalisateurs de films et les metteurs en scène de théâtre, figures artistiques valorisées dans le contexte français, pour s'intéresser à des professionnels de l'intermédiation dont l'activité, moins visible, est pourtant décisive.
    Il confronte deux mondes de l'art, le cinéma et le spectacle vivant, souvent perçus comme relevant de dynamiques différentes, voire opposées et adopte, à partir d'un travail d'enquête approfondi, une perspective résolument comparative proposant de les penser comme relevant d'enjeux communs.
    En s'appuyant sur un travail d'enquête au long cours auprès de producteurs et d'administrateurs, en suivant leurs interventions au fil des projets et en étudiant leur position vis-à-vis des artistes, l'ouvrage offre ainsi une perspective nouvelle sur le travail de création et ses enjeux.

  • Depuis le début des années 1990, un marché dit volontaire des crédits carbone a vu le jour. Dans l'optique de compenser leurs émissions de gaz à effets de serre (GES), des entreprises achètent ainsi sans contrainte réglementaire des crédits carbone à d'autres entreprises ou ONG. Afin d'obtenir ces crédits carbone, dont chaque unité correspond à une tonne de GES évitée ou réduite, les opérateurs (entreprises et ONG) mettent en oeuvre des projets de réduction d'émissions de GES dans les pays du Sud. Des journalistes, des ONG environnementales et même des scientifiques considèrent que ce marché ne permet pas de réduire efficacement les émissions de GES, mais qu'il conduit au contraire des entreprises de s'acheter une image verte (greenwashing). Ils estiment aussi que les populations du Sud encourent de potentiels dangers avec la mise en oeuvre de tels projets, comme celui de se voir accaparer leurs terres au profit de projets de compensation carbone. Comment s'est construit ce marché en dépit des controverses qu'il suscite ? C'est à cette question que s'attelle cet ouvrage.

  • Ce livre rassemble les nouvelles vénitiennes de Camillo Boito (1836-1914), écrivain italien qui fut aussi critique d'art et architecte. Pour la première fois, une édition française rassemble « Senso », son oeuvre la plus connue, qui fut adaptée au cinéma par Luchino Visconti en 1954, et ses autres nouvelles ayant Venise pour cadre. Deux de ces nouvelles (« La couleur à Venise » et « Quatre heures au Lido ») sont inédites en France, tout comme deux articles publiés par l'écrivain sur la sauvegarde du patrimoine vénitien. Dans une Venise aux deux visages, tantôt splendide, tantôt décrépite, Boito joue avec les lieux communs de son époque, notamment le mythe des amours vénitiennes, qu'il s'amuse à réécrire dans plusieurs de ses nouvelles, dont « Senso ». Dissimulant son ironie sous une impassibilité de façade, l'écrivain dresse un portrait sans complaisance de la société vénitienne de la fin du XIXe siècle.

  • Ahmad Zaki fut entre 1892 et 1934 l'une des figures les plus dynamiques de la vie culturelle égyptienne : polyglotte, traducteur, bibliophile, philologue, homme d'érudition, mais épris de modernité et de voyages. À l'aise tant dans la culture arabe que française, il stupéfiait déjà ses contemporains par l'ampleur de ses connaissances et sa liberté d'esprit. Le tour d'Europe qu'il effectua à partir de 1892 et dont on présente ici la traduction intégrale a tout pour nous étonner encore aujourd'hui par éclectisme dont il témoigne. Rédigeant ses feuillets à la diable, d'où un style singulièrement alerte, l'auteur nous fait partager le regard qu'il porte à la fois en humaniste, en ethnographe amateur et en touriste bon vivant, sur l'Italie, la France, l'Angleterre, le pays de Galles, la péninsule Ibérique, auréolée pour lui du souvenir d'Al- Andalus et de ses splendeurs. Chemin faisant, ce qui se construit, dans ce récit au ton personnel, mi-parti d'humour et de souci patriotique, c'est aussi un discours occidentaliste, véhiculant savoir et représentations moins de « l'Autre », que des autres, mais sans aucune lourdeur dogmatique.

  • À l'instar du Phèdre cette étude se présente comme un livre ouvert. En scrutant les détails jusqu'à la fugacité même des impressions produites, en descendant en même temps au plus profond des eaux vives qui sont les sources de Platon, on s'approche autant que possible du coeur du Dialogue, tout en préservant son intimité secrète et en affrontant à nos risques la fascination qu'il exerce.
    Le livre poursuit une idée mais se garde d'en faire la clef du Phèdre. Le Dialogue met en scène Socrate dans le rôle de ce qu'une âme singulière peut donner de mieux : se montrer à travers son discours pour prévenir l'égarement de l'animé et écarter le danger de l'oubli. Socrate montre ainsi le chemin par lequel le logos dont l'âme est pourvue conduit chaque vivant à reconnaître que le lieu dans lequel il se meut est divin, et que le vivant porte en lui la puissance entière de ce lieu unique avec lequel il s'identifie et dans lequel il vit en même temps. Platon appelle cette leçon une initiation à la philosophie. Pour nous, cette philosophie de la connaissance immanente à l'âme est la première des métaphysiques.

  • Cet ouvrage s'adresse en premier lieu à tous les étudiants préparant les agrégations de Lettres et de Grammaire, mais aussi au lecteur curieux de recherches en stylistique. Se trouvent ici réunies les interventions de la traditionnelle journée d'agrégation, à l'initiative de l'UFR de langue française de la faculté des Lettres de Sorbonne Université, sur le programme de la session 2021 des épreuves de grammaire et stylistique françaises : le Testament de François Villon, L'Heptaméron de Marguerite de Navarre, les Satires de Nicolas Boileau, l'Histoire de ma vie de Giacomo Casanova, Mauprat de George Sand, Le Balcon de Jean Genet. En appuyant leurs analyses sur des aspects linguistiques, lexicales, génériques ou poétiques, les contributeurs de ce volume illustrent l'apport de la lecture stylistique à l'interprétation des textes.

  • Sorbonnavirus, c'est la Sorbonne face au virus, et dans la cité. Ce livre offre une analyse pluridisciplinaire et inédite de la crise actuelle. L'ouvrage entre dans le virus, le traque, le suit, depuis ses origines jusqu'à ses effets, en remontant à ses ancêtres, épidémies antiques ou médiévales, et en identifiant les chemins qu'il emprunte et qu'il ouvre.
    La trentaine de contributions offre une assemblée de regards, tournés vers toutes les temporalités du monde - passé, présent, futur. Il s'agit d'une prise de recul, ni totalement à chaud, ni totalement à froid, qui permette de mieux comprendre un phénomène difficilement saisissable et de dessiner des chemins de connaissance et de vie pour nos contemporains.

  • Une traversée de l'histoire et de la culture sépharades du Moyen Âge à nos jours.
    De la cohabitation des trois monothéismes dans l'Espagne musulmane et chrétienne à l'émergence des fanatismes musulman puis chrétien, en passant par le phénomène marrane, l'Inquisition, sans oublier l'effervescence culturelle et économique que connaissent le judaïsme ibérique et le monde judéoconvers, ce livre restitue les grands moments d'une aventure, celle du séphardisme, dans ses lieux de naissance et de développement, à la croisée de cultures plurielles.
    Terre des grandes oeuvres de la philosophie, de la littérature, de la poésie et de la liturgie, écrites en hébreu, en arabe et en roman, la terre d'Espagne a aussi été celle de la cabale, avec son oeuvre maîtresse, rédigée en araméen, le Zohar. Mais les expulsions dispersent bientôt les Sépharades en Europe, un peu dans le Maghreb, et surtout dans l'Empire ottoman où se construit une séphardité nouvelle - quoique liée à la créativité judéo-ibérique du passé - et s'épanouit une culture spécifique, dont le Me'am Lo'ez, véritable encyclopédie religieuse populaire judéo-espagnole, est l'un des plus beaux fleurons.
    La Seconde Guerre mondiale décime cette nouvelle aire culturelle, avec en son centre Salonique, appelée " ville-mère " du judaïsme oriental. L'ouvrage ne s'arrête pourtant pas là, de même qu'il ne limite pas son horizon aux Balkans. Il tente en dix chapitres, qui sont comme dix escales, de couvrir tout l'univers sépharade dont la langue et la culture sont en voie de disparition, et d'en traquer les ultimes vestiges aujourd'hui, telles certaines identifications avec le marranisme dans l'Amérique latine contemporaine.
    Réunissant en ce volume les textes des dix conférences annuelles prononcées sous son égide, le Centre Alberto-Benveniste met ainsi à la disposition du public quelques-unes des plus belles réalisations des dix premières années de son existence.

  • Barack Obama a cru demeurer celui qui avait liquidé les derniers vestiges de la guerre froide : en initiant en 2009 le remise à zéro des relations avec la Russie ou en enterrant définitivement les restes de la guerre froide sur le continent américain comme il le déclara à la Havane en mars 2016.
    Pourtant, c'est bel et bien sur le retour de la guerre froide avec la Russie que s'est achevé son second mandat. Depuis l'été 2015, les colonnes des grands journaux américains n'hésitent plus à parler ouvertement de guerre froide pour caractériser l'état de tensions entre les deux pays. La réapparition de ce concept correspond à « un changement d'orientation stratégique majeur » lorsque le Pentagone décide, en août 2015, d'ériger à nouveau la Russie en menace n° 1 pour la sécurité des États-Unis devant l'État islamique. Cette inflexion fut l'aboutissement d'une lente dégradation des relations bilatérales depuis le retour de Vladimir Poutine à la tête de l'État russe. Le point culminant des tensions fut évidemment l'annexion de la Crimée par la Russie en mars 2014.
    Depuis la campagne présidentielle de 2016, la question des relations avec la Russie n'est plus seulement une préoccupation d'experts de la sécurité nationale ou de géopoliticiens : elle a fait irruption au centre du débat politique américain. Le retour des tensions avec la Russie explique en effet la centralité que le thème de la sécurité nationale a occupée durant la campagne.
    L'objet de cette étude est d'examiner comment, entre 2014 et 2016, la Russie est passée du statut de simple rival géopolitique à celui de principale menace pour la sécurité des États-Unis, au point que les stratèges envisagent désormais divers scénarios de guerre ouverte. Cet essai a pour objet d'exposer les points de vue de ceux qui participent au débat d'idées sur la « question russe » à Washington et contribuent ainsi à son orientation.

  • Janvier 2020 : Qassem Soleimani tué par un drone américain, crise diplomatique entre les États-Unis et l'Irak, bombardements par l'Iran de bases irakiennes abritant des soldats américains... Jamais les suites de l'accord de Vienne de 2015 et leur remise en question par Donald Trump n'ont été autant d'actualité.
    La quête nucléaire de l'Iran, poursuivie depuis cinquante ans, a connu une route contrastée, alternant accélérations brusques et ralentissements parfois mystérieux. L'opacité du régime théocratique des mollahs ne facilite pas la compréhension des décisions prises en Iran ; en tout état de cause, le dernier mot revient au Guide suprême. Les réponses des États occidentaux sont ainsi le plus souvent décalées par rapport aux intentions iraniennes, offrant souvent des avantages ou faisant des concessions quand Téhéran durcit sa position et multipliant les sanctions sans que leur objectif soit toujours clair : changement de régime ou inflexion de la politique iranienne ? Toute négociation ne saurait oublier le glorieux passé de la Perse qui nourrit le nationalisme iranien, dont la recherche de la bombe est un élément fondamental.
    Spécialiste de la prolifération nucléaire, Marie-Hélène Labbé offre un éclairage sur une situation complexe et dangereuse.

  • Depuis plus de deux siècles, la France vit sous l'empire d'une passion constitutionnelle. Près de vingt constitutions depuis 1791, de nombreux projets inaboutis, des ruptures violentes et récurrentes. Trois monarchies limitées ou constitutionnelles, deux empires, cinq républiques sous diverses formes se sont succédé dans le désordre. La Révolution a trouvé sa société, elle n'a pas trouvé son gouvernement. La Cinquième République elle-même, la plus durable avec la Troisième, a révisé vingt-quatre fois sa constitution en en un demi-siècle. Toutes ces réformes n'ont pas été heureuses. Ainsi la réduction de la durée du mandat présidentiel, du septennat au quinquennat, a-t-elle bouleversé le fonctionnement des institutions en supprimant la dimension régalienne et arbitrale de la présidence. Cette constitution est un aboutissement, parce qu'elle intègre beaucoup d'éléments de ses devancières. Elle est héritière autant qu'innovatrice. Elle est en même temps régulièrement remise en cause et sa survie n'est pas assurée, même si elle a jusqu'à présent surmonté toutes les crises qui l'ont menacée. Elle a notamment initié un contrôle de constitutionnalité des lois, indéfiniment développé, et une pratique référendaire qui s'est à l'inverse raréfiée. Répond-elle aux défis du XXIe siècle ? Elle reste la meilleure que la France ait connue depuis la Révolution, mais sa construction n'est pas achevée. Il lui manque une organisation plus ouverte et une utilisation plus fréquente des référendums. Il lui manque aussi la consacration d'un authentique pouvoir judiciaire, unique et indépendant, qui éliminerait ces anomalies que sont l'existence d'une justice « administrative » et d'un Conseil constitutionnel qui est en réalité une troisième chambre politique. Corriger ces anomalies permettrait de concilier démocratie politique et État de droit.

  • Né Laboratoire Arago en 1881, l'Observatoire océanologique de Banyuls-sur- Mer célèbre, en 2021, ses cent-quarante ans. Banyuls, lieu de la première photographie sous-marine, abrite un institut de recherche mondialement réputé où se sont déployées, à partir de la fin du XIXe siècle, les multiples facettes des sciences de la mer.
    À la zoologie expérimentale marine - mais aussi terrestre - étudiée par le fondateur, Henri de Lacaze-Duthiers, et ses successeurs, s'est ajoutée à partir des années 1960 l'océanographie, qu'explore la génération de la plupart des contributeurs de cet ouvrage qui narrent l'odyssée scientifique et partagent leur enthousiasme, leurs tourments, leur vie quotidienne, leurs relations affectives avec la vie locale de ce village catalan. Ce livre décrit le développement de la biologie cellulaire des modèles marins qui se complètera par la suite avec la biologie moléculaire, aujourd'hui si présente, en passant par l'étude des céphalopodes, des micro-organismes et des écosystèmes abyssaux. Initialement attaché à l'Université de Paris et désormais à Sorbonne Université, l'observatoire accueille, depuis son origine, chercheurs et étudiants du monde entier, tandis que son aquarium, ouvert dès 1885, offre à la vue du public les merveilles sous-marines de la Méditerranée. À travers les portraits de ses « grands hommes » et l'évocation de ses principaux champs de recherche, cet ouvrage raconte une histoire vivante, en perpétuelle écriture.

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