Pu De Paris-sorbonne

  • L'animal désanthropisé : interroger et redéfinir les concepts Nouv.

    Depuis longtemps, nous interrogeons les animaux avec des concepts définis du point de vue humain. Cela nous a fait confondre les versions humaines de l'intelligence, du langage, des émotions, etc., avec la définition générale de ces capacités. Cela nous a amené à conclure que les animaux ne possédaient pas ces capacités ou qu'ils n'en possédaient que des versions dégradées. Voilà pourquoi il faut sortir les concepts de leurs versions humaines - soit les désanthropiser - pour les redéfinir d'une manière plus adaptée aux animaux, afin de les observer et de les interroger - avec eux, pas contre eux.

    Parallèlement, la nécessité de croiser les sciences pour comprendre les animaux oblige aussi à décloisonner ces concepts, c'est-à-dire à les sortir de leurs carcans disciplinaires. Il nous faut donc ouvrir, enrichir; redéfinir ces concepts : on peut y parvenir en important simultanément des notions issues des sciences humaines ou provenant d'autres civilisations, lorsque celles-ci se révèlent plus efficaces, ou encore en réutilisant des notions d'autrefois. L'idée n'est pas de remplacer les disciplines actuelles du vivant mais de les enrichir ; de développer un regard pluridisciplinaire, de questionner différemment les animaux : en somme de mieux voir et de mieux lire les animaux.

    Ce livre, auquel ont contribué des généticiens, des vétérinaires, des éthologues, des écologues, des neuroscientifiques, des psychologues, des sociologues, des anthropologues, des littéraires, des sémioticiens, des géographes et des historiens, s'adresse à tous - et au public passionné d'animaux.

    Contributions de :

    Eric Baratay, Farid Benhammou, Alain Boissy, Sarah Bortolamiol, Dalila Bovet, Florence Brunois-Pasina, Pascal Carlier; Fabienne Delfour ; Fabrice Guizard, Florent Kohler ; Michel Kreutzer, Sabrina Krief, Stavros Lazaris, Gérard Leboucher ; Pierre Le Neindre, Frédéric Louchart, Pascal Mallet, Lison Martinet, Nelly Ménard, François Moutou, Ludovic Orlando, Marie Pelé, Emmanuel Porte,Violette Pouillard, Patrice Régnier ; Marie Renoue, Hélène Roche,Véronique Servais, Charles Stépanoff, Margaux Spruyt, JeanTrinquier et Marco Vespa.

  • Cet ouvrage propose une approche multidisciplinaire des biens communs, ni prescriptive, ni soucieuse de définir une voie nouvelle - comme certains auteurs récents ont cru y voir une perspective révolutionnaire renouvelée - dépassant ainsi l'alternative entre propriété privée et publique.

    En adoptant la perspective heuristique des biens communs, il questionne la dynamique des trois institutions majeures de l'économie (capitaliste), retenues comme autant de parties successives scandant le contenu de l'ouvrage : la propriété, le travail et la monnaie, ainsi que leur imbrication propre à déboucher sur différents modes d'organisation des activités et de la vie démocratique.
    Les douze contributions participent à la construction d'un cadre analytique permettant d'étudier précisément les modes de gouvernement, les structures de propriété et les évolutions des activités économiques, suivant différentes échelles de temps et d'espaces. En particulier, l'ouvrage analyse le processus historique suivant lequel l'Etat, après avoir été l'englobant par la définition et la garantie d'un service public, devient de plus en plus aujourd'hui l'englobé.
    Cela du fait des contraintes imposées par d'autres figures ou personnes morales représentant l'action publique et pouvant impulser des transformations sociales dans divers domaines (transport, urbanisme, culture, environnement et patrimoine, finance). Par ailleurs, il invite aussi à être attentif au maintien de formes de copropriété toujours menacées par des acteurs dominants cherchant à acquérir la pleine propriété de certains actifs afin de les valoriser au mieux sur les marchés.

  • Construire la géographie comme une écologie humaine, tel fut le projet de Max Sorre (1880-1962). Cette biographie inédite retrace la trajectoire de ce pionnier de la pensée écologique, tout à la fois géographe de terrain, théoricien et savant encyclopédiste. Par son oeuvre, qui s'attache aux relations entre l'homme et son environnement, il s'est intéressé à des questions jusque là délaissées par les sciences sociales, comme les maladies, l'alimentation, le climat, les genres de vie, le rapport des sociétés aux végétaux et aux animaux, ou encore la mobilité.

    L'oeuvre de Sorre est dense, depuis sa thèse en 1913, Pyrénées méditerranéennes, à son essai de 1961 L'Homme sur la Terre, en passant par Les fondements de la géographie humaine (1943-1952). Élève de Paul Vidal de La Blache, formé à l'écologie végétale par Charles Flahault, il a traversé de multiples scènes savantes : à l'université de Lille, à la Sorbonne, au Centre universitaire méditerranéen, à la direction de l'Enseignement primaire, au sein des réseaux résistants, au Centre d'études sociologiques qu'il dirige dans les années 1950, il collabore avec des scientifiques de tous horizons, multipliant avec eux les échanges intellectuels.

    Le portrait brossé dans ce livre, loin de faire l'hagiographie d'un classique, replace ainsi Max Sorre dans les pratiques, les discussions savantes et les controverses de son temps. Dévoilant une part importante et méconnue de la tradition écologique, dans la diversité de ses origines et de ses redéploiements, cette biographie dessine une histoire collective des sciences humaines aux prises avec l'environnement.

  • Peintre, scénographe et cinéaste, René Allio (Marseille, 1924-Paris, 1995) marque durablement l'histoire du théâtre et du cinéma français dont il renouvelle les formes et les genres par un constant travail d'expérimentation. Aux côtés d'Hubert Gignoux, au Centre dramatique de l'Ouest, de Gabriel Garran, au Théâtre de la Commune d'Aubervilliers, de Roger Planchon au Théâtre de la Cité de Villeurbanne, il repense l'espace théâtral.

    A partir des années 1960, il passe derrière la caméra pour s'essayer, à son tour, à l'art du récit. La Vieille Dame indigne (1965), Les Camisards (1970-1972), Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma soeur et mon frère... (1976), L'Heure exquise (1981) marquent brillamment les grandes étapes d'une carrière inclassable au cours de laquelle l'artiste se met constamment en danger.

    Cet ouvrage, qui croise articles scientifiques et témoignages avec les proches collaborateurs d'Allio,suit le mouvement de sa création dans ses travaux de costumier, scénographes, écrivain, metteur en scène. Il souligne le fort ancrage de son oeuvre dans des lieux, des territoires : Marseille, Villeurbanne, la banlieue parisienne ou la Normandie... Il offre enfin un nouvel éclairage sur Moi, Pierre Rivière..., expérience unique dans l'histoire du cinéma, par laquelle Allio met en scène les pièces du dossier du jeune parricide réunies par Michel Foucault.

  • Connaît-on vraiment la manière dont notre modernité a fait l'expérience de son milieu, la manière dont elle l'a pensé comme problème politique, scientifique et philosophique ? L'histoire de la question environnementale, souvent élaborée à partir de la tradition darwinienne et de l'écologie politique, semble en effet négliger toute une tradition réflexive sur les milieux de vie, pourtant centrale pour les sciences sociales naissantes dès la seconde moitié du XVIIIe siècle. En poursuivant les travaux de Georges Canguilhem et de Michel Foucault, en explorant notamment cette science des milieux que le médecin Bertillon nommait "mésologie" dans les années 1860, cet ouvrage dresse l'histoire d'une rationalité "mésopolitique" : un ensemble de connaissances et de techniques qui visent à altérer, améliorer ou transformer les humains par l'aménagement de leur milieu de vie.

    Au croisement de plusieurs domaines de savoir (géographie, histoire naturelle, médecine, biologie lamarckienne, sociologie comtienne et durkheimienne) et de pratiques de gouvernement (urbanisme, criminologie), on assiste ainsi à l'émergence du "milieu" dans une problématisation à la fois scientifique et politique. Il en découle une histoire alternative et critique de la question environnementale, de cette "mésopolitique" qui pose aujourd'hui encore le problème de l'autonomie des populations gouvernées et des milieux dégradés.

  • À l'heure du réchauffement climatique, des catastrophes nucléaires et de la recherche des moyens de "décarboner" nos économies, personne ne doute plus que les questions énergétiques soient cruciales pour nos sociétés. L'idée que leur étude puisse concerner les sciences humaines et sociales est en revanche beaucoup moins consensuelle. L'énergie est pourtant une question éminemment sociale. Ce qui pose problème, en effet, n'est pas tant la quantité d'énergie à notre disposition (le soleil nous en procure bien plus que nous n'en utilisons) que la façon de la mobiliser et de la partager, questions sociales par excellence.

    L'évolution du rapport de l'humanité à l'énergie ne saurait se réduire à un récit linéaire des innovations techniques qui ont permis d'exploiter telle ou telle ressource ou de mettre en oeuvre tel ou tel convertisseur plus efficace que ceux dont on disposait auparavant. Un système énergétique est toujours sous-tendu par des structures et des choix politiques, économiques, sociaux. Pour comprendre la façon dont les sociétés industrialisées sont arrivées au régime énergétique dont elles prétendent - dans le meilleur des cas - vouloir sortir, il nous faut comprendre comment elles y sont entrées et, pour cela, étudier l'histoire du rapport des sociétés à l'énergie dans le temps. C'est cette histoire qu'explorent les vingt-trois contributions réunies ici. Elles s'efforcent de montrer les enjeux de la mobilisation et de la dépense énergétiques, les intérêts qui les sous-tendent, les acteurs qui ont bénéficié des choix effectués et ceux qui en ont pâti, l'influence de ces choix sur la santé, l'environnement, les modes de vie. La complexité des systèmes et des transitions énergétiques se révèle au fil de ces analyses, de l'Écosse médiévale au Cameroun contemporain en passant par l'Espagne du premier XXe siècle.

  • Ce recueil, réalisé par le département des sciences sociales de l'université de paris i (panthéon-sorbonne), présente un choix de textes parmi les écrits fondamentaux de la sociologie et de l'ethnologie : auteurs français, allemands, américains du xixe siècle au milieu du xxe siècle, dont la connaissance est indispensable à la compréhension de la sociologie et de l'ethnologie contemporaines, sciences complémentaires par leurs objets et méthodes.
    On trouvera dans ce volume, précédés d'une biographie des auteurs et d'une bibliographie de et sur ces auteurs, des extraits des oeuvres majeures de tocqueville, marx, durkheim, halbwachs, weber, parsons et merton en sociologie, de frazer, van gennep, malinowski, mauss, lévy bruhl, leenhardt en ethnologie.

  • Plus aucune science ne peut penser les animaux à elle seule, ni prétendre pouvoir faire le tour de la question : pour mieux lire les animaux, il faut croiser les sciences. C'est devenu une évidence entre les différentes sciences de la nature, où des croisements ont déjà donné naissance à des hybrides devenus disciplines à part entière, telle l'écologie comportementale ; c'est aussi vrai entre les sciences humaines, qui ont investi, depuis quelques décennies, le versant humain des relations avec les animaux.

    Cet ouvrage propose un troisième croisement, novateur; difficile, car peu pensé, peu usité, entre les sciences dites "de la nature" et les sciences dites "humaines". Il s'agit de montrer que les questions, les concepts et les méthodes de ces dernières peuvent apporter beaucoup à la connaissance des animaux eux-mêmes, à l'étude de leurs capacités qui sont de plus en plus reconnues comme étant riches et complexes. Il y a profit - et donc un besoin - à croiser les sciences de la vie - génétique, physiologie, éthologie, écologie, neurosciences - avec les sciences de l'homme - archéozoologie, histoire de l'art, histoire, littérature, anthropologie, sociologie, ethnologie - pour décrypter; saisir et penser davantage les animaux - en somme, passer sur le versant animal.

    Rassemblant des spécialistes de ces disciplines, ce livre s'adresse aux archéologues, aux historiens, aux géographes, aux littéraires, aux anthropologues, aux sociologues, aux philosophes, comme aux généticiens, aux zoologues, aux éthologues, aux écologues, aux vétérinaires.

    Et aux passionnés d'animaux.

    Contributions de :

    Éric Baratay, Nicolas Baron, Alain Boissy, Clotilde Boitard, Dalila Bovet, Christophe Chandezon, Jérémy Clément, Martine Clouzot, Hossein Davoudi, Fabienne Delfour, Antoine Fages, Armelle Fémelat, Fabrice Guizard, Michel Jourde, Florent Kohler Michel Kreutzer, Nicolas Lainé, Gérard Lebouchec Augustin Lesage, Sophie Lumineau, Matthias Macé, Marjan Mashkour, Nelly Ménard, Fatemeh Azadeh Mohaseb, Ludovic Orlando, Emmanuel Porte, Violette Pouillard, Patrice Régnier; Hélène Roche, Ana S. Rodrigues, Flora Souchard, Jean Trinquiez Margaux Spruyt et François Vallat.

  • Ce livre est l'histoire d'une entreprise oubliée : le Comité international d'histoire des prix. Si l'objet est d'intérêt, c'est que les échecs tout autant que les réussites nous renseignent sur le fonctionnement social. C'est aussi que l'on retrouve, autour de cette enquête faillie, des noms eux fort célèbres, et que l'on ne s'attend pas à rencontrer dans ce contexte - de Beveridge à Kautsky, de Bloch à Malinowski. Mais c'est surtout que cet objet s'avère idéal pour dépasser les frontières qui séparent aussi bien les traditions scientifiques nationales que les disciplines - entre histoire et économie, entre sociologie des sciences et épistémologie. C'est la production d'une classe particulière de faits, les faits considérés comme scientifiques, qu'il s'agit de comprendre, et ceci en tenant compte, parmi les forces à l'oeuvre dans la détermination de cette production, des enjeux aussi bien épistémologiques que théoriques et institutionnels. Car, dans la transformation opérée d'un prix passé (tel qu'il apparaît dans les archives) en un prix historique considéré comme un fait scientifique, s'avèrent déterminantes des questions aussi diverses et cruciales que le statut respectif des sciences sociales et des sciences de la nature, le monétarisme, ou le passage du champ académique du savant humboldtien à l'ère de la big science. Questions qui, réciproquement, reçoivent de l'analyse de ce cas précis un éclairage dont l'intérêt tient au croisement de ces domaines le plus souvent considérés isolément, croisement que précisément permet ce cas d'espèce.

  • Santa Monica, Venice, Malibu... Les noms des plages de Los Angeles sont connus dans le monde entier et évoquent à eux seuls un paysage naturel paradisiaque où se côtoient, sur un sable immaculé, surfeurs et stars hollywoodiennes. Pourtant, au début du XXe siècle, les habitants de Los Angeles se plaignaient régulièrement de l'état lamentable du littoral : les plages, quand elles étaient accessibles, étaient trop souvent bondées, étriquées et érodées, sans même parler des déchets qui en jonchaient le sol. La ruée vers le sable raconte l'histoire de la grande campagne de modernisation des plages qui, tout au long du XXe siècle, transforme les grèves d'autrefois en espaces de loisir modernes et fait de Los Angeles le modèle incontournable du loisir balnéaire de masse.

    À partir des années 1920, des ingénieurs, urbanistes, hommes d'affaires et notables se constituent en lobby afin de sauver les plages du désastre. Cette obsession, véritable "ruée vers le sable", donne lieu à une transformation radicale de l'écosystème côtier. Dans l'après-guerre, un nouveau paysage littoral surgit de terre : de vastes plages de sable fin, élargies artificiellement, dotées d'immense parkings et de sanitaires pimpants et bordées d'autoroute urbaines voient le jour. Mais, en aménageant le littoral selon les désirs et les peurs des familles blanches de la classe moyenne, les "modernisateurs" contribuent aussi à en chasser certains groupes, en particulier Africains-américains, classes populaires et homosexuels.

    Mêlant histoire sociale, environnementale et culturelle, cet ouvrage propose une relecture inédite de l'histoire de Los Angeles tout en renouvelant les approches sur l'histoire de la nature en ville et le loisir de masse.

  • L'histoire de la vengeance, du Moyen Âge à la fin de l'époque moderne, restait à écrire. Les 18 contributions de cet ouvrage, fruits de trois rencontres internationales posent les premiers jalons des pratiques de la vengeance en étudiant une série de cas pris dans l'Empire, dans le royaume de France, et aussi en Italie et en Espagne, dans ces pays méridionaux où la vengeance est censée subsister jusqu'à nos jours. Tous les groupes sociaux sont concernés, nobles comme non-nobles, paysans et citadins, clercs et laïcs. L'idée a été de comprendre comment et pourquoi, globalement, la vengeance régresse en Occident. Il fallait pour cela interroger les outils théoriques dont dispose l'historien, la notion de « justice privée », qui renvoie à l'idée d'un État détenteur du monopole de la violence légitime, ou celle de « civilisation des moeurs » qui accompagne nécessairement l'idée d'un progrès de l'homme sur ses pulsions agressives. Ces notions volent ici en éclats pour faire place à des explications plus nuancées et sans doute plus justes. L'État peut louer la vengeance tout en la condamnant par bribes et la vengeance peut se dérober à l'observation ou au contraire envahir la documentation au gré des acteurs qui la manipulent pour en faire mémoire. Enfin, si le lien entre honneur et vengeance est ici privilégié, il n'est pas le seul critère d'explication. Car la vengeance se révèle multiforme et, de ce fait, reste difficilement saisissable.

  • Cet ouvrage propose une histoire environnementale comparée de la nation. Il démontre qu'au-delà des contextes, l'invention de la nature vise bien souvent à renforcer les contours matériels et idéels de la nation au nom de laquelle agissent les pouvoirs publics. Tandis que dans la France parsemée de lieux de mémoire, le parc des Cévennes sert à la pérennisation d'une nation paysanne, nostalgique et traditionnelle, au Canada, pour pallier un passé manquant de profondeur mais débordant de conflits, le parc Forillon donne à voir et à croire une nation vierge, atemporelle et apolitique. Quant à l'Éthiopie et son parc du Semen, l'État s'approprie les représentations néo-malthusiennes et vaguement racistes des institutions internationales telles que l'Unesco et le WWF afin d'être reconnu sur la scène internationale et de s'imposer, alors, sur un territoire qu'il veut national.



    Mobilisant les lois, les rapports d'activité et la documentation archivistique et touristique produits par les gestionnaires de ces territoires, de la fin des années 1960 au temps présent, cet ouvrage relate trois histoires de natures, et de nations. Mais il livre aussi une seule histoire : celle du parc comme enjeu de luttes. Car de l'Amérique du Nord à l'Afrique jusqu'à l'Europe, en tant qu'espace de vie quotidienne converti en espace de visites temporaires, le parc national légitime toujours l'exercice public d'une violence concrète et symbolique sur les populations locales et environnantes.

  • Histoire environnementale, anthropologie de la nature, sociologie de l'environnement... : on assiste, depuis une trentaine d'années, à la multiplication de sciences humaines et sociales qui prennent l'environnement pour objet, et revendiquent de voir ainsi leur épistémologie transformée. Le foisonnement de ces labels est tel que, aujourd'hui, certains souhaitent les rassembler sous une bannière commune, celle d'"humanités environnementales".

    Plutôt qu'un manifeste, cet ouvrage propose une histoire des humanités environnementales au prisme des disciplines (anthropologie, histoire, philosophie, géographie, sociologie, études littéraires, sciences politiques, économie, droit). Il retrace pour la première fois l'émergence intellectuelle et institutionnelle de ces domaines d'étude. En prêtant attention à la pluralité des débats et des controverses passés, ce livre décrypte un paysage singulier de la recherche internationale contemporaine : celui des sciences humaines et sociales aux prises avec l'environnement.

    Contributions de : Simon P. J. Batterbury, Guillaume Blanc, Valérie Boisvert Lionel Charles, Meryem Deffairi, Elise Demeulenaere, Wolf Feuerhahn, Bernard Kalaora, Christian A. Kull, Catherine Larrère, Stéphanie Posthumus, Grégory Quenet, Luc Semai et Chloé Vlassopoulos.

  • Depuis l'émergence du web il y a désormais trente ans, les historiens déambulent dans la Toile, arpentant ses dédales comme ils le feraient dans un espace public où sont formulés et circulent des discours, notamment sur leur propre discipline. Si ces discours révèlent les rapports que la société entretient avec son passé, ils structurent également celui des jeunes générations de chercheurs ou de ceux qui ne sont pas, vis-à-vis de la pratique historique, les dépositaires d'une légitimité académique.

    Comment les historiens interrogent-ils ces transformations et se saisissent-ils de ces documents ? Au moyen de quels outils ? Quelles sont les nouvelles figures d'autorité qui émergent de cette mutation du système communicationnel ?

    L'internet et, de manière générale, les réseaux informatiques, sont fondés sur un socle composé de nombreuses strates qui, ensemble, forment un épais tapis de données, qu'il faut envisager dans sa profondeur temporelle. La Toile devient productrice d'archives que l'historien ne peut ignorer. Elle est devenue à la fois un moyen et un objet qu'il faut utiliser en prenant garde de ne pas se focaliser uniquement sur ce qui est mis en lumière par des algorithmes complexes. C'est l'un des fils directeurs de cet ouvrage : imaginer comment faire de ces ressources des matériaux pour la recherche et l'enseignement. Ce faisant, éprouver la solidité des méthodes proposées devient un impératif, face à des matériaux mouvants, composites, éphémères - en un mot fuyants. C'est tout l'objet de ces douze textes, qui invitent à l'expérimentation, à la discussion et au débat.

    Contributions de : Julien Alerini, Gaëtan Bonnot, Jean-Luc Chappey, Alain Dallo, Benjamin Deruelle, Léo Dumont, Jean-Philippe Genet, Éric Guichard, Damien Hamard, Octave Julien, Stéphane Lamassé, Sébastien Ledoux, Anthony Nelzin-Santos, Madalina Olteanu, Sofia Papastamkou, Denis Peschanski , Valérie Schafer, Amina Souag.

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