Pu De Rennes

  • Mouvements de géographie rend compte des déplacements récents du discours de la géographie en France et, secondairement, dans le monde francophone. De visée épistémologique, l'ouvrage essaie de prendre la mesure de la performativité des turns transdisciplinaires sur la "culture disciplinaire" propre à un univers cognitif dans lequel la géographie se pense, se construit et se recompose en français. Sont ainsi explorés dans une perspective réflexive et critique les effets de son acclimatation aux modes de dire et de faire mondialisés de la pensée anglophone aujourd'hui dominante. Mouvements de géographie orchestre un assemblage de voix singulières conviées à mettre en mots les positions de la discipline dans leur domaine de recherche.

    L'ouvrage est destiné en priorité aux étudiants de master et aux jeunes chercheurs qui y trouveront vingt contributions dédiées à l'analyse réflexive, mais aussi programmatique, de mouvements épistémologiques et/ou théoriques, thématiques ou encore méthodologiques. Il associe des contributions qui revisitent des domaines traditionnels de la discipline pour en marquer les repositionnements et d'autres qui prennent en charge l'avènement de domaines récents pour en exposer la généalogie et les enjeux.

    Cet ouvrage fait valoir les multiples dimensions d'une "géopolitique du savoir géographique". Il met en évidence la part d'épistémologie politique du savoir et plaide pour l'urgence d'installer ce champ de recherche en géographie dans le contexte d'un monde globalisé, postmoderne et néolibéral.

  • Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.

  • Cet ouvrage prolonge les 17es Rencontres internationales en urbanisme de l'APERAU tenues à Rennes en 2015 pour tenter d'éclairer la fabrique de la ville, cette boîte noire si mystérieuse. De nouveaux objets sont appréhendés, des référentiels apparaissent et se diffusent tout en étant rapidement questionnés, des modalités d'action plus soucieuses d'équité surgissent autour de projets cristallisant conflits et exigences nouvelles de gouvernance, en apparence au prix d'une moindre efficacité.

    Les multiples analyses réunies ici convergent pour nous dire que le temps de l'aménagement unilatéral et statique est révolu. Voici venir le temps de la ville inclusive, citoyenne, flexible, participative, négociée, régulée. Malgré la distance persistante entre objectifs et résultats, malgré ses aléas et les imperfections de son évaluation, malgré les oppositions de valeurs et les divergences stratégiques, cet ouvrage invite plutôt à l'optimisme, car en dépit de leur dimension critique, les textes rassemblés ici entrevoient des évolutions positives dans une fabrique en constante recomposition.

  • Entre mondialisation et innovations locales, la mise en tension des espaces urbains est souvent déstructurante. Elle touche particulièrement les villes moyennes et moyennes supérieures (dites intermédiaires) à l'épreuve de la métropolisation. En s'appuyant sur un contenu à la fois productif (distribution et commerce) et gestionnaire (politiques urbaines, aménagement de l'espace commercial, opérations d'urbanisme), l'intérêt de cette approche scientifique est d'appréhender des démarches et outils de régénération économique stricto sensu et associés à des opérations de renouvellement urbain plus larges, destinés à pallier des situations de déprises commerciale et urbaine.Les modalités mises en oeuvre pour tenter d'éradiquer ou atténuer les effets de ces crises interrogent d'emblée l'efficacité ou non des outils de reterritorialisation adoptés et appliqués aux territoires du commerce urbain. Au croisement des dynamiques entrepreneuriales, de l'aménagement du territoire et de l'urbanisme notamment commercial, cette étude vise à mieux comprendre les facteurs d'adaptation - réadaptation économique et urbanistique capables d'enclencher ou non une résilience soutenable des territoires dans la ville en transition.

  • Cet ouvrage a pour ambition d'interroger les processus de transition énergétique sans céder à une approche normative ou institutionnelle. Il s'appuie sur une approche pluridisciplinaire du concept de transition énergétique en abordant successivement ses fondements intellectuels et politiques, la fabrication des instruments économiques et politiques qui lui sont liés, enfin les dimensions socio-historiques et spatiales de sa mise oeuvre.

    Il est le résultat d'un long travail de sélection et de réécriture de contributions et d'apports de textes originaux. Ce procédé éditorial a permis d'aboutir en conclusion à des propositions concrètes utiles pour réexaminer l'idée de "transition énergétique" à l'instar de n'importe quel autre objet des sciences humaines et sociales, au moyen d'une approche réflexive et socio-historique, loin des passions politiques et des intérêts économiques du présent.

    Par le détail apporté aux arguments, le souci de clarté de l'écriture et l'effort de synthèse constant, cet ouvrage s'adresse à tous les publics intéressés par l'histoire et l'avenir énergétique des sociétés humaines.

  • En adoptant la loi Maptam en 2014 puis la loi NOTRe en 2015, le législateur a fixé le cadre d'une transformation rapide et profonde de l'organisation territoriale de la France. Elle consiste prioritairement à augmenter la taille et les compétences des régions et à reconnaître aux métropoles un rôle de locomotive pour la croissance économique.

    Cet ouvrage dresse un premier bilan de la réforme territoriale et en dégage les grands enjeux à long terme.

    Sous les regards croisés d'historiens, de géographes, de juristes, de gestionnaires et d'économistes étayés par des analyses de terrains, tous situés en région Nouvelle Aquitaine, il questionne, en particulier, les effets que produit la réforme sur le système urbain : que faut-il attendre de la métropolisation ? Quelles sont les interactions entre les activités métropolitaines et les espaces environnants ? Quelles places peuvent trouver les anciennes capitales régionales ? Que nous enseigne l'histoire à propos de la relation entre pouvoir central et rôle donné aux villes dans l'aménagement du territoire pour comprendre la situation présente ?

  • Les territoires foisonnent : nouveaux périmètres régionaux, regroupement de communes, simplification de la carte intercommunale, etc. Dans un contexte économique globalisé mais aussi de décentralisation accentuée, les acteurs des territoires ont intégré une exigence, voire une injonction : leur territoire doit être identifié, lisible et référencé afin de négocier leur positionnement vis-à-vis des autres territoires. Comment se réalise dès lors la fabrication des territoires ? Les démarches à l'oeuvre sont-elles la consécration d'une prise en compte de la complexité et de la multi-dimensionnalité des territoires ou au contraire sont-elles animées par des logiques de simplification. L'ouvrage regroupe une sélection pluridisciplinaire d'articles émanant de chercheurs en sciences humaines et sociales. Chacun en se référant à des espaces géographiques et des problématiques variées propose d'interroger les processus contemporains de fabrication et d'instrumentalisation des territoires.

    L'ouvrage est coordonné par Christine Bougeard-Delfosse, maître de conférences en marketing, Vincent Boyer, maître de conférences en droit public, Leïla Damak, maître de conférences en marketing, Pascale Ertus, Docteure en Sciences de gestion, Florence Gourlay, maître de conférences en aménagement de l'espace et urbanisme, Claire Mahéo, maître de conférences en sciences de l'information et de la communication et Clément Marinos, maître de conférences en économie. Ils enseignent chacun à l'Université Bretagne-Sud.

  • La politique de cohésion conduite par l'Union européenne, la plus importante de toutes en termes budgétaires, vise à réduire les inégalités entre régions.
    L'ouvrage traite par conséquent d'un premier point essentiel, celui de l'impact de cette politique sur le développement régional, sur lequel les travaux en langue française restent rares malgré l'importance des enjeux.
    La relation entre collectivités régionales et politique européenne de cohésion est l'autre question majeure abordée ici. C'est un thème d'une forte actualité pour la France en raison de la décentralisation de la gestion de l'essentiel des fonds structurels et d'investissement au profit des conseils régionaux depuis 2014. La question est étudiée à partir d'expériences françaises et étrangères.
    L'européanisation de l'aménagement s'exerce aussi par la diffusion de l'idéologie de l'Union européenne, finement analysée.
    Ce recueil réunit des contributions d'auteurs français et étrangers de plusieurs disciplines (droit, économie, sciences politiques, aménagement, géographie) s'exprimant rarement dans un même volume.
    Ce livre ne manquera donc pas d'intéresser aussi bien les chercheurs que les professionnels et élus qui s'interrogent sur l'impact territorial et institutionnel d'une politique de premier ordre.

  • Dans un langage qui se veut accessible, ce livre décrit comment fonctionne la science qu'on nomme « géographie » et comment « faire de la géographie » au sens d'une mise en pratique du savoir scientifique. Fruit d'une vingtaine d'années de recherches et de pratique de la géographie, dans le cadre académique comme dans celui de missions de conseil et d'étude, ce livre d'initiation à l'intelligence spatiale donne matière à enseigner, penser ou entreprendre dans ces technologies d'avenir que sont les technologies sociales.

    Avec une préface de Marc Dumont.

    Avec le soutien de l'Institut universitaire de France et de Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

  • Jinshan peut être considérée comme une ville trois fois nouvelle, recréée successivement, d'abord à sa création en 1386 dans l'objectif de renforcer le système défensif national, puis en tant que ville satellite en 1972, et enfin comme ville nouvelle depuis la fin des années 1990. Ces transformations résultent à la fois de la transformation et de la structuration territoriale de la métropole shanghaienne et de l'histoire des villes satellites et des villes nouvelles depuis la fin des années 1950. Cette évolution se produit non seulement à l'échelle locale et dans les espaces internes des villes satellites ou des villes nouvelles, mais aussi plus largement aux échelles municipale et régionale.

    Cette recherche s'intéresse à la forme urbaine et s'est enrichie d'un questionnement sur la mixité fonctionnelle, un facteur clé pour interpréter les phénomènes urbains apparus dans la fabrication des villes nouvelles chinoises.

    Avec une préface de Pierre Clément.

  • Les auteurs réunis ici se proposent de comprendre sous l'angle de l'éducation au voyage la mondialisation du tourisme, en posant l'hypothèse selon laquelle cette dernière est étroitement liée à la question de la construction et de la circulation des savoirs. Apprendre constitue une motivation touristique fondamentale, et symétriquement la mondialisation multiplie de manière inédite les situations d'apprentissage à de vastes échelles. Prenant le contre-pied de clichés résumant le tourisme au fait de bronzer idiot, cet ouvrage démontre plutôt la richesse des apprentissages liés au tourisme.

    D'une part, il ressort que faire du tourisme s'apprend, car sa pratique implique des compétences organisationnelles, relationnelles, langagières et techniques. D'autre part, les savoir-faire acquis en situation touristique peuvent être profondément utiles dans le cadre d'économies néo-libérales mondialisées, s'ils sont construits au retour comme autant de profits économiques, culturels et sociaux internationalisés. Cette formation par et à la mobilité touristique est appréhendée par plusieurs disciplines : géographie, histoire, sociologie, anthropologie, sciences de l'éducation et STAPS. Leurs résultats sont présentés en trois temps : formation de la jeunesse, circulation des savoirs et éducation à l'environnement. Enseigner, échanger et protéger, telles sont les trois dynamiques pour penser dialectiquement tourisme et éducation, entre contrainte et émancipation.

  • Cet ouvrage analyse en profondeur les comportements des ménages périurbains. Les choix résidentiels se construisent par une tension entre des aspirations pour un mode de vie ou des aménités environnementales et des contraintes induites par la réalité des marchés fonciers, immobiliers et de l'emploi. Les pratiques spatiales des habitants, articulant travail, consommation, loisirs, sociabilités, montrent également l'importante diversité des rapports à l'espace et aux autres, ainsi que la complexité de la formation des modes d'habiter. L'objectif est bien de saisir l'essence même de la périurbanité, qui caractérise aujourd'hui plus d'un français sur quatre.

  • Dans le contexte capitaliste néolibéral actuel, l'espace permet aux dominants d'asseoir leur domination par la surveillance, la spoliation, la relégation, etc. L'ouvrage analyse cette situation mais aussi l'utilisation de l'espace dans la résistance et la contestation des dominés. Dans le champ de la critique sociale francophone, les contributions explorent ainsi divers domaines : la question urbaine, les études sur le genre, le sexe, la sexualité et l'intersectionnalité, la question des migrations ainsi que celle des populations marginalisées et, enfin, l'environnement.

  • Beaucoup de groupes ne préexistent pas aux frontières qui semblent les séparer. Ce sont les frontières, qui, par leurs inscriptions, leurs représentations, leurs usages, cloisonnent l'espace, différencient et souvent opposent les groupes concernés. L'ouvrage présente l'originalité de montrer ce processus de cloisonnement à l'oeuvre à différentes échelles : de la distinction des genres de part et d'autre de la limite entre l'espace domestique et l'espace public à la distribution des « races » par continents, en passant bien sûr par la détermination des nations par des frontières interétatiques.

  • Les espaces frontaliers sont souvent présentés comme les "laboratoires de l'intégration européenne". Au-delà des discours et des symboles, quelle signification peut recouvrir la notion de région transfrontalière ?

    En définissant la région comme une construction identitaire, territoriale et institutionnelle se perpétuant dans le temps, cet ouvrage identifie et questionne les spécificités de ce processus dans le contexte transfrontalier. Pour ce faire, il distingue entre coopération inter- et suprarégionale interrogeant ainsi la capacité d'un espace frontalier à construire une coopération transfrontalière ad hoc se distinguant de l'addition des membres à son origine. Cette étude est étayée par une analyse du discours, une opérationnalisation des concepts de territorialité transfrontalière et d'institution suprarégionale. Est à cet égard analysée la signification du GECT (Groupement européen de coopération territoriale), instrument européen offrant un cadre légal à la coopération.

    Cette problématique est explorée à partir du cas emblématique de la Grande Région qui a initié une stratégie de long terme visant à créer une "Région métropolitaine polycentrique transfrontalière" en 2008. Associant la Lorraine, le Luxembourg, la Rhénanie-Palatinat, la Sarre et la Wallonie, la Grande Région est un des espaces frontaliers les plus anciens (1971) concentrant le plus grand nombre de travailleurs frontaliers en Europe.

  • Comment évoluent le peuplement et les divisions sociales des espaces urbains dans les métropoles d'Amérique latine ? Certaines pratiques de mobilité spatiale ou certaines politiques publiques contribuent-elles à accélérer ces changements, ou à y résister ? Cet ouvrage répond à ces questions en comparant Bogotá, Santiago et São Paulo grâce à une même méthodologie qui combine l'exploitation de données existantes et la réalisation d'enquêtes sur les mobilités.

    Avec les soutiens de l'université de Poitiers et de Migrinter (UMR 7103 CNRS).

  • Premier du genre dans la littérature française à tenter une confrontation entre villes du Nord et du Sud, l'ouvrage renouvelle les analyses menées en cernant la tension paradoxale qui caractérise aujourd'hui le projet de « gouvernance de la ville durable » : entre déclin, appauvrissement, voire mort programmée, et réinventions locales ou alternatives indigènes encore incertaines. Ces mises en parallèle intéresseront étudiants et chercheurs aussi bien que les différents acteurs et opérateurs impliqués dans les projets urbains contemporains.

    Publié avec le soutien de l'université de Strasbourg.

  • Cet ouvrage s'intéresse aux effets des lois de décentralisation de 1992 dans des petites villes en Inde. Étant donné l'échec des précédentes politiques, cette réforme a suscité d'importants espoirs de changement. Mais les effets de cette gestion dans les petites municipalités, essentielles au développement régional, restent encore mal connus. En contribuant à combler cette lacune, ce livre offre une meilleure appréhension d'une partie négligée de l'urbanisation et sera utile pour les étudiants, les chercheurs et les planificateurs travaillant sur les villes du Sud.

    Avec le soutien de l'université Paris-Est.

  • La Chine abrite des millions de touristes intérieurs, nombre largement supérieur à celui des touristes internationaux. Benjamin Taunay étudie ce bouleversement de la société chinoise, tout en étant lui-même le reflet des mutations sociales et économiques. Pour cela, il dresse un tableau de ce phénomène récent et s'interroge sur les pratiques sociales et spatiales de ces touristes. Le regard chinois sur les lieux égratigne en effet souvent les canons occidentaux et c'est pourquoi il faut maintenant s'interroger sur la probable émergence d'un « modèle chinois » du tourisme.

  • « Être du coin », « venir d'ici », « être du cru », « être un enfant du pays », autant d'expressions qui traduisent le poids de l'appartenance locale pour les individus et les collectifs. La valorisation du « local » est aujourd'hui un argument qui tend à devenir de plus en plus récurrent et prégnant dans les discours, qu'ils soient politiques, commerciaux ou ordinaires. Face à la production de ces discours, cet ouvrage propose un éclairage scientifique à partir d'enquêtes empiriques variées.

    Avec le soutien de l'université de Poitiers.

  • S'appuyant sur une vingtaine d'études réparties sur plusieurs continents (Europe, Afrique, Asie), cet ouvrage propose une réflexion sur le devenir de l'espace marchand en ce début de XXIe siècle. Il s'agit de prendre en compte l'impact des nouvelles technologies sur les espaces commerciaux (phénomène drive et e-commerce) ou des nouveaux lieux du commerce (nationaux, régionaux ou de quartier). L'ouvrage analyse également des espaces marchands au prisme de la mondialisation, celle-ci n'étant résolument pas, pour ce secteur, une globalisation générant l'uniformité.

  • Loin de considérer les cultures locales comme une forme de repli ou de résistance au changement, cet ouvrage questionne les liens de proximité, les singularités locales et l'action publique dans leur interaction avec d'autres échelles du territoire. Il s'agit de mettre en lumière la place du patrimoine (bâti et naturel) dans le développement durable et la formation du lien social. Les contributions (sociologie, géographie, histoire, philosophie, architecture, urbanisme, anthropologie, ethnologie) abordent ces questions par la confrontation de champs théoriques et d'expériences locales situées en France et dans d'autres pays (Algérie, Cameroun, Canada, Italie, Maroc, Sénégal, Tunisie).

  • Cet ouvrage rassemble les actes d'un colloque qui s'est tenu à Nantes en janvier 2004 et qui a réuni plus d'une centaine de personnalités parmi les meilleurs spécialistes de la pêche et de l'aquaculture.
    En quatre parties et quarante chapitres, il permet d'aborder les questions essentielles auxquelles est affronté lé monde à l'aube du XXIe siècle : pillage réel ou supposé des ressources vivantes de l'océan, réponses politiques aux premiers rangs desquelles est examinée la politique commune de la pêche, développement de l'aquaculture, nouveaux enjeux pour le développement et la gestion des territoires littoraux.
    Nous sortons d'une double période : celle dans laquelle l'aquaculture n'assurait encore qu'une part limitée des protéines d'origine aquatique, celle qui, par voie de conséquence, a vécu un véritable rush sur les ressources marines que les pays riches ont eu tendance à monopoliser en les achetant à bon prix sur le marché mondial ou en lançant de grandes flottilles à l'assaut de l'océan, quitte à signer des accords bilatéraux avantageux avec les pays riverains.
    De ce point de vue, le nouveau Droit International de la Mer, issu de la convention de Montego Bay, a joué un rôle ambigu, en préservant les intérêts des uns, tout en donnant l'impression de satisfaire ceux des autres. Pour être vivable, le monde futur doit nous faire oublier ce temps de l'accaparement pour entrer dans celui du partage. Ce livre, en apportant quelques bases d'informations solides et en dressant quelques pistes pour un réel développement durable de la planète, cherche modestement à y contribuer.

  • En s'accentuant et en se généralisant à partir de la seconde moitié du XXe siècle, la croissance de l'urbanisation dans le monde a impliqué une reconfiguration de la dualité classique ville/campagne, voyant émerger des territoires diffus aux frontières incertaines.
    Désormais, ces espaces de desserrement fondés pour certains essentiellement sur des logiques de pendularité, de dépendance à une ville-centre, se transforment et se complexifient sous l'effet de plusieurs facteurs (changements des modes de vie, récession économique, tournant environnemental...). Les territoires de l'habiter n'y sont plus seulement ceux de la mobilité, leurs habitants comme leur formes construites et habitées se renouvellent, indurant déjà pour certaines d'entre elles sous la forme d'héritages.
    Des espaces d'ouverture s'y dégagent tandis que de nouvelles frontières se structurent, donnant ainsi une actualité particulière à la compréhension nécessaire de ces périphéries urbaines en devenir auquel cet ouvrage vient contribuer. Trois parties y revisitent donc d'abord les formes d'habitat et d'habiter caractéristiques des périphéries, puis s'attachent à éclairer l'émergence d'espaces ouverts émergents, faits d'opportunités mais aussi de conflits et de résistances, pour réactiver, enfin, plusieurs modèles classiques tel celui de la ville linéaire.
    Les schémas conventionnels s'y brouillent : à partir de situations françaises et étrangères, plusieurs matières à penser sont déroulées autour d'entrées spécifiques telles que la subsidiarité, l'intermédiarité, les temporalités... qui sont moins de nouveaux mots pour caractériser et délimiter ces espaces qu'en restituer en profondeur comme en surface les dynamiques. Vers un monde en changement? L'ensemble de l'ouvrage nourrit l'idée que ces nouvelles périphéries constituent des instantanés temporels d'une étape de transition 'qui serait moins spatiale (entre la ville et la campagne, entre l'hyperurbain et le périurbain) que celle d'un cycle plus général dans l'histoire des sociétés rurales et urbaines.

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