Pu De Rennes

  • Le phoque de Flaubert Nouv.

    L'ouvrage est une enquête sur un phoque qui séduisit l'auteur de Madame Bovary dans le baquet d'une baraque foraine, à Rennes le 17 juillet 1847. Ce phoque triste et grotesque occupe la scène finale de Par les champs et par les grèves, récit du voyage en Bretagne effectué sac au dos avec l'ami Maxime Du Camp. L'amphibie ne cesse de hanter Flaubert : il clame son envie de « devenir phoque » et d'écrire une fantaisie intitulée le « phoque par amour ». L'animal de foire renvoie à sa passion pour les bêtes, pour les monstres, pour l'histoire naturelle. À son riche bestiaire, à sa défense de la condition animale dans une optique « antispéciste ». Une relecture « animalière » de Par les champs et par les grèves s'impose qui serait aussi une réhabilitation d'un récit de jeunesse trop souvent relégué dans l'ombre alors que l'écrivain y apparaît pour la première fois en chercheur absolu de style, dans une rivalité féconde avec Chateaubriand dont il vient de croiser le fantôme dans son château ruiné de Combourg. Il y eut au milieu du XIXe siècle un « moment phoque » où l'on applaudissait l'étonnante supercherie du phoque parlant qui disait « papa-maman ». Où les savants cherchaient à transformer le phoque en animal domestique et utilitaire. Nous suivons le chemin de ces pinnipèdes sur les routes de France, dans les traités science, autant que dans la littérature avec Eugène Sue, Nerval, Michelet ou Vallès, tous fascinés par l'amphibie, qu'il soit naturel, forain ou faux phoque, à l'époque où des hommes revêtaient sa peau à des fins de spectacle. Au fil de l'enquête se dessine un portrait de Flaubert en zoophile sentimental, en saltimbanque nostalgique, en bête de foire insoumise.

  • La palette des émotions : comprendre les affects en sciences humaines Nouv.

    Récemment, les émotions, telle une gigantesque vague, ont submergé la recherche contemporaine et viennent recouvrir les sciences humaines. Telle est du moins l'impression donnée par nombre de publications récentes et leurs échos médiatiques qui les multiplient. Les émotions ne sont plus considérées comme quantité négligeable, ni comme un manque de maîtrise de soi, mais comme relevant d'une adaptation à l'existence humaine et d'une capacité à se mouvoir dans l'espace social. Des expressions aux allures de concepts : l'intelligence émotionnelle, la vie émotionnelle, la régulation émotionnelle, la force des émotions, d'autres encore, illustrent à la fois la fécondité des études et l'attrait exercé par les émotions. Le présent ouvrage pluridisciplinaire s'ouvre par une interrogation : comment lire et définir les émotions ? Il se poursuit en analysant à tour de rôle les relations entre l'individu et les émotions puis entre le collectif et les émotions. Il se prolonge enfin en examinant les interactions. L'ambition du volume présenté est de faire dialoguer entre elles des disciplines variées afin de mieux saisir la complexité d'un champ de recherche en pleine expansion.

  • Autochtonies : regards croisés sur les territorialités et les territoires des peuples autochtones Nouv.

    L'enjeu de cet ouvrage est d'appréhender les manifestations multiples et complexes des recompositions que connaissent les territoires des peuples autochtones aujourd'hui. Ces écritures géographiques émanent, d'une part, de communautés situées dans ce qu'il reste de territoires traditionnels en grande partie usurpés au cours de l'histoire. Elles proviennent, d'autre part, de l'inscription d'un nombre croissant d'autochtones dans de nouveaux espaces, hors des cadres territoriaux d'origine. Aussi l'ouvrage s'intéresset-il à la manière dont certains héritages culturels s'expriment dans ces nouveaux espaces, tout en s'articulant aux dynamiques ayant cours au sein des territoires traditionnels. Les contributions ici réunies présentent les résultats de recherches menées à ce sujet dans différentes régions habitées par des peuples autochtones, dans les Amériques, en Océanie, en Afrique et en milieu circumpolaire. La lecture de ces contributions révèle tant la multiplicité que la recomposition des rapports à l'espace des peuples autochtones ; ce que recouvre et permet de saisir la notion - résolument géographique - d'autochtonie.

  • "Architecture : On ne sait pas ce que c'est mais on y travaille." C'est avec humour et bienveillance que Jean-François Roullin adresse aux étudiants ce dictionnaire. Il espère qu'ils en sortiront avec une foi et une intelligence de l'architecture, une envie d'apprendre sans cesse.

  • Dans son ouvrage La libération animale, Peter Singer développe trois grandes idées : le principe d'égale considération des intérêts, le rejet du spécisme, et la nécessité de mettre un terme à certains types d'exploitation des animaux, notamment ceux qui ont trait à la recherche et l'élevage industriel. Cette oeuvre phare a connu un retentissement immense, à tel point que sa publication, en 1975, a été présentée comme le moment clef dans l'émergence du mouvement éponyme. Cependant, le mouvement de libération animale ne saurait se réduire à la seule pensée singerienne.

    Ce mouvement extrêmement protéiforme a fait l'objet de débats intenses à l'interne, entre les défenseurs des animaux eux-mêmes qui privilégient des approches diverses, comme à l'externe, entre ceux qui défendent le statu quo ou contestent les arguments animalistes. L'objet de ce recueil est de revenir sur le lien entre le mouvement de libération animale et les théories de Peter Singer qui, à tort ou à raison, en est perçu comme le père fondateur. Comment l'éthique animale de l'auteur a-t-elle été accueillie depuis la publication de La libération animale, et comment a-t-elle évolué ? Quelle place la doctrine utilitariste occupe-t-elle dans le travail de Singer et dans les débats qu'il a engendrés ?

    Avec le soutien de l'équipe d'accueil Anglophonie, communautés et écritures.

  • Femme des deux rives, Hakima Mounir s'appuie sur son expérience familiale et sur une enquête approfondie pour saisir la condition des femmes marocaines de part et d'autre de la Méditerranée, au Maroc et en France, dans une perspective moins interculturelle que pluridimensionnelle. Le sujet central de ce travail est le pouvoir domestique des femmes marocaines, et le lien entre ce pouvoir-là et celui dans d'autres sphères de la vie sociale, plus publiques, comme le travail ou la politique.
    Cet ouvrage tente de montrer que, contrairement à une opinion très répandue, les femmes marocaines ont bien plus de pouvoir qu'il n'y paraît, mais cela à une condition, qui est qu'il doit rester plus ou moins dissimulé. La démonstration se base sur une enquête menée auprès de 80 femmes mariées, dont la moitie vit au Maroc et l'autre en France, la moitié travaille et l'autre est au foyer. Dans un système encore largement patriarcal, comment les femmes construisent-elles leur pouvoir ? Quelle est la nature et l'étendue de celui-ci ? Quel est leur degré de consentement ou/et de résistance, attitudes qui peuvent parfaitement cohabiter ? Quels sont les facteurs de changement introduits par la modernité et notamment la migration ?

  • Comment penser une éducation postcoloniale ? Cet ouvrage analyse empiriquement deux cas de décolonisation inachevée dans le Pacifique, et deux modèles nationaux a priori incomparables : celui des États-Unis d'Amérique à Hawai'i et celui de la France en Nouvelle-Calédonie. L'institutionnalisation récente d'un enseignement des langues et cultures autochtones est un angle privilégié pour saisir la portée du mot d'ordre d'une « décolonisation » de l'école.

  • Expression irrationnelle des désirs et des passions, la vengeance ouvre la boîte de Pandore du cycle infini de la violence réciproque.
    Bien sûr, il lui arrive d'être vécue comme un plat qui, gagnant à être mangé froid, nécessite de dresser des plans et de bien calculer son coup. Mais elle se vit aussi comme un appel à une justice supérieure, au moment où la Justice se trouve comme prise en défaut à l'égard de ses propres exigences d'équité. Nos sociétés tendent parfois à ériger le système judiciaire en simple substitut de la posture vindicatoire, alors que le citoyen voit son désir de vengeance condamné comme une réaction affective privée prohibée.
    Aussi, afin d'en éclairer toute la complexité, historiens, philosophes, sociologues, psychologues cliniciens et psychanalystes, proposent ici une série d'analyses sur l'acte qui consiste à se " faire justice soi-même ". Ces analyses sont rassemblées dans quatre parties thématiques, successivement consacrées aux récits et discours de la vengeance, aux différentes formes du geste vindicatoire, à l'éventuel " genre " de la vengeance, et enfin aux différents univers - psychique en particulier - de l'action vengeresse.
    L'ambition du présent ouvrage est de penser et comprendre les vengeances d'hier comme celles d'aujourd'hui.

  • Il apparaît important de pouvoir repérer le plus précocement possible un enfant à haut potentiel intellectuel présentant des difficultés psychoaffectives (affects dépressifs, perte de l'estime de soi, agitation anxieuse, etc.) et/ou scolaires (désinvestissement de l'école, voir échec scolaire).
    Certains signes sont souvent retrouvés et permettent d'évoquer un haut potentiel intellectuel (par exemple, un développement précoce du langage). Mais, ce qui doit nous alerter est l'intensité des troubles, ainsi que leurs répétitions et la souffrance qu'ils engendrent chez l'enfant. Un bilan d'évaluation permet alors de proposer les prises en charges thérapeutiques et pédagogiques les plus adaptées au besoin de l'enfant ainsi qu'à son environnement familial et scolaire.
    Dans cette démarche, nous pouvons souligner l'intérêt d'appréhender l'enfant dans sa globalité, d'une part en prenant en considération son développement cognitif, socioaffectif et physique, et d'autre part en le replaçant dans son environnement familial, scolaire et social. Cette approche globale du sujet nous amène à travailler en réseau pluriprofessionnel sur les liens, y compris ceux qui existent entre l'intellect et le corps, avec un travail sur la cohésion émotionnelle et corporelle.
    Notre objectif a été justement de sensibiliser le lecteur aux difficultés rencontrées chez certains enfants à haut potentiel, en décrivant dans les quatre parties de ce livre les aspects psychopathologiques, les évaluations nécessaires, et les prises en charges thérapeutiques ou pédagogiques (la pertinence du saut de classe est notamment discutée) qui peuvent être proposées suite à ce bilan préalable.
    Enfin, notre propos peut être élargi à tous les enfants, quel que soit leur potentiel. Ce que nous apprennent les enfants à haut potentiel en difficulté peut être appliqué à chaque enfant : il est essentiel, à un niveau familial, scolaire et sociétal, de faciliter l'expression du potentiel d'un enfant, de le valoriser dans ses compétences et de l'aider à lever ses inhibitions. L'acceptation de la singularité et de la différence peut être mise au service de la tolérance et du développement de la créativité, dans l'intérêt du sujet et de la société.

  • Jean-Marie Gueullette cherche dans cet essai à comprendre de manière renouvelée les raisons profondes des difficultés de relation entre médecins et ostéopathes. Une telle approche permet d'interroger aussi bien l'ostéopathie sur ses paradoxes internes et ses faiblesses que la médecine dans le regard qu'elle est capable de porter sur autre qu'elle-même. Proximités et différences profondes sont repérables dans cette comparaison entre les deux pratiques. Sur une base anatomique commune, des manières de penser divergentes sont mobilisées, analytique dans la médecine, systémique en ostéopathie.

  • Ce livre présente les évolutions récentes qui renouvellent le rapport à la propriété du logement et qui génèrent le développement d'un modèle de société solidaire, écologique et collective, opposé à celui de la société individualiste et techniciste du XXe siècle.

    Avec une postface de Sylvette Denèfle.

    Avec le soutien de l'université de Tours.

  • Musiciens allemands, français, italiens, austro-hongrois, russes ou polonais, l'identité nationale inspire les compositeurs du XIXe siècle : faire entendre la voix de leur peuple, les traditions de leur terre, le chant de la nation, en un mot leur musique nationale. Jusqu'où les philosophes ont-ils, à cette époque, accompagné la théorisation, par les artistes eux-mêmes, de leurs oeuvres ?

    Avec le soutien de l'université de Poitiers.

  • Les récentes recherches sur la place des femmes dans le monde académique font apparaître plusieurs constats. Le premier est l'érosion du nombre des femmes au fur et à mesure que l'on avance dans la hiérarchie des enseignements et des statuts ; il existe bien un "plafond de verre" qui affecte les carrières universitaires des femmes. Le second constat est le fonctionnement apparemment sexué des disciplines universitaires. Enfin, de nombreux stéréotypes de genre affecteraient encore les représentations du travail et de celles ou ceux qui le font, ce qui n'est pas sans incidence sur l'évaluation des dossiers, la perception de "l'excellence" et les carrières différenciées.

    Cet ouvrage rassemble des analyses historiques et des approches sociologiques comparatives à l'échelle internationale, qui actualisent les données chiffrées sexuées concernant la place des femmes dans les différentes disciplines académiques, mais aussi dans les différents corps des universités, y compris administratifs.

    Sur un versant plus prospectif, il identifie certains obstacles persistants aux carrières féminines, tout en prenant en compte les différents programmes mis en place en faveur de l'égalité pour évaluer leur efficacité. Le tout vise à aiguiser la réflexion sur de nouvelles actions à mener.

  • Depuis les années 1990, un pan important de la recherche contemporaine et une part non moins significative des discours relayés ou construits par la littérature, l'art et les médias ont appréhendé l'injustice sociale à travers te prisme de la misère et de l'exclusion.
    Sans contester la pertinence de cette perspective, cet ouvrage s'efforce d'en élargir le spectre : plutôt que la seule catégorie de l'exclusion, c'est la notion d'inégalité qui permet ici d'interroger les manières de figurer le caractère juste ou injuste de l'ordre social pris dans son ensemble. Plutôt que la figuration de l'opprimé en tant qu'exclu du champ social, ce sont les représentations de l'écart, de la cohabitation, des misères de position, qui se trouvent au centre de la réflexion.
    L'ambition est ici de saisir et de questionner, dans l'écriture et la forme elles-mêmes, telle que celles-ci se déploient en philosophie, en littérature, en art et dans le champ des sciences humaines, la diction de l'inégalité et le répertoire des perceptions, émotions, sentiments, représentations, arguments et idéaux à travers lesquels elle se constitue comme injustice et comme violence.

  • Stéphane Laurens montre que les craintes de la manipulation sont irrationnelles, car si des influences efficientes s'exercent sur nous, elles viennent avant tout de proches et elles servent à notre insertion sociale. Analysant les croyances sur lesquelles reposent ces craintes, revisitant des formes archaïques d'influence et décryptant des expériences emblématiques, il montre que le dualisme manipulateur/manipulé est une illusion qui masque le déterminant fondamental du lien social : un système de significations partagées qui définit les entités en présence, les rôles de chacun, les symboles, les gestes pertinents et les effets.

  • Cet ouvrage porte son attention sur un établissement né à Angers en 1963 sous le nom de Centre féminin d'éducation physique et sportive (CFEPS) puis rebaptisé Institut de formation en éducation physique et sportive (IFEPSA) en 1981. Il ambitionne de comprendre les logiques sociales, politiques et éducatives ayant conduit à son développement, mais aussi de définir le type d'éducateur·rices formé·es.

    Avec le soutien de l'Institut de formation en éducation physique et en sport d'Angers (IFEPSA-UCO).

  • Quels rôles joue l'expérience dans les investigations et dans les pratiques mathématiques? Quel rapport au "réel", voire au sensible, se trouve ainsi construit ? Pour tenter de répondre à ces questions, cet ouvrage prend l'histoire des sciences comme terrain d'épreuves des problématiques mathématiques et enseignantes. La première partie de l'ouvrage concerne les instruments pour mesurer des grandeurs et pour tracer les figures. La deuxième aborde des machines inventées pour les calculs arithmétiques, aussi bien pratiques, théoriques que métrologiques. La troisième porte sur les passages et les conflits rencontrés, aussi bien dans l'histoire que dans l'enseignement, entre le "réel", toujours inaccessible, et une réalité construite avec les mathématiques. Les chapitres consacrés aux instruments proposent un éventail riche et varié de situations historiques et pédagogiques. Ils mettent en avant le statut des instruments comme connaissance matérialisée et le lien qu'ils entretiennent d'emblée avec l'invention créatrice. Ils indiquent aussi la possibilité, pour l'enseignement, d'une entrée dynamique dans les savoirs mathématiques.

    Cet ouvrage a pour point de départ les activités de la Commission "Épistémologie et histoire des mathématiques" des Instituts de Recherche sur l'Enseignement des Mathématiques (IREM). Dans ce cadre, il présente des ensembles cohérents d'expériences et d'investigations inspirées par l'histoire, qui devraient à court terme pénétrer dans l'enseignement. Il montre l'importance pour les enseignants d'une connaissance de l'histoire des sciences et de la lecture de textes anciens.

  • D'où provient la multiplication des discours sur la vulnérabilité humaine et que faut-il en penser ? Issu d'une recherche multidisciplinaire, cet ouvrage propose les clefs pour comprendre l'origine de cette notion et les principaux modèles qui l'utilisent. Analyse sociologique des nouvelles formes de fragilités sociales, formation d'un droit des personnes vulnérables, regard anthropologique et politique sur l'usage de ces catégories sont autant d'éléments essentiels pour la compréhension de notre époque dans ses mutations profondes.

    Le parti pris est ici de ne pas se satisfaire d'une recension de ces multiples voix de la vulnérabilité mais d'explorer la vulnérabilité sous trois perspectives rigoureuses et complémentaires : présenter les fondements philosophiques de la notion par des synthèses (théorie des capabilités, éthique de Lévinas, Habermas ou Jonas) et un questionnement problématique fondamental ; évaluer l'apport de cette notion à l'éthique du soin et plus généralement à la pensée éthique ; écouter ce que peuvent dire de cette notion aussi bien les pratiques médicales, la clinique psychologique ou encore d'autres formes d'accompagnement de la personne en situation de fragilité.

    Ouvrage unique dans l'espace francophone, il réunit, à l'instigation d'une équipe de recherche interdisciplinaire en éthique du soin, des contributeurs de portée internationale en philosophie comme en sciences humaines, médicales ou juridiques. Ce livre s'adresse tout spécialement aux soignants, aux professionnels et aux chercheurs travaillant sur les questions de la santé, du soin, de l'action sociale. Il constitue également une véritable introduction philosophique à une pensée de la vulnérabilité. En ce sens, ce livre peut rejoindre chacun dans son questionnement essentiel sur la condition humaine, sa fragile complexité mais aussi la beauté de sa vulnérabilité partagée.

    Publié avec le soutien de l'université de Bretagne occidentale

  • Aimer une autre culture : voilà la sensibilité que cet essai d'anthropologie s'attache à explorer et nomme ethnophilie. Jean-Philippe Belleau y propose une typologie heuristique (ethnophilies mimétique, xénologique, structurelle, stratégique et d'héritage) et une analyse de l'anthropologie « sauvage » bricolée par les ethnophiles.

    Avec le soutien de l'université du Massachusetts, Boston.

  • Citons Surveiller et punir de Foucault : "Le pouvoir produit ; il produit du réel ; il produit des domaines d'objets et des rituels de vérité. L'individu et la connaissance qu'on peut en prendre relèvent de cette production". L'individu et le savoir que l'on élabore à son sujet sont produits par des dispositifs de pouvoir (école, usine, prison, hôpital, caserne, etc.). Le pouvoir traversant ces dispositifs étant diffus, ceux-ci gouvernent les sujets insensiblement (on parlera alors d'assujettissement dans une "microphysique" du pouvoir).
    Plus précisément, c'est un réseau d'aménagements discursifs, optiques et architecturaux, qui permet de "conduire les conduites", dans un exercice du pouvoir à la fois insaisissable et profond (une "âme" est produite, nous dit Foucault). Parce que nous assistons, de nos jours, comme Foucault l'avait annoncé, à une "grande montée des dispositifs de normalisation", et parce que l'échelle du dispositif, peu étudié par la philosophie, permet d'adopter une perspective nouvelle sur la constitution du sujet, cet ouvrage entend montrer qu'il est nécessaire d'engager aujourd'hui une "philosophie des dispositifs".

  • Le stage est devenu aujourd'hui une étape incontournable des parcours de formation et une condition d'obtention de la plupart des diplômes de l'enseignement supérieur. Un tel essor intéresse nombre d'acteurs de la formation et de l'emploi, mais aussi de chercheurs dans de nombreuses disciplines. Tel qu'il fonctionne et se multiplie, le stage pose en effet différents problèmes, parmi lesquels : Quels sont les potentialités et les risques des stages ? Quels critères permettraient de distinguer les "bons" stages des "mauvais" ? Quelle gouvernance des stages doit-on envisager pour un maîtriser l'usage ? Quelle place accorder au stage et au rapport de stage dans la formation, la professionnalisation et la validation des diplômes ? Comment optimiser le tutorat des stagiaires ? C'est à ces questions et à quelques autres qu'entend répondre cet ouvrage.
    Mêlant réflexions théoriques, retours d'expérience et témoignages concrets, ce volume a l'ambition d'ouvrir le débat sur les stages en posant sans tabou des questions parfois dérangeantes, mais aussi de poser les jalons d'une "bonne gouvernance" des stages au triple point de vue des organisations accueillant les stages, des stagiaires eux-mêmes et de leurs organismes de formation.

  • Mets-toi donc à sa place ! Ce livre est un effort pour décrire cet aspect particulier de nos vies morales, qui tient à notre usage de la perception et de l'imagination. À travers un parcours de la philosophie contemporaine de langue anglaise (Murdoch, Diamond, Nussbaum), mais en s'appuyant également sur les travaux récents de la psychologie de l'empathie et des exemples de fiction littéraire, cet ouvrage affirme que c'est seulement par l'effort imaginatif pour nous mettre à la place d'autrui que nous pouvons accéder à un jugement moral digne de ce nom.

  • Nul ne semble pouvoir échapper à la passion de l'inégalité qui s'est emparée du monde : l'horizon qui s'offre à nous est celui d'un paradis privé où les places sont comptées et où tout ce qui relève du bien commun doit disparaître. C'est dans ce contexte qu'agissent les membres de la Red Puna, sans doute le plus important mouvement paysan indigène d'Argentine. Que nous disent-ils de leur lutte ? Que nous disent-ils de notre monde ? Pas à pas, nous partageons leur quotidien, les débats traversant leurs assemblées, les pratiques venant bouleverser la donne initiale qui les condamnait à subir.

    Avec le soutien de l'université de Rennes 1.

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