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Pu De Rennes

  • Le regard que Machiavel porte sur la réalité lui permet de voir des choses que ses contemporains ne voient pas, comme la nature des comportements collectifs, le caractère mental des liens politiques et religieux ou l'importance de l'opinion dans le gouvernement des États. Le fil conducteur de cette "biographie cognitive" est l'enquête de Machiavel : sa manière d'identifier et de construire dans le temps des objets de recherche. Il ne s'agit plus de questionner Machiavel sur son identité politique ou religieuse mais de comprendre comment, en interprétant la réalité, il contribue à l'émergence d'une connaissance spécifiquement consacrée à l'homme en société.

    Avec le soutien de l'EA 4574 - Sciences, Philosophie, Humanités de l'Université Bordeaux-Montaigne.

    Apprendre à voir ;
    "Il vous enveloppa de ses paroles" ;
    "Homme public" ;
    Connaître et gouverner les peuples ;
    D'autres États et d'autres peuples ;
    "Car ils mangent de la chair humaine" ;
    Conjecturer la fin ;
    "Éloigné de tout visage humain" ;
    "Durant quatre heures" ;
    L'enquête ;
    "Apprendre à lire aux enfants" ;
    "Chacun doit se garder d'écrire comme d'un écueil" ;
    "Historien, auteur comique et tragique" ;
    L'intelligence du peuple ;
    "Dans l'esprit des hommes". L'expérience religieuse du peuple ;
    La voix du peuple. Anthropologie de la vie urbaine ;

  • Bien que la stérilisation masculine soit encore une méthode contraceptive marginale en France, son histoire est longue de plus d'un siècle. Dans l'entre-deux-guerres, la vasectomie est employée dans un cadre thérapeutique pour rajeunir et fortifier. En parallèle, l'eugénisme promeut sa simplicité et son efficacité pour encourager la sélection des naissances. Au même moment, des opérations s'organisent clandestinement pour permettre aux hommes de limiter le nombre de leurs enfants. Selon les intentions et les statuts des opérateurs et des opérés, la stérilisation masculine volontaire est diversement connotée et on lui attribue tour à tour le pouvoir de faire et de défaire la virilité.

    À partir d'archives concernant neuf pays d'Europe, Faire et défaire la virilité offre un récit inédit d'un épisode méconnu de l'histoire des masculinités. Au croisement de l'histoire de la médecine, de l'eugénisme et de l'anarchisme, il interroge la matérialité de la virilité et montre de quelle manière le corps masculin est au coeur d'enjeux politiques et sociaux qui continuent de résonner.

  • Comparée à d'autres groupes sociaux, la noblesse d'Ancien Régime a davantage de moyens et de raisons d'émigrer. Certaines familles, parmi les plus puissantes, disposent d'une envergure européenne et cosmopolite qui leur permet de faire carrière dans différents pays. D'autres encore prennent la route de l'exil pour fuir les persécutions qu'elles subissent dans leur pays natal.

    La France est particulièrement touchée par cette mobilité internationale : elle connaît une forte émigration, provoquée notamment par les conflits religieux des XVIe-XVIIe siècles et la répression de la communauté protestante ; mais elle bénéficie également d'une abondante immigration nobiliaire, portée par l'attractivité des carrières qui s'offrent dans l'administration et l'armée royales.

    Les flux sont intenses avec l'Empire et l'Europe centrale. Cet ouvrage les étudie donc de manière privilégiée, sur une longue durée de quatre siècles. Il permet de comprendre les espoirs des migrants, les conditions concrètes de leurs voyages et leurs capacités d'intégration dans les pays d'accueil.

  • Le renseignement n'est pas que l'affaire des États et de leurs services de renseignement. En situation coloniale, c'est avant tout une question sociale. Car toutes les sociétés humaines colonisées sont observées et analysées par des systèmes de renseignement qui portent en eux les biais constitutifs de la domination coloniale. De manière transversale, dans le quotidien de femmes et d'hommes qui participent à toute la chaîne de fabrication, du recueil au traitement, jusqu'à l'exploitation du renseignement, cet ouvrage invite à renverser le regard consigné dans les archives par la bureaucratie coloniale. En replaçant le renseignement dans sa dimension sociale, ordinaire et quotidienne, il ne s'agit plus d'observer les sociétés dans l'oeil d'un pouvoir "secret". Il s'agit bien plutôt de suivre, au jour le jour, le travail et les métiers de renseignement, dans les rues des cités sahéliennes et des villes côtières subsahariennes ou indochinoises, ou dans les sables de la Transjordanie, tout comme dans les bureaux des sûretés coloniales portugaises, belges, françaises ou britanniques. Ce livre propose enfin une plongée inédite dans les dispositifs de contre-surveillance, voire de contre-espionnage, mis en place par les pouvoirs concurrents des administrations coloniales.

  • Pendant la période du confinement, la famille est apparue comme une « valeur refuge », un lieu de protection face aux agressions sanitaires et aux crises extérieures. Pour autant, elle n'est pas exempte de discordes et de drames, parfois exacerbés par le huis-clos prolongé. En effet, si la famille, dans sa diversité, peut être considérée comme un havre de paix, elle est aussi, depuis des siècles, un groupe de personnes apparentées traversé par des tensions mortifères. L'objet du présent ouvrage est d'étudier, de manière pluridisciplinaire, différentes formes et manifestations de brutalité à l'intérieur de la famille. Est d'abord privilégiée la mise en scène et en mots des déchirements familiaux, à la fois dans les journaux télévisuels, comme dans les romans, ou encore au cinéma. Une deuxième entrée rétrécit la focale et examine les violences conjugales en croisant les sources et les points de vue. Un troisième volet se veut plus réflexif, allant des conflits familiaux autour des vocations religieuses féminines jusqu'à la question des droits de l'enfant au Togo.

  • En confrontant les archives (municipales, départementales, nationales, diocésaines et militaires des différents pays belligérants) avec toute une littérature d'interprétations (poèmes, romans, récits, correspondances, témoignages), Chantal Dhennin-Lalart élabore le récit d'une histoire sociale, économique et culturelle du sud des Weppes (Nord de la France) pendant la Grande Guerre. Cette démarche est complétée par l'étude de l'inscription de la Grande Guerre durant tout le XXe siècle jusqu'à aujourd'hui : qu'en reste-t-il, 20 ans après, 60 ans après, 100 ans après ? La Grande Guerre est visible dans les paysages et l'environnement géographique autant que dans les souvenirs familiaux réactivés.

  • Aire géographique tout autant que culturelle au carrefour de multiples influences, la Méditerranée est porteuse d'un héritage ainsi que d'une tradition politique spécifique. Elle est aussi un laboratoire atypique d'observation de la vie politique française, où les événements nationaux trouvent une résonance particulière, au gré d'une histoire locale rythmée par des aspirations souvent contradictoires, des crises ou encore des changements de souveraineté. Dans le sillage de domaines historiques en pleine expansion, relatifs aux sensibilités et mentalités collectives, aux représentations, mais également à l'interaction entre parcours politiques individuels et collectifs, et nourri des acquis méthodologiques portés par la micro ou la socio-histoire, cet ouvrage souhaite approfondir la réflexion sur l'évolution politique contemporaine. Ses contributeurs entendent poser ainsi les premiers jalons d'une histoire des élites politiques méditerranéennes, c'est-à-dire une histoire globale de la France du Sud-Est, de la Révolution française à la Ve République.

  • Pendant plusieurs décennies, des années 1950 jusqu'au début des années 2000, les nuits radiophoniques françaises étaient peuplées de voix multiples, célèbres puis anonymes, souvent feutrées et confidentes, qui s'accordaient avec l'atmosphère particulière de la nuit. D'Allô Macha aux Routiers sont sympa en passant par Les Nuits magnétiques, Le Pop Club et les nuits des stations pirates, la radio nocturne constituait un espace de rêves et d'expérimentations, de rencontres et de dialogues, offrant aux auditeurs un accompagnement, une fenêtre ouverte sur le monde, sur les autres et sur l'intime.

    Histoire des productions radiophoniques, des pratiques et des perceptions nocturnes, cet ouvrage met en lumière le monde des ondes de nuit, en distinguant les différentes phases de son développement et ses spécificités, de l'un et l'autre côté du poste. Situé au carrefour de l'histoire des médias et de celle de la nuit, Micros de nuit se présente aussi comme une contribution à l'histoire des sensibilités du second XXe siècle car, comme l'écrivait Jean Cocteau en 1958, "écouter la radio toute une nuit renseigne sur l'époque".

  • A l'heure où nos sociétés s'interrogent sur les enjeux de la visibilité des religions dans l'espace public, ce livre propose pour l'époque moderne une réflexion sur l'ensemble des manifestations extérieures des identités, cérémonies et pratiques religieuses dans l'espace urbain. Il interroge la pastorale, les pratiques et les récits qui en sont faits, sur le temps long et dans un croisement des disciplines pour souligner des évolutions, tout à la fois religieuses, juridiques, politiques ou culturelles. Les rapports entre religieux et constructions d'identités urbaines soulignent l'affirmation d'une identité confessionnelle ou de référents que sont les reliques et rituels dans la pensée de la ville. Les conflits entre confessions ou internes aux confessions, tant pour les affrontements religieux du XVIe siècle que de la Révolution française, posent la question de la confessionnalisation mais aussi celle de la sécularisation de l'espace urbain. Le statut du religieux est ainsi réinterrogé dans ses articulations avec le politique, le culturel, et dans sa place même au sein des sociétés. Ce livre propose ainsi une réflexion globale sur les formes, enjeux, remises en cause du visible à l'échelle européenne autour des questions de la place du religieux dans l'espace public, de l'intériorisation des pratiques et identités, des conflits confessionnels, de la contribution religieuse à l'histoire et à l'identité urbaines, de l'importance de la mémoire, du statut des minorités, de l'interprétation de la présence du religieux dans la société par les sciences humaines.

  • Ce livre étudie les liens multiformes et souvent méconnus que les petites villes françaises du XIXe siècle, trop délaissées par l'historiographie, entretiennent avec les territoires agricoles. En quoi les transformations du secteur agricole de ce siècle qui a connu de profondes mutations sont étroitement liées aux actions menées par des acteurs et structures des petites villes ? Comment ces transformations contribuent-elles en retour aux changements socioéconomiques et architecturaux des petites villes ?

    De nombreux artisans et commerçants, mais aussi les médecins, vétérinaires, pharmaciens, notaires, juges de paix, percepteurs, etc., participent au processus de modernisation agricole tout en vivant dans les petites villes. Points de rencontre entre différents représentants du monde agricole, elles hébergent maintes structures au service de sa modernisation. Carrefours de communication et d'échanges, elles représentent des lieux stratégiques de consommation, commercialisation, transit, transformation et valorisation des productions agricoles. Les petites villes du monde rural sont profondément imprégnées par le secteur agricole, qui rythme nombre de leurs activités et façonne leur morphologie, à l'heure où elles se calquent pourtant sur un modèle urbain en plein essor. Campagnes et petites villes sont bien les parties complémentaires d'un tout, d'un système productif inscrit dans un territoire composite et interdépendant, qui ne saurait être réduit à un rapport dominant-dominé.

  • On entend aujourd'hui par caricature une "image tendant, par déformation ou accentuation des traits d'un modèle, des caractères d'une scène, à les rendre grotesques ou risibles" (La Grande Encyclopédie Larousse). Qu'en est-il pour les sociétés de l'Antiquité ? La plupart des spécialistes modernes de la caricature ont considéré qu'il s'agissait d'une invention de la fin du XVIe siècle, inadaptée aux cultures et aux sociétés du monde antique. Confrontant pour la première fois sur ce sujet les points de vue de spécialistes des textes et des images, cet ouvrage a pour ambition de partir à la recherche d'une possible caricature antique, en discutant ses conditions d'existence, en essayant d'identifier des auteurs d'oeuvres caricaturales, des domaines et des genres artistiques et littéraires plus particulièrement propres à la production de caricatures, en mettant en relief aussi des problèmes de sources ou de catégorisations.

  • À Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des refigions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.

  • Le culte rendu aux saints, ces "morts très spéciaux", représente l'une des pratiques sociales et religieuses les plus singulières du Moyen Age. Au c?ur des récits hagiographiques qui leur sont consacrés figurent bien sûr les Vies de saints, dont le sens et les enjeux sont bien plus larges que la simple finalité liturgique ou cultuelle quelles mettent généralement en avant. D'autant plus que, jusqu'au XIIe siècle au moins, la biographie du saint et sa personnalité importent relativement peu tant le poids des modèles structure les récits. On ne saurait donc s'étonner de ce que la figure "historique" de Julien du Mans, dont la sainteté et le culte, de l'époque carolingienne à l'âge gothique, sont l'objet de cet ouvrage, demeure évanescente, pour ne pas dire insaisissable. Pourtant Julien finit par être considéré comme le premier évêque du Mans et un disciple des Apôtres, et par devenir le principal titulaire de l'église cathédrale et le patron du diocèse du Mans. L'intérêt de l'étude réside donc ici : dans l'ensemble des pratiques et des représentations que la fabrique légendaire met en jeu, à l'articulation de l'histoire de l'institution ecclésiale, de l'histoire culturelle et de l'histoire des pouvoirs. Pour mieux fonder la démonstration l'ouvrage propose également une édition scientifique des principaux textes hagiographiques et liturgiques concernant saint Julien.

  • L'étude des relations économiques franco-allemandes dans la période 1920 à 1950 amène inéluctablement à mettre en avant l'influence croissante de l'État dans les affaires privées. Les ruptures politiques ont, à bien des égards, marqué la vie économique. Ce volume contribue à ouvrir la voie à un changement de perspective. Les relations nées dans et à travers les espaces d'interaction entre les élites économiques françaises et allemandes s'inscrivent dans une transformation des fonctions de ces élites. D'une part, l'expansion de la sphère publique a accru les besoins de connaissances d'ordre économique au sein des administrations. Au lieu de confier ces questions aux fonctionnaires, les États se sont souvent tournés vers des représentants d'entreprises, qui se retrouvent ainsi impliqués par leur présence dans diverses instances dans les politiques gouvernementales. D'autre part, les entreprises ont réagi à cette expansion de la sphère publique en développant de nouvelles structures associatives dont bon nombre d'animateurs sont recrutés, en France comme en Allemagne, dans les administrations. Ces évolutions ont amené les milieux étatiques et patronaux à s'associer de manière inédite.

  • L'histoire des poches de l'Atlantique reste largement méconnue, fragmentée en de multiples récits locaux décrivant largement les combats et les combattants ou les souffrances des civils, sans analyser les enjeux politiques et militaires, sans présenter l'avant et l'après. Cet ouvrage ne prétend pas à l'exhaustivité, mais revient sur des thématiques méconnues ou des réalités souvent complexes. L'ouvrage s'organise en cinq parties : une première revient sur la constitution et l'histoire de ces fronts en distinguant deux réalités très différentes, les poches bretonnes et celles du sud-ouest.
    Une seconde partie s'intéresse aux enjeux de ces ports forteresses pour les belligérants, les Allemands et les Français. Les assiégés et les assiégeants sont au coeur de la troisième partie, en posant le regard sur les exemples concrets de Lorient et de Saint-Nazaire, mais également sur les combattants, les FFI, les forces françaises et les troupes de l'Est. La quatrième et la cinquième partie renouvellent l'histoire des poches en abordant des sujets originaux, la Libération et sa planification, l'épuration, la restauration de l'Etat, la reconstruction, en particulier par l'exemple de Saint-Nazaire, puis la mémoire et les commémorations.
    Cet ouvrage apporte une vision différente et originale de l'histoire singulière de ces poches de l'Atlantique.

  • Le double désastre, militaire et politique, du printemps 1940 a jeté l'opprobre sur les chefs militaires français de la IIIe République finissante. Taxés d'incurie, ils auraient été incapables de comprendre les ambitions, la stratégie et la tactique allemandes. Pourtant, comme le démontre cette étude, les chefs militaires et les états-majors généraux qui les entouraient étudièrent avec attention l'évolution de la situation internationale au cours des années 1930. Nouant des liens nombreux et étroits avec le ministère des Affaires étrangères, ils poussèrent la coopération interministérielle diplomatico-militaire à un degré jusqu'alors jamais atteint.

    À partir de 1935, conscients du défi radical que constituait l'Allemagne nazie pour l'ordre européen, ils intervinrent à de nombreuses reprises pour orienter la décision de politique étrangère dans un sens favorable à la sécurité française. L'absence d'une véritable doctrine des relations internationales au sein du haut commandement, les désaccords stratégiques entre l'Armée, la Marine et l'Armée de l'Air et la prégnance des représentations culturelles et issues de l'expérience de 1914-1918 nuisirent cependant à la justesse de leurs évaluations et à l'efficacité de leurs interventions auprès des diplomates et des décideurs politiques.

  • Donald Reid retrace ici l'histoire des luttes menées par les salarié(e)s de l'usine Lip de Besançon, qui ont marqué la France des années 1970 et servi de point de référence à de nombreux autres mouvements de lutte collective. L'affaire Lip est replacée dans le contexte des "années 1968", mettant en évidence la place centrale de cette collectivité de travailleurs dans les combats du monde ouvrier en France, entre la fin des "Trente glorieuses" de l'après-guerre et l'émergence du néo-libéralisme dans les années 1980.

    Lip, qui a incarné concrètement pour la première fois en France l'idéologie de l'autogestion, reste aujourd'hui dans les mémoires comme un événement emblématique des années 1968, mais l'affaire Lip fut aussi le précurseur de bien des réactions actuelles aux décisions touchant à la vie des travailleurs à l'heure de la mondialisation et du capitalisme des marchés.

    S'appuyant sur de nombreuses sources, dont beaucoup inédites, l'auteur rend compte de tous les aspects de cette "expérience Lip" : pratiques syndicales, enjeux idéologiques, rapports complexes à l'autogestion, au concept d'entreprise ; relations du mouvement à l'État, au patronat, aux centrales syndicales nationales, aux soutiens extérieurs (intellectuels, groupes d'extrême gauche, monde de la culture) ; place des femmes et groupes féministes. Par l'ampleur du champ couvert, l'ouvrage offre le tableau détaillé d'un moment crucial de l'évolution du monde ouvrier et de sa tentative de proposer une alternative au système capitaliste.

  • Du 15 au 17 mars 1968, a eu lieu à Amiens un colloque "Pour une école nouvelle : Formation des maîtres et recherche en éducation", organisé par l'Association d'étude pour l'expansion de la recherche scientifique (AEERS), qui a réuni plus de 600 acteurs à la Maison de la culture d'Amiens.

    Le "colloque d'Amiens" est devenu une référence plus ou moins mythique, plus ou moins fondée, pour les réformateurs de l'éducation en France et éventuellement à l'étranger. Pourtant, aucune étude d'ensemble ne lui avait jusqu'alors été consacrée. On connaît peu le détail des débats qui l'ont animé, les acteurs qui les ont préparés et menés, les questions qui en ont été l'objet et qui continuent d'être au coeur des débats sur l'école. La rénovation de l'école est en effet à l'ordre du jour dans un contexte de transformation du système éducatif et le colloque d'Amiens, qui réunit tout ce que la France ou presque compte d'innovateurs en matière éducative, cristallise les attentes du moment. Il s'agit avant tout de moderniser, de rénover l'existant, pas de faire la révolution.

    Cinquante ans après, ce livre propose de réexaminer la genèse, les dynamiques, les idées, les acteurs et la portée de cet événement majeur de l'histoire contemporaine des réformes éducatives.

  • Le parcours de Félicité Lamennais a fasciné ses contemporains, et n'a cessé de fasciner depuis sa mort, comme le prouve la production ininterrompue de travaux à son sujet. Successivement, théoricien d'un catholicisme contre-révolutionnaire, inventeur du catholicisme libéral et promoteur d'une République sociale chrétienne, il semble être passé par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel idéologique et croyant de son temps. Le présent ouvrage s'efforce de dégager cette figure des interprétations polémiques et des passions, et entend restituer la continuité de sa pensée en dépit de la spectaculaire versatilité qui a nourri sa légende. Cette biographie de Lamennais est aussi une radiographie de son époque, et requiert de tenir compte de la réception de ses oeuvres dans toutes les nuances de l'opinion, en France et en Europe. Si Lamennais n'a pas fait école, c'est parce que son indépendance d'esprit radicale a empêché de s'en revendiquer sans nuances. Et pourtant, son nom a toujours resurgi lors des tensions ou des reconfigurations politico-religieuses, quand il s'agissait de repenser l'articulation du fait croyant avec les libertés modernes et l'exercice de la démocratie.

  • Pourquoi la mémoire est-elle au coeur de l'identité des socialistes ? Et comment participent-ils à la mémoire collective des Français au second XXe siècle ? Cultiver le souvenir de leurs guerres, tant celles où ils ont combattu en patriotes que celles où ils ont défendu leur idéal, ne flatte pas toujours leur narcissisme et relève parfois du masochisme. Si la Révolution française, la Commune, le Front populaire et la Résistance sont des lieux de mémoire qu'ils chérissent, la guerre d'Espagne leur laisse un goût amer, et l'Algérie un sentiment de honte qui les disperse en 1958. François Mitterrand, qui a toujours su recomposer son propre passé, fait le tri dans leurs mémoires à partir de 1971. Héroïsant les uns - Jaurès et Blum - bannissant les autres - Paul Faure et Guy Mollet - il homogénéise le parti d'Èpinay et en fait un instrument de conquête. Alors pourquoi, après mai 1981, les nouvelles générations ne peuvent-elles comprendre sa politique mémorielle ?

    Jouant sur les échelles, ce livre confronte la mémoire de la direction du PS avec celles de ses fédérations, municipalités et territoires. Pour la première fois, il saisit un processus majeur d'acculturation des militants au socialisme en étudiant leurs commémorations, leurs symboles, les monuments et toponymes qu'ils ont durablement inscrits dans nos paysages. En comparant enfin les pratiques mémorielles des socialistes avec celles de leurs adversaires communistes et gaullistes, cet ouvrage éclaire d'un jour nouveau notre mémoire d'après-guerre.

  • Au-delà d'une imagerie traditionnelle et de la notion de révolution militaire, ce livre appréhende les longs temps de belligérance des guerres d'Italie disputés à l'ombre des Alpes sous les règnes de François Ier et d'Henri II. Il n'est pas question de chevalerie guerrière dépassée ni de modernité militaire efficace, mais d'états de guerre, ceux de combattants, d'officiers du roi, de communautés, de petites gens et plus largement d'un espace assis aux portes de l'Italie. En cheminant entre le Rhône et le Pô, on suivra l'organisation et la mobilisation des capitaines, des armées royales et des populations où tous défendent des intérêts particuliers. On apprendra comment l'Etat monarchique assure la logistique nécessaire à ses campagnes militaires, fortifie ses territoires et répond à ses besoins financiers. Enfin, on approchera le quotidien de la guerre vécu et pratiqué par les combattants. Plus qu'une étude sur une partie des guerres d'Italie, il s'agit bien d'observer les rouages de l'Etat monarchique en guerre en province à travers ceux qui contribuent à la politique du roi.

  • L'invention et le développement de l'imprimerie en Europe révolutionnèrent l'accès au texte. La vaste quantité de livres devenus disponibles au cours des dernières décennies du XVe siècle eut un impact profond sur l'ensemble de la société. Un véritable changement de paradigme eut lieu dans la sphère religieuse comme dans le domaine du politique et de la manière de gouverner. Cet essai de synthèse renouvelle la compréhension des enjeux de l'imprimé de la première modernité.

    À partir des travaux français et internationaux les plus récents et des abondantes recherches de l'auteur, il donne les clefs pour appréhender ce médium en examinant en trois temps le monde de l'imprimé. Cet ouvrage souligne que l'imprimé était d'abord un objet et une marchandise : produit dans les ateliers des imprimeurs, il était commandité, distribué puis vendu dans des échoppes et étals dispersés à travers l'Europe, avant d'être lu et collectionné. La nouvelle technologie se révéla également être un outil au service des pouvoirs traditionnels séculiers et religieux, autant qu'aux mains des mouvements de contestation et d'opposition comme la Réforme.

    Enfin, les imprimés véhiculaient des textes qui jouèrent un rôle considérable dans la diffusion du savoir, dans les loisirs et divertissements des femmes et des hommes, ainsi que dans la circulation des informations et des polémiques qui animèrent cette période. En présentant le livre et ses enjeux sous un jour nouveau, cette étude cherche à placer l'histoire de l'imprimé au coeur de l'histoire générale des XVe, XVIe et XVIIe siècles.

  • "Je fis, d'abord, alliance avec André Pironneau... II... publia quarante articles" (Charles de Gaulle).

    Ce livre n'aurait pas été conçu sans la découverte que les articles de L'Echo de Paris cités par le mémorialiste étaient principalement de sa plume - à lui, de Gaulle ; et que leur objet, politique et géopolitique, dépassait de loin la seule chose militaire. Un chapitre justifie, après la précision du contexte qui éclaire les preuves, l'attribution de ce qu'on appelle en conséquence "la source Pironneau-de Gaulle".

    Ces articles n'ont jamais été lus par les historiens de Charles de Gaulle. Ils constituent donc une source inédite au sens où elle n'a jamais été attribuée à son auteur principal. Ils courent de 1933 à 1937 ; mais leur croisement avec archives, documents diplomatiques français et britanniques, presse et témoignages permet de suivre l'histoire de huit ans, de 1932 à 1940. C'est dire qu'on a la source la plus considérable sur de Gaulle dans les années trente ; et sur d'autres personnages, qui peuvent être considérés comme de premiers gaullistes. Elle confirme combien le regard de Charles de Gaulle annonçait en lui l'homme d'État, embrassant l'horizon international le plus large.

  • Dans le legs naturaliste des Lumières, François-Emmanuel Fodéré (1764-1835) incarne la figure du "précurseur" de la médecine légale moderne. Ce livre est le premier à lui être dédié. Il cadre le "moment Fodéré" où la médecine légale se certifie comme science des maux de la société. Faire parler les corps évoque Fodéré en sa formation, ses saillies épistémologiques et sa réception notamment italienne. Parmi une vaste production livresque, son projet ressort de sa somme médico-légale : Les Lois éclairées par les sciences physiques, ou Traité de médecine légale et d'hygiène publique (Paris, an VII); Traité de médecine légale et d'hygiène publique ou de police de santé : adapté aux codes de l'Empirefrançais et aux connaissances actuelles (Paris, 1813). Le savant prône l'alliance du droit et de la médecine, la salubrité sociale et la régulation étatique. Il dénigre les savoirs disséminés sous l'Ancien Régime pour un savoir médico-légal comme science positive. Elle greffera la modernité institutionnelle au positivisme pénal, au progrès scientifique, à la laïcisation des sociétés. Pour "toutes les classes sans exception de privilèges", elle escorte la gouvernance de l'Etat libéral. Suicide, crime, infanticide, folie, épidémie, hygiène publique : ces objets mènent Fodéré à la science investigatrice de l'anomie sociale pour en prévenir la causalité. Surveiller et guérir : tel est son credo positiviste !

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