Puf

  • Le sexe désigne communément le sexe biologique qui nous est assigné à la naissance (mâle ou femelle), le rôle ou le comportement sexuels qui sont censés lui correspondre (le genre), et, enfin, la sexualité. Les théories féministes s'attachent à la problématisation de ces trois acceptions mêlées du sexe. Elles travaillent à la fois sur les distinctions historiquement établies entre le sexe, le genre et la sexualité, sur leurs constructions et leurs relations.
    S'agit-il d'une relation de causalité : le sexe biologique détermine-t-il le genre et la sexualité ? D'une relation de simultanéité non contraignante entre le sexe biologique, d'une part, et l'identité sexuelle (de genre et de sexualité), d'autre part ? S'agit-il d'une relation de normalisation ? L'hétérosexualité reproductrice est-elle la norme légale, sociale, mais aussi médicale, à l'aune de laquelle les catégories de sexe comme de genre peuvent être déconstruites, voire contestées et bouleversées ? Le présent volume porte sur les théories féministes de ces cinquante dernières années, dont la richesse et l'engagement en font l'un des champs les plus novateurs de la recherche actuelle : le féminisme marxiste, l'épistémologie ou l'éthique féministes, l'histoire et la philosophie féministes des sciences, le black feminism, le féminisme " post-moderne " et la théorie queer.
    L'ensemble de ces pensées constitue aujourd'hui un véritable champ de la philosophie contemporaine, dont on trouvera ici une introduction et une problématisation particulièrement éclairantes.

  • Si le moment présent est le moment du soin, c'est-à-dire non pas seulement
    d'une vulnérabilité généralisée mais de l'activité humaine qui doit y répondre
    dans tous les domaines, il faut penser celle-ci dans sa spécificité, sa
    diversité et ses ruptures, de la technique à l'éthique, de la vie à la justice
    : c'est le but de ce livre qui en propose à la fois une étude synthétique et
    des applications ouvertes. Il fallait ressaisir l'unité du soin, ce par quoi il
    unifie non seulement un acte technique indispensable et une relation humaine
    fondamentale, et sa tension interne, la violation à laquelle il répond mais qui
    le menace aussi, et qui lui donne sa portée morale et politique. Il fallait
    ensuite approfondir cette étude sur des aspects précis qui posent chacun des
    problèmes singuliers et majeurs : la pandémie ou les soins palliatifs, les
    violations politiques et historiques. Il fallait enfin ouvrir les discussions
    sur les divers points et avec les diverses approches qui tissent conjointement
    le moment présent. C'est l'objet de ces chroniques, publiées deux années durant
    dans la revue Esprit, qui répondent à la question liant aujourd'hui notre
    fragilité et notre fermeté : à quoi tenons-nous ? Frédéric Worms est professeur
    d'histoire de la philosophie contemporaine à l'Université de Lille 3 (UMR 8163
    Savoirs textes et langage) et directeur du Centre international d'étude de la
    philosophie française contemporaine à l'ENS (Paris).

  • Première partie : L'héritage philosophique des sciences sociales 1 : La filiation positiviste et l'Ecole française de sociologie (Comte, Durkheim, Mauss, Lévi-Strauss) : expliquer les faits sociaux comme des choses 2 : La tradition herméneutique (Dilthey, Weber, Ricoeur) : comprendre le sens du social comme un texte 3 : La source phénoménologique (Husserl, Schütz, Goffman, Berger) et la source pragmatisme (Wittgenstein, Dewey, Austin, Sacks) 4 : La tradition marxiste (Adorno, Habermas, Bourdieu) : critiquer les inégalités sociales et transformer la société Seconde partie : Les rivalités entre sciences sociales et philosophie 1 : Les controverses sur les objets (Durkheim, Bourdieu, Popper) 2 : Les controverses sur les méthodes (Durkheim, Gadamer, Habermas) : La voie des idées et l'enquête de terrain 3 : Les controverses sur les fins (Weber, Strauss, Bourdieu) : Jugement de fait et jugement de valeur Troisième partie : Les nouvelles rencontres de la philosophie et des sciences sociales 1 : Epistémologie et réflexivité (Foucault, Karsenti, Boltanski) : D'une philosophie à l'autre 2 : Diagnostic, clinique et critique sociale (Honneth, Fischbach, Gulligan) : Philosophie sociale et sociologie critique

  • Sommaire 1. Les présocratiques 2. Platon 3. Aristote 4. Épicure 5. Les stoïciens 6. Plotin

  • La race fut longtemps appréhendée politiquement dans un sens biologique, approche qui constitua l'une des formes les plus puissantes de l'idéologie raciste. À la suite de la disqualification scientifique et politique de ces catégorisations biologiques, le racisme fut relégué précipitamment au rang de simple préjugé.
    Or, qu'en est-il de la production continuée de la race dans les sociétés postcoloniales, à une ère prétendument « post-raciale » ? En mêlant une approche féministe, attentive à une compréhension des rapports sociaux de sexe, et une approche postcoloniale, le présent volume s'interroge sur les conditions épistémiques de la difficulté de défaire la race, ainsi que sur les outils permettant de la déconstruire. Le dernier chapitre porte ainsi précisément sur la supposée obsolescence du racisme scientifique qui serait supplantée par un racisme culturel.

  • Pierre Guenancia décrypte les quatre grands auteurs qui ont suivi la « voie de la conscience » au cours du XXe siècle, et dévoile ainsi ce courant souvent obscur et pourtant primordial qu'est la phénoménologie. Depuis Husserl jusqu'à Ricoeur, en passant par Sartre et Merleau-Ponty, le grand mouvement philosophique de l'époque contemporaine met l'intentionnalité, donc la libre conscience de l'homme, au coeur de ses considérations. Après la révolution des sciences sociales (objet d'une « Histoire personnelle » par Johann Michel), la phénoménologie signe la renaissance d'une philosophie conceptuelle qui va marquer en retour toute la culture européenne contemporaine.

  • Lorsque Descartes fait de la connaissance de l'esprit humain la principale tâche de la philosophie, il lui applique l'idée moderne de la science comme connaissance certaine et évidente. Durant les 150 ans qui suivront, aucun penseur ne reniera cette étincelle cartésienne. Dans son sillage mais aussi contre elle, dans le ciel de la philosophie apparaît une constellation de penseurs de premier ordre : Pascal, Hobbes, Spinoza, Malebranche, Leibniz, Locke, Berkeley, Hume. La recherche philosophique accompagnant la « révolution scientifique » commencée avec Galilée s'engage alors dans « la voie des idées ».
    C'est donc sur cette voie que Pierre Guenancia nous entraîne, soulignant toujours dans les différences et les oppositions entre les philosophes la perspective épistémologique qui leur est commune : l'analyse de la connaissance doit précéder la connaissance des choses de l'univers, car ce n'est qu'à partir de nos idées que nous pouvons connaître les choses.

  • Cette étude est animée par le voeu de comprendre levinas selon sa plus grande difficulté.
    Ce voeu explique le choix quasi exclusif, à titre de guide de ma lecture, de autrement qu'être ou au-delà de l'essence.
    Le pari majeur de ce livre est de lier le destin du rapport à établir entre l'éthique de la responsabilité et l'ontologie au destin du langage et l'une et de l'autre : le dire du côté de l'ontologie. (d'oú) deux difficultés engendrées par la manière nouvelle de philosopher : difficultés, d'une part, pour l'éthique de s'affranchir de son infatigable confrontation avec l'ontologie - difficulté, d'autre part, à trouver pour l'exception déréglant le régime de l'être, le langage qui lui convient, son langage propre, le dit de son dire.

    Les deux difficultés sont indissociables et se condensent dans le mot, dans l'adverbe : autrement, autrement que.

  • L'ouvrage se propose d'introduire à la philosophie de Spinoza à partir du rapport intrinsèque qu'elle entretient avec la politique. Après une mise en situation de Spinoza dans les conflits de son temps, ce qui éclaire les multiples dimensions de son projet intellectuel, les trois grandes oeuvres sont analysées. Les thèmes, tels le rapport entre raison et imagination, la démocratie, la religion... sont particulièrement étudiés.
    Étienne Balibar, né en 1942, est professeur émérite à l'Université de Paris X-Nanterre et Distinguished Professor of Humanities à l'Université de Californie à Irvine. Il a publié Lire le Capital avec Louis Althusser, Roger Establet, Pierre Macherey, Jacques Rancière, 1965 (réédition aux PUF, " Quadrige ", 1996) ; Race, Nation, Classe. Les identités ambiguës avec Immanuel Wallerstein (La Découverte, 1988) ; La philosophie de Marx (La Découverte, 1993) ; La crainte des masses. Politique et philosophie avant et après Marx (Galilée, 1997) ; Droit de cité. Culture et politique en démocratie (1997 ; réédition augmentée PUF, 2002) ; Nous, citoyens d'Europe ? Les frontières, l'État, le peuple (La Découverte, 2001) ; Violence et civilité (Galilée, 2010) ; La proposition de l'égaliberté (PUF, 2010).

  • " Platon a écrit une philosophie de la cité. Pour rendre compte de l'ensemble de la pensée politique des dialogues du philosophe athénien, on a choisi de suivre les différentes étapes de la définition de la cité comme des enjeux qui lui sont liés. Si la philosophie peut être une intelligence de la totalité du réel, ce n'est qu'à travers une communauté de citoyens, de savoirs et d'oeuvres.
    Si du moins cette communauté réalise les conditions d'une vie équilibrée. La philosophie doit donc concevoir et penser la cité. " (J.-F. Pradeau) Jean- François Pradeau, normalien agrégé docteur, est professeur à l'Université de Bordeaux III.

  • Cet ouvrage présente une analyse très complète de la relation entre islam et politique. Les différentes approches présentent la sécularisation comme un pur produit de l'Occident et lient le destin de la modernité à un phénomène de "désenchantement du monde" (Weber) qui n'a pu avoir lieu en islam, resté prisonnier des schèmes religieux et qui n'a pu franchir le seuil de la modernité politique. La faiblesse du droit dans la tradition de l'islam classique et son incapacité à mettre des limites au pouvoir pourraient expliquer la raison pour laquelle certains régimes transforment l'état d'exception en mode normal de gouvernement. Néanmoins, la pensée politique de l'islam classique a réalisé des manières d'appréhender le politique : certains penseurs ont mis l'accent sur la pluralité des formes de rationalité qui doit guider l'action de l'homme politique, des juristes ont élu le maintien de la cohésion de la communauté comme critère majeur de l'action de l'État, des philosophes ont insisté sur les possibilités de l'amélioration de l'homme tel qu'il doit être et non tel qu'il est.
    Makram ABBÈS enseigne la philosophie à l'École normale supérieure.

  • Une cartographie des différentes postures morales que l'homme est susceptible d'adopter dans sa relation à la nature, ainsi que des principaux penseurs sur l'éthique environnementale.

  • Hermann cohen, franz rosenzweig, emmanuel levinas : trois réflexions contemporaines déterminantes pour comprendre la rencontre de la philosophie et du judaïsme.
    Cette inspiration commune renouvelle de multiples questions : relation de l'éthique à la religion, constitution de la subjectivité, inscription de l'individu au sein de la communauté humaine, sens de l'histoire... une telle méditation s'approfondit dans un dialogue constant avec les grandes figures de la pensée juive et de la philosophie moderne et contemporaine : kant, hegel, heidegger, mais aussi maimonide, spinoza, leo strauss, martin buber.
    A l'horizon se dessine la perspective d'une " éthique de l'altérité ", qui, hors de toute dogmatique religieuse, ouvre la pensée à l'accueil de la transcendance, de l'autre, contre tout enfermement de la philosophie contemporaine dans les catégories de l'immanence et du même.

  • La question que Martin Heidegger a posée à l'ensemble de la tradition occidentale est celle du sens de son concept fondamental, celui de l'être.
    En révélant que c'est à partir du temps que nous comprenons l'être, il a montré que la philosophie trouve son origine dans l'existence d'un être qui ne peut plus être compris, comme le veut la philosophie moderne depuis Descartes, comme un sujet centré sur lui-même. La question du temps n'est donc pas pour lui une question philosophique parmi d'autres, mais celle qui seule peut donner accès à ce qui constitue l'humanité comme telle.
    Ce que Martin Heidegger accomplit en posant la question du rapport de l'être et du temps, c'est cette « révolution du mode de penser » que requiert la prise en vue de l'essentielle finitude de l'homme et de l'être. La mise en évidence de l'historialité foncière de la pensée philosophique implique que celle-ci ne puisse plus se définir comme une pure théorie et qu'elle exige un engagement existentiel qui ne la met pas à l'abri de l'erreur.
    C'est uniquement à partir d'une telle conception de la pensée que l'on peut comprendre l'engagement politique de Martin Heidegger, ce qui ne signifie nullement l'excuser.

  • Les animaux ont-ils des droits ? Avons-nous des devoirs envers eux ? Dans quelle mesure peut-on les tuer pour se nourrir, se divertir, faire de la recherche, enseigner, faire la guerre ? En quoi l'élevage industriel est-il promblématique ? Pourquoi le foie gras est-il interdit dans certains États ? Quels sont les enjeux éthiques des animaux transgéniques ? Faut-il abolir la corrida, la chasse aux phoques, l'utilisation d animaux sauvages dans les cirques ? Voici quelques-unes des questions soulevées par l'évolution des rapports entre l'homme et l'animal.L'éthique animale est l'étude du statut moral des animaux, c'est-à-dire de la responsabilité des hommes à leur égard. Pour la première fois dans le monde francophone, cette discipline d'origine anglo-saxonne est introduite dans un style clair et pédagogique, dans une perspective interdisciplinaire, à la fois théorique et pratique, qui s'adresse autant aux étudiants et aux chercheurs qu'aux professionnels de la protection animale et au grand public.

  • La philosophie française du XXe siècle ne coïncide pas avec le segment continental allemand, mais en est une réception, tout en étant aussi réception, quoiqu'à un degré moindre, de la philosophie analytique, principalement issue de la tradition anglo-saxonne. La question est donc le problème franco-analytique et non pas le problème analytico-continental. Une fois ce fait admis, la " cassure " analytique, puis la " cassure " à certains égards similaire qu'ont tenté les philosophes subversifs français des années 60-70, peuvent être étudiées, en en mettant en lumière les opérations et les enjeux.
    A partir de ce premier repérage, est analysé du point de vue de la confrontation avec la chose analytique la phénoménologie française et l'épistémologie dite " à la française ". S'engage un programme pour la philosophie française à venir : on lui enjoint d'assumer les mathématiques au-delà de la logique, d'intégrer les recherches analytiques à ses ressources, et de favoriser l'ouverture lévinassienne.

  • La collection "Philosophies" dirigée par Ali Benmakhlouf, Jean-Pierre Lefebvre, maître de conférences à l'École normale supérieure, Yves Vargas, professeur au Lycée d'Arras et Pierre-François Moreau, professeur à l'École normale supérieure de Fontenay St-Cloud, se propose d'élargir le domaine des textes et des questions philosophiques pour en ouvrir l'accès à un public plus large. Chaque volume facilite la lecture d'une oeuvre ou la découverte d'un thème par une présentation appropriée au matériau philosophique.

  • Comment définir la guerre juste ? En quelles circonstances, pour quels objectifs est-il possible de justifier le recours à la guerre ? Depuis l'Antiquité, où la guerre était considérée comme le produit naturel des interactions humaines, jusqu'aujourd'hui, où l'usage de la force est strictement limité par les juridictions internationales, la réflexion est ininterrompue sur la justice de la guerre.
    La guerre juste est-elle la guerre nécessaire, soumise à des contraintes dans les motifs et les moyens, ou une forme inédite de guerre morale visant à promouvoir un certain état du monde ? Ce livre plaide pour définir la justice de la guerre à partir de critères hérités de la tradition de la guerre juste mais révisés de façon à faire droit à une forme irréductible d'ambiguïté morale.

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