Pygmalion

  • Avec la Vie dynastie s'achève la première grande époque faste de l'Egypte pharaonique, l'Ancien Empire, dont le règne de Pépy Ier marque l'apogée. La tradition égyptologique a longtemps considéré que cette lignée était à l'origine de l'effondrement de l'Etat égyptien. Toutefois, depuis quelques années, cette idée est remise en question. Les nombreuses réalisations de Pépy Ier et de la VIe dynastie témoignent, en effet, de la prospérité de cette période, et ce malgré des difficultés politiques réelles et croissantes.
    Parmi celles-ci, deux questions demeurent centrales : quels furent la nature et l'impact des problèmes successoraux qui secouèrent la famille royale et quel rôle joua la montée en puissance des gouverneurs provinciaux dans la déliquescence du pouvoir central ? S'appuyant sur les recherches les plus récentes et sur une analyse critique de la riche documentation textuelle, iconographique et archéologique issue de la fouille des sites urbains et funéraires tels que Saqqara, Eléphantine ou Balat, cet ouvrage passe au crible le règne de Pépy Ier et montre combien l'histoire de la VIe dynastie est indissociable de ce roi.
    A travers l'examen de la figure emblématique de Pépy Ier, la VIe dynastie retrouve ainsi la véritable place qu'elle a occupée au sein de l'Ancien Empire et les raisons qui ont présidé à la chute de ce système étatique, vieux d'un demi-millénaire, s'en trouvent éclairées.

  • En s'appuyant sur les dernières découvertes archéologiques, l'auteur évoque une époque phare de la civilisation égyptienne, au XIXe siècle avant J.-C. et dresse le portrait de Sésostris III, ce pharaon du Moyen Empire égyptien, vénéré comme un dieu après sa mort.

  • Troisième souverain de la XIXe dynastie, Ramsès II connut un règne de soixante-six ans (1279-1213), qui s'offre comme l'un des plus longs et des plus prospères de l'histoire pharaonique. Né sous Horemheb, il vit l'accession de sa famille à la dignité royale et trouva en son père Séthy Ier un modèle dont il s'inspira largement. Monté sur le trône à l'âge probable de 22 ans, il poursuivit l'oeuvre de ce dernier, multipliant les constructions en l'honneur des dieux et engageant ses forces militaires dans le maintien des possessions égyptiennes au Proche-Orient. Son règne fut marqué, à la fin de l'an 5, par la célèbre bataille de Qadech : s'il remporta l'affrontement en déjouant la ruse de l'ennemi hittite, il dut néanmoins battre en retraite sans emporter la ville. L'état de guerre se prolongea pendant une quinzaine d'années, jusqu'à ce que, en l'an 21, un traité fût conclu. L'Égypte récupéra alors une partie de ses territoires perdus et connut une paix durable qui renforça la stabilité politique et la prospérité.
    Fondé sur l'étude approfondie des sources textuelles et iconographiques, ce livre offre une vision renouvelée du règne de Ramsès II, qui tient compte des études produites dans les vingt dernières années. Centré sur les événements, monuments et personnages importants du règne, il met aussi en évidence le caractère fallacieux de certaines idées reçues. Grâce à la description systématique des édifices bâtis par Ramsès II et des scènes qui en ornent les murs, appuyée par une abondante illustration, le lecteur est invité à une visite virtuelle des sites où le grand roi a laissé son empreinte. Le voyageur y trouvera l'éclairage nécessaire à une bonne compréhension des temples et de leurs scènes figurées.

    Statue de Ramsès II au temple d'Amon, Égypte © DEA / W. BUSS / Getty Images

  • De l'avènement de Mérenptah à celui de Sethnakht, premier roi de la XXe dynastie, s'écoulent approximativement vingt-cinq années. Il s'agit d'une période courte, durant laquelle quatre rois et une reine montèrent sur le trône. Elle contraste avec les soixante-six années du règne précédent de Ramsès II : durée exceptionnelle, qui donne à l'historien une impression de longue stabilité et de prospérité.
    Vingt-cinq années au cours desquelles l'Égypte bascule dans le chaos et la guerre civile : révolte en Canaan, invasions libyenne et nubienne, crise économique et politique.
    En dehors de Mérenptah et Séthy II, fils et petit-fils de Ramsès II, les hommes - et une femme - qui gouvernèrent l'Égypte pendant cette période restent mystérieux : qui sont l'usurpateur Amenmesses, l'enfant-roi malingre Siptah, le Syrien Bay, la reine Taousert, qui inspira Théophile Gautier dans Le Roman de la momie ? Comme toujours pour les périodes de crise, la documentation est indigente. Et c'est de cette pénombre que surgit le personnage de Moïse, car certaines traditions situent l'épisode de l'Exode à la fin de la XIXe dynastie...

  • De Toutânkhamon à Horemheb se pose le problème de la transmission du pouvoir. Au début de la XIXe dynastie, Séthi Ier rétablit une royauté héréditaire, garante de la stabilité de l'État égyptien et la légitimise, en présentant son fils ? le futur Ramsès II ? comme le dauphin. Au tout début de son règne, le roi consolide la position de l'Égypte au Proche-Orient et dans les territoires localisés à l'ouest du Delta. Il manifeste également sa volonté de renouveau : en moins de dix ans, Séthi Ier fait construire plusieurs temples prestigieux, comme la « salle hypostyle » de Karnak et sa forêt de 134 colonnes. Sa tombe, innovante à bien des égards, est la plus grande de celles qui ont été aménagées dans la Vallée des Rois. Il fait, de plus, restaurer les monuments de ses prédécesseurs, notamment en Nubie, où l'hégémonie égyptienne est affermie par la création de nouvelles villes. En étudiant les sources contemporaines, Julie Masquelier-Loorius met en évidence l'importance cruciale du règne de Séthi Ier, qui a aujourd'hui tendance à être occultée par l'éclat du règne suivant. Grand stratège militaire, il est un digne successeur de Thoutmosis III. Il est aussi un roi bâtisseur, dans la lignée d'Amenhotep III. Sa consolidation de l'État et sa politique de grands travaux créèrent les conditions d'une réelle prospérité économique et d'un véritable foisonnement intellectuel et culturel de la société égyptienne. Sans la politique mise en oeuvre par son père, Ramsès II n'aurait pas été cet illustre pharaon à jamais associé à la postérité de la civilisation égyptienne.

    Création Studio Flammarion Détail d'une statue en granodiorite de Séthi Ier à genoux provenant d'Abydos, Égypte, règne de Séthi Ier (1294-1279 av. J.-C.) © The Metropolitan Museum of Art, Dist. RMN-Grand Palais / image of the MMA

  • En trois millénaires d'histoire pharaonique, l'egypte a vu se succéder près de deux cents rois.
    Quelques-uns d'entre eux, qui marquèrent durablement l'histoire du pays, ont retrouvé la place éminente qui fut la leur grâce à une intense activité de recherche sur le terrain et d'analyse, sans cesse affinée, des témoignages matériels et des textes. entre hypothèses fréquentes et certitudes plus rares, les débats scientifiques demeurent nombreux et nourris à leur sujet, qu'alimentent sans cesse de nouvelles découvertes sur cette terre fertile en monuments.
    Pour la première fois, grâce à des égyptologues confirmés, une collection est consacrée à faire revivre ces souverains pour un large public. entre sphère privée et publique, personnalité et destin, les auteurs ressuscitent, autant que l'homme et le roi, l'époque à laquelle il vécut et que, souvent, il façonna. le moyen empire apparaît dans l'histoire de l'egypte ancienne comme l'une des périodes les plus marquantes, tant dans le domaine architectural que dans l'action politique.
    Sésostris ier (1958 av j. c. - 1913 av j. c. ), deuxième souverain de la xii` dynastie, a largement contribué à ce rayonnement. perçu comme un grand chef militaire, il est le premier roi à asseoir son autorité au sud du territoire en conquérant la haute et la basse-nubie et à contrôler la frontière sur la frange orientale du delta du nil. homme d'état, il réforme également l'administration centrale et provinciale et fait de l'égypte un pays prospère.
    Mais c'est son oeuvre de bâtisseur qui révèle toute sa dimension : il fonde le premier temple dédié au dieu amon-rê à karnak, inspire l'édification du sanctuaire de la déesse hathor à sérabit el-khadim dans la péninsule du sinaï, et reconstruit de nombreux temples détruits ou laissés à l'abandon. il fait enfin édifier sa pyramide à licht. considéré comme un " père fondateur ", le nom et l'image de ce souverain seront vénérés pendant les deux millénaires qui suivront son règne.

  • Le pharaon Djéser, qui gouverna le pays au milieu du XXVIIe siècle avant J.-C., est l'une de ces figures marquantes. Promoteur de l'idéal monarchique et grand bâtisseur, il laissa à la postérité l'image d'un souverain novateur. Il domine, par l'ampleur de ses réalisations, une troisième dynastie qu'il a fondée et dont les autres rois apparaissent encore actuellement comme des figures fugitives. Djéser est inséparable d'Imhotep, célébré par la tradition comme l'inventeur de la construction en pierre et le génial architecte de la première pyramide d'Égypte, la célèbre pyramide à degrés de Saqqara.En rassemblant la documentation existante, tout en marquant ses limites, Michel Baud cerne l'identité et les ambitions de ce souverain fondateur, décrit les faits marquants de son règne, anime les grands personnages qui l'ont entouré, et restitue les traits culturels d'une époque où se dessinent tant d'éléments constitutifs de la civilisation pharaonique.

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