Sens Et Tonka

  • L'activité éditoriale de L'Ivre de Pierres se poursuivit après la publication du dernier tome, le n° 4 en 1983, avec le projet d'un tome 5 conçu en partie, exposé aussi, mais non édité et ceci avant l'idée des Vaisseaux de Pierres, cette nouvelle collection où les projets ne se limiteraient plus à une domiciliation parisienne, mais se déplaceraient dans d'autres villes comme Rome ou Barcelone pour les deux premiers.
    Le sommaire du tome 5, conçu de 1982 à 1988, tourna essentiellement autour de l'Opéra Bastille et de la fameuse place qui le précède, après ce désastreux concours international d'architecture Opéra Bastille en 1983, où il fallait faire une proposition pour l'opéra seul en faisant abstraction de la place, sous prétexte que le terrain de l'ancienne gare était géré par l'État mitterrandien de gauche (or- ganisateur du concours) et que la place était sous l'autorité de la mairie de Paris, politiquement à droite. Et en plus le jugement se fit sur une axonométrie aérienne inadéquate mais obligatoire et qui privilégia les vues de toiture et non pas la vue depuis la ville, c'est-à-dire la place.
    Les projets n'ayant pas été précédés de mises en page en vue d'une narration imprimée, nous ne fournirons qu'une présentation archéologique des documents en notre possession, donc essentiellement des dessins sans textes ni commentaires.

  • L'édition de la collection L'Ivre de Pierres, 4 tomes entre 1977 et 1983, puis celle d'un tome V projeté mais non édité et aussi le lancement de la collection Vaisseau de Pierres, se décida une décennie après les publications avec le groupe Utopie, la période post 68 et aussi la mise en cause du rôle des architectes et surtout de l'urbanisme, pratique dont les fondements opérationnels étaient trop éloignés de nos critiques pro- fessionnelles et nos positions politiques de ces années, rappelons que la revue Utopie avait comme sous titre sociologie de l'urbain.
    L'Ivre de Pierres fut la recherche d'une liberté éditoriale pour des projets d'archi- tecture car, pour ma part, il n'était pas question de pratiquer le métier en profession li- bérale, ce refus étant suivi pendant un certain temps par d'autres jeunes architectes français des années soixante-dix, après les mises en cause de l'enseignement et de la profession.

  • Au cours des ans les textes se créaient au fur et à mesure des projets, des dessins. Ils les accom- pagnaient ou les distanciaient. Petit à petit ceux-ci constituèrent une philosophie de L'Ivre de pierres et de Vaisseau de pierres, une philosophie poétique à la façon de Gaston Bachelard une considération de la matière comme pensée. Cela nous change des chants idéologiques des modes et tendances qui occultent l'imagination ? ainsi ce sont plus des écrits que des thèses.

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