Sens Et Tonka

  • Ce texte a un demi-siècle. Je l'avais oublié !
    Cinquante ans plus tard il révélait notre aujourd'hui.
    Je ne regarde plus le monde du haut de vingt-quatre ans, mais de soixante-quinze, et si le monde n'est plus celui de soixante-six, soixante-sept, cet antérieur moment parle de ce que nous vivons aujourd'hui : aucunes solutions n'ont été apportées.
    Il m'a semblé que « redonner » le texte tel qu'il fut était nécessaire pour voir ce qu'il en sera pour notre avenir urbain, car il devrait susciter des réactions suffisamment vives pour être utile à cet avenir vers lequel, qu'on le veuille ou pas, qu'on le pense ou pas, on va et qui sera si nous ne l'infléchissons pas.
    Dans les eaux pré-éruptives (sans le savoir nous préparions ce que l'on nomma les événements éruptifs et utopiques) la condensation était acide et tranchait les silences complices des installés - ce qui n'est plus le cas. Le moment était venu de ne plus obéir au modernisme qui avait fait florès et rendu sa violence : les blousons noirs urbains laissaient place aux hordes des banlieues, Watt brûlait, les villes croulaient sous l'insalubrité et rejetait par l'opulence ses populations à l'extérieur, devenus métèques les travailleurs étaient écrasés modifiés en contrôleur de l'exploitation des autres encore pauvres. La pertinence collective permettait de voir loin. Nous ignorions la puissance des cécités et des conséquences que nous vivons salement aujourd'hui.

  • Alors la ville et l'architecture Nouv.

    Ensemble d'écrits et des dessins, rassemblés par Jean-Paul Jungmann et Hubert Tonka, ont été conçus sur une longue période de 1966 à 2004, pour des usages multiples : notes pour des conférences, des journées d'étude et séminaires, des pamphlets, textes d'humeur, textes illustrés, brouillons de lettres manuscrites, des photomontages ou, encore, des textes calligraphiés dans des dessins ou simplement des titres d'images, une bande dessinée collective... deux tiers de ces écrits furent publiés dans des revues, en livres, mais beaucoup restèrent, malgré une préparation pour la publication, restèrent non publiées, donc des inédits de différentes natures.

    Ces écrits par sa participation aux publications du groupe Utopie, se prolongeant dans ses enseignements à l'école d'architecture de Strasbourg, se réalisant dans des travaux qu'il partagea avec les étudiants à l'université de Vincennes, ensuite il s'exprima à la fois par des projets théoriques publiés dans L'Ivre de Pierres, ainsi quelques textes à propos de réalisations ou d'opinion, enfin il se consacra à la réalisation d'ouvrages sur la géométrie descriptive et l'axonométrie savante.

    Tout au cours de son existence Jean Aubert dans ses textes et dans ses dessins fut le plus souvent le reflet de sa double, et rare, préoccupation : politique pour la ville et l'urbain, d'une part, et, d'autre part, pour la géométrie architectonique savante, dans laquelle il plaçait la source des espaces urbains.

    Ce témoignage qui va d'un engagement intense dans la volonté de modification de la vie quotidienne notamment urbaine à la reconquête des outils pratiques de conceptions de l'habiter en vue de la réalisation d'une bonne harmonie, car en utopiste qu'il fut c'est bien de l'harmonie qu'il s'agit et sur laquelle il fonda son exigeante existence.

empty