Littérature générale

  • Voyages incrédules

    Claude Eveno

    Un récit de voyages, en Extrême-Orient et en Amérique centrale. Mais aussi une méditation sur les religions découvertes au cours de ces voyages, le plus souvent lors de la réalisation de films documentaires en Inde, au Ladakh, en Indonésie, au Vietnam.
    Cinéaste, urbaniste et écrivain, l'auteur est issu d'une famille bretonne catholique pratiquante et après un éloignement radical de la religion dans les années soixante, typique de sa génération, le souvenir des rencontres postérieures avec d'autres croyances déclenche chez lui une réflexion apaisée sur les manières de croire, sans perdre son incrédulité.
    Voyage d'une vie avec et sans la foi, et voyage aussi dans la culture d'images du christianisme, revisitée ici par des collages, une pratique artistique parallèle à l'écriture, chez l'auteur.

  • Mais qui sont donc ces deux Vénitiennes ? Deux prostituées attendant le client ? Deux aristocrates prenant le frais sur leur terrasse ? Cette oeuvre du plus "intellectuel" et du plus mystérieux des peintres de la Renaissance, Vittore Carpaccio, a été considérée comme "le plus beau tableau du monde" et a, entre autres, séduit Marcel Proust. Ce que l'on sait c'est que ce tableau n'est, en fait, que l'une des parties d'une composition beaucoup plus grande dont un autre morceau a été retrouvé... en Californie et dont d'autres existent encore quelque part dans le monde ! Ce que tente ce court essai c'est d'imaginer ce que pouvait être cette composition dans son ensemble et qui sont ces deux femmes, en essayant notamment de comprendre où va leur regard... sans doute beaucoup plus loin qu'on ne l'a pensé et écrit jusque-là ! A ce véritable travail de "décodage", à l'interprétation séduisante et troublante faite de ce tableau donnant à la femme un rôle inattendu dans notre monde, s'ajoutent les résonances que l'on peut étonnamment percevoir dans deux oeuvres plus contemporaines, l'une de Gustave Caillebotte l'autre d'Edward Hopper.

  • Pour reprendre les arguments de Jean-Pierre Otte, à près de soixante années d'intervalle, il n'est pas inutile de retrouver l'esprit juste et fertile de Julien Gracq dans La Littérature à l'estomac, à présent que les choses ont autrement progressé ou se sont différemment aggravées. Ainsi qu'il le prononce, une nouvelle espèce est apparue, que l'on nomme dans les maisons d'édition "auteurs", nouvelle espèce qui a la caractéristique de prôner l'absence d'écriture, de substance, de philosophie, et même d'univers personnel. En conséquence d'une telle platitude, le cercle des lecteurs s'est resserré, le nombre continue de s'en réduire avec le paradoxe toutefois, depuis ces trois dernières décennies, de "fabriquer", en ayant recours aux moyens techniques de la contamination et du moutonnement, un public obligé d'acquérir l'ouvrage dont tout le monde parle, celui qu'il faut avoir lu, en créant l'illusion d'une nécessité personnelle que l'on pourrait, en quelque sorte, dénommer comme alibi culturel. Jean-Pierre Otte, dans ce livre, met le doigt sur les dangers d'une culture aujourd'hui mâtinée d'insignifiance,voire de médiocrité, masquant, si l'on y prend garde, l'autre réalité de l'art.

  • Battant, dormant

    Daniel Blanchard

    Battant, dormant, un livre fenêtre. Les textes assez brefs qui ouvrent le
    volume imitent - librement - la structure d'une fenêtre, avec un dormant de phrases fermement construites encadrant une volée de mots battants.
    Les textes plus longs de Lieux dits ouvrent dans la familiarité d'un jardin, d'un bord de rivière, d'un vieux mur au pied duquel on vient s'asseoir pour voir le soleil se coucher derrière les arbres, la profondeur de champ de la mémoire, des hantises intimes, des réminiscences de légendes ou de chansons.
    Enfin, c'est comme par une fenêtre battante que surgissent dans le cours dormant de l'existence quotidienne, des instants vifs comme des alertes, qui empruntent une couleur au paysage, un timbre ou un geste à une rencontre et qui prennent en mots, fugitifs comme des bribes de musique flottant dans l'air (Le moment venu).

  • Le second jour

    Burgart/Jean-Pi

    Le second jour, c'est celui qui naît et se déploie entre la lampe et la page,
    et qui dure invisiblement dans la clarté ambiante de la journée; c'est le lieu où
    demeure celui qui écrit.Le second jour, c'est également une autre journée, un autre temps, en regard d'un jour initial et oublié, où les choses ont été ressenties pour la première fois dans la fraîcheur muette de leur apparition, encore dépourvues des noms qui leur seront donnés le second jour - désormais perdues à jamais, oubliées elles aussi, mais reconnues, retrouvées, réinventées à travers le langage et l'écriture. Ne faut-il pas nommer "poésie" la parenté énigmatique qui, en dépit de leur étrangeté foncière, met en résonance la parole et le monde, les langues et la réalité qu'elles appellent, et relie toute image à d'autres images dans le miroir sans fin de la ressemblance ? Les textes réunis dans Le Second jour s'y succèdent dans l'ordre chronologique inverse de leur composition. À partir des motifs de l'image et de la ressemblance qui trament et organisent la première partie du livre, le lecteur est reconduit vers ceux du signe et d'un oubli antérieur à toute parole. Cette dialectique de l'image et du signe, de la ressemblance et de l'oubli, constitue également dans un tout autre registre, le thème d'un essai sur la peinture du même auteur, Le Tain des choses, publié en 2004 aux éditions Sens&Tonka

  • " Guy, Merci pour documents de l'I.S.et ouvrages de Henri Lefebvre, d'une importance vitale pour moi ici.
    Est également important pour moi de correspondre avec toi, parce que "les interlocuteurs valables sont tout de même encore rares". Mais j'énumère tout de suite les difficultés : Trop sommaire une correspondance facilite les malentendus les plus nuisibles ; [...] Une différence radicale entre circonstances, ambiances, situations et problèmes risque de nous faire, toi à Paris et moi à Montréal, écrire pour nous entendre des lettres "non-averties", un non-sens que seules une certaine bonne volonté et une objectivité en "en soi" peuvent éviter.
    Il vaut cependant la peine d'essayer de correspondre. Décidément. " [...] Début de la lettre (inédite) de Patrick Straram à Guy Debord (1960). Suivi d'une lettre (inédite) de Patrick Straram à Yvan Chtcheglov (1959).

  • Libres pensées poursuit le jeu entamé dans les précédents ouvrages de Toulouse-la-Rose, publiés en nos éditions, Du singe au songe (2007) et Pensées, donc (2008) : des aphorismes trempés à l'acier du bon sens, de la politique, de la culture, qui révèlent le sordide des idées trop largement partagées.
    Entre un «dictionnaire des idées reçues» et les loufoqueries d'un humoriste.
    Toujours bref et furieux.

  • La Veuve blanche et noire un peu détournée est un roman d'apprentissage racontant l'éducation sentimentale du jeune Straram âgé de 18 ans par une femme de 20 ans son aînée. Il fait de cet épisode mineur, longtemps ressassé, la clé de son indépendance intellectuelle et affective. Cette oeuvre autobiographique peut également être comprise dans le sillage des pratiques lettristes puisqu'elle fait un usage constant de "détournements".

  • "pensées, donc" poursuit le jeu entamé dans les précédents ouvrages de toulouse-la-rose : des aphorismes trempés à l'acier du bon sens et de la politique qui révèlent le sordide des idées trop largement partagées.
    Entre un "dictionnaire des idées reçues" et les loufoqueries d'un humoriste. bref et furieux.

  • Dans le contexte de notre modernité, autour de la table, comme un rituel, l'incontournable déjeuner familial du dimanche, un huis clos cruel où chacun des personnages se révèle dans le caractère d'une bourgeoisie soumise aux lois de sa conformité. Un jeune homme décrit ce repas cauchemardesque, au cours duquel, pense-t-il, ils vont l'exécuter. Il recompose le fil des circonstances historiques et familiales qui ont conduit à ce moment-là, tandis que sa femme, ses beauxparents, ses beaux-frères et quelques convives affûtent des couteaux. Quelle faute a-t-il commise ? Pour la première fois, depuis des années, il a coupé la parole à son beau-père, troublant ainsi ce "repas du dimanche" où il a tenté d'exister... Il raconte cette scène unique "les minutes qui précèdent son exécution" sous une multiplicité d'angles, comme dans un jeu vidéo.

  • Ce livre se propose de chercher, à al fois avec et contre heidegger, à la fois au-delà et en deçà de lui, et à la fois avec et contre une certaine tradition heideggerienne, la possibilité d'une politique heideggerienne pour aujourd'hui, ou, comme l'écrit frédéric neyrat, ne sorte d'ontologie, mais transie par la politique.
    Une telle démarche prend sens d'abord dans le constat que heidegger serait le premier à avoir véritablement commencé à penser le développement de la technique comme destruction progressive du monde, c'est à dire comme une perte de sens, de la présence, de ce qui fait monde, et comme orientation mondiale vers un " non-monde ", c'est à dire vers un espace où plus rien n'est en tant qu'être, où toute substance se réduit à une subsistance.

  • WYSIWYG (What you see is what you get - ce que je vois est fait) est un recueil de contes à l'usage exclusif des ordinateurs.
    Ce sont des pages d'écriture pure dotées d'effets spéciaux. Ces récits ni faux, ni vrais, sont falsifiables et vraisemblables : il s'agit des premiers textes composés avec des images littéraires de synthèse. Lisibles sur écrans mono ou polychrome. Ils assurent aux machines informatiques le sommeil réparateur du juste pixel. Ajoutons enfin que l'auteur de ces contes, déjà inventeur de l'idiotie artificielle et du maltraitement de textes, est entièrement compatible.

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