Septentrion

  • Une victoire impossible ? l'économie allemande pendant la Première Guerre mondiale Nouv.

    La commémoration du centenaire de la Grande Guerre a donné lieu à de nombreuses publications. L'économie n'a pas été oubliée. Mais la perspective est souvent restée très nationale. Cet ouvrage s'intéresse à l'économie du principal adversaire et perdant, l'Allemagne. Lui non plus n'était pas préparé à une guerre longue. Lui aussi s'est trouvé pris dans la contradiction entre mobiliser toutes ses forces sur le front et préserver la main-d'oeuvre pour assurer l'approvisionnent par l'arrière. L'État, avec un poids plus fort du pouvoir militaire en Allemagne, s'en est également mêlé de plus en plus, sans aller jusqu'à remettre en cause complètement l'initiative privée. La défaite finale était largement inscrite dans la disproportion initiale des ressources, aggravée par l'entrée en guerre des États-Unis. Les contributions des meilleurs spécialistes allemands, du charbon à l'agriculture, en passant par l'aéronautique ou la chimie, sont discutées ici par leurs homologues français.

  • «Tout à coup j'ai pensé que la vie était belle. Pas belle comme quelque chose que tu observes dans une vitrine et qui ne t'appartient pas, qui ne t'appartiendra jamais et qui te nargue et te dis "Ce n'est pas pour toi, petit"; belle comme quelque chose de sanglant qui te tombe dessus par hasard, qui t'écorche, mais c'est ça la vie quand tu en es le centre, qu'il se passe quelque chose et que cela t'arrive à toi, tu peux dire alors qu'elle est belle, la vie.» «Si tu passes la rivière, si tu passes la rivière, a dit le père, tu ne remettras plus les pieds dans cette maison». C'est ainsi que commence la poignante histoire de François, jeune paysan naïf et ultra sensible en quête de vérité et de liberté. Prisonnier de son milieu familial rigide et fermé, il passe le plus clair de son temps à garder les cochons auxquels il parle et se confie.
    Avec ce premier roman, Geneviève Damas dépeint d'une manière très juste un univers rempli d'humanité, de compassion et de silences.
    Après une licence en droit, Geneviève Damas s'est tournée vers différents métiers du théâtre. Comédienne dirigée par les meilleurs metteurs en scène, metteure en scène elle-même, elle a écrit une quinzaine de pièces qui lui ont valu plusieurs prix. Avec Si tu passes la rivière, son premier roman, elle a remporté deux prix littéraires prestigieux: le Prix Rossel 2011 et le Prix des cinq continents 2012.

  • Jan van Eyck ; « Als Ich Can » Nouv.

    Qui est Jan van Eyck? Si le peintre mosan a laissé des oeuvres fortes et innovantes qui ont fait sa renommée dans l'Europe du XVe siècle, et jusqu'à nos jours, les sources écrites très lacunaires ne laissent entrevoir que certains aspects du maître flamand et de sa personnalité. Entreprendre d'écrire la vie de Van Eyck constitue donc un défi que propose de relever cette biographie, en resituant le peintre dans les différents environnements qu'il a fréquentés, qui l'ont inspiré, et dans les réseaux auxquels il a appartenu, des bords de la Meuse à la flamboyante Bruges, en passant par la Hollande. Il s'agit de partir à la rencontre de Jan le peintre, mais aussi de Jan l'ambassadeur du duc de Bourgogne Philippe le Bon ou de Jan l'intermédiaire entre ses mécènes et des milieux artistiques foisonnants, de suivre le maître dans son parcours de vie, original par bien des aspects, et, en fin de compte, de donner corps à un nom demeuré célèbre, celui de Jan van Eyck.

  • Le rôle historique du cinéma est de nous avoir donné le visible une seconde fois, en ajoutant le temps à l'image. Il reste pourtant dans tout film une large part d'invisible : c'est elle qui est ici décrite, et explorée.

    Le cinéma en effet nous rend conscients de l'ambiguïté fondamentale de notre relation au visible. Sa force documentaire, comme son jeu inné avec la fiction, lui ont permis de convoquer les invisibles essentiels du monde, et aussi bien, des effets psychiques qui mettent en péril la visibilité du visible. Il nous autorise à croire que nous voyons vraiment quelque chose d'autre que le monde des apparences.

    Ce livre ne fait ni la théorie, ni l'histoire de cette doublure du visible que transporte le cinéma, mais en donne un panorama complet, attentif à ne jamais trancher abstraitement, mais à toujours s'appuyer sur des exemples concrets, et nombreux.

  • Le massacre d'Ascq du 1er avril 1944 a profondément marqué la mémoire et l'histoire de la Seconde Guerre mondiale dans le Nord. Il demeure aujourd'hui un enjeu de transmission mémorielle que l'enseignement scolaire de l'histoire ne peut ignorer. Comment cet événement de la Seconde Guerre mondiale est-il enseigné à l'École ? À quelles difficultés les enseignants sont-ils confrontés ? Plus généralement se pose la question de l'enseignement des traumatismes de l'histoire. Ce livre propose d'abord une mise en perspective historique de cet évènement tragique associant historiens et acteurs de la transmission mémorielle, puis une présentation des pratiques pédagogiques menées par des enseignants des écoles et collèges de Villeneuve d'Ascq lors des commémorations du 75e anniversaire de ce drame. Cet ouvrage donne des clés de lecture d'un événement parfois méconnu et ouvre des perspectives pour que lui soit donné toute sa place dans l'enseignement de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale.

  • La règle de droit doit être à la fois contraignante et inspirée par le bien comme le suggèrent le glaive et la balance qui la symbolisent. Des critères précis permettent de distinguer la règle obligatoire de celle qui ne l'est pas et c'est le mérite de l'ouvrage que de les énoncer. Le bien, c'est ce qui est juste. Cette notion est symbolisée par la balance, instrument de mesure qui évoque la pondération, la justesse, l'équilibre, l'égalité et la vérité. La bonne règle de droit est tout entière gouvernée par le mot juste. Elle doit être appliquée avec rigueur. D'où un autre symbole, le glaive, affirmant l'obligation, la sanction de l'état.

    En fait le juriste assume une double fonction, une double mission. Il conseille, oriente les législateurs. Par ses conseils, par ses avis, il montre le chemin du droit, le droit chemin. Mais aussi il sait allier le coeur à la raison. Il laisse ouvert des domaines importants à la libre appréciation du juge, les domaines de l'équité, de la bonne foi, de la loyauté, de la grâce.

    Dans un territoire nouveau, conséquence des progrès de la médecine, celui de la bioéthique, la jurisprudence doit parfois être préférée aux lois, plus exactement l'espace et le temps interviennent. L'espace : le nombre de lois doit, dans ce domaine, être limité. Le temps : la situation est évolutive. Les lois peuvent parfaitement être modifiées en fonction des progrès de la science.

    À la rigueur du droit doivent constamment être alliées la chaleur de la vie, la profondeur de la réflexion. Par son approche éthique de la notion de droit, Xavier Labbée explique à l'étudiant la finalité de la règle, et l'invite à comprendre qu'il faut aimer le droit comme on aime la vie. Aimer le droit, c'est aimer la vérité et c'est vouloir que règne l'harmonie entre les hommes dans la justice et l'équité.

    Professeur Jean Bernard de l'Académie française.

  • Nous sommes, avons e´te´, serons tous un jour confronte´s a` l'e´preuve du deuil, a` sa de´chirure, a` sa violence aussi. Le deuil est une e´preuve car il impose un effort, un « travail », qui puise dans nos ressources, nous e´puise, tout en maintenant l'espoir d'un soulagement, d'une e´claircie, voire d'une forme de « relation » apaise´e avec l'autre disparu, ou tout du moins avec son souvenir. Le deuil interroge nos rapports à l'autre qui n'est plus et dont persiste l'image, mais également les autres qui nous entourent, nous contraignent ou nous soutiennent.

  • Clarifier, discuter et prolonger certains aspects de la grande fresque braudélienne sur la Méditerranée de la première modernité ont été les objectifs majeurs visés par les intervenants. Soixante-dix ans après la publication de cet opus magnum de l'après-guerre, il était devenu nécessaire de le confronter à de nouvelles recherches écrites dans d'autres perspectives. Il en est ainsi de la navigation commerciale, des croisières des flottes militaires et des errances d'une guerre de course qui sont inextricablement liées et parfois confondues. Les auteurs se sont en particulier intéressés à Malte et aux États barbaresques, foyers permanents d'une guerre de course chrétienne et musulmane endémique, ainsi qu'à la question de l'esclavage qu'elle induit.

  • La photographie au théâtre propose une approche nouvelle des relations entre théâtre et photographie qui montre que l'histoire du théâtre moderne et contemporain est intimement liée à la naissance et au développement du média photographique, partenaire essentiel ou source d'inspiration majeure dans des démarches de création d'artistes comme Konstantin Stanislavski, Etienne Decroux, Jean Genet, Thomas Ostermeier ou Romeo Castelluci par exemple.

  • Le pont Notre-Dame fut l'un des ponts habités les plus extraordinaires de Paris. Son histoire reste liée à celle de la fameuse Enseigne peinte par Watteau en 1720 pour le marchand Gersaint. En s'attachant à restituer son architecture disparue, ainsi qu'à̀ rendre sensible l'ambiance lumineuse et sonore de son environnement, les auteurs de cette restitution offrent une exploration inédite du pont en 5D ainsi qu'une réflexion sur l'apport des technologies numériques à la recherche historique.

  • De tout temps, le crime et le despotisme ont menacé la sécurité et la liberté. Partout et toujours, des hommes ont dû affronter des criminels et des despotes dans une défense quelquefois désespérée de leur sécurité et de leur liberté. - Comment des êtres peuvent-ils vivre ensemble sans que la liberté de l'un empiète sur celle de l'autre et sans que le conflit entre ces deux libertés les emporte dans une escalade fatale ? - Comment la sécurité est-elle assurée contre les menaces que font peser sur elle les criminels ? - Comment la liberté est-elle défendue contre les despotes, les dictateurs et autres oppresseurs ? - Comment les professionnels de la sécurité nous protègentils contre les menaces que font peser les délinquants et les criminels ? - Comment concilier la sécurité et la liberté ? L'auteur répond à ces questions dans une succession d'analyses empiriques sur la dynamique des rapports sécurité-liberté-criminalité.

  • Comment habite-t-on à l'ombre des cathédrales et des châteaux ? Une vingtaine de chercheurs apportent des réponses originales à cette question en montrant, exemples à l'appui, comment on conçoit, construit, occupe, transforme une maison en ville et à la campagne, du XIIe au XXe siècle, dans le nord de la France. Terres d'échanges mais aussi de conflits souvent fatals au bâti ancien domestique, ces régions qui furent à la pointe de l'innovation architecturale retrouvent ici la place qu'elles méritent dans un panorama de la recherche sur la maison ancienne, en particulier médiévale, en plein renouvellement. Ce livre y contribue grâce à la diversité de ses approches qui empruntent à l'histoire, l'histoire de l'art et l'archéologie autant qu'à la littérature et aux cultures visuelles. Il offre au passage, sous la plume des meilleurs spécialistes, un bilan et des perspectives de découverte d'un patrimoine d'une étonnante diversité et adaptabilité à son environnement naturel et humain.

  • Filmer l'écrivain, est-ce filmer une vie, un statut institutionnel, une parole ? L'émission littéraire ou la critique filmée sur internet ont-elles pour but de rapprocher le public de littérature ? La dimension patrimoniale et didactique du film sur la littérature, la starisation liée à l'incarnation des auteurs semblent dominer les discours cinématographiques et télévisuels. Peut-on alors parler de critique ? Ou avons-nous affaire à la constitution d'un pur objet de culture ? Les études ici rassemblées témoignent qu'un discours critique est en jeu dès lors que le cinéma ou la télévision engagent un geste de mythification ou de démystification. L'ouvrage mettra également en avant les ressources propres dont le film dispose pour explorer ce qui apparaît comme au coeur de l'expérience littéraire : la production d'effets qui dépassent le fonctionnement linguistique et relèvent de la matérialité de l'écrit, du corps, de la naissance des images, des rythmes et des sons et par-dessus tout sans doute, comme le cinéma, d'une méditation sur le temps et la mémoire.

  • Les oeuvres de réalisateurs tels que Hou Hsiao-hsien, Tsai Ming-liang, Ang Lee ou Edward Yang ont d'ores et déjà acquis leur place dans l'histoire du septième art. Mais au-delà d'elles, que sait-on du cinéma taiwanais ?
    Quelles ont été les principales étapes de son développement ? De quel contexte historique, social, culturel et politique est-il le produit ? Que nous apprend-il sur le pays qui l'a vu naître et grandir ?
    C'est à ces questions que ce livre se propose de répondre. Offrant la première synthèse large en français sur ce sujet, ses pages présentent l'évolution du cinéma taiwanais, des débuts aux dernières sorties, éclairant au passage les tensions historiques qui en traversent à tout moment le développement.
    Les présentations en fin d'ouvrage de vingt-cinq réalisateurs viennent compléter cette traversée historique, invitant le lecteur à la découverte de classiques incontournables, mais aussi d'oeuvres méconnues de ce cinéma d'une richesse étonnante.

  • Avec cette histoire compacte de la Suisse, l'historien suisse Thomas Maissen délivre la nouvelle vue d'ensemble longtemps attendue. S'appuyant sur les recherches les plus actuelles, il décrit dans un style fluide l'émergence de la Confédération suisse, son extraordinaire continuité, mais aussi ses nombreuses lignes de fractures jusqu'au passé le plus récent. Quiconque veut connaître les données essentielles de l'état actuel de la recherche les trouvera dans cette synthèse. Comment se sont formés les ligues fédérales et les mythes fondateurs ? Pourquoi la Confédération, divisée entre catholiques et protestants, n'a-t-elle pas été déchirée par ces tensions ? La Guerre du Sonderbund a-t-elle été nécessaire pour que naisse en 1848 un État fédéral moderne ? Pourquoi Hitler n'a-t-il pas conquis la Suisse en juin 1940, et comment la Suisse se positionne-t-elle à l'échelle internationale au XXIe siècle ? Écrit de manière compréhensible, ce livre explique l'ordre politique actuel de la Suisse à travers ses racines historiques.

  • Anthony Mann. Arpenter l'image est le premier ouvrage en français qui propose une analyse des films majeurs de l'un des plus importants réalisateurs hollywoodiens classiques, Anthony Mann (1906-1967). Celui-ci s'est investi dans les genres les plus importants de l'art cinématographique: film noir, western, film de guerre, péplum. Les auteurs visent, à travers ces analyses, à réfléchir l'image cinématographique et à contribuer à une philosophie de l'image.
    C'est que l'ambition de Mann est bien réelle: il s'obstine, tout au long de sa carrière, à comprendre ce qu'est l'image et l'action qu'elle donne à voir. Mann raconte et s'efforce de comprendre en même temps, à même ses images, ce que c'est que de narrer en image, ce qu'est une action qui est de part en part image. Mann arpente les images qu'il compose.

  • Quand, comment et sur quoi se fonde l'engagement de la puissance publique dans le choix du recours et de la justification de la démolition dans un contexte de crise du logement en France ? Quels arguments sont mis en avant, quelles stratégies les acteurs déploient-ils pour quels résultats attendus ? L'objectif de ce travail de recherche collectif est de contribuer, à partir de l'étude d'un vaste corpus textuel, à expliciter ce qui fonde l'action locale et ses discours. Cet ouvrage questionne les discours des acteurs décisionnaires et les formes des opérations de rénovation urbaine. Il analyse d'une part les conceptions de l'espace portées par ces opérations et interroge d'autre part les logiques de l'action sur lesquelles elles reposent. La rénovation urbaine marque ainsi le retour de l'espace comme outil stratégique de et en politique. En s'attaquant à des questions urbaines et sociales fortes, l'ouvrage contribue notamment à redéfinir les contours et les relations entre les réseaux d'acteurs (élus, praticiens, bailleurs) aux différentes échelles territoriales.

  • Les transformations culturelles, territoriales, sociales et économiques de l'Europe entre 1914 et 1945 furent le résultat de deux guerres mondiales se superposant à la modernisation et à la course au pouvoir mondial. Global dans son approche, d'une lecture facile, L'Europe d'une guerre à l'autre : 1914-1945 étudie de façon systématique les décisions prises par les dirigeants ainsi que les tendances développées par les sociétés sur un territoire allant de l'Irlande à la Sibérie, sans oublier les pays scandinaves, ibériques, baltes et balkaniques.

    En plus des sujets habituellement traités - la guerre, la Révolution russe, la Shoah, les dictateurs, les traités de paix et la Grande Dépression -, l'ouvrage apporte des lumières sur un vaste éventail de questions, telles que les colonies, la religion, l'aide humanitaire, les mouvements féministes transnationaux, la propagande, les changements démographiques, l'européisme, le rôle des États-Unis et les marchés du travail. Pris ensemble, ces développements forment la base de l'Europe d'aujourd'hui.

  • L'habitat participatif est traité dans cet ouvrage par une articulation d'approches avec l'objectif d'inscrire l'analyse dans un cadre à même de nourrir la réflexion sur l'urbanité. De la sorte, il est appréhendé autant par une sociologie de la ville, en tant que rapport à l'espace et à autrui, que par une prise en compte de l'action publique et des aspirations à limiter les processus d'individualisation propres à nos sociétés contemporaines. Il est le fruit d'une équipe constituée en 2013 pour répondre à un appel à projet Recherche-citoyen qui associe le CLERSÉ (UMR 8019-Université de Lille-CNRS), Éco Habitat Groupé et le CEREMA dans un dispositif soutenu par la Région portant sur le thème de L'habitat participatif, essor de nouvelles formes de rapport à la ville. La dynamique des trois partenaires repose sur l'ambition d'aborder à nouveaux frais, et par une analyse distanciée, les questions fondamentales attachées à cette forme d'habitat que bon nombre de ses usagers définissent par l'aspiration à participer ainsi pleinement à la vie de la cité. Partant de la volonté de combiner recherche, engagement militant et expertise, sans confondre les registres de réflexivité, il est écrit à plusieurs mains pour traiter de ces différentes dimensions.

  • Cet ouvrage collectif veut montrer que, contrairement à l'idée reçue, Mai 68 a exercé une influence à la fois rapide, profonde et durable sur la littérature. Non seulement les écrivains se sont engagés dans l'action à l'instar de Blanchot ou Duras, mais le mouvement a inspiré aux romanciers, poètes et dramaturges, témoins ou acteurs de Mai, une écriture contemporaine ou quasi contemporaine de l'événement, ainsi que le prouvent les exemples de Merle, Lainé, Gary, Heidsieck, etc.

    Dans ce livre sont analysés en outre la place prise par Mai 68 dans l'imaginaire littéraire des générations antérieures (Leiris, Aragon, Malraux) et postérieures (Quintane, le collectif Inculte) ainsi que le rôle joué par Mai 68 dans une série de mutations littéraires, telles que l'émergence d'une écriture féminine revendiquant sa spécificité (Duras, Rochefort), ou la structuration institutionnelle de genres jusque-là réputés mineurs comme la science-fiction ou le roman noir.

    Contributeurs : Nathalie Barberger, Jean-Marc Baud, Simon Bréan, Geneviève Brisac, Stéphane Chaudier, Maxime Decout, François Dussart, Jean-Louis Jeannelle, Matthieu Rémy, GaëlleThéval, Anne Wattel, Nelly Wolf.

  • « Chaque lecteur est, quand il lit, le propre lecteur de soi-même ». Et si ce constat dressé par Marcel Proust pouvait également s'appliquer à ce lecteur collectif qu'est l'espace de réception, dans le cadre d'un transfert culturel littéraire ? L'observation de la diffusion, de la réception et de la traduction de l'oeuvre de Proust au Brésil permet d'appréhender les mutations culturelles que connaît le pays dans la première partie du XXe siècle. On découvre que cette oeuvre importée y est lue en rapport avec les différents espaces culturels du pays, et on comprend alors de quelle manière À la recherche du temps perdu devient dans ces Brésils un classique littéraire.En partant de la circulation littéraire, on mesurera le rapport des élites brésiliennes avec les interlocuteurs fantômes que sont durant la période la France et sa vie culturelle.Cette circulation de Proust est un révélateur qui offre une radiographie des milieux intellectuels brésiliens du premier XXe siècle.

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