Littérature russophone

  • Un quiproquo transforme Piotr Poustota, poète pétersbourgeois poursuivi par la Tchéka, en commissaire de division de cavalerie rouge en pleine guerre civile. Son chef Tchapaïev apparaît sous des traits fort éloignés de ceux, édifiants, que lui prêtent littérature et cinéma : sous son commandement on discute, entre deux combats, de l'irréalité du monde en s'aidant de vodka ou de cocaïne. Il arrive même que, pour mieux comprendre que la vie est un songe, on fasse un tour aux Enfers sous la houlette d'un baron fusillé. Il est vrai que Tchapaïev, détenteur de la « mitrailleuse d'argile », n'est pas seulement Tchapaïev... Les choses se compliquent encore quand on apprend que Poustota est aujourd'hui pensionnaire d'un hôpital psychiatrique de Moscou. En compagnie de « nouveaux Russes » rêvant d'Amérique, du Japon ou de différentes formes de racket, il est soumis à un traitement de choc pour « dédoublement d'une fausse personnalité ».
    Qui est donc Poustota, dont le nom signifie « le vide » ? Un ancien bolchevik qui fait des cauchemars ? Un interné qui délire ? L'un réincarné dans l'autre ? La Russie serait elle devenue une vaste maison de fous ?

  • Un monde de cristal.
    Les six nouvelles de Viktor Pelevine ici recueillies nous mènent à travers une Russie hallucinée où passé et présent, rêve et réalité, vie et mort se mêlent comme dans La Mitrailleuse d'argile, son précédent livre, que la critique avait jugé " pétaradant de sophismes hilarants et de paradoxes jubilatoires " (G. Anquetil, Le Nouvel Observateur), " cocasse et grave " (J. -L. Perrier, Le Monde), " d'une virtuosité de construction époustouflante " (J.
    -B. Harang, Libération).

  • Dans une ville lointaine de la Mandchourie chinoise vit une curieuse communauté de gens blessés par le destin. Exilés pour la plupart de leur pays natal, de leur vie ancienne, ils mènent une existence paisible et mélancolique aux confins de la steppe, dans un pays où grandit une épidémie. Dans la répétition d'un geste antique, l'un d'eux sera sacrifié pour mettre fin au fléau. Mais qui sont-ils vraiment ? Des doubles de personnages antérieurs ? Des imaginations sorties de la tête d'un homme qui rêve, à l'autre bout du monde, dans la compagnie d'un frère dément ? Cette femme, Klara, qu'on suit dans les rues poussiéreuses de Changchun, qui fuit à la fin par le Transsibérien, est-elle la réincarnation d'une soeur disparue, d'un amour évanoui ? Le monde a-t-il une autre réalité que celle d'un reflet sur l'eau, que trouble la moindre vaguelette ? La vie est-elle un songe ?

  • Un quiproquo de l'histoire fait que piotr poustota, poète pétersbourgeois du début du siècle, poursuivi par la sinistre tcheka, se retrouve commissaire politique d'une division de cavalerie rouge en pleine guerre civile.
    Son chef, le fameux tchapaïev, apparaît sous des traits fort éloignés de ceux, édifiants, que lui ont prêtés littérature et cinéma soviétiques : sous son commandement on passe le plus clair de son temps, entre deux combats, à discuter de l'irréalité du monde en descendant de la vodka ou en sniffant de la cocaïne. il arrive que, pour mieux comprendre que la vie est un songe, on fasse un tour aux enfers sous la houlette d'un baron fusillé.
    Il est vrai que tchapaïev, détenteur d'une arme absolue et philosophique, la " mitrailleuse d'argile ", n'est pas seulement tchapaïev.
    Là oú les choses se compliquent encore, c'est que piotr poustota est simultanément pensionnaire d'un hôpital psychiatrique aux abords de moscou, de nos jours. en compagnie de " nouveaux russes " rêvant d'amérique, du japon ou de différentes formes de racket, il est soumis à un traitement de choc pour " dédoublement d'une fausse personnalité ".

    Qui est donc finalement poustota, dont le nom signifie " le vide " ? un bolchevik d'occasion qui fait des cauchemars ? un interné qui délire ? un réincarné dans l'autre ? et qu'est-ce que la russie, celle de la révolution comme celle des truands ? une vaste maison de fous ? lorsqu'on sera parvenu en mongolie intérieure, c'est-à-dire le lieu oú s'élève le " trône de nulle part ", ces questions paraîtront bien oiseuses.

  • Homo zapiens. Babylen Tatarski, dit Vova, fait partie de cette génération de Russes que l'effondrement de l'URSS a laissés déboussolés et qui " préfèrent Pepsi de la même façon que leurs parents soutenaient Brejnev. " Un hasard va faire entrer cet homme sans qualités particulières dans le monde des nouveaux maîtres, celui de la publicité, puis de la télévision, de l'argent, des mafias et du commerce du vide. Nous assisterons, aussi ébahis que lui, à son ascension fulgurante. Comme toujours dans les romans de Pelevine, le lecteur est plongé dans un univers halluciné, fantasmagorique, où le réalisme sordide côtoie la loufoquerie la plus débridée : le seul, sans doute, à pouvoir rendre compte de cette nef des fous qu'est devenue la Russie. Mais ne s'agit-il vraiment que de la Russie ? Homo zapiens a obtenu le prix Richard-Schönfeld (Allemagne, 2001) et le prix Osterfestspiele Salzburg (jury Nonino, 2001).

  • Svinobourg

    Dmitri Bortnikov

    Dans une prison française (ou un hôpital psychiatrique) une psychologue tente de faire parler un homme (ancien légionnaire oe) qui s'y refuse obstinément. Pourtant dans son for intérieur, il répond aux questions qui s'avèrent vite inutiles. Car rien n'arrête plus le monologue qui permettra de comprendre comment et pourquoi le narrateur est devenu un monstre. Défilent alors les images d'une enfance douloureuse, dans une ville perdue comme une porcherie au fin fond d'une Russie à la fois imaginaire et réelle. Là un garçon cherche à exister, immergé dans sa graisse, face au monde morbide des adultes incapables de le comprendre. Fresque étonnante dans laquelle se
    mêlent voyous et médecins admirables, dont la mère du narrateur, anciens détenus décérébrés ou baptistes qui chantent des psaumes, et d'où émergent des figures fantasques comme le grand-père et pathétiques comme le père. Face à cette impossibilité d'être, dans la boue et les ordures du quotidien, le garçon est obsédé par la beauté de la mort, par les vieilles acariâtres qui se
    succèdent dans la tombe et qu'on va pleurer, histoire de gagner quelque argent, par le jeu à la mort qui va jusqu'au bord du suicide. Comment exister et manifester son humanité dans cet univers macabre ? Peu à peu, grâce à la richesse de son monde intérieur, le narrateur trouve son chemin vers la vie.

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