Societe Francaise De Musicologie

  • Henry Prunières (1886-1942), l'un des grands musicologues français de la première moitié du xxe siècle, demeure présent pour tous ceux qui s'intéressent à l'histoire de la musique de cette période et qui se sont nourris des riches pages de La Revue musicale ou de l'un des importants ouvrages qu'il a signés. Pourtant, jusqu'ici, aucune monographie ne lui avait été consacrée. Fruit des travaux d'un séminaire de recherche international, cet ouvrage comble cette lacune.
    Auteur de deux thèses sur L'Opéra italien en France avant Lully et Le Ballet de cour avant Benserade et Lully, Henry Prunières est aussi ouvert à la musique de son temps et côtoie de nombreux compositeurs de premier plan. Éditeur de la première édition monumentale des oeuvres de Lully, il reste avant tout le fondateur, en 1920, de La Revue musicale, tribune ayant rassemblé des chroniqueurs et des artistes essentiels du xxe siècle dans un esprit de rare ouverture à des domaines divers, faisant appel à la musicologie historique, couvrant toutes les époques y compris la musique contemporaine, sans négliger la danse, le jazz, le disque ou l'étude des rapports aux autres arts. Ce livre atteste la richesse de la personnalité d'Henry Prunières et l'ampleur des voies qu'il a ouvertes.

  • Le présent ouvrage se propose de mettre en lumière l'organisation du corps que formaient les violons du Roi, ceux de la Grande et la Petite Bande de la Chambre, ainsi que leur vie privée et professionnelle.
    La période du règne de Louis XIV choisie comme cadre chronologique bénéficie de sources d'archives abondantes largement restituées ici. Elle coïncide exactement avec des événements capitaux de l'histoire des violons du Roi : le début de la régence d'Anne d'Autriche voit se former la première organisation complète des Vingt-quatre Violons en association, et, quand le Roi-Soleil s'éteint, les Petits violons formés au temps de Lully, disparaissent. Les nombreuses découvertes de documents inédits dans les minutes notariales parisiennes permettent de comprendre comment se perpétuait le métier, comment s'édifiaient les dynasties de musiciens ou quels étaient les liens entre l'ancienne corporation des joueurs d'instruments et la musique royale. Les contours de leurs activités musicales se dessinent grâce aux musiques qu'ils ont laissées et aux livrets des spectacles de cour auxquels ils ont participé.
    Mémoires et journaux du temps proclament la qualité des exécutions données par les violons du Roi. Tous célèbrent à l'envi ces deux corps de musiciens qui recueillaient une admiration unanime, qu'elle vînt du connaisseur ou de l'amateur. Leur renommée franchit le xviie siècle et la place que Voltaire assigne dans Le Siècle de Louis XIV à la Grande Bande reste un signe révélateur de son influence. Les Vingt-quatre Violons du Roi furent une pépinière d'où sortirent de vigoureux talents : les compositeurs Nicolas Clérambault, François Rebel, Jean-Baptiste Sénaillé, Jacques Aubert, les danseurs Pierre Beauchamp, Jean Favier et la cantatrice Mlle Desmatins. À cette influence familiale, il convient d'ajouter à l'actif des violons du Roi leur influence dans l'évolution des formes musicales, notamment dans la transformation de la suite en sonate. Désormais, la musique de chambre s'imposait dans la pratique musicale en France.

  • La fondation royale Saint-Louis de Saint-Cyr se signale comme un centre artistique important de la fin du XVIIe siècle. Les « demoiselles » élevées sous la houlette de Mme de Maintenon suivaient un programme éducatif ambitieux et résolument moderne, et furent les destinataires des deux dernières tragédies de Racine, Esther (1689) et Athalie (1691), puis des pièces de Boyer et de Duché de Vancy. Ce théâtre biblique, emblématique de la fin du règne du Roi-Soleil, accueillait des intermèdes musicaux dus à Jean-Baptiste Moreau, Claude Oudot et leurs contemporains. Le lyrisme dépouillé des choeurs, la simplicité touchante des enfants jouant Racine et la réputation de Saint-Cyr firent un temps les délices d'une cour vieillissante avide de divertissements pieux. En dépit de la régularisation de l'institution, la pratique musicale et dramatique perdura, offrant à la postérité un répertoire unique par le mélange de déclamation et de chant, par la dramaturgie qui permet d'insérer des choeurs bibliques dans la tragédie régulière et par une musique d'enfants qui exalte l'émotion tragique et invite le spectateur à une réflexion spirituelle.

  • La correspondance d'Albéric Magnard (1865-1914) comprend 405 lettres adressées à des musiciens (Chausson, Dukas, d'Indy, Ropartz, Doret, Labey, Castéra), à des amis (Poujaud, Cordonnier, Lallemand) et à des critiques et hommes de lettres (Rolland, Zola, Carraud, Maus). Au travers de cette correspondance, la personnalité de ce dreyfusard apparaît forte et originale dans sa farouche indépendance. Cet élève de d'Indy, qui a le culte de Beethoven, n'hésite pas à adresser des jugements critiques à ses collègues après l'audition de leurs oeuvres, y compris à son ancien maître. Solitaire et quelque peu misanthrope, Magnard se montre exigeant avec lui-même comme avec les autres, d'une extrême franchise, ayant le sentiment de vivre dans une « société de mufles ».

  • Entre deux séjours à l'étranger où ses oeuvres connaissent un grand retentissement, Berlioz nous entraîne dans le tourbillon de la vie des théâtres et des concerts qui sévit à Paris dans les premières années du Second Empire.
    Se succèdent à l'Opéra reprises et créations d'opéras de Verdi (Les Vêpres siciliennes), Halévy (Jaguarita l'Indienne), Gounod (La Nonne sanglante) tandis qu'à l'Opéra-Comique et au tout nouveau Théâtre-Lyrique s'affichent, à un rythme soutenu, des ouvrages dont le public est friand, de Reber, Massé, Clapisson, Grisar, Adam, Ambroise Thomas ou Eugène Gautier.
    À cette activité lyrique foisonnante s'ajoutent les publications d'albums et de livres savants, l'émergence de sociétés musicales comme celle que fonde Pasdeloup, les concerts parisiens en tous genres où brillent Ernst, Vieuxtemps, Bottesini et tant d'autres, sans oublier les tournées triomphales à l'étranger « qui nous enlèvent nos étoiles ».
    Enfin, signant anonymement un article de 1855, Berlioz prend le temps de se faire le chantre discret de son propre Te Deum, enfin joué à la veille de l'ouverture de l'Exposition universelle de Paris, tandis que, sur toile de fond de guerre de Crimée, il relate son voyage en Russie de 1847, exprimant sa reconnaissance aux Russes, qui l'accueillirent si chaleureusement.
    Dans ce nouveau volume, la plume de Berlioz sait une fois encore captiver le lecteur en faisant revivre avec panache nombre de musiques et musiciens parfois tombés dans l'oubli et montrer ainsi toute la richesse de la vie musicale parisienne de l'époque.

  • En ces années 1856-1859, Paris retentit de concerts en tous genres. « C'est un temps de musique acharnée », s'exclame Berlioz qui, bien qu'au faîte de sa carrière de musicien avec son élection à l'Institut, le grand succès de L'Enfance du Christ et la composition des Troyens, continue d'honorer ses obligations au Journal des débats.

    L'orgue-Alexandre est l'instrument du jour et l'on s'arrache les billets pour entendre l'étonnant corniste Vivier, très apprécié à la cour. D'autres instrumentistes exceptionnels comme Bülow, Litolff ou le jeune Wieniawski se distinguent parmi les centaines d'artistes qui se produisent. Berlioz ne fréquente plus la Société des concerts du Conservatoire, trop « endormie », mais salue le dynamisme de la Société des jeunes artistes dirigée par Jules Pasdeloup et la création de nouvelles formations de musique de chambre.

    Si l'Opéra se contente de créer des ouvrages de compositeurs « installés », avec La Magicienne d'Halévy et Herculanum de David, ou de reprendre des valeurs sûres comme Le Prophète, La Reine de Chypre et Guillaume Tell, l'Opéra-Comique affiche Le Pardon de Ploërmel de Meyerbeer, à la réussite éclatante. Quant au Théâtre-Lyrique, il vit ses plus belles heures, avec la création du Faust de Gounod, la mise à l'honneur d'opéras de Mozart et Weber, et la reprise de l'Orphée de Gluck dans une version de Berlioz, avec l'inoubliable Pauline Viardot.

    Malgré une gastralgie qui le mine, Berlioz garde, comme toujours, son humour incisif qu'il distille à travers ses articles et dont il tire un recueil d'anecdotes, Les Grotesques de la musique.

  • À l'heure où l'engouement pour la musique baroque a atteint son apogée et où les interprètes visent à une restitution la plus authentique possible des chefs-d'oeuvre du passé, il demeure un domaine largement ignoré et pourtant propre à la France d'Ancien Régime : celui de l'improvisation collective sur le plain-chant qui était monnaie courante dans la plupart des chapitres du royaume. Cette pratique orale, qui déclina progressivement au cours du siècle des Lumières pour disparaître complètement après la Révolution, ne doit cependant pas être minimisée : n'envisagea-t-on pas de l'introduire à la Chapelle du roi dès 1738 ? Alors que les débats esthétiques et techniques sont essentiellement tournés vers les théories harmoniques de Jean-Philippe Rameau, il est remarquable de relever que les deux traités reproduits dans ce volume furent les seuls, entre 1700 et 1750, à détailler les règles du contrepoint dans un but pédagogique afin de perpétuer une tradition pratiquée à l'ombre des cathédrales et à cent lieues de toute spéculation ramiste. Le mérite de Louis-Joseph Marchand et d'Henry Madin est de transmettre aux interprètes, historiens de la musique et de la théorie musicale, ainsi qu'aux amateurs munis d'un minimum de connaissances techniques, les clefs nécessaires à une meilleure compréhension de l'art musical à l'époque de Louis XV.

  • Issue d'une tradition plus que centenaire, la musique religieuse de langue française manifeste, après la Révocation de l'Édit de Nantes, de nouvelles orientations. Parallèlement aux productions parodiques et populaires, les cantiques et airs spirituels composés sur les plus beaux recueils de poésie lyrique chrétienne, comme les Cantiques spirituels de Racine, les Stances chrétiennes de l'abbé Testu ou les Psaumes de la pénitence d'Élisabeth-Sophie Chéron, explorent toutes les ressources de la musique baroque française et offrent un témoignage de civilisation et de culture aussi éloquent que les meilleures réussites des genres profanes et religieux latins. Ces cantiques spirituels savants sont signés des plus grands noms - Michel-Richard de Lalande, Pascal Colasse ou André Campra - mais aussi de musiciens aujourd'hui moins connus comme Bénigne de Bacilly, Jean-Baptiste Moreau, Pierre-César Abeille ou Antonia Bembo, qui jouèrent un rôle important dans le succès de ce répertoire.? Du fait de leur spécificité linguistique, les cantiques spirituels savants se situent hors des canons stylistiques de la musique religieuse latine et témoignent de divers degrés d'assimilation des modèles profanes mais également de recherches formelles très originales en fonction de leur destination et des sensibilités religieuses qui les portent. ?Loin d'être circonscrits à la maison royale Saint-Louis de Saint-Cyr, ils constituent un divertissement dévot qui convenait aussi bien à la pratique musicale domestique qu'aux concerts des salons aristocratiques et de la cour. Plus largement, à travers les systèmes de pensée esthétiques, spirituels ou idéologiques qui le modèlent et les pratiques dévotionnelles qui le portent, le répertoire des cantiques spirituels savants ouvre un chemin étroit mais éclairant dans la culture du XVIIe siècle.

  • Fauré est adolescent lorsqu'il rencontre Camille Saint-Saëns venu enseigner le piano à l'école Niedermeyer ; entre le maître et l'élève, que dix années seulement séparent, s'établit un climat de confiance et d'affection qui ne s'altéra jamais durant les soixante années que dura leur amitié. Le jeune maître transforme sa classe en un vrai séminaire où l'on lit « hors programme » les oeuvres les plus avancées de ce temps : Schumann, Liszt ou Wagner ; chacun apporte ses nouvelles compositions. Lorsque, en 1865, Fauré quitte l'école Niedermeyer, Saint-Saëns le fait connaître auprès de ses amis musiciens : Pauline Viardot, Anton Rubinstein, Pablo de Sarasate ou Franz Liszt. À chaque pas de la carrière de Fauré se devine désormais la présence discrète de l'aîné, qu'il s'agisse de places d'organistes qu'il lui procure - il l'introduit en particulier à la Madeleine - ou de professeur au Conservatoire, jusqu'à la consécration suprême de l'entrée à l'Institut, avec une courte majorité. Sur le plan musical et esthétique, une certaine parenté lie, jusqu'à un certain point, les deux musiciens : là où Saint-Saëns demeure farouchement attaché aux valeurs du XIXe siècle, Fauré prend nettement le tournant du XXe siècle, démarche que l'aîné avouera en toute humilité ne pouvoir comprendre pleinement. C'est l'histoire de cette amitié et les chemins créatifs de ces deux grandes personnalités que retrace leur correspondance, familière, badine, professionnelle et musicale tout à la fois. Elle est ici publiée intégralement dans une édition complétée et révisée.

  • Pendant près de quarante ans, le Cavaillonnais Joseph d'Ortigue (1802-1866) fit carrière à Paris comme « musicien-littérateur ». Il mit à profit sa riche bibliothèque pour étoffer ses écrits dont le sérieux et la fiabilité offrent peu d'exemples dans la presse française contemporaine. S'il s'intéresse évidemment à l'art lyrique, il place au premier rang l'oeuvre instrumentale de Beethoven qu'il oppose au chant rossinien, alors qu'il encense Weber et invite à découvrir Schubert. Homme de conviction, il affronte avec passion François-Joseph Fétis dans une querelle sur le « mouvement » et la « résistance » en musique, proclamant une foi dans le progrès qui fera de lui un des plus solides soutiens de Berlioz. Disciple de Lamennais, d'Ortigue propose une conception personnelle de la musique religieuse en travaillant ardemment à la restauration du plain-chant. Après une biographie très documentée, Sylvia L'Écuyer présente ici 82 textes signés par d'Ortigue entre 1827 et 1846 dans des journaux aujourd'hui difficilement accessibles. Cette anthologie, minutieusement annotée, rassemble des comptes rendus de concerts ou de représentations lyriques, ainsi que des articles de fond sur des problèmes esthétiques essentiels. Témoins du foisonnement artistique qui anime Paris sous la Restauration et du goût musical de cette époque, les écrits de Joseph d'Ortigue ouvrent la voie à l'analyse et à l'histoire de la musique.

  • Pendant soixante-cinq ans - entre 1725 et 1790 - dans deux salles successives du palais des Tuileries, le Concert spirituel a été l'organisme le plus stable et le plus cosmopolite de l'Europe. On y a produit plus de 1250 oeuvres de 456 compositeurs ! Si le répertoire français y occupe d'abord la plus grande place, les programmes s'ouvrent progressivement aux Italiens et aux pays germaniques, à partir de 1750 environ. Cet ouvrage en étudie le fonctionnement, analyse son évolution et fournit le contenu exhaustif des programmes, qui reflètent le goût musical de tout un siècle et dans lequel sont représentés tous les genres musicaux de l'époque. Une nouvelle introduction permet d'actualiser et de compléter sur certains points l'exposé de l'auteur.

  • L'histoire de la musique identifie si profondément la période dite « classique » à Haydn, Mozart et Beethoven que la musique française entre la fin du baroque (Rameau) et le début du romantisme (Berlioz) paraît suivre le mouvement européen sans parvenir au niveau qualitatif des trois viennois. La comparaison entre des chefs-d'oeuvre bien connus à la fois par le concert et par le disque, et une production lyrique française ignorée de la discographie contemporaine n'est pas la méthode la plus adaptée pour évaluer l'intérêt ou comprendre la force d'un art dramatique d'une richesse insoupçonnée. L'étude de plusieurs centaines d'ouvertures d'opéra composées entre 1760 et 1815 révèle une production française reposant sur une esthétique spécifique qui se caractérise par la confiance dans la capacité de la musique instrumentale à annoncer un drame lyrique dans tous ses aspects (littéraire, visuel, poétique). En s'intéressant aux discours théoriques et à la critique, aux procédés dramatiques imaginés par les librettistes et les compositeurs, au style et au statut des ouvertures qui, pendant la Révolution, s'imposent comme un répertoire symphonique national, cette étude attire l'attention sur des ouvrages de Philidor, Monsigny, Cherubini et Méhul, qui ont servi de socle esthétique au théâtre lyrique français et européen du XIXe siècle. Elle invite aussi à revoir en profondeur l'historiographie relative à ce genre en tenant compte de l'esthétique particulière de l'opéra français de la fin du XVIIIe siècle.

  • L'abbaye de Moissac est renommée de nos jours pour la splendeur de son cloître. Dès le XIe siècle, elle rayonnait par la qualité de sa vie intellectuelle et musicale, dont le reflet nous est parvenu dans de riches manuscrits. Son tropaire-prosaire présente, en 358 pages, un bel échantillon de la production littéraire et musicale de son époque dans la France de l'ouest. Il est aussi un des premiers manuscrits qui fut copié selon une notation musicale parfaitement lisible grâce à une répartition rigoureuse des notes autour d'une ligne de référence. Il transmet des textes poétiques chantés dont la beauté séduira non seulement des spécialistes de la littérature, de l'histoire ou de la musique, mais aussi les chanteurs et leur public. Cette édition comble une lacune car, si les éditions en fac-similé ont amplement servi les manuscrits du graduel et de l'antiphonaire, elles ont presque ignoré, pour cette haute époque, les répertoires de tropes et de proses. Au fac-similé couleur du manuscrit sont joints de nombreux index des textes et des mélodies, qui mettent en valeur les relations subtiles unissant ces compositions et les chants plus anciens auxquels elles se sont ajoutées au Moyen Âge.

  • Cément Janequin (ca 1485-1558) a brillé trente ans au firmament de la musique vocale de la Renaissance : illustrant avec vivacité tous les genres de la chanson profane, il développe un usage spectaculaire de la polyphonie. Ses fameuses chansons descriptives, multipliant onomatopées et interjections, combinent les expériences rythmiques avec un contrepoint sophistiqué dont le réalisme saisissant semble nous donner à entendre la bande-son du xvie siècle, du « chant des oiseaux » au « caquet des femmes », en passant par le vacarme des batailles. Mais ce désir mimétique n'est pas isolé en son temps : sous des formes diverses, onomatopées et recherche sonore se retrouvent au même moment dans la littérature humaniste, la poésie et la musique de la Renaissance. Janequin s'approprie des traditions anciennes, met en musique les poètes contemporains (Marot, Ronsard, Baïf), et ses chansons stimulent à leur tour l'écriture d'un Rabelais, animé du même désir de libérer les potentialités de la voix et de trouver dans la matérialité du langage un moyen expressif nouveau.

    Réunissant des travaux d'historiens, de musicologues et de littéraires, ce livre est le premier spécialement consacré à Janequin depuis 1948. En faisant le point des connaissances sur sa vie, son oeuvre et son succès, il prend le parti original d'explorer les liens du musicien avec la poésie de son temps, et précise sa singularité dans l'expérimentation des potentialités

  • Pétrie d'influences, écrite dans des genres établis, fondamentalement tonale, l'oeuvre de Francis Poulenc montre de manière éclatante qu'il est encore possible, durant la première moitié du xxe siècle, de tirer un style éminemment personnel d'un langage hérité.
    Animée de paradoxes et oscillant du profane au sacré, empruntant constamment sa matière à d'autres auteurs sans jamais perdre son caractère propre, la musique du compositeur français est reconnaissable entre toutes. Elle porte la marque de singularités que cet ouvrage se propose d'identifier, d'explorer et d'expliquer en croisant approches et méthodes d'analyse aussi stimulantes qu'inattendues. Les différents genres dans lesquels Poulenc s'est exprimé sont abordés de la messe à l'opéra, de la mélodie à la musique de film, de la symphonie à la musique de chambre, du concerto à la sonate.

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