Stock

  • Ben Du Toit est un Afrikaner bien tranquille - un père de famille sans histoire que rien ne distinguerait de ses quatre millions de frères et soeurs bien tranquilles, sûrs d'eux-mêmes et de leur supériorité. Jusqu'au jour où Ben veut savoir. Savoir pourquoi le jeune fils de Gordon, le jardinier noir de l'école où il enseigne, a disparu sans laisser de trace dans les locaux de la police sud-africaine. Savoir pourquoi Gordon va disparaître à son tour, qui cherchait à connaître la vérité sur la mort de son fils. Savoir ce qui se cache sous les versions officielles. Savoir, par exemple, ce qui s'est vraiment passé à Soweto. Savoir au fond ce qu'est la vie de ces millions de Noirs qu'il a côtoyés toute sa vie sans les voir. Mais au pays de l'apartheid, il ne fait pas bon vouloir trop en savoir. Le long de son douloureux chemin de Damas, Ben va peu à peu le découvrir. Et l'amour de Mélanie, engagée dans le même combat que lui, ne le protégera pas de la machine infernale qui s'est mise en marche. Implacablement.
    André Brink est né en Afrique du Sud en 1935. Il est professeur de littérature contemporaine à Rhodes University. Toute son oeuvre est publiée en France aux Editions Stock. Une saison blanche et sèche avait été couronné par le Prix Médicis étranger en 1980. Ce roman est aujourd'hui porté à l'écran par Euzhan Palcy, avec parmi les acteurs principaux, Donald Sutherland et Marlon Brando.

  • Avaler du feu ou des épées, marcher sur la corde raide, forcer des serrures compliquées, voilà quelques-uns des tours d'adresse qui valaient à Yasha Mazur une enviable renommée dans toute la Pologne, sauf à Lublin, sa ville natale, où aux yeux de ses concitoyens seule comptait son irréligion.
    Il est vrai que Yasha n'observait guère les rites et fréquentait plus les tavernes que la synagogue. D'ailleurs, pour l'amour d'Emilia, jeune veuve de Varsovie, il avait accepté l'idée de se convertir. Juif ou Chrétien, qu'importe oe Restait tout de même à régler l'épineuse question de son divorce d'avec Esther, sa fidèle épouse, depuis vingt ans - et le non moins épineux problème du manque d'argent. Alors ? Forcer quelques serrures de plus ? Voler ? Pourquoi pas oe Mais le destin attendait Yasha Mazur "Ce qui intéresse Isaac Bashevis Singer, c'est la vie quotidienne, ce sont des existences presque médiocres, mais illuminées tout à coup du dedans par toutes les magies de l'esprit", écrivait Jean d'Ormesson, quand il découvrit avec émerveillement son oeuvre. "La réalité quotidienne d'I.B. Singer est hantée à chaque page par quelque chose de sacré : c'est l'humanité" Les jurés du Prix Nobel ont souscrit à ce jugement en couronnant en 1978 une oeuvre exceptionnelle.
    Le magicien de Lublin avait reçu en France en 1965 le Prix du Meilleur Livre Etranger.
    Isaac Bashevis Singer est né près de Varsovie en 1904, d'une très ancienne famille hassidique. Emigré aux Etats-Unis en 1934, il est l'auteur de plus de vingt-cinq romans, recueils de nouvelles ou de contes pour les enfants, tous écrits en yiddish. Son oeuvre est publiée en France aux Editions Stock.

  • Jolie et rayonnante, cuisinière émérite, Dona Flor est très aimée. On la plaint aussi parce qu'elle a épousé Vadinho, vaurien, joueur et coureur. Mais le roman s'ouvre au moment du carnaval et sur la mort inattendue de Vadinho, après sept ans de mariage. Dona Flor se consolera assez vite en épousant le docteur Teodoro, bien qu'il ne soit pas doué d'un tempérament de feu. Vient le jour où Dona Flor trouve Vadinho étendu nu sur le lit. Invisible à tous, Vadinho est complètement réincarné pour la seule Dona Flor et entend bien jouir de ses droits de mari.
    À Bahia, terre des dieux, des danses et des résurrections, des transes et du candomblé, une telle aventure devient l'histoire d'une ville bien-aimée et de tout un peuple, une sorte de voluptueuse chronique.
    Ce roman foisonnant, truculent et irrévérencieux est un chef-d'oeuvre d'humour qui prend la forme d'un pied de nez à la morale. Tout l'art de conter de Jorge Amado s'y retrouve dans sa quintessence. Un plat aux aromates puissants, à la saveur et à l'exubérance toute tropicale cuisiné de main de maître.

  • "La Grèce a bénéficié des faveurs spéciales des dieuxà Les Grecs ont survécu à tout, aux pires des régimes, aux infamies les plus cruellesà Rien ne peut souiller la mer grecque, le ciel grec. Et la lumière - cette lumière surnaturelle propre au monde méditerranéen - l'emportera toujours sur toutà Etre grec, c'est être homme, dans toute la force et toute la plénitude du termeà Pour moi la Grèce n'est plus un endroit, un pays : elle est un état d'esprit." Ainsi ne cesse de s'enthousiasmer Henry Miller dans ce livre, récit de son voyage épique en Hellade, en compagnie de son ami et complice Lawrence Durrell, à la veille de la Seconde Guerre mondiale.
    Avec un lyrisme et une fougue homériques, l'éternel rebelle, non content de nous faire partager, grâce à la magie de son verbe, la seule passion à laquelle il demeura toujours fidèle, en profite pour commettre un autre chef-d'oeuvre.
    Né en 1891 à New York, Henry Miller est mort en 1980. C'est en France où il s'était fixé dès 1930 qu'il fit ses grandes rencontres : Anaïs Nin, Cendrars, Queneau, Durrell

  • Sidney Holden - alias Frog - alias la Grenouille, pour les intimes - est un tueur à gages,un "flingueur". Pour le compte d'un styliste en fourrures, il est chargé d'éliminer la concurrence déloyale et de récupérer l'argent auprès des mauvais payeurs. S'il s'acquitte sans état d'âme des tâches macabres qui lui reviennent, c'est quand même un tendre, sous ses allures désinvoltes et ses élégants costumes à la Douglas Fairbanks Jr. Quand sa femme bien-aimée "la Brindille", le quitte, il a le coeur brisé. Et il n'hésite pas à prendre d'énormes risques pour protéger une mystérieuse petite fille, témoin par hasard d'un meurtre qui ne devait pas en avoir.
    De Queens à Brooklyn et de Manhattan au Bronx, Frog lutte pour sauver sa peau, déjouer les complots, conquérir la ravissante bru d'un procureur marron, percer au jour plus d'une énigme. On retrouvera dans ce roman le New York merveilleux de Jerome Charyn, éblouissant chroniqueur d'une ville à mystères : Mafia, exilés cubains, vaudou, tous les éléments du "réalisme magique" de Charyn sont là. Plus un humour décapant, une écriture stylisée et foisonnante à la fois, un quotidien où l'étrange fait soudain irruption. C'est cet art du roman inimitable qui fait de Jerome Charyn un des écrivains américains les plus aimés du public français et dont un critique disait un jour : "C'est un Pagnol juif de Brooklyn qui aurait eu Groucho Marx pour professeur et pour condisciples Mel Brooks et Woody Allen" Né à New York en 1937 d'une famille d'émigrés juifs russes, Jerome Charyn est l'auteur d'une vingtaine de romans, de nouvelles, d'un essai sur New York et d'une bande dessinée (en collaboration avec Boucq) pour laquelle il a reçu le Prix du Meilleur Album 1985, au Salon d'Angoulême. Il a été professeur de littérature à l'université de Princeton et fait partie de l'Actor's Studio. Il vit à New York.

  • Voici le septième et dernier tome du célèbre Journal dont Henry Miller disait qu'il " prendra place entre Les Confessions de saint Augustin, Abélard, Jean-Jacques Rousseau et Proust. " Ultime étape d'une vie exceptionnelle, d'un itinéraire psychologique et sentimental qui a fait d'Anaïs Nin, en même temps qu'un exemple de femme libérée, l'un des auteurs dont l'oeuvre aura incontestablement marqué son époque, ce volume offre aussi de merveilleux voyages au sens propre du mot. La gloire vaut à Anaïs Nin de multiples invitations à l'étranger : le Journal est traduit partout. Et c'est un ravissement, à la fois enchanteur et instructif, que d'aller au Japon, au Cambodge, en Thaïlande, à Tahiti et au Maroc en sa compagnie, pour aboutir à Bali où, se sachant condamnée, elle écrit : " J'ai fait un voeu : permettez-moi de croire, comme les Balinais, que la mort est un envol vers une autre vie, une heureuse métamorphose, une libération de notre esprit telle qu'il peut enfin rejoindre toutes les autres vies. " Anaïs Nin est née à Paris en 1903. Elle est morte à Los Angeles en janvier 1977.

  • Quatre personnes se retrouvent sur une île déserte après un accident d'avion, quatre rescapés qui vont devoir, vaille que vaille, cohabiter : une jolie et fragile jeune fille, un repris de justice, un antipathique millionnaire et un savant à qui la violence répugne plus que tout.
    Mais, Sous la lune et les étoiles, c'est précisément la violence qui s'installe tandis que les heures d'attente vont devenir des jours, et les jours des semaines. Un semblant de vie s'organise au fur et à mesure que l'espoir, si tenace au début, disparaît peu à peu - un semblant de vie où chacun ne se soucie que de soi. Parce que la survie, est à ce prix.
    C'est avec l'oeil du peintre exercé qu'il était que Fred Uhlman décrit la splendeur de la nature indifférente autour des quatre individus gagnés par le désespoir, chacun muré dans une solitude que rien ne vient briser. Et il n'y aura finalement qu'un seul survivant Fred Uhlman est né à Stuttgart en 1901. Il a raconté sa propre histoire dans Il fait beau à Paris aujourd'hui (publié en France aux Editions Stock). Il est également l'auteur de L'Ami retrouvé, roman préfacé par Arthur Koestler qui a fait le tour du monde et de La lettre de Conrad suivi de Pas de résurrection, s'il vous plaît (Stock).

  • C'est à paris qu'André Brink a écrit l'ambassadeur, son premier roman, entre 1959 et 1961. a sa publication en afrique du sud en 1963, ce fut un tollé, assorti de tentatives d'interdiction et de sermons prononcés du haut des chaires - principalement à cause du lien que le jeune écrivain y établissait entre religion et sexualité.
    "Aujourd'hui, écrit André Brink, il faut le lire comme ce qu'il était, une lutte pour découvrir ou redéfinir certaines valeurs dans le naufrage de mon univers familier." C'est à travers l'étrange huis clos amoureux qui s'instaure entre eux que les trois personnages principaux de l'ambassadeur vont se retrouver de plain-pied avec leur destin. Il y a Paul Van Heerden, le diplomate arrivé au sommet de sa carrière, qui voit vaciller sous ses pas le monde qu'il croyait être le sien. Il y a Stephen Keyter, le troisième secrétaire de l'ambassade, déchiré entre un désir de pureté et une ambition forcenée qui peut le conduire aux pires lâchetés. il y a enfin nicole alford, une jeune sud-africaine aux moeurs très libres, qui va servir de révélateur aux deux hommes.
    Avant de pouvoir faire face à sa propre liberté, chacun à sa manière, ils devront tous les trois entreprendre une terrible et nécessaire descente aux enfers. La liberté, c'était déjà un des mots clés de l'écriture d'André Brink et c'est précisément avec l'ambassadeur que commence l'interrogation sur le sens de la liberté qui allait devenir le thème central de toute son oeuvre.
    Né en 1935, André Brink est professeur de littérature contemporaine en Afrique du Sud. il est l'auteur de six romans, "Au plus noir de la nuit" (interdit pendant de longues années dans son pays), "Un instant dans le vent", "Rumeurs de pluie", "Une saison blanche et sèche" (prix Médicis 1980), "Un turbulent silence" et "Le Mur de la peste", tous publiés aux editions Stock.

  • Les Pensionnaires est un roman d'apprentissage qui se déroule dans un foyer catholique pour jeunes filles de São Paulo.
    Trois étudiantes attendent la fin de la grève à l'université pour passer leurs examens. Il y a Lorena, la petite fille riche, qui occupe ses journées en rêvant à un homme marié dont elle est follement amoureuse. Ana Clara, issue d'un milieu modeste, qui pense effacer à jamais un passé sordide grâce à un mariage d'argent. Enfin Lia, militante, qui espère le grand soir et la libération de son ami, incarcéré pour ses idées politiques.
    Chacune d'entre elles incarne à sa façon les aspirations et les doutes d'une génération qui a grandi pendant les années noires de la dictature militaire au Brésil, à une époque partagée entre censure politique, ordre moral et libération sexuelle.
    Mais bien plus que le portrait d'une époque, Les Pensionnaires raconte ce que c'est d'avoir vingt ans, d'aimer à la folie, sans limite ni raison, d'être prêt à mourir pour ses idées et également d'avoir peur d'un monde dont on commence tout juste à percevoir le chaos.

    Lygia Fagundes Telles, en digne héritière de Virginia Woolf, signe ici une oeuvre polyphonique, oscillant entre violence, sensualité et innocence. Considéré comme son chef-d'oeuvre, ce roman est devenu un classique de la littérature brésilienne.

  • Dans un pays où a été proclamé l'état d'urgence, où les trois-quarts de la population sont privés des droits les plus élémentaires, où l'on ne peut ni se déplacer ni s'exprimer comme on le souhaite, où la liberté reste un mot et rien de plus - peut-on encore aimer, mener une existence d'homme, une existence de femme comme les autres ? Peut-on encore créer, trouver dans l'art ce que le quotidien vous refuse ? Mais l'amour, mais la création ne sont-ils pas eux aussi des domaines, des territoires où l'on vit en état d'urgence oe Le héros du nouveau roman d'André Brink est un écrivain qui, dans l'Afrique du Sud d'aujourd'hui, tente d'écrire un roman d'amour. Il va au fil des pages nous faire partager ses désirs et ses angoisses et cristalliser autour de ses héros, Philip Malan, le brillant professeur d'université et Mélissa, la trop jolie étudiante, ses rêves les plus secrets.
    C'est le roman dans le roman que nous fait découvrir André Brink. C'est au coeur même de la création qu'il nous conduit dans un éblouissant jeu de miroirs brisés dont les reflets se répercutent à l'infini. Peut-il y avoir une issue heureuse à l'histoire de Philip et de Mélissa ? Les amants peuvent-ils s'aimer, l'écrivain peut-il écrire là où la liberté n'existe pas oe On retrouvera dans ce roman la langue somptueuse d'André Brink, les personnages de passion qu'il sait créer mieux que personne, sur fond d'émeutes et de drames qui sont le lot de l'Afrique du Sud au jour le jour.
    André Brink est né en Afrique du Sud en 1935. Il est professeur de littérature contemporaine à Rhodes University. Toute son oeuvre est publiée en France aux Editions Stock. Rappelons qu'un de ses romans, Une saison blanche et sèche, a été couronné par le prix Médicis étranger en 1980.

  • Une jeune femme en colère Ecrites pour la plupart avant la condamnation à mort de leur auteur par les fondamentalistes, ces chroniques sont d'abord l'expression des révoltes et des indignations d'une femme seule, privée de tout support, la prise de parole quotidienne d'un écrivain résolument attaché aux principes de la laïcité, de la liberté individuelle, de l'égalité des sexes.
    Taslima Nasreen veut dénoncer les injustices, les discriminations et les mauvais traitements dont sont victimes les femmes dans une société imprégnée de religion, de mensonges et du conservatisme le plus borné. Elle entend aussi démasquer les conquêtes illusoires d'un progressisme superficiel, les attitudes faussement libérées qui contribuent en fin de compte au maintien de l'oppression sexiste. Les autres thèmes de ses coups de colère (le sort injuste infligé aux minorités ethniques et religieuses, l'agression culturelle qui vise à imposer à la société du Bangladesh un mode de vie qui lui était jusqu'alors étranger, le révisionnisme historique montant qui tend à nier les fondements mêmes de l'existence du Bangladesh comme nation indépendante) sont souvent englobés dans la dénonciation de l'inégalité entre les sexes.
    Si l'on trouve dans les textes un écho de luttes et de problèmes mondiaux, s'il arrive à l'auteur de prendre des exemples dans différents pays, son point de vue demeure essentiellement bangladais, enraciné dans son peuple et sa culture ; sa perspective est la rencontre entre le point de vue de la femme du tiers monde et celui de la citoyenne du monde.
    Traduit du bengali par Philippe Benoît

  • Le vallon du Diable Une communauté de calvinistes purs et durs est venue, à l'époque du Grand Trek (1838), s'installer dans un vallon quasiment impossible d'accès au nord-est du Cap. Prisonnière d'une conception xénophobe et puritaine du monde, cette communauté s'est rapidement coupée de la société extérieure, s'enfonçant au cours des années dans une autarcie culturelle et économique qui s'avérera suicidaire.
    Historien de formation et journaliste vaguement raté, Flip Lochner, cinquante-neuf ans et des tonnes de cynisme, une vieille ambition académique ranimée par sa bizarre rencontre avec un jeune garçon originaire du vallon, décide d'enquêter sur cette communauté afin d'en retracer l'histoire. Il y découvre un monde régi par des lois religieuses archaïques qui autorisent les crimes les plus sordides ; un univers peuplé d'êtres difformes, fruits d'accouplement incestueux ; une société patriarcale où les hommes font la loi et où les femmes, soumises à leurs maris et à leurs pères, sont lapidées au cas d'adultère avec des hommes étrangers à la communautéà Tandis que les éclairs de chaleur déchirent le vallon ravagé par la sécheresse, Flip Lochner tente de découvrir aussi la vérité derrière une succession d'histoires et de légendes contradictoires au point de balayer en lui toute certitude. Sauf une : sa passion pour la jeune et mystérieuse Emma qui l'entraîne sur un chemin encore plus dangereux Une somptueuse histoire par un maître du roman contemporain.
    Traduit de l'anglais par Bernard Turle.

  • Jusqu'où ira une femme amoureuse pour rappeler à elle son fiancé enfui ? Jusqu'où mène l'amour ? Jusqu'à quels sommets de cruauté, de perversité, de séduction ? Tel est le thème central des Mystères de Winterthurn.
    A la fin du xixe siècle, au manoir de Glen Mawr, situé dans la ville de Winterthurn à l'est des Etats-Unis, vit l'étrange famille Kilgarvan qui se compose de trois filles : Georgina, l'aînée, dite "La Nonne bleue", et ses deux demi-soeurs qu'elle élève seule, la sage et studieuse Thérèse et la jolie, fantasque et perverse Perdita. A l'aube d'une journée de mai, la Nonne bleue s'en va mystérieusement en ville acheter cinquante livres de chaux vive. Peu après, on retrouvera le bébé de sa cousine Abigaïl, venue quelques jours en visite, égorgé près du lit de sa mère. La vérité sur ce meurtre atroce, mieux aurait-il valu, sans doute, ne pas la découvrir Douze ans plus tard, cinq jeunes filles sont retrouvées mortes, atrocement mutilées, près de Winterthurn. Et, douze ans après, c'est le pasteur, sa mère et une de ses paroissiennes qui sont sauvagement assassinés à coups de hache. Chaque fois, la clé de ces mystères épouvantables va être la même, nous le devinons bien : jusqu'où ose aller une femme amoureuse oe Joyce Carol Oates sait décrire comme personne ce qu'il y a de plus noir au fond des êtres. Elle sait aussi toucher notre imagination dans ses zones d'ombres les plus secrètes. De cette société rigide du tournant du siècle, elle dénonce inexorablement les tabous et les interdits.
    Les mystères de Winterthurn est un livre foisonnant, frémissant, étrange et somptueux, où le diabolique frôle parfois le comique dans la plus pure tradition du roman noir. On y retrouve tout le talent, tous les accents de l'auteur de Bellefleur et de La Légende de Bloodsmoor.
    Joyce Carol Oates est sans doute la plus douée et la plus féconde des jeunes romancières américaines d'aujourd'hui. Traduite dans le monde entier, elle a publié treize romans ou recueils de nouvelles en France, tous aux Editions Stock. Citons les plus récents : Bellefleur 1981, Amours profanes 1982, Une éducation sentimentale en 1983, La Légende de Bloodsmoor en 1985 et L'homme que les femmes adoraient en 1986.

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