Entreprise, économie & droit

  • Chine : l'autre superpuissance

    Bernard Duterme

    • Syllepse
    • 11 Mars 2021

    L'essor de la Chine ne date pas d'hier. Les inquiétudes qu'il soulève non plus, surtout dans le camp occidental.
    Mais l'histoire s'accélère depuis une dizaine d'années.
    Aujourd'hui, les États-Unis n'hésitent plus à faire de la Chine leur principal adversaire stratégique.
    Ailleurs, et en particulier dans les pays du Sud, les réactions sont plus contrastées. En effet, la Chine a beau être devenue une puissance capitaliste de premier plan, elle joue selon des règles qui diffèrent de celles que suivent les Occidentaux. Pour le meilleur...
    Comme pour le pire.
    Analyser l'essor international de la Chine sous le seul angle de la « menace » se révèle donc doublement trompeur.
    D'abord, parce que celle-ci porte sur un ordre mondial dont les bénéfices historiques sont loin d'avoir été équitablement répartis.
    Ensuite parce que ce faisant, on sous-estime la pluralité des intérêts et des contradictions qui existe entre la Chine et les autres régions du monde, mais aussi au sein même de la société chinoise.

  • Les nouveaux territoires de l'agrobusiness ; points de vue du Sud

    Laurent Delcourt

    • Syllepse
    • 3 Octobre 2019

    Une nouvelle et terrible « révolution verte » gagne le monde, l'agrobusiness.
    Dopée par une demande alimentaire croissante, elle gagne du terrain au Sud et dévaste tout sur son passage.
    Son modèle commercial et productiviste colonise de nouveaux territoires, du bassin amazonien aux confins de la Papouasie-Occidentale en passant par le continent africain, l'« ultime frontière ».
    Avec l'appui de gouvernements, d'institutions inter na tio nales, d'agences de coopération et d'une poignée de fondations philanthropiques, ce nouveau mode de production et de commercialisation agricole s'impose peu à peu sur la planète.
    Pointées du doigt pour leur responsabilité dans la crise alimentaire de 2008 et dans le mouvement d'ac- caparement des terres qui a suivi, les grandes firmes de ce secteur ont renouvelé leur discours et remodelé leurs stratégies. Comble ! Elles se veulent désormais actrices « incontournables » de la lutte contre la faim.
    Épousant le langage onusien de la sécurité alimen- taire et nutritionnelle, elles se positionnent comme les garantes d'une transition durable et inclusive, axée sur la modernisation des agricultures familiales.
    Séduits par leurs promesses financières et techno- logiques, les pays en développement leur déroulent le tapis rouge et scellent avec elles des alliances décisives.
    Tandis que les organisations paysannes dénoncent l'imposture, les recettes proposées, prétendument « ga- gnant-gagnant » risquent d'aggraver le morcellement des communautés rurales, d'accentuer la dépendance des petits producteurs et d'accélérer le processus de privatisation des ressources au profit des acteurs do- minants.
    Fort de la contribution de plusieurs spécialistes de différents pays du Sud, l'ouvrage offre toutes les don- nées factuelles et éclaircit les enjeux actuels et futurs de cette folie agricole et écologique.

  • Accords de libre-échange ; cinquante nuances de marché

    Frédéric Thomas

    • Syllepse
    • 21 Septembre 2017

    TTIP, CETA, NAFTA, TPP, RCEP... Autant de sigles qui soulèvent une opposition grandissante, y compris depuis peu en Europe.
    Ce rejet vise ce que l'Union européenne met en place, depuis des années, dans le Sud.
    Au vu des limites et de l'impasse des négociations au sein de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), les accords de libre-échange se sont, en effet, multipliés. Ils permettent de faire progressser le libé- ralisme en contournant les oppositions, en divisant les blocs régionaux et en accentuant les rapports de force inégalitaires.
    Cette multiplication s'est doublée d'une reconfi- guration : sont ainsi apparus les méga-accords, qui couvrent une surface géographique plus étendue et un champ qui va bien au-delà de celui de l'économie.
    Ces accords soulèvent nombre de questionne- ments. Les tribunaux privés d'arbitrage constituent ainsi la partie la plus évidemment contestable d'un montage politico-économique. Ils sont les lieux et les instruments d'une néolibéralisation du monde.
    C'est à la fois le processus même de ces ac- cords - négociés dans le secret, sous la forte pres- sion combinée d'États et de lobbies privés -, leurs impacts - l'accès aux ressources naturelles, aux ser- vices sociaux de base, aux médicaments et aux se- mences - et leur logique - la subordination de l'es- pace public et de la souveraineté politique -, qui sont contestés.
    Certains acteurs sociaux - les paysans, les indi- gènes, les femmes et les travailleurs en général -, frap- pés de plein fouet, sont aussi celles et ceux qui portent la résistance et l'espoir d'une alternative.

  • Quelle justice fiscale pour le sud ?

    Cédric Leterme

    • Syllepse
    • 4 Avril 2019

    La fiscalité joue théoriquement trois rôles dans les économies modernes : financer la dépense publique, redistribuer les richesses et orienter les comporte­ ments économiques.
    Aujourd'hui, ces trois rôles sont en crise. L'évasion fiscale prive les gouvernements de recettes vitales.
    L'évitement de l'impôt par les plus riches creuse les inégalités. Et les politiques fiscales récompensent de plus en plus, de facto, les comportements les plus prédateurs.
    La situation se révèle particulièrement critique pour les populations du Sud.
    En 2017, 82 % de la croissance a profité aux 1 % les plus riches de la planète alors que les 50 % les plus pauvres n'en ont récupéré que des miettes Les sociétés multinationales ont ainsi sans vergogne fait pression sur les gouvernements des pays pauvres afin d'obtenir des trêves fiscales et des traitements fis­ caux spéciaux dans l'exploitation des ressources tels que le pétrole, le gaz, le thé, le café, le cacao ou en­ core le coton.
    Premières victimes d'une économie « offshore » dont les architectes et les principaux bénéficiaires se trouvent au Nord, elles subissent également les fisca­ lités nationales les plus régressives.
    La « justice fiscale » y apparaît dès lors ré gu liè­ rement comme une revendication majeure.
    Mais avec quel contenu exactement ?
    Est­elle conçue comme une fin ou un moyen ?
    Comment en articuler les dimensions constitutives :
    Sociale, écologique, de genre, etc. ?
    À quelle échelle d'action la poursuivre en priorité ?
    Ces questions n'ont rien de rhétorique. À l'heure où même le FMI, l'OCDE ou encore le Forum éco­ nomique de Davos commencent à revendiquer une fiscalité plus juste, elles permettent de réfléchir aux contours et aux conditions de possibilité d'une « jus­ tice fiscale » réellement émancipatrice.

  • économie verte ; marchandiser la planète pour la sauver ?

    Bernard Duterme

    • Syllepse
    • 14 Mars 2013

    « Green Economy » ! Nouveau paradigme de développement à même de répondre aux crises que le monde traverse ? Modèle de prospérité écologique, alternatif au capitalisme globalisé ? Sortie par le haut des impasses environnementales du productivisme et du consumérisme ?
    Au mieux, la nouvelle panacée verte apparaît bien en deçà de cette perspective.
    Pire : dans les mesures préconisées - par le PNUE, l'OCDE, la Banque mondiale, etc. -, elle s'impose résolument à rebours de tout renversement de logique. Le « développement durable » reste l'objectif annoncé, c'est l'« économie verte » qui va y mener.
    Par la mise sur le marché du « capital naturel », la « valorisation » des « services écosystémiques », la privatisation des ressources, le brevetage du vivant, le « libreéchange » des sols, de l'eau, de l'air, des forêts, de la biodiversité. et la prétendue « gestion efficace » induite, cette démarche entend réguler durablement notre rapport à l'environnement, en dynamisant une « croissance créatrice d'emplois », assurant ainsi « un avenir viable au capitalisme ».
    Le simple greenwashing (éco-blanchiment vert) de l'économie de ces dernières années sera-t-il supplanté par la légitimation du capitalisme vert de demain ? Ou comment adouber pour les temps à venir les fondamentaux d'un modèle de production et de consommation à l'origine même de l'aggravation des déséquilibres sociaux et environnementaux.
    Pour autant, les réticences de grands pays du Sud à adopter l'« économie verte » constituent-elles une alternative salvatrice ?
    Rien n'est moins sûr.

  • Mondialisation des resistances

    Collectif

    • Syllepse
    • 16 Avril 2004

    Quelques années seulement après ses premières irruptions spectaculaires, le mouvement altermondialiste a consolidé sa présence sur la scène médiatique et politique de nombreux pays.
    Ses rassemblements gigantesques, ses modes d'action hors du commun et la nouvelle radicalité politique qu'il véhicule ont ouvert de nouvelles perspectives et défient l'hégémonie libérale triomphante. Si ses arguments sont souvent caricaturés et si, pour beaucoup, ses résultats politiques concrets se font toujours attendre, sa capacité à relier des questions- démocratie, économie. écologie, paix et identité- autrefois traitées séparément et à faire interagir des milliers d'acteurs d'horizons idéologiques et géographiques différents, prouve qu'il constitue une lame de fond, destinée à rénover en profondeur notre approche des enjeux mondiaux contemporains.
    " Mondialisation des résistances - L'état des luttes 2004 " convie le lecteur à un tour du monde des résistances au modèle actuel de mondialisation. Région par région, il plonge au coeur des dynamiques militantes qui s'opposent à l'application des politiques néo-libérales. Cet état des lieux permet d'appréhender la complexité et le potentiel des convergences aujourd'hui à l'oeuvre et de mieux saisir les débats stratégiques qui traversent ce "mouvement des mouvements", en particulier dans le cadre des forums sociaux et du mouvement contre la guerre.
    Acteurs de mouvements sociaux et chercheurs militants des cinq continents ont joint leurs efforts afin d'offrir au public un outil global, un cadre d'interprétation didactique, indispensable pour appréhender pleinement ta globalité du phénomène et la diversité de ses manifestations.

  • Les idées fausses concernant la problématique des migrations internationales ont la vie dure.
    La mondialisation et la libéralisation effrénée des flux commerciaux et financiers à l'échelle de la planète ne se sont pas accompagnées d'une mobilité humaine accrue. La proportion de migrants au sein de la population mondiale - moins de 3% - est d'ailleurs bien inférieure à ce qu'elle était au début du 20e siècle. Même limité par les politiques refoulantes de "forteresses assiégées" ou filtré selon les besoins de main-d'oeuvre, le phénomène n'en est pas moins révélateur d'inégalités structurelles.
    Inégalités que les orientations économiques dominantes tendent à creuser. La criminalisation du migrant, dans les faits et dans l'opinion, encourage les traites clandestines, les réseaux d'exploitation... et exacerbe les difficultés d'intégration. Face à la complexité, au Nord comme au Sud, des causes et des effets culturels, socio-économiques et politiques des déplacements de populations, leur " gestion " requiert de profonds changements de perspectives et la définition de politiques humaines et responsables.
    En ce début de 21e siècle, les migrants ont besoin de terres d'accueil qui ont aussi besoin d'eux.

  • économies du sud : toujours sous conditions néolibérales? points de vue du Sud Nouv.

    La pandémie avait suscité l'espoir d'un changement de paradigme. Le Fonds monétaire international et la Banque mondiale y ont plutôt vu l'occasion de libéraliser plus avant les économies. Les aides d'urgence consenties par le premier en réponse au Covid engagent les pays emprunteurs dans une nouvelle décennie d'austérité - réduction de la masse salariale publique, baisse des subventions aux biens essentiels, hausse des taxes sur la consommation, etc. - aux effets sociaux dramatiques. Les programmes de « financement du développement » poussés par la Banque mondiale à la faveur de la crise promeuvent une « bonne gouvernance », synonyme d'amélioration du « climat des affaires » au bénéfice des entreprises transnationales.
    Les émeutes de la faim, la crise asiatique et la progression des donateurs émergents avaient pourtant délégitimé le conditionnement des aides financières ou des allègements de dette à l'adoption de réformes économiques libérales. La conditionnalité avait été « révisée », subordonnée à l'« appropriation » par le pays bénéficiaire, mise au service des objectifs de développement durable.
    Or, dans les faits, cette ingérence subsiste à travers un ensemble de dispositifs véhiculant l'influence des bailleurs de fonds en matière de politique économique et budgétaire, au détriment de la souveraineté des pays concernés et des investissements publics considérables qu'exigent la lutte contre les inégalités et la catastrophe environnementale.

  • Emprise et empreinte de l'agrobusiness

    Laurent Delcourt

    • Syllepse
    • 6 Septembre 2012
  • Territoires, développement et mondialisation

    Collectif

    • Syllepse
    • 10 Avril 2008

    Cinquante ans d'hégémonie de l'idéologie de la croissance en matière de développement ont abouti sur des échecs sociaux et des impasses environnementales manifestes. Portée d'abord par les rhétoriques nationalistes conférant un rôle majeur aux Etats et aux territoires nationaux, puis par les rhétoriques globalistes visant l'intégration à l'espace « sans frontières » du marché mondial, la « modernisation » du Sud n'a pas tenu ses promesses. Si elle s'appuie ces quinze dernières années sur une revalorisation de la dimension locale, parallèle à l'affaiblissement des Etats, c'est pour y promouvoir les normes d'une « bonne gouvernance », fonctionnelle à la marchandisation et aux intérêts des acteurs globaux.

    Dans la réalité concrète de la vie quotidienne, les dynamiques locales de développement prennent des formes multiples, complexes et contradictoires. Le global n'homogénéise pas tous les espaces, il s'ajoute à l'imbrication des échelles spatiales héritées du passé. L'approche des stratégies adaptatives des acteurs populaires ruraux et urbains, en rupture avec l'image des « victimes passives » du mal-développement, invite à redécouvrir les rapports entre satisfaction des besoins vitaux et production du territoire, de l'identité et du lien social. Au-delà, elle s'interroge sur les dimensions d'une « reterritorialisation » des conditions du développement des peuples et de leur bien-être.

  • Changer le modèle ; ici et maintenant ?

    ,

    • Syllepse
    • 22 Septembre 2016

    L'imbrication des crises et des guerres, les faux-semblants du développement et la poussée des inégalités témoignent de l'illusion d'une société démocratique fondée sur les artifices d'une croissance « inclusive » et du « libre » échange.
    Des résistances et des critiques mettent à nu et dénoncent - plus que jamais - un modèle inique et insoutenable.
    Ce faisant, elles se nourrissent, en creux, d'une soif utopique et d'une volonté de construire un autre monde de possibles.
    Au Sud, de nombreuses pistes pour un changement de paradigme ont émergé ces dernières années.
    Elles se cristallisent autour de concepts clés comme le buen vivir - c'est-à-dire, pour paraphraser le programme du Conseil national de la résistance, les « jours heureux » -, l'économie solidaire, le féminisme décolonial ou les biens communs (l'eau, les ressouces naturelles, etc.).
    Que recouvrent ces conceptions ?
    Comment se conjuguent-elles et se déclinent-elles selon les lieux et les acteurs ?
    Au-delà des spécificités, des lignes communes se dessinent.
    Les luttes sont appréhendées de manière plurielle, en fonction de leur nécessaire interconnexion, et non plus à partir de l'alignement sur la classe révolutionnaire.
    La transformation est pensée de pair avec la transition, pour ne pas reporter les changements et pour souligner le potentiel créatif de pratiques actuelles.
    La recherche d'une harmonie - entre les personnes, avec la nature - est aux premières loges.
    'imbrication des crises et des guerres, les faux-semblants du développement et la poussée des inégalités témoignent de l'illusion d'une société démocratique fondée sur les artifices d'une croissance « inclusive » et du « libre » échange.
    Des résistances et des critiques mettent à nu et dénoncent - plus que jamais - un modèle inique et insoutenable.
    Ce faisant, elles se nourrissent, en creux, d'une soif utopique et d'une volonté de construire un autre monde de possibles.
    Au Sud, de nombreuses pistes pour un changement de paradigme ont émergé ces dernières années.
    Elles se cristallisent autour de concepts clés comme le buen vivir - c'est-à-dire, pour paraphraser le programme du Conseil national de la résistance, les « jours heureux » -, l'économie solidaire, le féminisme décolonial ou les biens communs (l'eau, les ressouces naturelles, etc.).
    Que recouvrent ces conceptions ?
    Comment se conjuguent-elles et se déclinent-elles selon les lieux et les acteurs ?
    Au-delà des spécificités, des lignes communes se dessinent.
    Les luttes sont appréhendées de manière plurielle, en fonction de leur nécessaire interconnexion, et non plus à partir de l'alignement sur la classe révolutionnaire.
    La transformation est pensée de pair avec la transition, pour ne pas reporter les changements et pour souligner le potentiel créatif de pratiques actuelles.
    La recherche d'une harmonie - entre les personnes, avec la nature - est aux premières loges.

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