Sciences & Techniques

  • Agrocarburants : impacts au sud ?

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    • Syllepse
    • 24 Mars 2011

    À l'heure des polémiques sur le réchauffement climatique, la production d'agrocarburants est souvent présentée comme une solution d'avenir et un nouveau moyen de développement des pays du Sud.
    Cependant, en Asie, en Amérique latine et en Afrique, elle prend le plus souvent la forme de vastes monocultures - de canne, de palme, de soja. - aux mains de l'agro-industrie.
    Les impacts fonciers, sociaux et environnementaux observés au Sud tendent à aggraver les déséquilibres, quand ils ne mettent pas en péril l'alimentation même des populations locales, par le changement d'affectation des terres.
    Déforestation, appropriation privative des ressources, accaparement des propriétés agraires, concentration des bénéfices, pollution des sols et de l'eau, appauvrissement de la biodiversité, exploitation de main-d'oeuvre vulnérables, déplacement de populations, violation de droits humains.
    À quelles conditions une réappropriation équitable et un développement durable de la production et de la consommation d'agrocarburants sont-ils envisageables ?
    Les solutions passent par une refonte des politiques économiques et agricoles.
    L'ouvrage rassemble les témoignages et analyses de spécialistes qui sur place dans les pays concernés évaluent les conséquences de ces choix énergétiques.

  • Déforestation ; causes, effets et alternatives

    Duterme Bernard

    • Syllepse
    • 2 Octobre 2008

    Problématique complexe aux causes et aux effets multiples, la déforestation est d'abord une tendance mondiale alarmante. Environ 130 000 km² sont déboisés chaque année, plus de quatre fois la superficie de la Belgique. Perte nette annuelle, après régénération et nouvelles plantations: 80 000 km². Particulièrement concernés, les trois principaux bassins forestiers du Sud : l'Amazonie, l'Afrique centrale et la zone Malaisie/Indonésie. Si les conceptions conservationnistes stigmatisent d'abord la pression démographique et les populations en quête de bois de feu ou de nouvelles terres. les mouvements paysans dénoncent quant à eux les usages industriels axés sur l'exportation et l'accumulation de profits, responsables d'une utilisation non durable des forêts et des terres défrichées. Exploitation abusive des bois et des minerais tropicaux, plantations de monocultures d'arbres à croissance rapide. montée en puissance des agrocarburants, production intensive de cellulose, de soja, d'huile de palme..., les modèles de développement et de consommation dominants hypothèquent la survie des populations agroforestières, érodent la biodiversité et dopent les émissions de CO² liées au déboisement. La plupart des Etats dispose aujourd'hui de plans d'affectation des sols qui devraient limiter la tendance, mais la volonté ou les moyens de les appliquer manquent. Les compensations financières pour " déforestation évitée " prévues dans la future politique climatique mondiale y changeront-elles quelque chose? Ou les solutions passent-elles nécessairement par une mise en cause profonde des logiques productivistes ?

  • Agroécologie ; enjeux et perspectives

    Laurent Delcourt

    • Syllepse
    • 25 Septembre 2014

    L'agroécologie ne se résume pas à un verdissement des techniques agricoles industrielles et inégalitaires, elle porte un projet de société qui remet le paysan au centre du modèle productif.
    Pressions sur les terres et les ressources, persistance de la faim, aggravation des inégalités et exacerbation des conflits ruraux, destruction des écosystèmes, exclusion des paysans des « bénéfices » de la mondialisation.
    L'agriculture productiviste est loin d'avoir tenu ses promesses.
    Comptant parmi les premiers contributeurs au changement climatique et à la pollution des terres et des nappes phréatiques, l'agriculture productiviste crée les conditions de sa propre perte.
    En dépit de ce bilan désastreux, ses promoteurs continuent de la promouvoir, convaincus que les recettes biotechnologiques de l'agrobusiness vont finir par résoudre ces problèmes.
    Au croisement d'une multitude de savoirs, l'agroécologie entend rompre avec cette logique mortifère.
    Moquée par les partisans du modèle industriel intensif qui la considèrent au mieux comme une production de niche, au pire comme une régression passéiste, l'agroécologie ne se réduit pourtant pas à un patchwork de pratiques agricoles respectueuses de l'environnement. Elle est une alternative.
    En optimisant à moindre coût exploitations familiales et savoirs paysans, elle devient un puissant instrument de transformation sociale dans les campagnes du Sud.
    En évitant l'emploi massif de substances importées ou produites par des multinationales, elle constitue un espace de résistance qui échappe à la mainmise des multinationales sur le système alimentaire.
    Et facilement adaptable, elle se révèle être une composante centrale du projet de « souveraineté alimentaire ».
    L'agroécologie, Via Campesina, la Confédération paysanne, les agriculteurs qui refusant les OGM et les pesticides dessinent les nouvelles alliances nécessaires pour amorcer la transition agroécologique et enclencher un changement d'échelle vital.

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