Vie pratique & Loisirs

  • Un système alimentaire à transformer

    Laurent Delcourt

    • Syllepse
    • 6 Janvier 2022

    Plus d'une décennie après la dernière crise alimentaire, la pandémie de Covid-19 a de nouveau mis en lumière les dysfonctionnements et l'extrême vulnérabilité du système agro-industriel mondialisé.
    En dépit des engagements de la communauté internationale à éradiquer la faim dans le monde, le nombre de personnes en situation d'insécurité alimentaire augmente, les disparités se creusent et la crise écologique s'aggrave, à mesure que le modèle d'agriculture commerciale et productiviste se généralise.
    Face à ce constat d'échec, un consensus se fait jour sur la nécessité et l'urgence d'une révision en profondeur des systèmes alimentaires. Mais l'orientation d'une telle transformation fait débat.
    Reprenant à leur compte la rhétorique du changement, les grandes firmes agro-industrielles entendent garder le contrôle. Fortes du soutien des puissances agro-exportatrices, elles comptent imposer leur modèle de « révolution verte », c'est-àdire leur approche techno-productiviste rebaptisée « durable », comme seule réponse possible au triple défi de la faim, du changement climatique et de la croissance démographique.
    Les mouvements paysans et leurs alliés dénoncent cette mainmise. Contre les nouvelles logiques d'accumulation à l'oeuvre, ils en appellent une démocratisation de la gouvernance internationale et à un changement radical de paradigme :
    La transition vers un modèle de souveraineté alimentaire qui s'appuie sur des modes de production agroécologiques et fasse du droit à l'alimentation une réalité.

  • Entre terre et mer ; quel avenir pour la pêche ?

    Collectif

    • Syllepse
    • 23 Mars 2017

    Source de revenu et d'alimentation pour des cen- taines de millions de personnes, principalement dans le Sud, la pêche constitue un enjeu clé.
    Comme industrie lucrative, elle se trouve égale- ment à la croisée de questions socio-économiques, géostratégiques et écologiques de premier plan.
    Avec les progrès techniques et la hausse constante de la demande, le « boom de l'halieutique » s'est traduit par davantage de pression sur les res- sources et une explosion des inégalités spatiales, so- ciales et économiques.
    À mesure que le secteur s'est mondialisé, les cli- vages se sont renforcés :
    - mise en concurrence des pêcheries artisanales et des flottilles industrielles ;
    - concentration des filières et captation de la va- leur par les puissances maritimes et les transnatio- nales du secteur ;
    - transfert de protéines du Sud (premiers produc- teurs) vers les pays industrialisés (premiers consom- mateurs) ;
    - surexploitation de réserves, etc.
    Encouragés par des ONG environnementa- listes centrées sur l'épuisement des stocks, États, institutions internationales et acteurs privés ont pro- posé des mesures pour contrer la surpêche :
    - droits de pêche gérés par le marché ;
    - aquaculture ;
    - aires marines protégées ;
    - certification ;
    - valorisation du capital naturel, etc.
    Mais, libérale et conservationniste, la stratégie tend à renforcer la privatisation des mers, lacs et cours d'eau, aux dépens des communautés de pêche artisanale.
    Celles-ci, victimes du réchauffement climatique et des mégaprojets côtiers - touristiques, industriels, aquacoles... -, s'organisent pour défendre leurs droits face au « blue lobby ».

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