Sciences humaines & sociales

  • Axé sur l'attachement amoureux à des objets perçus comme dangereux sur le plan affectif, ce numéro propose d'examiner de manièrecomparative des cas de «partenaires» jugés illégitimes.Avec le souci de mettre en regard les conceptions qui président à la création de partenaires, on s'intéressera aux entités soupçonnées d'entraîner l'humain dans le trouble passionnel ou dans la confusion sexuelle: robots, gadgets électroniques, mais aussi poupées, personnages fictifs, sculptures,ombres, restes humains, plantes ou animaux...

  • Les mythes de bandits morts ou vivants se répandent aujourd'hui de manière instantanée par le biais des médias numériques. Des épopées traditionnelles, des vidéos, des photos, des musiques, ou encore des applications et des jeux vidéo sont bricolés pour célébrer des bandits plus ou moins sociaux, mais aussi des gangsters, des révolutionnaires et des politiciens mafieux. Ces bricolages transculturels et in situ, effectués par une multitude de «scénaristes» - dont les protagonistes eux-mêmes -, participent d'une écriture nouvelle des mythes de bandits.Oeuvrant dans des économies politiques violentes et instables, ils deviennent des modèles d'autorité toujours plus populaires et/ou des objets de culte, ils suscitent la peur, l'admiration, des fantasmes et certains leur prêtent des qualités extraordinaires, du charisme et parfois même des origines divines. Vivant dans la clandestinité ou élus démocratiquement, ces bandits sont à la fois qualifiés de Robin des Bois, de gangsters ou de mafiosi, et de «criminels» ou «terroristes». Ces figures contemporaines du bandit sont aussi largement mobilisées par des groupes politiques, des entreprises commerciales, ou encore des ONG environnementales. Malgré la prolifération de ces formes d'autorité, peu de travaux s'intéressent à l'écriture de ces mythes de bandits, à leurs temporalités et à leurs effets sur la production du pouvoir, de leur souveraineté et de leur légitimité.

  • Au-delà des formes de suspension multiples que la crise sanitaire du coronavirus engendre, elle donne également lieu à des reconfigurations, dont l'avenir nous dira dans quelle mesure elles sont ou non amenées à se pérenniser, de valeurs (métriques, mais aussi morales) à partir desquelles s'organisent les sociétés. Selon quelles mesures, dans ce cadre, la technocratie - entendue ici comme un mode de gestion politique fondée sur l'expertise techno-savante - est-elle conçue comme bénéfique ou délétère? Quels sont les effets concrets des dispositifs techniques et administratifs qu'elle engendre? Quelles lignes morales ceux-ci redistribuent-ils ou au contraire renforcent-ils? Ces questionnements semblent être, plus que jamais, d'actualité, et ce numéro offrira à lire une série de propositions argumentées de document permettant d'enrichir les perspectives liées au sujet.

  • Les anthropologues ont beaucoup traité des morts malfaisants, jaloux des vivants et les poursuivant de leur vindicte et de leurs méfaits. Ce dossier traite, au contraire, des morts utiles aux vivants. Ils aident notamment ces derniers à voir plus clair dans leur destinée ou à mieux gérer leurs relations amoureuses, familiales ou professionnelles. Ils permettent aussi de définir la valeur morale de leurs proches ou de les aider à accepter leur statut d'êtres humains mortels.

  • TERRAIN n.63 ; attendre

    Terrain

    Sont étudiées dans ce dossier les attentes situationnelles plutôt qu'existentielles. Celles qui sont fonctionnelles, dans l'armée ou dans les prisons. Celles qui sont motivées par l'espoir d'un changement, comme c'est le cas pour les sans-papiers, les demandeurs d'asile, les mouvements millénaristes. Comment gérer les temps vides, l'ennui, l'inaction ? Comment s'organise la vie dans les lieux mêmes de l'attente : prisons, foyers, centres d'accueil, lieux clandestins ? Les déceptions liées à une normalisation qui tarde à venir ?

  • TERRAIN n.64 ; virus

    Terrain

    Comment vit-on avec les virus ? Si les virus se situent au croisement des imaginaires du poison et de la contagion, il s'agit ici d'interroger leur mode d'existence, par-delà les réactions ambivalentes qu'ils suscitent et les formes de diffusion qui les caractérisent. Ce dossier du nouveau numéro de la revue Terrain rassemble des articles exploratoires pour une ethnographie des relations entre hommes et virus dans les systèmes biologique et informatique.

  • Comment imagine-t-on les rapports aux lieux, aux milieux et au vivant dans nos sociétés ? Si l'écologisme nous apparaît aujourd'hui comme un monde échevelé et diversifié, souvent conflictuel, il permet aussi de multiples formes d'arrangements avec le réel et, de fait, le transforme, notamment en ouvrant des horizons d'action et en accommodant des mondes que l'on pensait irréconciliables.

  • La coopération intervient à tous les niveaux du vivant, de la formation d´un génome à la constitution d´organismes multicellulaires. Mais les êtres humains sont l´unique espèce où on observe des coopérations fortes, régulières, diverses, risquées, étendues et parfois coûteuses entre individus sans relations de parenté. Les notions de compétition et d´égoïsme chères aux théories de l´évolution et de l´économie classique ne suffisent à expliquer ce mode de relation. Aussi, comprendre l´évolution de la coopération est devenu un défi scientifique pour les années à venir.

  • Les catastrophes mettent face à face l'homme et la nature, semblant opposer une nature opaque et machinale à un homme éclairé. En va-t-il ainsi dans les faits ? L'analyse des désastres passés, comme celle des menaces à venir, a maintes fois fourni des arguments religieux, politiques, moraux ou scientifiques. Car les grandes catastrophes, en raison de leur vide de sens initial, se comportent comme des « puits de causalités », attirant à elles des logiques capables de les transformer en faits attendus.

  • La description ethnographique privilégie généralement le quotidien et la répétition rituelle plutôt que les fêlures ou les ruptures. Les sciences sociales se montrent d´autant plus silencieuses face à l´événement que celui-ci donne lieu, dans les media, aux discours les plus loquaces. C´est pourquoi ce numéro de Terrain s´attache à travers des exemples précis - une découverte scientifique, les voyages présidentiels, le procès Papon, les apparitions de la Vierge, l´affaire Lewinsky, etc. - à restituer à l´événement sa spécificité temporelle. Les articles rassemblés ici montrent la manière dont les individus (Bill Clinton ou Maurice Papon, Sadi Carnot ou satori...) autour desquels s´articulent l´événement et ses contextes, sont traversés par des forces collectives qui les dépassent. L´événement, pour les ethnologues et les sociologues, se définit par les séries au sein desquelles il s´inscrit. Car il ne suffit pas de faire le constat de l´irruption spectaculaire de l´événement, il faut en construire le sens, lui apporter une « valeur ajoutée » d´intelligibilité...

  • TERRAIN n.61 ; rires

    Terrain

    Le rire peut être formel, joyeux, méprisant, nerveux ou embarrassé... Il peut être aussi un moyen de dédramatiser des situations de violence, de prendre contact ou de garder ses distances avec l'autre et, surtout, de montrer son intégration à une communauté. Universel qui n'appartiendrait, dit-on, qu'aux êtres humains, le rire nécessite de comprendre les intentions de celui qui vous fait face, d'être un acteur social à part entière.

  • TERRAIN n.59 ; l'objet livre

    Terrain

    Sont étudiées ici diverses activités, rituelles mais aussi magiques, autour des livres sacrés ou profanes. Cette "agentivité" sociale se manifeste tant au travers des livres-reliques tibétains portés en procession comme des saints, des textes savants arabes conservés comme des trésors dans des villages du sud marocain, de l'usage des multiples éditions du Coran ou des Agamas hindous...

  • TERRAIN n.48 ; la morale

    Terrain

    Dans un monde où les flux et les conflits culturels intenses et les progrès technologiques toujours accélérés rendent suspectes la plupart des certitudes morales, le dossier réunissant des contributions d'anthropologues, de psychologues et de philosophes souhaite fournir au lecteur quelques points de repères originaux pour mieux penser la morale. Il convient notamment de distinguer les valeurs morales des expressions publiques de ces valeurs, des justifications où elles sont invoquées et des comportements qu'elles sont censées guider.

  • De la grande panique sataniste qui a touché les USA et la Grande-Bretagne dans les années 1990 à l´omniprésence du Diable dans le discours des très dynamiques églises évangéliques, en passant par le regain des exorcismes effectués par les prêtres catholiques, la figure du Diable est toujours bien présente aujourd´hui en Europe. Même si la publicité use et abuse d´une image d´un Diable plus comique que dangereux, dans d´autres contextes ses représentations jouent toujours un rôle maléfique.

  • TERRAIN n.30 ; le regard

    Terrain

    Le rôle essentiel du regard chez les sourds, son importance chez les Gitans d'Andalousie, la divergence des regards des esthètes et des ethnologues sur l'art des aborigènes australiens, les interactions inévitables entre les photographes et leurs sujets, les croyances au " mauvais oeil " depuis l'Antiquité... Voici quelques-uns des thèmes abordés ici. On y trouvera également un dossier sur la fabrication des héros nationaux.

empty