Thalia

  • Les Ménines, le chef d'oeuvre de Vélasquez, c'est " une théologie de la peinture " selon le peintre Luca Giordano.
    II y voyait, en effet, la forme la plus accomplie de confrontation mentale et philosophique de l'homme et de la peinture. Ce tableau a été peint en 1656 puis remanié en 1658 et 1659, dates auxquelles il a pris son apparence actuelle. Comment Diego Vélasquez, le peintre préféré du roi Philippe IV, cet homme lisse et conventionnel a-t-il osé défier la rigide étiquette de la cour des Habsbourg d'Espagne en se représentant au côté de la famille royale ? Il s'agissait pour lui de faire reconnaître l'importance de sa peinture et de lui permettre d'accéder ainsi au titre de Chevalier de l'ordre de Saint Jacques.
    Cette toile allait dépasser son projet personnel et faire entrer la peinture dans la catégorie des arts majeurs. C'est bien là l'une des singularités de ce tableau. En partant d'un problème personnel pour lequel il propose une solution qui lui est propre, il parvient, à son insu, à l'universel et définit la place de la peinture dans une société. Diego Vélasquez, lisse et conventionnel ? Selon l'historien Ortega y Gasset, Vélasquez n'aurait eu de toute sa vie " qu'une seule femme, un seul ami, le roi Philippe IV et qu'un seul atelier, le palais.
    " Et pourtant, c'est aussi ce même homme qui aura une relation avec l'un de ses modèles, à Rome. De cette liaison naîtra un enfant qu'il ne verra du reste jamais... C'est à un singulier voyage que ce livre convie le lecteur, un voyage à l'intérieur d'un tableau, l'un des plus célèbres de notre culture, qui ne peut s'appréhender que si l'on connaît, par ailleurs, la vie du peintre, sa trajectoire sociale, ainsi que le monde dans lequel il évoluait, la cour du roi Philippe IV et l'Espagne du XVIIIe siècle.

  • Né en 1959 à Sète, Hervé Di Rosa est reconnu depuis longtemps comme l'un des représentants majeurs de la Figuration Libre. Il est sans doute l'artiste au monde qui connaît le mieux la bande dessinée, les mangas et les comics dont il possède une collection personnelle très importante. La richesse de son inspiration puise tout autant dans les films de série B, l'imagerie classique, les cartoons, le rock et la culture punk. Depuis le début des années 1990, avec sa série Autour du monde, il construit son oeuvre lors de chaque séjour dans un pays étranger, tel un laborantin qui tente sans cesse de nouvelles expériences : trouver de nouvelles formules, aller au-delà de soi, produire un travail spécifique en rapport avec la culture et les divers modes d'expression auxquels il se trouve confronté et qu'il tente d'assimiler. Plus que les lieux eux-mêmes et les repères techniques de l'atelier, c'est cette itinérance, celle qui alimente sa motivation de peindre, qui est devenue l'inaltérable moteur de son oeuvre.

  • Ingénieur dans la distribution de l'énergie électrique après avoir été élève à l'école centrale, préparateur de physique à la faculté des sciences de Paris avant de soutenir une thèse de doctorat sur "optique de l'oeil et la vision des conteurs", Charles Lapicque (1898-1988) devient dès le début des années quarante un modèle suivre pour nombre d'artistes de sa génération Le peintre occasionnel qu'il a été se transforme alors en un précurseur et un expérimentateur d'une rare liberté qui met en relief l'aventure exceptionnelle de sa vie, faisant de lui l'un des peintres français les plus surprenants de sa génération. Simultanément inventeur de formes, d'espaces et de couleurs, créateur sacrant, il incarne tout à la fois l'audace, l'indifférence aux modes et le plaisir de peindre Auteur de textes théoriques, philosophe, musicien, sportif aussi, il est un homme complet, "un renaissant du XXème siècle" qui se plaît à puiser dans la culture classique qui est la sienne des accents sublimes, originaux, parfois incongrus, souvent baroques dans leurs démesures. A l'image de son personnage, en même temps drôle et austère, solennel et cocasse, classique et iconoclaste, impétueux et prévenant, sa peinture aux sujets souvent convenus ose rompre avec toutes les formules, les conventions et les certitudes du bon goût. Il est, tel que le qualifie la critique, un " empêcheur de tourner en rond", un " dérangeur".

  • L'ouvrage plonge au coeur même de la cité de Jaipur et de son architecture dans ce qu'elle a de plus secret, là où se hasardent peu de visiteurs : les galeries commerçantes, les cours, les maisons. L'approche historique, urbaine et architecturale du centre historique de la capitale du Rajasthan réserve nombre de découvertes et d'heureuses surprises. Le livre remet en cause un certain nombre d'idées reçues sur son tracé et son architecture et porte un regard nouveau sur l'ornementation. Fruit de l'étroite collaboration d'éminents architectes et enseignants français et indiens, il fait la synthèse du travail d'investigation accompli depuis plusieurs années.

  • Ambre, mémoire du temps

    Camille Coppinger

    • Thalia
    • 21 Septembre 2009

    Du galet d'ambre échoué sur les rives de la Baltique au délicat cabinet de marqueterie, de l'amulette du Néolithique au rosaire médiéval, de la parure ethnique à la chope baroque, du collier de mandarin au bijou contemporain, l'homme n'a jamais cessé d'être séduit et accompagné par l'ambre.

  • Figure emblématique de la peinture moderne, le peintre russe Kazimir Malewicz (1879-1935) est le créateur révolutionnaire du " Carré noir " (1915), et est aussi celui qui, peu après, proclama la fin de la pratique picturale.
    Restés interdits en Russie, ses écrits enflammés n'ont connu une gloire posthume que dans le dernier quart du XXe siècle, en premier lieu en Europe Occidentale. Il en fut de même pour la majorité de ses oeuvres, dont une grande partie restait ignorée avant la chute du mur de Berlin. Quant à la biographie de l'artiste, victime de diverses censures politiques, elle fut de longues décennies durant l'objet d'affabulations les plus fantaisistes.
    Peu étudiées, la vie et l'oeuvre de ce peintre, philosophe et transfuge polonais, travaillant en Russie dans une perspective largement européenne, restent à ce jour entourées d'une aura mythique. Le lyrisme de sa peinture a fasciné les générations de créateurs qui lui ont succédé, tandis que la plume enflammée de cet auteur mystique est, elle aussi, devenue légendaire.
    La monumentale monographie qu'Andréi Nakov a consacrée à cet artiste prophétique s'appuie sur plusieurs décennies de recherches effectuées aussi bien en Russie qu'en Europe Occidentale et aux USA.
    L'auteur présente d'innombrables documents et faits inconnus à ce jour, de même qu'il publie pour la première fois en couleur des oeuvres connues uniquement de façon documentaire dans le cadre de son " catalogue raisonné ".Ouvrant de larges perspectives sur l'épopée de l'art moderne russe, ce livre apporte des informations et des documents qui éclairent de façon novatrice, non seulement la modernité russe du premier quart du XXe siècle, mais aussi la modernité européenne tout court, car la véritable perception de la création maléwiczéenne eut lieu entre les deux guerres, avant tout en Allemagne (expositions à Berlin en 1922 et en 1927 et contacts avec le Bauhaus), puis en France et aux Etats Unis. Remarquablement illustré et documenté, ce livre est le premier ouvrage dans lequel l'ensemble de la création de l'artiste est présenté de façon approfondie par l'un des meilleurs spécialistes mondiaux de l'avant-garde russe.


  • "De paysages en paysages, de ruines en jardins, notre voyage commun est une longue errance au pays de la Mémoire et de l'Oubli Au risque de nous perdre, sans cartes ni boussoles dans ce labyrinthe inextricable, nous continuons notre périple aventureux, dont la dernière étape fut le château de Chaumont-sur-Loire.
    Ce petit guide aidera-t-il les visiteurs à s'orienter parmi les découvertes que nous avons faites en divers lieux du château et du parc ? En suivant ce fil d'Ariane, trouveront-ils leur chemin dans ce dédale ?"

  • Un grand silence entoure depuis trop longtemps Pierre Laprade, l'un des artistes les plus représentatifs de la peinture indépendante en France du premier tiers du XXe siècle.
    Issu d'un milieu bourgeois et cultivé, voué à la magistrature il ne vécut cependant que pour son art. Peintre de l'intimisme, influencé par les impressionnistes, même si ses thèmes de prédilection sont les intérieurs et les paysages. il n'en restera pas moins un peintre indépendant, convaincu que " l'art ne s'apprend ni dans les livres ni dans les leçons aussi académiques que fossiles ". Vénéré par ses pairs et adulé par ses contemporains à la suite de Bonnard et Vuillard, Pierre Laprade saura se préserver de tous les pièges de la grande foire naissante du marché de l'Art, contrairement aux nombreux peintres de l'époque qui succombèrent aux délices d'une gloire éphémère.
    La dernière monographie consacrée à Laprade a été publiée il y a quatre-vingts ans, François Roussier retrace aujourd'hui le singulier parcours de ce peintre dont les oeuvres ornent les murs des collectionneurs les plus avertis de son temps. Dès 1906 l'Etat achète sa peinture et les plus grands musées français et étrangers conservent précieusement son oeuvre. Ses illustrations d'auteurs et de poètes contemporains enrichissent l'édition française.
    Les présences tutélaires du marché de l'art : Ambroise Vollard, Berthe Weill, Eugène Druet. Bernheim-Jeune, Katia Granoff... de même que les célèbres plumes de Guillaume Apollinaire. Roger Marx, Louis Vauxcelles, André Salmon, René-Jean... ont tous réservé une place de choix à Pierre Laprade.
    François Roussier est l'auteur de nombreuses monographies et de catalogues sur la peinture française des XIXe

  • Sarian

    Khatchatourian

    • Thalia
    • 1 Juin 2009

    A ce jour, SARIAN (1880-1972), l'un des plus brillants et originaux coloristes du XXe siècle, ne jouit pas d'une grande notoriété en Occident, alors que son autorité et sa popularité sont immenses en Russie.
    Il est de ceux qui, au début du siècle passé, jetèrent les fondements de l'Avant-Garde Russe. Après la Révolution, il n'émigre pas comme beaucoup de ses collègues russes. Bien qu'à la période soviétique les oeuvres de Sarian soient souvent présentées dans les expositions internationales, on n'y voit pas les splendides découvertes de sa jeunesse. Le public européen a pu l'apprécier pour la première fois au cours des ses expositions personnelles au Centre Pompidou (1980), puis au Musée Picasso d'Antibes (2003).
    Martiros Sarian appartient à la pléiade des novateurs qui ont dévoilé et affirmé au début du XXe siècle les possibilités d'expression de la couleur pure. Cette couleur prend sa source dans la nature de l'Orient, plus particulièrement de l'Arménie. Dans ses tableaux, les recherches les plus modernes de la peinture russe et française sont étroitement mêlées aux traditions séculaires de l'art arménien ; cela a fait naître un " style Sarian " spécifique.

  • Si Sanary-sur-Mer n'était qu'une simple station balnéaire au bord de la " Grande Bleue ", elle ne mériterait sans doute qu'un intérêt superficiel.
    Mais elle est mieux que cela. Depuis le fond des âges, cette petite ville a su recueillir l'héritage de toutes les civilisations qui se sont succédé en Provence et au bord de la mer Méditerranée. Elle a, par exemple, été la patrie de nombreux écrivains allemands persécutés par les nazis, ou le premier port d'attache du commandant Cousteau. A Sanary-sur-Mer, le sens de l'accueil, l'esprit d'aventure, l'art de vivre ne sont pas des mots vains.
    Ce livre brosse un portrait de la localité, de son territoire et, par-dessus tout, de son esprit.

  • Sous un titre un peu provocateur - et à la connotation volontairement enfantine - l'auteur nous propose un ouvrage qui s'apparente plus à un essai illustré, à la manière de Desmond Morris, qu'à une compilation systématique ou un docte exposé. Cet essai prend la forme d'un reportage dans le monde de l'histoire de l'Art et allie rigueur des informations et plaisir de découvrir le sens caché des tableaux. Car il y a de la jubilation à découvrir ce que les auteurs des autoportraits cachent, ou se cachent, en voulant tant se montrer. L'autoportrait fascine et intrigue. Il révèle, provoque et exerce une indéniable séduction sur le public. Le fil rouge de cet ouvrage consiste à déterminer comment et pourquoi se réalise la prise de conscience de soi dans l'Histoire grâce à l'art et aux autoportraits.
    Bien sûr, Rembrandt, van Gogh ou Picasso sont évoqués mais des artistes méconnus comme Flicke et son ami Strangwish ; le Gentleman Pirate, Messerschmidt le sculpteur fou, la reine Victoria ou même Adolphe Hitler sont également présents dans ce parcours, qui rend aussi justice à des artistes comme Vigée-Lebrun ou Suzanne Valadon (contrairement à ce que l'on pourrait penser, ce "Moi" qui s'exprime à travers ces oeuvres est souvent une femme), et s'attache également à éclairer le sens des apparitions en "cameo", de Van Eyck à Hitchcock, dans leurs oeuvres.

  • Cet ouvrage nous emmène dans le monde de l'art sacré orthodoxe, de sa statuaire, de ses icônes, broderies et métaux précieux, qui sont autant de témoignages d'une culture extraordinaire et souvent insoupçonnée. Au-delà de l'aspect religieux, ce livre, qui accompagne l'exposition " Oural. Terre de ferveur ", est une véritable histoire de l'art russe que le lecteur découvre, notamment grâce aux nombreuses images des sculptures qui étonnent par leur originalité, leur qualité et la richesse de leur histoire. La diversité de l'illustration permet un devoir de mémoire et une redécouverte des icônes russes nous faisant voyager à travers la région de l'Oural.

  • Marqué depuis l'enfance par la Russie soviétique, Lucio Fanti commence par peindre ironiquement les images iconiques du régime pour en dénoncer l'hypocrisie.
    Débute ensuite un travail plus intime avec des oeuvres dédiées à la figure tragique de Maïakovski.
    La nature, toujours présente dans ses tableaux, prendra de plus en plus d'importance et finira par devenir le sujet central de la série des Vignes et aujourd'hui de celle des Raisins.
    Le sens de l'oeuvre de Lucio Fanti est bien résumé par ce qu'écrivait Italo Calvino à son sujet en 1980 : " la poésie s'efforce de jeter un pont entre l'Histoire et la nature, un pont fragile ".
    Parallèlement à la peinture, il a réalisé de nombreux décors pour le théâtre et l'opéra, collaborant avec de grands metteurs en scène européens : Bondy, Gru?ber, Hemleb, Jourdheuil, Mussbach, Olmi, Sobel, Stein, Stötzner et Vincent.

    Cet ouvrage rend hommage à la peinture et au théâtre et réunit des textes originaux de Bernard Chapuis, Régis Debray, Jorge Semprun, Sarah Wilson, Bernard Sobel.

  • Ce n'est pas un nouveau livre sur Goudji mais un livre nouveau, un livre qui laisse la parole à l'orfèvre.
    Goudji parle de sa jeunesse, de son inspiration, de ses rêves, de son art, de sa foi. Répondant aux question de Bernard Berthod et de Manuelle Anne Renault Langlois, il dit avec des mots simples et profonds ce qu'est son travail quotidien, la naissance des oiseaux de feu, du bestiaire onirique qui peuplent son oeuvre. Largement illustré, l'ouvrage offre au lecteur un voyage étonnant dans le temps et l'espace jusqu'aux frontières insoupçonnées du merveilleux.

  • La collection "Ateliers d'Artistes" a pour objet d'introduire le lecteur au coeur de la création de l'artiste : vivre le travail de celui qui invente des formes et des objets, en suivre la démarche, apprendre à lire son oeuvre représente la plus précieuse et la plus difficile des entreprises.
    C'est ce que propose chacun des livres de cette collection. Abondamment illustrés, ils dévoilent l'atmosphère d'un atelier ou d'un lieu autour d'entretiens qui restituent la pensée de l'artiste, peintre ou sculpteur. L'atelier parisien de Carlos Cruz-Diez, situé dans le Paris haussmannien, dégage une atmosphère frénétique à laquelle la famille et les assistants ne sont pas étrangers. S'affairant autour de la figure du Maestro et répartis entre les différents espaces ils participent au bon fonctionnement de l'entreprise familiale également implantée à Caracas et Panamà.
    Depuis ses débuts, Cruz-Diez a envisagé son atelier tel un microcosme au sein duquel famille et pratique artistique cohabitent. Au coeur de cette effervescence Cruz-Diez aspire à partager avec le plus grand nombre sa fascination pour la couleur qu'il n'a cessé d'étudier depuis bientôt soixante ans.

  • Aujourd'hui encore, Jean Cocteau demeure l'incarnation même du créateur protéiforme qui a traversé le XXe siècle avec une rare fulgurance.
    Né en 1889, l'année de l'inauguration de la Tour Eiffel, il devient dès les années dix l'un des principaux acteurs de son époque en même temps qu'une figure incontournable de la vie culturelle. Jusqu'à sa mort, en 1963, il ne cesse d'incarner un esprit libre et inventif, à la fois artiste de talent et artisan de génie. Son parcours dévoile les péripéties et les contradictions de son siècle et ne cesse de mettre en lumière une personnalité artistique complexe, intransigeante, d'une richesse incomparable.
    Poète, critique, écrivain, mais également cinéaste, dessinateur et acteur de la scène musicale française, l'artiste déploie ses talents à l'unisson d'une activité particulièrement féconde. Pendant cinquante ans, il aborde toutes les disciplines créatives : la peinture, le dessin, la sculpture, la céramique, le théâtre, le cinéma, la chanson, la danse... L'exposition que lui consacre le Palais Lumière souhaite mettre en évidence un héritage exceptionnel dans lequel toutes ses expériences se mêlent et s'entrecroisent.
    C'est précisément aussi cette étonnante diversité, trop méconnue, dont rend compte ce livre qui restitue à sa juste place la personnalité artistique de Jean Cocteau. Cet ouvrage accompagne l'exposition Jean Cocteau - Sur les pas d'un magicien présentée au Palais Lumière à Evian, du 20 février au 23 mai 2010.

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