Arts et spectacles

  • En résidence d'artiste à Bagnères-de-Bigorre durant le confinement du printemps 2020, Fernanda Sánchez-Paredes nous transmet dans ce contexte si particulier sa vision d'un territoire aux frontières du Parc National des Pyrénées. Depuis la station de la Mongie et les vallées alentours, elle nous fait voir les entrechocs entre des espaces naturels et une présence humaine contemporaine, mais où l'environnement massif et aérien semble, malgré tout, conserver l'avantage.
    C'est dans un format carré à la frontalité troublante et par de beaux jeux de lumière que la photographe nous livre son regard sur la roche, la glace et les nuages, qui se heurtent parfois à des carrières, des remontées mécaniques, des terrains de tennis...

  • À l'heure où la déforestation n'a jamais été aussi importante de par le monde et que la question écologique n'a jamais été aussi pressante, Rémi Lesclauze nous ouvre le chemin des forêts anciennes des Hautes-Pyrénées dans une série de photographies en noir et blanc. Plonger dans cet univers magique se révèle d'autant plus extraordinaire quand on sait que la part des forêts anciennes sur la surface forestière française n'est que de 0,5 % et que seulement 17 % de cette infime partie est protégée.

    Au-delà de ces chiffres inquiétants, le photographe nous invite à nous perdre dans la beauté des lieux qu'il a eu le privilège de parcourir, mettant en scène habilement l'économie de lumière. L'émerveillement est au bout du chemin.

  • Ces photographies de la place Nelson Mandela à Madrid nous racontent plusieurs histoires. Elles parlent au passé du quartier de Lavapiés, limite historique de la cité, avec, pour reprendre les mots d'Arturo Barea, «?ses maisons construites comme des galeries de prison?». Elles ont aussi une portée universelle au présent. Au-delà d'une continuité historique propre à cet endroit, on comprend que l'urbanisme de cette place a opéré comme dans toutes les marges, tel un rouage permettant un meilleur contrôle des populations.

    Avec un regard bienveillant et un sens du cadrage atypique mais très juste, Carol Caicedo nous montre que si les habitants paraissent faire preuve de résilience au quotidien, Orwell n'est jamais bien loin.

  • Ces estampes du célèbre dessinateur de presse espagnol El Roto, ont été exposées au musée du Prado à Madrid. Prenant pour point de départ l'oeuvre de Goya, elles nous donnent à voir le monde sous l'angle de la satire entre passé et présent dans un dialogue entre les deux artistes.

    Dans des dessins expressifs misant sur l'économie de la couleur, l'auteur communique une vision triste, désabusée et acerbe. Elle n'est pas moins un éclairage lucide sur nos sociétés.

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