• 31 mai 1949, la cour de cassation casse le procès original qui avait condamné Beaudelaire et son éditeur pour outrage aux moeurs. 6 poèmes furent interdits de publication pendant de nombreuses années.
    En 1910, les éditions F. Ferroud publient une superbe édition des Fleurs du mal illustrée par le célèbre Rochegrosse. Ses dessins à pleine page seront reproduits en 7 eaux-fortes finement coloriées. Les bandeaux et cul-de-lampes seront gravés sur bois. Ferroud l'imprimera de nouveau en 1917 et 1928. C'est l'édition de 1917 qui reste remarquable, car imprimée à 1200 exemplaires ; 200 le sont sur un magnifique papier japon impérial avec 2, voire 3 états des eaux-fortes. Les bois seront même tirés en sus à part, en fin d'ouvrage sur un papier de chine. C'est ce superbe tirage que nous avons utilisé pour notre réédition.

    Notre édition est constituée de 320 p. au format original 130x190 mm. Les eaux-fortes finement coloriées ont été reproduites en couleurs et nous avons ajouté un état des gravures avant la lettre. Le texte a été entièrement recomposé en respectant la mise en page originale. Les cahiers sont cousus et les couvertures rigides. Notre premier tirage est de 300 exemplaires.

    Emmanuel Pierrat, avocat et écrivain, nous a fait l'honneur d'écrire une introduction sur le procès et le jugement de la cour de cassation de mai 1949.

  • "La principale originalité de Caragiale, c'est que tous ses personnages sont des imbéciles", Eugène Ionesco.

  • Successeur de la méthode de J. Wenham, qui avait aidé des générations d'étudiants à apprendre le grec, ce manuel a été entièrement renouvelé par Jeremy Duff.
    Se fondant exclusivement sur le grec biblique et ne supposant aucune connaissance préalable de cette langue, ce livre permet, au bout d'une vingtaine de leçons, de pouvoir lire le Nouveau Testament dans le texte.
    Cette nouvelle version est plus pédagogique que celle qui la précède. Adoptant les techniques d'apprentissage des langues vivantes, elle introduit les éléments grammaticaux au fur et à mesure de la progression des leçons : cela permet au débutant de traduire dès les premières leçons des phrases issues du Nouveau Testament.
    L'ouvrage a été considérablement adapté pour le mettre à la disposition du public français. D'une part, le manuel se fonde sur la grammaire du français. D'autre part, il a été largement récrit pour qu'il corresponde aux habitudes universitaires françaises. De nombreux concepts grammaticaux ont été introduits, le grec a été systématiquement accentué, l'ordonnancement de certains chapitres a été revu pour qu'ils répondent aux habitudes d'apprentissage de l'enseignement du grec.

  • Si les grammaires de l'hébreu biblique abondent, les manuels sont assez rares, du moins en français.
    L'hébreu, langue sémitique à la morphologie très structurée, présente une syntaxe souple oú domine la parataxe. sa phonétique, en revanche, particulièrement complexe, nécessite une longue pratique des textes. maintes fois, des élèves ont manifesté le désir d'avoir entre les mains un instrument de travail qui les familiarise progressivement avec les mécanismes de la langue à partir de la lecture de textes appropriés.
    Le manuel de j. weingreen, a practical grammar for classical hebrew, en usage depuis plusieurs décennies (1939; 1959), répond pleinement à ce besoin. très attendue, l'édition française du "classique" anglais de j. weingreen, par la clarté et la justesse de ses exercices, a comblé un vide.

  • Plan de Paris commencé l'année1734, dessiné et gravé sous les ordres de Michel Etienne Turgot et achevé de graver en 1739. Sans doute le plus beau plan de Paris gravé au XVIIIe siècle qui mit plus de cinq années à être réalisé. Il contient 20 planches levées et dessinées par Louis Bretez, gravées par Claude Lucas. Ces planches offrent des vues à vol d'oiseau du Paris de l'époque en respectant scrupuleusement les bâtiments, les rues et les jardins.
    Cette édition a la particularité d'être la reproduction d'un des rares exemplaires de l'époque coloriés à la main. Son format réduit et son montage original permettent une consultation aisée.

  • C'est en prêchant une retraite en 1985 à la communauté des moines de Soligny que j'ai découvert l'existence de Gabrielle Bossis. J'ai été très étonné d'apprendre que, pour faire oraison, des trappistes trouvaient grand profit à lire et à relire les messages personnels que Jésus adressa pendant quatorze ans à cette actrice qui, à quarante-neuf ans, sur la suggestion de son curé, s'était mise à jouer avec beaucoup de succès, à travers le monde, des comédies dont elle composait le texte et la mise en scène et dont elle confectionnait les costumes et les décors.
    Et voici qu'en lisant ces comédies, je me suis aperçu qu'elle glissait régulièrement dans les réparties de ses personnages des paroles de Thérèse dont elle voulait diffuser la spiritualité. Et, dans les messages qu'elle reçoit à partir de 1936, Jésus lui demande de vivre de beaucoup plus près sa « Petite Voie ».
    Il nous semble donc intéressant de voir comment Jésus demande à une femme très engagée dans le monde de vivre jour après jour un profond coeur à coeur avec Lui, à l'école de la petite Thérèse. Jésus lui dit d'ailleurs explicitement : si s'Il l'a choisie comme confidente, c'est pour montrer à tous ceux et à toutes celles qui méditeront ces messages, qu'il est possible de vivre une très grande familiarité avec Moi sur les planches ou dans les coulisses d'un théâtre comme dans l'obscurité d'un carmel.

  • Pionnier de la mathématique du hasard, de la méthode expérimentale en physique ou de l'herméneutique biblique. Et puis catholique fervent au bord de l'hérésie mais épistémologue de l'axiomatique ; philosophe tragique de l'existence humaine mais pamphlétaire comique... Y a-t-il un point où convergent toutes ces facettes de Blaise Pascal ? C'est la recherche à laquelle se livre cet ouvrage posthume (inédit en français) de Gérard Lebrun, grand historien de la philosophie allemande qu'on n'attendait pas sur ce terrain...

    On y découvrira les méandres d'une argumentation qu'on ne saurait résumer à une étiquette (« dialectique ») ainsi que les spirales d'une pensée qu'on ne peut réduire à quelques clichés (« irrationalisme », « fidéisme »). Les routes escarpées par où nous conduit Lebrun nous réservent au moins une surprise, celle de voir surgir notre modernité là où on l'attendait le moins : à l'ombre du « Dieu caché » de Port-Royal.

  • La question de l'évolution de la liturgie au XXe siècle représente aujourd'hui, dans l'Église catholique, un sujet fréquemment polémique. C'est pourquoi il est nécessaire de l'éclairer par le recours à l'histoire. Celle-ci est souvent réduite à l'évocation d'un «temps court», en regardant seulement le concile Vatican II et les années qui l'ont immédiatement suivi. Il convient, au contraire, d'élargir la perspective, en retraçant l'histoire du mouvement liturgique dans la continuité duquel s'inscrit la réforme conciliaire, sans occulter pour autant la crise des années 1970. Cette mise en perspective, appuyée sur l'évocation de faits précis, permet ainsi un retour à l'essentiel sur cette question importante.

  • On connaît Denys le chartreux par ses nombreux écrits.
    Quarante-deux volumes figurent dans la monumentale édition cartusienne de Montreuil-sur-Mer. Le " Docteur extatique " du XVe siècle, mort en 1471 en laissant derrière lui un modèle de vie ascétique, une expérience mystique intense et une oeuvre considérable tant du point de vue exégétique et spirituel que philosophique, n'a cependant pas négligé de s'intéresser aux plus humbles aspects de la vie monastique quand on le sollicitait sur tel ou tel point.
    Ainsi est né ce petit traité de la vie recluse, écrit à la demande d'une recluse qui désirait être conduite d'une main sûre sur le chemin de perfection. Rien d'intellectuel ou de savant ne vient rider la simplicité de ces " consignes de vie " données avec bonté, rigueur, mesure, et un sens évident des choses concrètes. Il s'agit d'aller droit au but : durer dans l'amour de Dieu en solitude. Aussi Denys le chartreux n'encombre-t-il pas l'esprit de la recluse avec de hautes considérations théologiques, mais, au contraire, lui simplifie la tâche en ouvrant un chemin de dépouillement, de paix intérieure et de fidélité, qui prend corps dans la prière et l'effacement de soi pour l'amour de Dieu.
    C'est à cette simplicité que ce traité doit sa fraîcheur toujours d'actualité qui justifie sa présence dans cette collection.

  • Jacopozzi est un Italien arrivé en France en 1900. Installateur de guirlandes lumineuses, électricien autodidacte de génie, il invente les illuminations animées sur le principe des boîtes à musique. Ces installations où les lampes s'allument et s'éteignent selon un rythme bien précis, font fureur auprès des boutiquiers, dont les motifs lumineux animés attirent la clientèle. Le succès est foudroyant.
    En 1913 et pendant la guerre, il crée des cinémas clés en main. En 1917, il invente un incroyable faux-Paris pour tromper les aviateurs ennemis, ce qui lui vaudra une Légion d'Honneur secrète.
    Après guerre, il devient le « roi de l'enseigne lumineuse » et chaque Noël sera pour lui et son équipe l'occasion de créé des fééries animées et colorées extraordinaires, majestueuses, immenses, sur les façades de tous les grands magasins.
    En 1925, pour les Arts Décoratifs, il illumine la Tour Eiffel pour Citroën, changeant de motif chaque année.
    En 1928, toujours avec l'argent d'André Citroën, il illumine tous les monuments parisiens pour le 10e anniversaire de l'armistice quand Paris était chaque soir dans le noir. Des illuminations inédites toujours en place aujourd'hui.
    En 1930 il offre à Paris l'illumination de Notre-Dame... et tant d'autres choses encore qu'il fait émerger des nuits noires, jusqu'à sa mort prématurée en 1932.
    C'est son histoire que je vous raconte, épaulée des archives conservées et retrouvées par sa petite-fille, Véronique Tessier Huort.
    Paris ville-lumière, c'est bien à Jacopozzi qu'on le doit. Son nom s'était éteint depuis des lustres, pas même une rue de Paris ne porte son nom ! Alors, oui, il était temps de mettre, à son tour, cet artiste sous les feux des projecteurs...

  • De l'aède déclamant Homère à l'éloquence de l'Âge classique, en passant par les orateurs romains et les disputes médiévales, la parole trouve les conditions propices à son épanouissement public. Cet ouvrage aborde successivement les arts et les techniques qui visent dans des contextes variés à la maîtrise de la parole publique, les formes d'autorité associées à cette prise de parole et ses effets de séduction.
    Un cours approfondi, élaboré par des professeurs expérimentés de lettres et de philosophie, ouvre chaque partie composée d'une anthologie d'oeuvres majeures de l'Antiquité, du Moyen Âge, de la Renaissance et de l'Âge classique. Une série de parcours permet la fréquentation suivie des textes, d'Homère à Pascal. Le riche apparat critique, les focus et grands-angles, encadrés de culture générale, en délivrent les clés de compréhension. Les questions guident le lecteur dans le repérage et la mise en oeuvre des procédés de l'art de la parole, pour une expression écrite et orale maîtrisée, tandis que s'élargissent sa conscience historique et son jugement critique. Les arrêts sur image éclairent les liens entre les arts, le langage et la pensée.
    La méthodologie de l'épreuve de spécialité est suivie de sujets « type bac » corrigés et commentés afin de s'entraîner et réviser en toute autonomie.
    Les Pouvoirs de la parole (semestre 1) permettra au lycéen d'exceller au baccalauréat :
    - dans la spécialité Humanités, littérature et philosophie, tant à l'épreuve de fin de première (coeff. 5) qu'à celle de terminale (coeff. 16).
    - et aux épreuves de Français (coeff. 10) en première et de Philosophie en terminale (coeff. 8). Chacun y aiguisera ses compétences orales par la pratique de l'argumentation, fondamentale pour la nouvelle épreuve du baccalauréat, le Grand Oral (coeff. 10).
    Conçu pour offrir au lycéen une véritable culture humaniste, cet ouvrage servira pour candidater avec succès sur PARCOURSUP dans tous les cursus universitaires exigeants : classes préparatoires littéraires, commerciales et scientifiques, Instituts d'études politiques, écoles de commerce et d'ingénieurs, écoles d'art et d'architecture, écoles de journalisme...
    Il accompagnera avec succès l'étudiant tout au long de ses études supérieures (1er et 2e cycle).

  • Voix hébraïques

    Hector Sabo

    "L'association du peuple hébreu à la musique remonte aux temps de la Bible. Or, « la composante musicale de la tradition juive est déterminée à la fois par l'espace et le temps ; par les modes artistiques de ses lieux d'exécution, et par les contextes culturels propres à son histoire », écrit Paul B. Fenton dans sa préface à ces Voix hébraïques. Espace et temps, c'est à un voyage historique, mais surtout musical, qu'invite ce livre, en quête de la « musique juive », si difficile à définir dans sa diversité, ancrée dans la permanence de la langue hébraïque. Depuis le Moyen Âge jusqu'à nos jours en Occident, c'est de la musique qui s'est faite dans un aller-retour d'influences, un partage de traditions, d'innovations, de création.
    Avec la maestria d'un chef de choeur accompli, Hector Sabo conduit ses lecteurs sur les chemins de la musique juive d'Occident qu'il connaît si bien, d'Ovadia à Leonard Bernstein, et autres compositeurs contemporains, en passant par Mendelssohn et Offenbach et bien d'autres, célèbres ou trop peu connus. Les exemples musicaux qu'il propose permettront à chacun de déchiffrer les partitions, d'écouter, de mieux comprendre et même de chanter toutes ces musiques !"

  • Leo Strauss (1899-1973) a inscrit sa pensée dans l'héritage de la tradition grecque, mais également dans celui de la tradition biblique. Se rapportant au judaïsme comme à une révélation de la Loi (pour laquelle la dimension de la foi est secondaire), il fait retour à une pensée juive (Pourquoi nous restons juifs) et tente de prolonger la réflexion de Maïmonide dans les conditions nouvelles des temps présents.
    Il s'oppose ainsi à sa rénovation par l'approche phénoménologique de Franz Rosenzweig comme à la pensée de Martin Buber, tout en se tenant à distance de la réflexion sur le mysticisme juif de Gershom Scholem avec lequel il dialogue.
    Cet ouvrage interroge la manière dont Strauss pense les relations de corrélation et de conflit entre philosophie et judaïsme. En quoi la réflexion sur la Loi, dont il poursuit l'élaboration dans la lignée de la pensée médiévale et à contre-courant de la modernité des Lumières, représente- t-elle un approfondissement de la pensée juive et jette-t-elle une lumière crue sur la situation du judaïsme dans le monde ? Quels sont les termes du débat avec les penseurs contemporains du judaïsme avec lesquels il est en relation ? Quelles sont aujourd'hui les possibilités et les limites d'une telle réflexion pour la vitalité du judaïsme et de la philosophie ?
    Les études présentes ouvrent des voies différentes, voire divergentes, essentiellement heuristiques, sur les possibilités et les limites de la réflexion straussienne pour la vitalité du judaïsme et de la philosophie. Elles s'accompagnent de la parution d'un texte inédit en français : « La situation religieuse actuelle » (1930), qui représente un moment décisif de la réflexion de Strauss sur la question.
    Ont contribué à ce volume : Danielle Cohen-Levinas, Bruno Karsenti, Marc de Launay, Jean-Claude Monod, Géraldine roux, Gérald Sfez, Heinz Wismann.

  • Le thème de la primauté de l'évêque de Rome a reçu une attention continue ces dernières années dans les dialogues oecuméniques. Qu'il suffise de rappeler les travaux de la Commission internationale anglicane-catholique romaine sur L'autorité dans l'Église, ceux du Groupe des Dombes où catholiques et protestants se sont penchés sur Le ministère de communion dans l'Église universelle (1985), l'annexe au Sixième Rapport du dialogue Église catholique - Conseil oecuménique des Églises sur L'Église locale et universelle, 1990, ou le document du Comité mixte catholique-orthodoxe en France sur La primauté romaine dans la communion des Églises (1991), outre les nombreux symposiums académiques sur la question de la primauté au premier et au deuxième millénaire.
    La primauté de l'évêque de Rome est actuellement au centre des discussions de la Commission Mixte Internationale pour le dialogue théologique entre l'Église catholique et l'Église orthodoxe.
    Il y a quelques années, le pape Jean-Paul II publiait son encyclique Ut unum sint (1995), invitant les Églises et les communautés ecclésiales à exprimer leur point de vue sur le nécessaire ministère d'unité au service de l'Église entière. Jean-Paul II invitait à distinguer entre le contenu essentiel de la primauté et les modes de son exercice.
    Entre catholiques, orthodoxes et anglicans, il est clair que le premier siège est celui de Rome. Il s'agit encore de préciser « quel est son rôle spécifique dans une ecclésiologie de communion » comme le dit le document de Ravenne adopté en 2007 par la Commission Mixte Internationale.
    Le dialogue avec l'Orthodoxie a mis en lumière que, pour l'Orient, la primauté - à tous les niveaux : diocésain, provincial, patriarcal, universel - est toujours articulée à la synodalité, dans une tension féconde alimentée à la communion trinitaire et eucharistique.
    Dans le contexte nouveau où vit le monde globalisé, la communion des Églises du Christ est plus que jamais un but à atteindre, en fidélité à la volonté du Seigneur.

  • Voici le moment d'avoir du « discernement » (Apocalypse 13, 18). Cet avertissement de l'apôtre saint Jean est d'actualité en cette fin de millénaire où le retour du sacré, le foisonnement des sectes, jettent le désarroi dans les consciences. Comment situer la mystique par rapport à la théologie, à la métaphysique et à la poésie ? Le Dieu des mystiques est-il l'Absolu et l'Inconnu ?
    « S'engager dans la mystique » est-il un désir ou un risque ? La mystique aurait-elle quelque parenté avec l'érotisme, le monachisme et l'intégrisme ? La mystique est vertigineuse, comment résister à ses tentations ? Comment distinguer le goût du merveilleux et la grâce de l'émerveillement ? Enfin la mystique a-t-elle son langage et sa méthode ?
    Autant de questions qui imposent un discernement vigoureux pour éviter les dérives.

    L'illustration de la couverture reproduit le polyptyque de Roger van der Weydan (1464) des Hospices de Beaune. L'archange saint Michel pèse les âmes lors du Jugement dernier, mais c'est à tout moment de l'histoire de l'humanité et à tout moment de chaque existence personnelle que s'opère le discernement.

  • Gabrielle Bossis (1874-1950) : une catholique dans le monde, animatrice, écrivain de théâtre, actrice, voyageuse intrépide. Cette joie d'agir pour les autres suffirait à combler une vie. Ce serait compter sans ce rayonnement, sans cette force que Gabrielle va puiser à la Source même, au cours de ce dialogue quotidien qu'elle noue avec Lui : le Christ.
    Elle consigne cette conversation, jour après jour, dans ses carnets. Un livre suit en 1949, dont la diffusion ne fait que s'élargir, considéré aujourd'hui par beaucoup comme l'un des grands textes mystiques du XXe siècle. Lui et moi. Conversations spirituelles crée une chaîne d'âmes en quête de la Parole du coeur, conduite par la présence et la voix de Gabrielle Bossis. L'ensemble des Carnets sera publié dans en sept volumes.

  • Récit témoignage de deux personnes : d'un côté, une femme, jeune, active, chez qui l'on vient de détecter un cancer du sein ; de l'autre côté, le médecin, radiothérapeute de renom, travaillant dans des équipes de pointe à Paris, qui sera conduit à prendre en charge cette patiente. Noëlle Deschamps, parvenue à la fin de son traitement, suggère au Dr Jacques Vilcoq qu'elle et lui écrivent un livre ensemble pour décrire leur expérience commune et récapituler le chemin qui les a conduits au face-à-face de la première consultation et celui qu'ils ont parcouru ensemble par la suite.
    Le livre se compose de passages alternés où chacun raconte, année après année, les événements de sa vie qui ont infléchi leur histoire personnelle et les a amenés à se rencontrer. Noëlle Deschamps, son enfance en Tunisie au sein d'une famille recomposée, tourmentée, son départ en France, sa jeunesse dorée mais douloureuse, qui réserve nombre de surprises au lecteur ; le docteur Jacques Vilcoq, la vie d'un garçon issu d'un milieu très modeste de la banlieue parisienne, illuminée par la pratique de haut niveau de l'aviron, les études de sports puis de médecine, la spécialisation en radiothérapie et l'aventure de la mise en place des grands services de cancérologie en France, les nouvelles pratiques à l'origine de l'école de cancérologie française. Son approche très personnelle et humaine du rapport au patient, qui bouleversera Noëlle Deschamps, est développée dans la seconde partie du livre qui fait la part belle au dialogue entre le médecin et sa patiente, lesquels s'aventurent très loin dans la franchise et le regard porté sur le rapport médical et amical qui s'est instauré entre eux.

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