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  • Ariel

    Sylvia Plath

    Secs, sans cavalier, les mots Et leur galop infatigable Quand Depuis le fond de l'étang, les étoiles Régissent une vie.

    « Ariel, génie de l'air de La Tempête, de Shakespeare, est aussi le nom du cheval blanc que montait à l'aube dans le Devon, en Angleterre, l'un des plus extraordinaires poètes du XXe siècle, Sylvia Plath, aux derniers mois de sa courte vie.
    Ariel, borne décisive marquant un "avant" et un "après", parole intense jusqu'à la rage parfois, question de vie ou de mort.
    Ariel, jusqu'au bout, l'extrémité du dernier souffle. » Valérie Rouzeau.

  • Depuis une dizaine d'années, un nombre considérable de Blancs pensent être les nouvelles victimes d'un « racisme anti-blanc », d'une « discrimination inversée », d'un « remplacement » et pour les plus extrémistes, d'un « génocide blanc ».Ces discours, propres aux sympathisants d'un nationalisme ethno-racial, ont motivé l'élection de Donald Trump à la présidence des EU et menacent d'entériner sa réélection en novembre 2020.Dans de très nombreux ouvrages, cette crispation communautariste blanche est souvent présentée comme une réaction politique à la mondialisation néolibérale et aux inégalités nouvelles qui en résultent, à l'immigration dite « massive » et surtout au développement d'une société multiculturelle en passe d'assurer un bouleversement démographique et culturel.Pourtant, ces discours sur le « déclin » même relatif des Blancs américains ne résiste pas à l'étude des données disponibles sur l'inégalité réelle et les positions de pouvoir entre Noirs, Hispaniques et Blancs.En réfléchissant à la construction historique d'une identité nationale ethno-raciale aux EU, Sylvie Laurent démonte le nouveau mythe du Blanc victime qui a déjà traversé l'Atlantique (Brexit, par exemple) et qui invisibilise des inégalités raciales pourtant toujours criantes.Elle dévoile avec brio que ce discours est en réalité l'ultime tour de passe-passe de la domination blanche aux États-Unis, qui s'approprie la posture de l'opprimé pour préserver un ordre social chahute´ par l'élection de Barack Obama et l'activisme des minorisés.

  • Ce n'est ni en défaisant l'État social ni en s'efforçant de le restaurer comme un monument historique que l'on trouvera une issue à la crise sociale et écologique. C'est en repensant son architecture à la lumière du monde tel qu'il est et tel que nous voudrions qu'il soit. Et, aujourd'hui comme hier, la clé de voûte sera le statut accordé au travail.

    Face à la faillite morale, sociale, écologique et financière du néolibéralisme, l'horizon du travail au XXIe siècle est celui de son émancipation du règne exclusif de la marchandise. Comme le montre le cas du travail de recherche, les statuts professionnels qui ont résisté à la dynamique du Marché total ne sont donc pas les fossiles d'un monde appelé à disparaître, mais bien plutôt les germes d'un régime de travail réellement humain, qui fasse place au sens et au contenu du travail - c'est-à-dire à l'accomplissement d'une oeuvre.

    Titulaire de la chaire État social et mondialisation : analyse juridique des solidarités de 2012 à 2019, Alain Supiot est professeur émérite au Collège de France et membre correspondant de la British Academy.

  • Le reveil geopolitique de l'europe Nouv.

    Quelle place l'Europe occupe-t-elle sur la scène internationale? Et quelle voix est-elle prête à faire entendre pour rester maîtresse de son destin? Alors que la pandémie de Covid-19 rebat les cartes de l'ordre mondial en frappant jusqu'aux plus grandes puissances, l'heure de la métamorphose géopolitique de l'Union européenne semble avoir sonné.Tel est du moins le constat fait par Luuk van Middelaar dans cet ouvrage qui réunit ses quatre conférences prononcées au Collège de France durant le printemps 2021. Après une tentative de définition du concept de « géopolitique », y sont tour à tour analysés les événements survenus depuis 2014 qui ont contribué au « réveil » du Vieux Continent: les crises russo-ukrainienne et turco-grecque, qui ont ébranlé notre vision des frontières; la crise sanitaire, qui a agi en révélateur de l'hégémonie chinoise; la crise transatlantique, qui rend de plus en plus manifestes des divergences entre les intérêts des États-Unis et les nôtres. Interrogeant les réactions de l'Europe face à ces chocs successifs, l'auteur conclut que seul un récit commun, dépassant le cadre des valeurs qu'elle s'est donné pour mission de défendre après 1945, pourra aboutir à une Union confiante et respectée.

  • Les papas en danger ?. des peres a l'assaut des droits des femmes Nouv.

    Depuis le milieu des années 1970, des associations défendant les droits des pères - à l'image de SOS Papa ou de Les papas = Les mamans - ont imposé l'idée dans le débat public que les pères séparés seraient éloignés de leurs enfants par une justice favorisant les femmes.Après trois années d'enquête auprès de ces militants, le sociologue Edouard Leport révèle à contrario une réalité sombre: une part non négligeable des pères mobilisés sont accusés de violences conjugales ou de violences envers leurs enfants et tous sont en procédure de divorce conflictuelle. En off, lors des permanences des associations, les langues se délient et le combat de ces pères se révèle finalement très éloigné des préoccupations éducatives et des revendications d'égalité des sexes qu'ils affichent dans la sphère médiatique. Pour payer moins de pensions alimentaires et faire taire les dénonciations de leurs enfants et de leurs ex-femmes, ces hommes sont prêts à tout. Ils demandent notamment la reconnaissance médicale d'un « syndrome d'aliénation parentale » - une dangereuse théorie qui prétend que les accusations des enfants à l'égard de leurs pères sont nécessairement mensongères dans le cadre d'une séparation conflictuelle.En matière de violence ces pères engagés ne sont malheureusement pas des exceptions: le nombre d'accusations les concernant reflète les violences que subissent les femmes et les enfants lors des séparations des parents.Aussi, Edouard Leport nous propose de déconstruire l'argumentaire bien ficelé de ces pères engagés, de sorte qu'il ne puisse plus être invoqué innocemment pour défendre la préséance des hommes.

  • Dans cette leçon de clôture, Antoine Compagnon, titulaire de la chaire Littérature française moderne et contemporaine: histoire, critique, théorie, propose un bilan de ses travaux en forme de variations sur la fin.

  • Depuis les années 1990, des associations, comme Allegro Fortissimo et plus récemment Gras politique, ainsi que des militantes et autrices comme Gabrielle Deydier, ont imposé un nouveau terme pour parler des discriminations liées au poids: la grossophobie. La tendance « body positive », résultat de ces mobilisations contre les normes esthétiques et pondérales dominantes, a renouvelé les problématiques propres aux mouvements féministes et queer, mettant à nouveau la question du corps au coeur des revendication des militantes dans le monde entier.Pourtant, les réseaux sociaux demeurent saturés d'« humour » grossophobe et la tyrannie de la minceur continue de sévir, générant mal-être, troubles du comportement alimentaire ou encore pratiques d'autocensure. Plus grave encore, les études chiffrées sur la grossophobie montrent qu'au-delà d'un certain poids les discriminations se systématisent. Elles ont lieu à l'embauche, au travail, mais aussi sur les applications de rencontre, dans les salles de sport, chez le médecin et même dans l'intimité, avec la famille.Avec cet ouvrage, Solenne Carof, signe une des premières études sociologiques sur la grossophobie en France. Que vivent les personnes très corpulentes dans une société comme la nôtre? Que révèle le stigmate de gros ou de grosse des normes qui pèsent différemment sur les hommes et sur les femmes? Quelles conséquences cette stigmatisation a-t-elle sur les personnes concernées? Au fil de son enquête, l'autrice dévoile les rapports de pouvoir qui se nichent dans la question du poids et structurent les hiérarchies propres à notre société.Une étude décisive pour mettre en évidence l'importance d'une discrimination encore peu condamnée, tant socialement que juridiquement.

  • L'école de la rue de la Brèche-aux-Loups, l'asile d'Armentières, les adolescents placés sous main de justice à Lille, le réseau de la Grande Cordée, les autistes des aires de séjour des Cévennes: durant plus de soixante ans, Deligny a construit un travail autour de l'enfance en marge. Un travail qui lie de manière indissociable théorie et pratique, occasions et tentatives, écriture et cinéma. Non pas tant pour aider ces enfants à rentrer dans le rang ou à s'adapter, mais pour construire avec eux des conditions d'existence différentes, en dehors ou en travers des institutions.Son chemin croise la philosophie avec insistance: parce qu'il lit les philosophes, discute leurs thèses, parfois dialogue directement avec eux; parce que les philosophes, de plus en plus, se découvrent interrogés par cet itinéraire, ces écrits, ces détours. Par une pensée à la fois de l'immuable et de la circonstance; par un regard qui s'avère - en un sens inusuel - profondément et autrement politique.

  • Bitcoin, Wir, Sardex, SELs, Abeille, Doume, Eusko... Et si, plus que de simples lubbies de quelques-uns ou la volonté de s'enrichir d'autres, ces nouvelles monnaies permettaient de remettre en question les principaux piliers de notre système monétaire et financier responsables de notre trajectoire vers l'effondrement? Seraient-elles capables de rediriger notre organisation économique et sociale pour nous mener vers la diversité économique nécessaire? Les alternatives monétaires sont de bien plus puissants outils de transformation que ce que l'on nous laisse entendre. La diversité monétaire a de nombreux avantages et elle est déjà en train de changer le monde.

  • Le 11 mars 2011 à 14h46, au large des côtes de l'île japonaise de Honshu, un séisme de magnitude 9,1 provoque un tsunami atteignant par endroit plus de 30 mètres de hauteur. À l'Est du Japon, 54 des 174 villes côtières sont englouties par la vague, ainsi que la centrale nucléaire de Fukushima Dai ichi... Trois des six réacteurs de la centrale fusionnent alors, entraînant un désastre nucléaire sans précédent. Plus de 160 000 personnes sont évacuées du département en quelques semaines et se sont trouvées sans logement.Cécile Asanuma-Brice, résidente permanente au Japon dans le cadre de ses recherches en sociologie urbaine au CNRS, était présente au moment des faits. Par la suite, la codirection d'un laboratoire de recherches sur les suites de la catastrophe de Fukushima lui a donné une place de choix pour suivre la gestion politique de ce désastre nucléaire.Dans cet ouvrage, elle analyse les différentes dimensions de la catastrophe, notamment au travers de témoignages qu'elle a recueilli en japonais auprès des résidents (réfugiés ou non), du directeur de la centrale nucléaire de Fukushima, Masao Yoshida, et du Premier ministre, Naoto Kan, tous deux en poste au moment des faits. Leurs récits dissonants interrogent les modalités de gestion de l'ignorance et du droit à savoir. Dans des circonstances qui mettent en jeu la vie de millions de personnes, qui régit l'accès à des informations de santé publique vitales? Qui peut décider de la non-évacuation d'une ville sinistrée ou du relogement des populations dans une ville radioactive?L'ouvrage est une mémoire vive, archives inédites d'un désastre, mais aussi, une analyse scientifique des politiques de relogement des réfugiés, des enjeux des mesures de radioactivité et du suivi psychologique des populations traumatisées.Autant de questionnements pour comprendre, ne pas laisser faire et surtout ne pas refaire.

  • Après trente ans de fermeture économique, puis quarante ans d'une ouverture graduelle, la Chine est devenue le premier exportateur mondial. Comment en est-elle arrivée là? Comment peut-on caractériser sa place dans le commerce mondial? Comment sa politique en matière d'investissements étrangers a-t-elle évolué? Quels sont ses principaux partenaires? Quelle pourra être son influence économique à l'avenir?Cet ouvrage présente la stratégie de la Chine en matière d'ouverture économique depuis 1979 et les principaux enjeux de son internationalisation.

  • Au Moyen Âge et à l'époque moderne (jusqu'à Érasme), la tradition latine se fonde sur le principe des universels: «universalia tantum». Au temps de la mondialisation et de la globalisation, ce legs possède une valeur fondamentale. Il importe de retrouver un minimum de valeurs qui puissent être partagées - l'«essentiel» - et reconnues par tous et partout: l'«universel».Dans cette leçon de clôture, Carlo Ossola revient sur ses vingt années d'enseignement au Collège de France. Plus encore, il nous offre de nouvelles pistes de réflexion et suggère quelques points à partir desquels notre condition humaine d'abalietas («abaliété»), constitutive de chacun de nous, peut nous montrer la voie à suivre, en lui donnant un sens qui soit véritablement orienté vers autrui.

  • Le développement de l'historiographie de l'art, au cours du XIXe siècle, a été grandement favorisé par l'invention puis les progrès de la photographie. Peu à peu, les chefs-d'oeuvre de la peinture et de la sculpture ont fait l'objet de campagnes photographiques menées dans toutes les grandes collections publiques. L'enseignement de l'histoire de l'art a profité de cette documentation sous la forme de projections lumineuses qui, à partir des années 1890, l'accompagnent d'abord en Allemagne, puis dans les autres pays européens.Roland Recht consacre sa leçon de clôture à la projection lumineuse, outil dont tous les enseignements d'art ou d'archéologie se servent depuis plus d'un siècle. L'introduction du projecteur dans la salle de cours a non seulement modifié les comportements de l'orateur et du public, mais a également contribué, d'une certaine façon, à redéfinir les orientations de l'histoire de l'art. Les possibilités qu'offrent aujourd'hui certains logiciels favorisent tout particulièrement une nouvelle approche de l'oeuvre d'art visible sur l'écran.

  • En 2007, le monde du jeu vidéo est secoué par une violente polémique au sujet du jeu vidéo Resident Evil 5. Ce dernier est accusé de faire commerce du racisme, en invitant à se glisser dans la peau d'un américain blanc body-buildé, missionné dans une région africaine anonyme, et tuant des dizaines d'hommes et de femmes noires présentées comme de dangereux zombies infectés du virus T. Depuis, la communauté des joueurs et joueuses de jeux vidéo interpelle régulièrement les créateurset créatrices des jeux sur les questions du racisme et du sexisme.Dans son ouvrage, Mehdi Derfoufi analyse les rapports de force qui structurent l'industrie du jeu vidéo, dévoilant comment le racisme se niche parfois insidieusement au coeur de scénarios de jeux vidéo à succès. Il nous invite à nous questionner. Quels sont les pays qui pèsent sur les milliards d'eurosdu marché mondial du jeu vidéo? Qui sont les game designerset auteurs des jeux? Comment les représentations racistes sont-elles véhiculées à travers les personnages et les imaginaires vidéoludiques?L'auteur nous dévoile avec brio les logiques racialisantes à l'oeuvre au sein d'un marché économique très concurrentiel où des stéréotypes exotisants servent régulièrement à faire vendre un jeu. Il nous montre aussi comment la division internationale du travail et la hiérarchie économico-politique Nord/Sud pèse sur le marché du jeu vidéo et ralentit l'émergence de nouvelles représentations. Pourtant, de nombreux espoirs, notamment dans les pays du Sud participent au renouvellement de la culture geek: face aux violences racistes, la riposte s'organise.

  • Emblématique de l'exception culturelle française, la loi Lang a permis de préserver la diversité de la création éditoriale en maintenant un réseau dense de librairies indépendantes sur tout le territoire. Son adoption a pourtant donné lieu à un long combat qui a divisé les professionnels du livre.L'ouverture en 1974 à Paris de la librairie Fnac, qui pratique des rabais systématiques de 20%, met à mal le système du prix conseillé alors en vigueur. Face au discount, une partie des libraires se prononcent pour la libération des prix, tandis que d'autres se rallient à l'éditeur Jérôme Lindon qui mène la lutte pour le prix unique. Après la victoire de François Mitterrand à la présidentielle et grâce au volontarisme de Jack Lang, la loi sur le prix unique du livre est adoptée dès l'été 1981. Mais elle subit l'offensive de la Fnac et des centres Leclerc, et c'est alors un nouveau combat qui s'engage, les professionnels du livre se mobilisant pour faire respecter le prix unique auquel tous se sont ralliés.Si la loi Lang limite à 5% le rabais sur les livres, elle a également prévu que des remises qualitatives soient accordées par les éditeurs aux détaillants. La définition de ces remises va donner lieu à de longues et âpres négociations jusqu'à l'adoption d'un troisième protocole en 2008 sur les usages commerciaux de l'édition avec la librairie. La loi Lang a ainsi instauré de nouvelles relations entre libraires et éditeurs et elle demeure aujourd'hui encore un élément fédérateur entre les différents acteurs du livre.

  • L'odyssée de la mer Baltique à la mer Noire vous entraîne sur un itinéraire mythique aux périphéries de l'Union européenne et de la Russie. Hauts-lieux et étapes plus méconnues vous permettront de décrypter une zone à la géopolitique aussi passionnante que mouvante. L'histoire n'est jamais très loin dans ces territoires hybrides racontés par ceux qui les ont connus intimement.Avec les contributeurs [textes et dessins]Lukas Aubin, Marie Bonnin, Vincent Dautancourt, André Filler, Sébastien Gobert, Cédric Gras, Paul Jacques, Kévin Limonier, Pascal Orcier, Nicolas Pannetier, Jean Radvyanyi, Emmanuel Ruben, Virgnie Symaniec, Pierre Thorez

  • L'Odyssée sur l'Arc atlantique vous propose un voyage de Dublin à Saint-Jacques de Compostelle dans des lieux où tous les possibles se sont croisés. Des grandes découvertes repoussant les marges du vieux continent, aux ports pionniers des traversées transatlantiques jusqu'aux chemins parsemées de la fameuse coquille, nos géographes vous révéleront l'héritage d'une côte pleine d'innovation.Avec les contributions de [textes et dessins] Paul Arnould, Flore Avram, Mark Bailoni, Florine Baliff, Ève Barlier, Jean-René Bertrand, Philippe Cauvet, Alain Chiaradia, Laurent Devisme, Guy Di Meo,Timon Ducos, Christian Fleury, Isabelle Garat, Monika Moll, Maxime Monnier, Benoît Montabone, Sébastien Nageleisen, Loan Nguyen-Thanh-Lan, Hervé Régnault, Tiphaine Roland, Arnaud Tételin, Alix Thiebault.

  • De L'Extravagant Mr Deeds (Capra), The Philadelphia Story (Cukor), La Balade sauvage (Malick) jusqu'à Comment je me suis disputé... (ma vie sexuelle) (Desplechin) et La Fille inconnue (Jean-Pierre et Luc Dardenne), un fil court, celui des lectures philosophiques de films de Stanley Cavell et des films qu'elles ont inspiré. Peu d'oeuvres philosophiques ont autant marqué la création cinématographique et aussi profondément marqué le champ des études cinématographiques que celle du philosophe de Harvard (né en 1926 et disparu en 2018). De son chef d'oeuvre de 1971, La Projection du monde, à ses derniers écrits sur le mélodrame, l'autobiographie et la critique (La Protestation des larmes, Le cinéma nous rend-il meilleurs?) en passant par son grand livre sur la comédie hollywoodienne (A la recherche du bonheur), cet ouvrage éclaire l'ensemble de sa pensée. Il donne aussi la parole à trois cinéastes qui l'ont connu et qui ont été inspirés par ses écrits: Luc Dardenne, Arnaud Desplechin, Claire Simon. Et se penche sur le lien que Cavell a entretenu avec Terrence Malick à Harvard dans les années 1960, lorsqu'il enseigna le premier séminaire de cinéma au sein d'un département de philosophie (vingt ans avant Deleuze), jetant les bases d'une pensée du cinéma qui prend son départ dans notre expérience aussi bien collective qu'intime des films. Cette expérience qui nous unit ou nous rapproche des autres. Et qui nous permet aussi, plongeant en nous-mêmes, de nous éduquer.

  • Axé sur l'attachement amoureux à des objets perçus comme dangereux sur le plan affectif, ce numéro propose d'examiner de manièrecomparative des cas de «partenaires» jugés illégitimes.Avec le souci de mettre en regard les conceptions qui président à la création de partenaires, on s'intéressera aux entités soupçonnées d'entraîner l'humain dans le trouble passionnel ou dans la confusion sexuelle: robots, gadgets électroniques, mais aussi poupées, personnages fictifs, sculptures,ombres, restes humains, plantes ou animaux...

  • L'exil des communards. lettres inedites (1872-1879) Nouv.

    «Je vous félicite de vos efforts pour combattre vigoureusement l'infâme superstition. Vous lui portez de rudes coups...» (André-Saturnin Morin à Maurice Lachâtre, 17 avril 1874)Les communards proscrits qui écrivent à Maurice Lachâtre, éditeur libre-penseur et anticlérical, ne sont pas résignés et n'ont rien perdu de leurs convictions. Intellectuels, écrivains, journalistes, qu'ils s'appellent Charles Longuet, Félix Pyat, Arthur Arnould ou Henri Rochefort, ils sont avides d'informations et tentent malgré les circonstances de créer des journaux, de publier, supputant leurs chances de réussite. Privés de ressources, certains offrent leurs services à l'éditeur qui gère tant bien que mal à distance quantité de projets, notamment la traduction française du Capital de Karl Marx.Cette trentaine de lettres inédites, replacées dans leur contexte, font saisir l'esprit des hommes qui ont fait la Commune, leurs idées, leur ténacité, leur foi dans le pouvoir de l'écrit.

  • Dans son ouvrage à grand succès, Andreas Reckwitz présente une théorie globale de la modernité où il analyse le changement structurel de la modernité industrielle vers la société des singularités de la modernité tardive. S'appuyant sur de nombreuses études empiriques issues des sciences sociales et culturelles, il examine le processus de singularisation dans l'économie, le monde du travail, la technologie numérique, les modes de vie et la politique du début du XXIe siècle. Il montre à quel point ce processus est étroitement lié à la culturalisation du social, il en révèle les dynamiques contradictoires en présentant les aspects plus sombres de cette société des singularités qui certes produit de grands gagnants, brillants et rayonnants, mais qui génère aussi ses propres inégalités et de grands perdants.

  • Thomas Kvist Christiansen décrit dans cet ouvrage la trajectoire singulière d'Arlette Lévy-Andersen, française qui prit conscience de sa judéité à l'occasion des sinistres lois antisémites du gouvernement de Pétain. Rejoignant un père parti clandestinement se réfugier en zone libre, la jeune fille de 18 ans, titulaire du baccalauréat, s'inscrivit à l'université de Clermont-Ferrand, pour y suivre des études d'anglais. Là, elle fut arrêtée le 25 novembre 1943, à l'occasion de la plus grande rafle jamais perpétrée dans le milieu universitaire français et conçue pour briser les réseaux de résistance au sein de l'université de Strasbourg repliée en Auvergne. Détenue à la caserne du 92e régiment d'infanterie de la ville, puis à Drancy, elle fut déportée à Auschwitz-Birkenau en janvier 1944 et supporta l'enfer des camps d'extermination. Elle en fut marquée à tout jamais. Ce témoignage dévoile trois histoires: le parcours d'une jeune femme dans une France qui, progressivement, ne veut plus d'elle; le vécu d'une étudiante d'une université double frappée en son coeur à la fin 1943; le sort d'une déportée animée, malgré tout, par l'espérance et une farouche volonté de vivre. Thomas Kvist Christiansen raconte comment Arlette Lévy-Andersen réussit à survivre à cette terrible épreuve, à s'accomplir personnellement et professionnellement au Danemark et pourquoi elle décida de témoigner auprès des Danois, après des décennies de silence sur sa déportation. Arlette Lévy-Andersen, une des dernières survivantes de la Shoah, nous offre une leçon de courage et d'humanisme à transmettre aux générations futures.

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